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MANUEL
D'HISTOIRE NATURELLE,
DE BLUMENBACH.


TOME PREMIER.

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MANUEL
D'HISTOIRE NATURELLE,
traduit de l'allemand,
De j. fr. blumenbach, Professeur à l'Université
de Gottingue.
Par Soulange ARTAUD.
avec figures.

Multa fiunt eadem, sed aliter.

(Qvintilian.)

TOME PREMIER.
A METZ,
Chez COLLIGNON
, Imprimeur-Libraire.
A PARIS, Chez Levrault frères, Quai Malaquais.
Henrichs, rue de la Loi.
Lenormant, rue des Prêtres-St.-Germain-
l'Auxerrois.


AN XI.–1803.
[titlePage_verso]
Ex
Bibliotheca
Regia Acad.
Georgiæ
Aug:

EXTRAIT
DE LA PRÉFACE DE L'AUTEUR.

[j]

Quoiqui'il y ait à peine deux ans que
j'ai fait paroître la cinquième édition de
ce manuel, cette sixième édition se trouve
cependant avoir gagné plus qu'aucune des
précédentes, soit parce que j'y ai inséré la
plupart des nouvelles découvertes en his-
toire naturelle, soit parce que j'ai rectifié
plusieurs endroits, et les ai déterminés
plus exactement.

Mais aussi, pour pouvoir y insérer ces
augmentations, sans passer cependant les
bornes que je me suis prescrites, il a bien
fallu que j'abrégeasse, çà et là, quelques
passages.

Il y a seulement deux objets d'histoire
naturelle générale,
sur lesquels j'ai cru
devoir m'étendre plus long-temps que je
ne le voulois, parce que, sans une expli-
cation un peu détaillée, ils peuvent être
[ij] très-aisément mal-entendus. Ces deux
objets sont la prétendue chaîne des êtres
dans la nature (pag. 3), et la généra-
tion des corps organisés (pag. 15). J'ex-
plique particulièrement l'idée que j'at-
tache à la force générative, en opposi-
tion à la force plastique des anciens.

C'est dans la partie minéralogique du
livre, que j'ai fait les plus grandes aug-
mentations. J'ai particulièrement cherché
à rendre l'aperçu des roches mélangées
plus clair, et la section des pétrifications
plus intéressante.

J'ai aussi nommé, en exposant la pe-
santeur spécifique d'un fossile, l'auteur
dont je citois le résultat; ce qui est né-
cessaire à cause des différences frappantes
qui se trouvent dans les analyses de dif-
férens chimistes.

Il est très-difficile d'ordonner systéma-
tiquement les pierres et les fossiles ter-
reux, et ces difficultés se trouvent encore
augmentées par les nouvelles découvertes
sur les parties constituantes de quelques
[iij] espèces de pierres; de sorte qu'on ne peut
ordonner cette classe du règne minéral,
ni d'après l'habitus extérieur des fossiles,
ni d'après la proportion de quantité de
leurs parties constituantes. On ne le peut
pas d'après l'habitus des fossiles; car ceux
qui ont classé les minéraux d'après leur
extérieur, mettoient encore dernièrement
le saphir dans le genre des siliceux, tandis
que cette substance n'est composée de
presque pas autre chose que d'argile en-
durcie, et ne renferme pas la moindre
partie de silice. Il est tout aussi difficile
de les classer, d'après la quantité de leurs
parties constituantes; car cette quantité,
variant d'une manière frappante dans plu-
sieurs fossiles, qui se ressemblent parfai-
tement, et qui souvent ont infiniment
d'analogie entre eux, comme par exemple
dans les différentes sous-sortes d'asbeste,
on voit clairement combien inutile seroit
un système de lithologie formé exactement
d'après la quantité des parties constituantes
dominantes d'un fossile.

[Seite iv]

Jusqu'à présent, il est vrai, on a eu
recours à la distinction subtile que l'on a
faite entre les parties constituantes domi-
nantes,
et les parties constituantes carac-
téristiques
d'un fossile; mais les analyses,
comme celle dont j'ai parlé, font tomber
aussi cette distinction.

Le meilleur moyen est donc, à ce qu'il
me semble, de ne point se tenir à la ri-
gueur et exclusivement à un de ces deux
principes de classification, mais de se for-
mer, pour cette classe de fossiles, un sys-
tème mêlé; de manière cependant, qu'en
premier lieu les fossiles composés tout-
à-fait, ou au moins en grande partie,
d'une même terre, entrant dans le genre
auquel cette terre a donné son nom (par
conséquent le saphir sera parmi les argi-
leux, et au contraire l'opale, le tripoli,
la pierre-ponce, entreront parmi les si-
licés); et qu'en second lieu, quelques
autres espèces de pierres dans lesquelles
il ne domine pas une quantité si marquée
de telle ou telle terre, puissent être pla-
[Seite v] cées, sans qu'on s'inquiète beaucoup du
plus ou moins de parties qu'elles ont
sur cent, dans l'ordre que l'on juge le
plus convenable, d'après leur habitus total
extérieur, et d'après l'analogie. J'ai mis,
par exemple, d'après ces principes, le
spath chatoyant, quoiqu'il contienne plus
de silice que d'alumine, parmi les argi-
leux, dans le voisinage du mica; et l'é-
cume de mer, la pierre de lard, la ser-
pentine, l'olivine, etc., se trouvent dans
le genre des magnésiens.

(Suit le détail des raisons pour lesquelles
M. Blumenbach a nommé Geschlecht les
genres, et Gattung les espèces. Comme
cette explication tient uniquement à la
langue allemande, je la passe. Je passe
également ce qu'il dit au sujet des noms
allemands qu'il a adoptés pour désigner
les corps naturels; il a pris, dit-il, ceux
qui étoient les plus généralement connus,
sans s'être servi des mots défigurés usités
dans telle ou telle province).

C'est autre chose, continue-t-il, avec
[vj] les noms techniques ou triviaux des genres,
et des espèces, que nos nouveaux nomen-
clateurs ont adoptés. Il est raisonnable de
conserver, autant que possible, les déno-
minations une fois reçues; cependant il se
trouve des circonstances où il est encore
plus raisonnable d'échanger un nom an-
cien qui renferme une idée fausse, avec
un nom plus convenable. Malgré cela,
je me suis servi dans très-peu de cas, et
seulement lorsque je le croyois indispen-
sable, de cette liberté permise en soi, mais
dont on abuse à présent tellement, que
l'étude de l'histoire naturelle en devient
beaucoup plus difficile. J'ai rendu, par
exemple, aux dasypus leur ancien nom
de taton, qui se trouve dans les zoolo-
gues classiques; car je ne puis concevoir
quelle idée a eue Linnée, d'appeler patte
pelue
(dasypus) ces animaux qui sont
presque sans poils; dénomination que les
anciens grecs ont donnée fort justement
au genre des lièvres, dont les pattes sont
garnies de poils. C'est par les mêmes rai-
[vij] sons que j'ai laissé au beau jade de la
nouvelle Zélande, son nom naturel de
pierre de punamu, nom sous lequel il a
été connu d'abord dans le pays, au lieu
de l'appeler pierre de hache, comme on
l'a fait nouvellement. J'ai vu, dans le
muséum d'ici et dans les grandes col-
lections de Londres, une quantité de cro-
chets et d'autres ustensiles, que les habi-
tans de la nouvelle Zélande se font avec
la pierre de punamu; mais je n'y ai pas
trouvé une seule hache faite de cette
pierre. J'ai nommé aussi vampyre, ou
suceur de sang, cette espèce de chauve-
souris qui suce réellement le sang des
mammifères endormis, parce que Linnée
avoit donné ce nom au chien volant ou
roussette, qui, depuis que le monde existe,
n'a point sucé de sang, et est uniquement
frugivore. Mais il y a une quantité d'ex-
pressions qui, sans être très-justes, ne
sont pourtant pas tout-à-fait fausses,
et celles-là je les ai gardées, pour ne pas
augmenter inutilement la nomenclature
et la synonymie.

[viij]

J'ai eu des raisons pour écrire des noms
connus autrement qu'on ne les écrit or-
dinairement; j'écris, par exemple, tofus
et non tophus, parce que ce mot ne vient
pas du grec; j'écris également manacanit
et non menacanit, parce que le lieu où
se trouve ce fossile, a un nom dans sa
première syllabe.

Dans le règne animal, j'ai mis toujours
d'abord le nom latin, parce qu'il y a cent
créatures exotiques qui, en allemand,
n'ont pas de noms. Dans le règne minéral,
c'est tout le contraire; les dénominations
allemandes sont les plus connues, et sont
reçues dans presque toutes les langues.

Les dessins pour servir à l'histoire na-
turelle (Abbildungen natur-historischer
Gegenstaende
), que je cite quelquefois,
se rapportent à cette sixième édition, et
servent à l'expliquer.


PRÉFACE
DU TRADUCTEUR
.

[Seite ix]

Plusieurs journalistes ont paru désirer, en
rendant compte de la
Physiologie de M. Blu-
menbach
, traduite par le citoyen Pugnet, que
l'on fit aussi connoître le
Manuel d'histoire
naturelle, du même auteur. Le citoyen Cuvier,
dans son tableau élémentaire des animaux,
et le citoyen
Millin, dans son magasin en-
cyclopédique, parlent aussi de ce manuel d'une
manière avantageuse. D'après ces autorités,
je crois pouvoir me dispenser de faire une
longue préface, pour relever le mérite de mon
original. Je me bornerai donc à quelques ob-
servations sur la manière dont j'ai cru devoir
le traduire.

On trouvera peut-être en France, où le
système de
Linnée passe déjà pour ancien et
insuffisant, sous plusieurs rapports, que M.

Blumenbach, qui l'a suivi entièrement dans
quelques classes d'animaux, dans celle des
insectes, par exemple, où les méthodes de

[Seite x] Geoffroy, Fabricius, Olivier, etc., l'ont
presque généralement remplacé, n'a pas marché
de front avec la science, et est resté en arrière;
Von me reprochera peut-être en conséquence,
de n'avoir pas fait moi-même ce changement,
en mettant mon ouvrage au niveau des con-
noissances actuelles. A cela je répondrai
d'abord, pour M.
Blumenbach, ce qu'il m'a
dit lorsque je lui ai fait moi-même cette ob-
jection; que son idée n'avoit été que de faire
un livre élémentaire pour des commençans qui
veulent seulement avoir des notions générales,
mais cependant systématiques, sur l'histoire
naturelle, et que d'après cela il avoit conservé,
dans plusieurs classes, la méthode de
Linnée,
sans y faire de changement, parce qu'elle lui
paroissoit plus simple et plus facile; tandis
que celle de
Fabricius, par exemple, sur les
insectes, étant beaucoup plus composée, re-
posant sur des organes difficiles à saisir, et
nécessitant des divisions et des genres en très-
grand nombre, auroit offert des difficultés trop
grandes à ceux pour qui ce manuel étoit des-
tiné. Moi ensuite, pour mon compte, je dirai
que ces raisons m'ont paru bonnes; que d'ail-
leurs je n'ai pas voulu faire un livre nouveau,
en changeant tout-à-fait les méthodes que M.

[xj]

Blumenbach a suivies, et que même Je n'eusse
pas été en état de le faire. Le citoyen
Cuvier,
je le sais, a combiné avec succès les deux
méthodes, mais il vouloit donner seulement un

tableau des animaux; par conséquent il pouvoit
s'étendre beaucoup davantage, lui-même
d'ailleurs convient que, pour ne pas embrouil-
ler la nomenclature, et ne pas fatiguer les
commençans, il n'a mis les genres de
Fabri-
cius
que comme sous-genres ou genres addi-
tionnels.

Ce que je viens de dire au sujet de la classe
d'insectes, peut servir aussi de réponse aux re-
proches que l'on pourrait faire à la mutila-
tion du règne végétal. M.
Blumenbach a
donné seulement un aperçu des différens usa-
ges des plantes, et exposé le plus important
de leur
physiologie, sans entrer dans les dé-
tails d'un système quelconque, sans même
indiquer les classes et les ordres. Mais la bo-
tanique à elle seule forme déjà une science
Si vaste; tous les systèmes en sont si compo-
sés, que pour peu qu'il eût voulu les démontrer,
il lui eût été impossible de se renfermer dans
les bornes qu'il s'étoit prescrites. Le citoyen

Millin, dans ses élémens d'histoire naturelle,
[xij] est entré, il est vrai, dans déplus grands détails
relativement à la botanique; il a même ex-
posé la méthode de
Jussieu; mais d'un autre
côté, il a été obligé de sacrifier quelques parties,
et de se borner aux deux premiers degrés d'en-
seignement, en définissant seulement les ca-
ractères des classes et des ordres. M.
Blumen-
bach
voulant réunir les trois règnes dans ce
volume, et parcourir dans ceux des ani-
maux et des minéraux, les trois degrés d'en-
seignement, en indiquant aussi, non-seulement
les
genres, mais même les espèces les plus re-
marquables, se trouvoit contraint de se res-
serrer davantage dans le règne végétal.
* Ces
raisons sont donc celles qui m'ont engagé à
suivre également en ceci mon original.

Cependant je ne veux pas faire entendre par-
là que, respectant toujours trop religieusement
mon auteur, j'ai craint de me permettre quel-
ques changement. Lorsque j'ai cru avoir quel-
ques raisons pour le faire, je l'ai fait. Rela-
tivement, par exemple, aux définitions et aux

[xiij] noms de genres et d'espèces, j'en ai présenté
le tableau d'une manière différente. M.
Blu-
menbach
met les définitions génériques et spé-
cifiques en latin, sans les traduire en allemand;
comme il met en premier le nom latin de genre
et d'espèce, et ensuite le nom allemand, si
toutefois il le met, ce qui n'est pas toujours.
Moi, au contraire, j'ai toujours mis en tête
le nom françois, et le nom latin vient ensuite
avec le reste de la synonymie. De plus, j'ai tra-
duit les définitions en françois, et j'ai omis
le latin, pour ne pas grossir inutilement le
volume. Ce qui m'a décidé à ce changement,
c'est qu'il m'a semblé qu'en France on vou-
lait, et avec raison, nationaliser, autant que
possible, la langue technique de l'histoire na-
turelle; du moins la plupart de nos natura-
listes donnent actuellement leurs définitions
en françois, et plusieurs même se sont occupés
de traduire dans leur langue la nomenclature
latine. J'ai cru aussi que de cette manière le
livre pourroit être plus utile à ceux qui ne
sont pas familiarisés avec la langue latine.
Cependant, comme ces mots francisés ressem-
blent beaucoup au latin, j'avois d'abord eu,
l'idée, en traduisant ainsi les définitions, de
joindre une table explicative de la plupart de
[Seite xiv] ces mots; mais je vis bientôt que cette table,
si je la voulois faire complète, et si j'y vou-
lois joindre encore l'explication de la langue

de Werner, pour la partie minéralogique,
deviendroit elle-même un volume; ainsi j'y
renonçai, et je renverrai à plusieurs ouvrages
qui offrent cette table explicative, beaucoup
plus parfaite que je n'eusse pu le faire; c'est,
pour la partie zoologique, à l
'Enchiridion de
Forster, traduit par Léveillé; sous le nom
de
Manuel pour servir à l'histoire naturelle. Paris,
chez
Villiers, an 7; et pour la minéralogie,
à la traduction du
Traité des fossiles de Werner,
par madame Picardet; au Tableau raisonné
des fossiles, par Strune, et aux Principes de
minéralogie, par Vanberchem-Berthout. C'est
particulièrement de ce dernier que je me suis
servi.

J'ai conservé toutes les citations, et ce que
les allemands appellent la
littérature d'une
science; c'est-à-dire, des livres qui en traitent.
Je sais fort bien qu'il n'est pas beaucoup d'usage
en France de citer ses sources; on pardonne
quelques notes; mais un grand nombre de ci-
tations, dans toutes les langues, donne un air
d'érudition qui effraie: malgré cela je les ai
[Seite xv] gardées. Ceux qu'elles n'intéressent pas, ne les
lisent point; ceux qui veulent en savoir da-
vantage qu'il n'y en a dans le livre, ne seront
peut-être pas fâchés de voir ce que l'ouvrage
cité dit d'un objet indiqué, parfois seulement
dans le texte. J'ai conservé sur-tout exprès
les livres allemands qui nécessairement s'y
trouvent cités en grand nombre. Il y a beau-
coup de françois pour lesquels cela sera par-
faitement inutile; mais il en est aussi, ac-
tuellement sur-tout, qui connoissent et ap-
prennent les langues étrangères, qui n'ont
jamais entendu parler de tel ou tel livre alle-
mand, sur tel ou tel objet, et qui peut-être
gagneront à le connoître.

J'ai tâché de rendre la synonymie aussi com-
plète que possible, dans les quatre langues que
M.
Blumenbach a choisies. Il manque dans
l'original beaucoup de noms françois et an-
glois, et même souvent des noms allemands.
J'ai mis tous les noms françois et la très-
grande partie des noms allemands et anglois.

J'ai suivi l'idée du citoyen Millin, dans ses
Élémens d'histoire naturelle; j'ai mis à la fin
de chaque volume une table méthodique des
[xvj] objets qu'il renferme, laquelle ne se troupe pas
dans l'original; et à la fin de l'ouvrage, une
table quadruple, formant dictionnaire.

Voici à-peu-près les observations dont j'ai
cru devoir faire précéder mon travail; j'ajou-
terai seulement encore un mot. C'est que j'ai
travaillé sous les yeux de M.
Blumenbach lui-
même; qu'il a eu la complaisance de revoir
mon manuscrit, et qu'ainsi je puis presque ré-
pondre de la fidélité de la traduction.


TABLE MÉTHODIQUE
DES OBJETS
Contenus dans ce premier volume.

[[xvij]]

page

Fin de la table.

SECTION PREMIÈRE.
Des corps naturels en général, et de
leur division en trois règnes.

[Seite 1]

§ 1.

Tous les corps que nous voyons sur notre pla-
nète et dans son intérieur s'offrent à nos yeux,
ou sous la même forme et avec la même struc-
ture qu'ils tiennent du créateur et qu'ils ont
prise par l'action des lois libres et spontanées
de la nature, ou avec les changemens qu'ils ont
subis, soit par l'usage que l'homme et les ani-
maux en ont fait, soit aussi par l'effet d'un
simple hasard.

C'est d'après cette différence que l'on a divisé
d'abord généralement tous les corps en corps na-
turels
et en corps artificiels. On met dans la
première classe tous ceux auxquels l'homme n'a
pas fait subir encore un changement essentiel,

et dans la seconde, ceux auxquels il a donné à
dessein
* une forme nouvelle. Les premiers
[Seite 2] forment l'objet de l'histoire naturelle, et ce sont
ceux dont nous allons nous occuper.

Première remarque. Je n'ai pas besoin, je
crois, d'observer que l'idée que j'attache ici au
mot essentiel et à celui à dessein, peut se
considérer sous tant de côtés différens, et est
susceptible de tant de diverses modifications,
qu'elle ne peut être que relative; combien, par
exemple, elle se trouve déjà modifiée unique-
ment par le point de vue sous lequel celui qui
fait une collection envisage les objets. C'est ainsi
qu'une momie d'Egypte peut appartenir à la,
suite anthropologique d'un cabinet d'histoire na-
turelle,
ou faire partie d'une collection d'ou-
vrages de l'art
des anciens égyptiens.

Seconde remarque. Souvent les productions de
la nature ressemblent si parfaitement à des ou-
vrages de l'art, qu'il est très-difficile de les dis-
tinguer. C'est pour cela qu'autrefois les opinions
ont été tellement partagées sur la nature de
l'enduit qui couvre la piscina mirabile de Bayes,
et que quelques savans, entr'autres Winkelmann,
prétendoient que c'étoit un mortier artificiel dont
[Seite 3] on l'avoit revêtue exprès, tandis que le docteur
Andria et M. Marquard vouloient, et avec rai-
son, que ce fût une incrustation de tuf calcaire
que l'eau avoit déposée.

§ 2.

Les corps naturels offrent une différence entre
eux relativement, 1.° à leur formation, 2.° à
leur accroissement, 3.° à leur structure; c'est-
à-dire:

Les uns sont toujours produits par d'autres
corps naturels de la même espèce et de la même
figure qu'eux, de sorte que leur existence sup-
pose une chaîne continuelle d'existences succes-
sives d'individus semblables à eux, laquelle re-
monte jusqu'à la première création.*

En second lieu, ces mêmes individus se nour-
rissent par l'incorporation de diverses substances
étrangères; ils assimilent ces substances aux élé-
mens de leur corps, et, par cette opération,
ils croissent intérieurement, c'est-à-dire, par
intus-susception.

[Seite 4]

En troisième lieu, ces deux propriétés suppo-
sent dans cette classe de corps naturels une
structure particulière. Destinés à se nourrir de
la manière dont j'ai parlé, et à reproduire
d'autres êtres de leur espèce, il faut que ces
corps aient l'organisation nécessaire pour l'in-
corporation des sucs qui leur sont convenables
pour l'assimilation des alimens et pour la repro-
duction de l'espèce; il leur faut des vaisseaux,
des veines et des organes qui répondent à ce
but, et qui soient pour cet effet animés par ce
qu'on nomme les forces vitales.

Les autres, au contraire, sont privés de toutes
ces propriétés; ils ne naissent point, ils ne
croissent point, à proprement parler, ils se for-
ment,
ils augmentent. Ces opérations ne sont
point l'effet de la nutrition, elles se font seule-
ment, d'après ce qu'on appelle les lois mécani-
ques et chymiques, par l'agrégation, par la
juxta-position de parties homogènes qui viennent
se poser extérieurement contre les premières;
par conséquent, ces corps n'ont ni force vitale,
ni une organisation originaire.

C'est sur cette différence des corps naturels
entre eux que repose leur division en corps
organisés
et en corps bruts ou inorganiques.

§ 3.

[Seite 5]

Enfin, les corps organisés se subdivisent en-
core entre eux, et le fondement de cette division
est la différence dans la manière dont ils se
nourrissent.

Les uns se nourrissent d'un suc homogène et
extrêmement simple; ils le pompent principa-
lement au moyen des filamens nombreux qui se
trouvent au bas de leur corps, et cela sans
qu'on remarque en eux, dans cette fonction, le
moindre mouvement spontanée.

Les autres ont à l'extrémité supérieure ou an-
térieure de leur corps une ouverture ordinaire-
ment simple, qui conduit à une vaste cavité dans
laquelle, lorsque la faim les presse, ils portent,
au moyen d'un mouvement spontanée, leurs ali-
mens qui peuvent être de plusieurs espèces.

Les premiers sont les plantes, les seconds les
animaux.

Remarque. La faculté locomotive n'est pas
un caractère qui puisse suffisamment distinguer
les plantes des animaux. Plusieurs plantes, les
lentilles d'eau ordinaires, par exemple, ne tien-
nent pas par leurs racines à la terre, elles peu-
vent en certaines saisons changer de lieu, tantôt
aller a fond tantôt remonter sur la surface de
[Seite 6] l'eau; d'un autre côté, il y a des genres entiers
d'animaux aquatiques, sur-tout parmi les testa-
cées et les coraux, qui ne peuvent plus quitter
la place qu'ils ont une fois prise.

§ 4.

C'est d'après cette distinction très-simple des
corps naturels en corps organisés et en corps
inorganiques (§ 2), et ensuite des corps orga-
nisés entre eux (§ 3), que l'on a divisé les pro-
ductions de la nature en trois règnes, dont l'un
comprend les animaux, le second les plantes, et
le troisième les minéraux.

Les animaux sont donc des corps organisés,
vivifiés et animés, qui, au moyen de la faculté
de se mouvoir à volonté, cherchent leur nour-
riture, laquelle peut être très-variée, et la por-
tent par la bouche dans l'estomac.

Les plantes sont également des corps organisés
et vivifiés, mais inanimés, qui, au moyen de
leurs racines, pompent sans un mouvement spon-
tanée leur suc nourricier homogène.

Les minéraux enfin sont des corps sans ame
et sans vie, qui, par conséquent, privés des forces
vitales, se forment uniquement, d'après les lois,
physiques (mécaniques et chimiques) d'attrac-
tion, d'agrégation, de force plastique, etc.

[Seite 7]

Remarque. On a fait, sur-tout dans les der-
niers temps, deux objections contre cette division
des corps naturels en trois règnes.

Quelques savans veulent bien reconnoître la
solution de continuité entre les corps organisés
et les corps inorganiques; mais ils ne veulent pas
qu'on tire une ligne de démarcation entre les
animaux et les plantes.

D'autres ont expliqué à leur manière la méta-
phore de la gradation des êtres, et, comme si
la nature ne pouvoit se prêter à aucune division,
ils n'ont voulu admettre aucun règne.

Quant à la première objection, je répondrai
d'abord qu'en général on ne devroit point ou-
blier, et c'est ce qui n'arrive que trop souvent,
sur-tout à l'égard des objets que l'expérience
nous apprend à connoître, qu'il est beaucoup
plus aisé de reconnoître ces objets pour ce qu'ils
sont,* et de les distinguer des autres, que de
trouver et de définir les caractères particuliers
qui les différencient. Linnée disoit, par exemple,
‘„Je n'ai pu, jusqu'à présent, trouver un ca-
[Seite 8] ractère qui distinguât l'homme du singe.“
Je crois pourtant avoir exposé dans ce livre des
caractères extérieurs particuliers à l'homme, et
par lesquels il se distingue, à ne pas s'y mé-
prendre, non-seulement des autres mammifères,
mais même du singe, qui lui ressemble le plus,
et même aussi sans ces caractères, je ne crois
pas que jamais un naturaliste (in praxi) soit
embarrassé pour distinguer un homme d'un
singe.

En second lieu, des êtres de classes très-diffé-
rentes peuvent avoir entre eux une ressemblance
quelquefois frappante et extraordinaire, sans,
par-là, faire disparoître la différence qui cepen-
dant existe incontestablement entre ces classes.
On divise, par exemple, les animaux en ani-
maux à sang chaud et en animaux à sang froid;
on met les mammifères au nombre des pre-
miers, et les insectes parmi les seconds, quoique
l'on sache fort bien que les abeilles, dans leur
ruche, sont à un degré de chaleur sans compa-
raison beaucoup plus haut qu'un hérisson pen-
dant son sommeil d'hiver. Il y a, dans la classe
des vers, des genres, celui des sèches, par exem-
ple, qui sont très-différens des autres animaux
de cette classe, et ont même une ressemblance
frappante avec les poissons; malgré cette ressem-
blance, personne n'imaginera devoir détruire le
[Seite 9] mur de séparation qui existe entre la classe des
poissons et celle des vers. Comment veut-on ainsi
confondre le règne animal et le règne végétal,
parce qu'on a remarqué dans certaines plantes
une certaine ressemblance avec certains animaux?
Les mouvemens singuliers de plusieurs sensitives,
du sain-foin oscillant (hedysarum gyrans), peu-
vent être très-remarquables; mais cependant ces
plantes n'ont point le caractère d'animalité que
j'ai donné plus haut. Les ressemblances que les
polypes à bras ont avec les plantes, portent tout
aussi peu le caractère de végétabilité que j'ai
exposé; bien au contraire, les polypes à bras sont
des animaux qui, comme l'homme et l'huître,
lorsque la faim les presse, portent, au moyen
d'un mouvement spontanée, leur nourriture dans
leur bouche, ce que surement jamais plante n'a
fait dans la création que nous connoissons ac-
tuellement.

On peut répondre également à la seconde ob-
jection contre les règnes de la nature, celle qui
se fonde sur la métaphore de la progression gra-
duelle des êtres.

Toutes ces images de chaîne, d'échelle de ré-
seau, peuvent fournir des méthodes pour faci-
liter l'intelligence de l'histoire de la nature: elles
sont utiles en ce qu'elles fondent ce qu'on ap-
pelle un système naturel, dans lequel tous les
[Seite 10] êtres sont classés d'après leurs ressemblances,
leur habitude totale, et l'affinité qui résulte de
cette habitude.

Mais vouloir faire entrer ces images méta-
phoriques, comme plusieurs physico-théologiens
l'ont déjà fait; vouloir les faire entrer, dis-je,
dans le plan de création de la providence, vou-
loir chercher la perfection et l'ordre, de cette
création dans cette progression graduelle des
êtres, en prétendant qu'il n'est point de sauts
dans la nature
(c'est ainsi qu'ils s'expriment),
non-seulement cela me paroît une témérité,
mais de plus, je ne crois pas cette idée soute-
nable, lorsqu'on l'examine attentivement.

En effet, que l'on considère simplement de
plus près cette chaîne de créatures, travaillée
avec tant d'art, et bientôt l'on s'apercevra qu'elle
n'existe pas. D'un côté, vous voyez une quan-
tité de créatures d'une configuration semblable
former des genres très-étendus, et composés
d'espèces sans nombre (sur-tout parmi les in-
sectes et les vers, ainsi que dans le règne végé-
tal), tandis que d'autres êtres sont pour ainsi
dire isolés, parce qu'à cause de leur confor-
mation distincte et toute particulière, ils ne peu-
vent être intercalés sans contrainte dans une
pareille chaîne. Telle est, par exemple, la classe
des oiseaux, tel est parmi les vers le genre des
[Seite 11] sèches dont j'ai déjà parlé, et parmi les mammi-
fères l'espèce humaine elle-même.

De plus il se trouve des animaux, les gallin-
sectes, par exemple, parmi lesquels les mâles
ont une figure si différente de celle des femel-
les, que dans une échelle pareille il faudroit ab-
solument les séparer, et, d'après la différente con-
formation de chaque sexe, leur assigner diver-
ses places sur des échelons très-éloignés l'un de
l'autre.

En outre l'échelle se trouve rompue en plu-
sieurs endroits, et il n'est pas aisé de sauter d'un
échelon à l'autre. Un exemple suffira pour tous.
Quelle distance entre les corps organisés et les
minéraux! Bonnet lui-même, qui a défendu
avec infiniment d'esprit le système de la pro-
gression des êtres, convient que la transition est
un peu brusque et n'est pas heureuse.

Ainsi ces idées métaphoriques, ces figures de
chaîne, d'échelle dans la nature, sont absolu-
ment défectueuses; mais une idée bien plus dé-
raisonnable encore, et tout-à-fait sans fonde-
ment, c'est celle de ces physico-théologiens qui
croient que si un chaînon de cette chaîne qu'ils
ont inventée venoit malheureusement à manquer,
la création se trouveroit pour ainsi dire arrêtée
dans sa marche. Mais comme on a détruit dans
de grandes îles des espèces entières d'animaux
[Seite 12] (les loups, par exemple, en Angleterre), sans
que la création de ces pays ait rien perdu de sa
suite et de son enchaînement, on peut de même
faire disparoître d'autres animaux de plusieurs
parties du monde, et même de toute la terre*,
sans que cette solution de continuité dans la
chaîne de ces naturalistes entrave en aucune
manière la marche paisible et éternelle de la
création.


AUTEURS ET LIVRES

Pouvant servir à l'étude de l'histoire natu-
relle en général.

  1. Aristote (il vivoit environ 400 ans avant J. C.),
    Opera. gr. lat. ex ed. Gu. Duval. Paris, 1654, 4 vol.
    in-fol. (sur-tout dans le II volume).
  2. Pline le jeune (mort 79 ans après J. C.); ejus
    historia mundi, LXXXVII. Il y en a deux éditions
    correctes, celle d'Elzevir à Leyde, 1635, 3 vol.
    in-12, et celle de Deux-Ponts, 1783, 5 vol. in -8°.
  3. Conrad Gessner (mort en 1562).
  4. Jean Ray (mort en 1705). Les ouvrages prin-
    cipaux de ces deux auteurs sont cités dans d'autres
    endroits de ce livre.
  5. c. de Linnee (mort en 1778), ejus systema natu-
    ræ, editio in-12, Holm. 1766, 4 vol. in-8.° et les
    deux Mantissæ qui en font partie, ibid. 1767, in-8°.
  6. Editio 13, aucta, reformata curâ Jo. Fr. Gmelin,
    Leipsick, 1788, 9 vol. in-8°.
  7. Il a paru en 1797 une traduction françoise du Sys-
    tema naturae par.....
  8. Jo. Reinhold Forster. Enchiridion historiæ na-
    turali inserviens, Halle, 1788, in-8.°, traduit en
    françois par le citoyen Léveillé, médecin de l'école
    de Paris. A Paris, chez Crapelet, an 7.
  9. G. L. Leclerc de Buffon (mort en 1788), son
    histoire naturelle, la grande édition originale;
    Paris 1740, 33 vol. in-4.°, ainsi que les nouvelles
    éditions qui ont paru en 1797 et 1798.

Œuvres mêlées.

  1. C. V. Linnée, Amœnitates académicæ. Holm. de-
    puis 1749, 9 vol. in-8°.
  2. OEuvres de Charles Bonnet, Neufchâtel, 1779,
    les 5 premiers volumes.

Ouvrages physico-théologiques.

  1. Jo. Rays, Wisdom of god manifested in the
    works of the creation. Glascow, 1750, in-12.
  2. W. Derhams, Physico-theology, 4.me édition,
    Londres, 1716, in-4°.
  3. Contemplation de la nature de Charles Bonnet,
    (c'est le 4.e volume de l'édition que j'ai citée).

Dictionnaires.

  1. Valmont de Bomare, son dictionnaire d'his-
    toire naturelle, 4.me édition, Lyon, 1791, 8 vol,
    in-4.°
  2. Neuer Schauplatz der Natur in alphabetischer
    [Seite 14] Ordnung. Nouveau spectacle de la nature, par ordre
    alphabétique. Leipsick, 1775, 10 vol. in-8°.
  3. Ph. And. Nemnich, allgemeines polyglotten
    Lexicon der Naturgeschichte (Dictionnaire général
    polyglotte pour l'histoire naturelle). Hambourg,
    1793; 4 vol. in-4°.

Journaux.

Journal de physique. Paris, depuis 1773, in-4°.

Magazin fur das neueste aus der Physik und
Naturgeschichte, herausgegeben von L. C. Lichten-
berg
, und J. H. Voigt. Gotha, 1781 bis 97, 11 vol.
in-8°. und nun J. H. Voigts Magasin fur den neuesten
Zustand der Naturkunde. Jena seit 1798. (Journal
de physique et d'histoire naturelle; par Lichtenberg
et Voigt).


SECTION II.
Des corps organisés en général.

[Seite 15]

§ 5.

Tout corps organisé (§ 2) est engendré par
son semblable; il se conserve et croît par la pro-
priété de se nourrir; et cette force particulière
qu'il exerce pendant toute sa vie, lui donne aussi
la faculté de se reproduire lorsqu'il est parvenu
à sa maturité.

§ 6.

La nature, en imposant aux corps organisés ces
grandes opérations, les a mis en état de les exé-
cuter par le moyen de leur organisation et des
forces vitales attachées à cette organisation. En
effet, ce sont ces forces qui donnent aux organes
leur irritabilité et leurs principes de mouvement,
sans lesquels on ne peut concevoir ni nutrition, ni
accroissement, ni action réciproque des parties
sur le tout, ou du tout sur les parties, pour la con-
servation de l'être organisé.

§ 7.

Pour expliquer la formation des corps organi-
[Seite 16] sés, on a, sur-tout dans les derniers temps, trouvé
commode l'hypothèse de l'évolution. On a pré-
tendu qu'il n'y avoit point d'homme, point d'a-
nimal, point de plante engendrés, mais que
tous existoient déjà depuis la première création
comme germes parfaitement préformés* dans
les liqueurs séminales de leurs parens; que les
différentes générations étoient emboîtées, pour
ainsi-dire, les unes dans les autres, et que mises
en jeu. par la fécondation, elles venoient au jour
l'une après l'autre et à leur tour.

Cette opinion sera combattue par tout homme
qui raisonne sans préjugé. Qu'on calcule la dé-
pense prodigieuse de cet appareil hyperphysique
[Seite 17] et cette multiplication de forces physiques, abso-
lument inutile et entièrement opposée à toutes les
lois de l'étude philosophique de la nature; qu'on
pense à la quantité innombrable de ces créations
sans but, de tous ces germes préformés qui pé-
rissent faute de développement, et l'on pourra
apprécier cette idée; mais il y a plus encore, elle
est contredite par des raisons fondées sur l'expé-
rience, et qui sont entièrement opposées.

Remarque. Les sectateurs les plus célèbres et
les plus zélés de l'hypothèse de l'évolution s'ac-
cordent tous à dire que les germes préformés sont
contenus dans les ovaires de la mère, et que pen-
dant la fécondation ils sont réveillés et développés
par la semence du père. Ainsi ce qu'on nomme
la conception n'est autre chose que le réveil du
germe endormi profondément; réveil occasionné
par le stimulus de la semence du mâle.

Donc il faut d'abord une force excitante,
mais très-souvent les enfans ressemblent uni-
quement
à leur père.

Des chiennes qui ont été couvertes par plu-
sieurs chiens à peu de distance les uns des au-
tres, font souvent des petits qui ressemblent à
leurs différens pères.

Deux races d'hommes différentes, les nègres
et les blancs, par exemple, engendrent entre eux
[Seite 18] des mulâtres, qui forment une race moyenne.

Enfin lorsqu'une espèce d'animaux ou de
plantes est fécondée par une autre espèce abso-
lument différente, elle donne des bâtards qui ont
quelque chose de la forme du père et de la mère.
Ce sont là des faits qu'on ne peut nier; aussi
les partisans de l'évolution sont-ils obligés d'accor-
der à la semence du mâle, outre cette première
force excitante dont j'ai parlé, encore une se-
conde force formative,
pour que la liqueur sé-
minale du père puisse donner quelque chose de
sa forme au germe préexistant dans les parties
génitales de la mère.

Par conséquent il y auroit dans la semence du
mâle deux sortes de forces, 1.° une force exci-
tante,
et 2.° une force formative.

Mais, objecterai-je encore, en faisant produire
pendant plusieurs générations des espèces bâ-
tardes à certaines espèces de corps organisés,
on peut finir par transformer tout-à-fait une es-
pèce en une autre; en fécondant, par exemple,
une espèce de plantes avec la poussière mas-
culine d'une autre espèce, on a eu des semen-
ces qui ont donné des plantes bâtardes fécondes;
pendant la floraison, l'on a fécondé encore ces
bâtards avec la poussière masculine de cette au-
tre
espèce, et ils ont produit d'autres bâtards de
la seconde génération, également féconds. Les
[Seite 19] bâtards de la première tenoient, pour ainsi dire,
le milieu entre leurs différens auteurs du côté
paternel et maternel; ceux de la seconde géné-
ration au contraire tenoient déjà plus de la
forme paternelle que de la forme maternelle, et
lorsque cette fécondation artificielle eut été ré-
pétée encore pendant deux générations, à la fin
naquirent des plantes dans lesquelles la forme
maternelle primitive étoit tout-à-fait disparue et
avoit fait place à la forme paternelle.*

Par conséquent, la préformation du germe
maternel conservé depuis la création du monde,
à la fin n'a servi de rien; au contraire, ce germa
a été obligé de céder à la force formative de
la liqueur masculine qui proprement, d'après
l'hypothèse de l'évolution, n'auroit dû agir quo
par sa force excitante.

§ 8.

Ainsi il répugne moins à notre entendement,
et il est même plus conforme aux règles de l'étude
philosophique de la nature,** d'expliquer la
[Seite 20] génération des corps organisés uniquement par
la formation successive (l'épigenèse)* de la
substance séminale brute en elle-même, mais
susceptible d'être organisée dans des circonstan-
ces données.

Seulement, comme on peut considérer et comme
on a même déjà considéré cette formation suc-
cessive sous divers points de vue,** il faut la
déterminer de la manière qui répond le plus
naturellement à l'idée que présentent les corps
organisés, et aux phénomènes que nous obser-
vons lors de leur génération.

§ 9.

[Seite 21]

Il me semble que cet objet est rempli, en
admettant que la substance séminale brute au-
paravant, mais organisable lorsqu'elle est par-
venue à un degré suffisant d'élaboration et qu'elle
arrive en son temps et en certaines circonstan-
ces au lieu de sa destination, devient alors sus-
ceptible de recevoir une force vitale qui y agit
conformément à une fin; j'appelle cette force
force génératrice (nisus formativus);* elle
se distingue de toutes les forces formatives
purement mécaniques (telle que celle par exem-
ple qui produit les cristallisations dans le règne
minéral), en ce que les corps organisés et leurs
[Seite 22] parties étant destinés à tant de différentes fonc-
tions, elle peut donner à la substance séminale
susceptible de diverses organisations des formes
tout aussi variées que ces fonctions; seulement
ces formes sont toujours modifiées conformément
à une fin; ainsi cette force (par la réunion des
principes purement mécaniques avec ceux qui
sont susceptibles de modification conformément
à une fin) opère d'abord lors de la conception
la formation successive; elle conserve ensuite
par le moyen de la nutrition cet être organisé
pendant tout le cours de sa vie, et lorsque ce
corps a par hasard fait quelques pertes, elle les
répare autant que possible par la reproduc-
tion.*

Première remarque. On peut observer très-
distinctement cette formation successive des nou-
veaux corps organisés dans ceux qui joignent à
une grandeur assez considérable la faculté de croî-
tre très-rapidement, et dont la texture est si fine
et si transparente, que lorsqu'ils sont éclairés suf-
fisamment et en les grossissant un peu, on peut
voir parfaitement à travers; tels sont, dans le
[Seite 23] règne végétal, plusieurs mousses d'eau simples,
la conserve de fontaine, par exemple, conferva
fontinalis,
qui se reproduit dans les premiers
jours du printemps; parmi les animaux privés
de sang, les polypes à bras, et parmi ceux à
sang chaud, le poulet lors de sa première ap-
parition dans l'œuf couvé, et lors de son dé-
veloppement qui augmente ensuite de jour en
jour.

Deuxième remarque. Je crois n'avoir pas be-
soin de faire remarquer à la plupart de mes lec-
teurs que le mot force génératrice, tout comme
les dénominations de toutes les autres sortes de
forces vitales, n'explique rien en lui-même; il
doit seulement désigner cette force particulière
qui réunit en soi le principe mécanique avec
celui susceptible de modification, conformément
à une fin; force dont l'expérience nous montre
l'effet constant, mais dont la cause, tout aussi
bien que les causes de tontes les autres forces
de la nature reconnues généralement, reste pour
nous dans toute la force du terme une qualité
occulte;
* mais cela ne nous empêche pas de
[Seite 24] chercher à connoître et à suivre les effets de
cette force par nos observations, et de tâcher
de les réduire en lois générales.

§ 10.

Cette force génératrice, en agissant détermi-
nément et conformément à une fin, sur les subs-
tances déterminées susceptibles de la recevoir et
d'être organisées, conserve la forme et l'habitude
également déterminées de toutes les espèces dis-
tinctes de corps organisés; c'est elle aussi qui
entretient dans les corps qui ont des sexes, cette
différence sexuelle par laquelle les mâles se dis-
tinguent des femelles de la même espèce.

§ 11.

Cependant la force génératrice peut dévier
de diverses manières de sa direction propre et
déterminée, tout aussi bien que toute autre force
vitale troublée dans son action ou modifiée par
des circonstances étrangères.

Alors proviennent de ces déviations*

1.° Les monstres;

[Seite 25]

2.° Les hermaphrodites;

3.° Les bâtards;

4.° Les races et les variétés.

§ 12.

On entend par monstre ou monstruosité une
difformité frappante contre nature et apportée
en naissant dans la conformation des plus gran-
des parties extérieures du corps; quelque va-
riées que puissent être ces difformités, on peut
cependant réduire les monstres aux quatre classes
suivantes:

1.° Les monstres dont quelques membres ont
une conformation contraire à celle de la na-
ture.

2.° Ceux dont quelques membres sont trans-
posés
ou placés contre nature, ce sont les plus
rares, je veux dire d'après la définition que j'en
ai donnée, car souvent en ouvrant des hommes
bien constitués, on a trouvé plusieurs de leurs
viscères dans une position tout-à-fait opposée à
l'ordre de la nature.

3.° Les monstres par défaut, ceux auxquels
il manque des membres entiers: ce sont les plus
instructifs de tous.

4.° Les monstres par excès, ceux avec plus
de membres qu'ils n'en doivent avoir, ce sont
les plus communs; ils ne sont même pas rares
[Seite 26] parmi les animaux qui ne sont pas apprivoisés,
par exemple parmi les lièvres. Souvent cette
sorte de monstruosité est héréditaire, comme par
exemple dans les familles qui ont six doigts.

Remarque. La ressemblance frappante entre
tant de monstruosités prouve que même les dé-
viations de cette force génératrice suivent des
lois déterminées; mais je ne vois pas comment
concilier le principe des sectateurs de l'évolution,
qui prétendent que les germes de ces monstres
étoient également préexistans comme monstres
depuis la première création, avec le fait positif
que tout le monde connoît; c'est que les ani-
maux domestiques, depuis que nous les avons
apprivoisés, sont, ainsi que les plantes que nous
avons cultivées dans nos jardins, beaucoup plus
sujets à ces difformités que lorsqu'ils sont aban-
donnés à eux-mêmes; il est de fait, par exem-
ple, que les monstres sont très-communs parmi
nos cochons domestiques, tandis qu'on n'en voit
presque pas un parmi les sangliers.

§ 13.

On nomme hermaphrodites, dans le sens le
plus strict, ces individus organisés chez lesquels
les organes sexuels qui doivent distinguer les
mâles des femelles de la même espèce se trou-
[Seite 27] vent plus ou moins réunis d'une manière con-
traire à l'ordre de la nature; on trouve de ces
hermaphrodites parmi les animaux à sang chaud,
sur-tout parmi le bétail à corne et à laine.

C'est ici le cas de parler d'une déviation par-
ticulière que l'on observe dans la force géné-
ratrice.
Quelquefois des fonctions corporelles ou
des caractères propres à un sexe se manifestent
chez des individus de l'autre; des biches et des
chevrettes, par exemple, ont la tête ornée d'un
bois; des paons et des faisans femelles prennent
avec l'âge le plumage des mâles; des hommes ou
d'autres mammifères mâles donnent du lait, etc.;
quelquefois aussi des créatures d'un sexe, quoi-
que bien faites et bien conformées, ont dans
toutes les proportions de leur conformation plus
ou moins de l'habitude totale des individus de
l'autre sexe; quelques hommes, par exemple,
ont les formes et la mollesse du corps d'une
femme, etc.

§ 14.

Un individu femelle d'une espèce, fécondé
par un mâle d'une autre espèce, produit des
bâtards dont la conformation tient de celle de
ses deux auteurs; mais comme c'est de la con-
formation déterminée
des corps organisés et
sur-tout des animaux que dépend l'exercice de
[Seite 28] leurs fonctions, exercice si important pour la
marche de la création, la nature y a pourvu
par deux lois extrêmement sages; la première,
est que rarement les espèces se mêlent et s'ac-
couplent l'une avec l'autre, du moins je ne sache
pas que parmi les animaux à sang rouge et
chaud, lorsqu'ils sont abandonnés à eux-mêmes
dans leur état de nature, on ait jamais remar-
qué un accouplement entre deux espèces diffé-
rentes; la seconde, est qu'en général les bâtards
sont stériles et rarement en état de se repro-
duire; c'est une exception très-rare lorsque les
mulets ou les bâtards des linottes et des serins
sont féconds; il est plus aisé de faire produire
aux plantes des espèces bâtardes qui portent des
semences susceptibles d'être fécondées (§ 7).
Quant aux prétendus bâtards provenus de l'ac-
couplement de vaches avec des chevaux ou des
ânes, de lapins et de poules, ou même d'hom-
mes et d'animaux, il n'en a jamais existé, et ces
fables n'ont plus besoin d'être réfutées.*

§ 15.

[Seite 29]

Les races et les variétés sont ces déviations
qu'une dégénération insensible a apportées dans
la conformation spécifique originaire des espèces
particulières de corps organisés.

Le mot race indique, dans le sens plus exact,
un caractère que la dégénération a fait naître,
et qui devient nécessairement et inévitablement
héréditaire par la propagation, comme par exem-
ple lorsque des blancs engendrent des mulâtres
avec des nègres, ou des métis avec les indiens
d'Amérique. Ce caractère d'hérédité n'est pas
une suite nécessaire à l'égard des variétés,
comme par exemple lorsque des hommes blonds
à yeux bleus ont des enfans de brunes à jeux
noirs.*

[Seite 30]

Remarque. Lorsque certains caractères pro-
venus de la dégénération se sont propagés de-
puis une longue suite de générations, il est sou-
vent très-difficile de déterminer si ces corps dé-
générés appartiennent à de simples races ou à
des espèces originairement différentes; pour dé-
cider en pareil cas, il n'y pas d'autres règles
applicables que celles qui sont tirées de l'ana-
logie, car les règles que Buffon et Ray ont
données pour déterminer le caractère de l'espèce
d'après sa faculté d'engendrer une postérité fé-
conde, ne sont rien moins que sures et suffi-
santes.

En effet, sans compter qu'on ne peut appli-
quer cette règle à un grand nombre d'animaux
et de plantes qui se reproduisent sans accou-
plement (plus bas, § 20), il est cent autres cas
auxquels des difficultés insurmontables empêchent
d'en faire l'application. Qui décidera, par exem-
ple, la question si l'éléphant d'Asie et celui d'Afri-
que appartiennent à la même espèce? Et même
dans les cas où nous sommes instruits par l'ex-
périence, comme dans l'accouplement du cheval
et de l'ânesse, ou de l'âne et de la jument, re-
gardera-t-on comme règle le résultat ordinaire ou
celui qui s'offre le plus rarement? Ordinaire-
ment les mulets sont stériles, il est très-rare
[Seite 31] qu'on les ait trouvé capables de se reproduire;
si l'on vouloit ainsi prendre pour règle ce cas
extrêmement rare, il faudroit regarder le cheval
et l'âne comme étant de la même espèce, quoi-
que dans toute la conformation de leur corps,
sur-tout dans leur intérieur et nommément dans
la structure tout-à-fait différente des organes de
leur voix, l'un diffère spécifiquement autant de
l'autre que le lion diffère du chat; mais d'après
l'analogie on doit les regarder comme deux es-
pèces différentes, et c'est d'après ce principe
d'analogie que je regarde les deux éléphans dont
je viens de parler comme appartenant à deux
espèces différentes, puisque leurs dents molaires
nous montrent une différence frappante qu'il
est impossible de prendre pour une simple suite
de dégénération.

§ 16.

Aux diverses causes de dégénération, appar-
tiennent particulièrement l'influence du climat et
de la nourriture, et parmi les hommes et les ani-
maux, leur manière de vivre.

Un climat froid, par exemple, arrête l'accrois-
sement des corps organisés. C'est pour cela que
les groënlandois, les lapons, ainsi que les plantes
et les animaux des pays froids sont petits et ra-
massés. Ce climat donne, également une couleur
[Seite 32] blanche aux plantes et aux animaux; aussi les
habitans du nord ont-ils en général la peau blan-
che; aussi beaucoup d'animaux à sang chaud
des pays les plus froids ont-ils par anomalie les
poils ou les plumes d'une blancheur éclatante;
aussi beaucoup de plantes de ces pays ont-elles
également par anomalie des fleurs toutes blan-
ches; les créoles au contraire, c'est-à-dire, les
blancs nés dans les deux Indes, portent ordi-
nairement le cachet de leur patrie méridionale.

Je n'ai pas besoin d'entrer dans de grands
détails sur les autres causes de dégénération que
j'ai indiquées: nos animaux domestiques, nos
blés, nos fruits, nos plantes potagères et l'espèce
humaine elle-même nous montrent assez jusqu'à
quel point la différence dans la manière de vi-
vre, dans la culture et les alimens peut changer
peu à peu la conformation, la couleur et toute
la constitution des corps organisés.

Cependant ces différentes causes de dégéné-
ration sont modifiées par les circonstances; sou-
vent elles viennent à l'appui les unes des autres,
et rendent la dégénération plus rapide et plus
frappante, ou bien parfois elles se compensent
en quelque façon et la retardent; aussi ne doit-
on pas se presser de prononcer, lorsqu'il s'agit
de faire l'application à des cas particuliers.

[Seite 33]

Première remarque. Il y a, par exemple,
même sous la ligne, des contrées extrêmement
froides, comme dans l'intérieur de Sumatra, etc.;
d'un autre côté, la Sibérie produit beaucoup de
plantes des pays chauds, lesquelles ne viennent
pas dans des contrées de l'Europe qui sont beau-
coup plus au sud.

Deuxième remarque. L'effet individuel que
quelques climats opèrent sur les corps organisés,
particulièrement sur ceux du règne animal, est
singulier; en Syrie, par exemple, les chats, les
lapins et les chèvres ont des poils d'une longueur
et d'une blancheur extraordinaire; en Corse, les
chiens et les chevaux sont tachetés d'une manière
particulière, et en Guinée les hommes, les chiens
et les poules deviennent des nègres à leur ma-
nière.

§ 17.

La nutrition des corps organisés s'opère de
différentes manières. Les plantes prennent leur
nourriture homogène par des racines qui se trou-
vent hors de leur tige, à une de ses extrémités;
les animaux au contraire ont, suivant l'expres-
sion de Boerhaave, leurs racines dans l'intérieur
de leur corps, c'est-à-dire, dans l'estomac et le
canal intestinal, et où se trouvent des petits vais-
seaux sans nombre qui pompent la partie nutri-
[Seite 34] tive des alimens, à-peu-près comme le font les
racines dans les plantes, et la portent ensuite aux
parties du corps.

La partie nutritive des alimens s'assimile,
par un des plus merveilleux procédés de l'éco-
nomie des corps organisés, à la substance de ces
corps; la partie superflue s'évapore; et chez les
animaux qui ne se nourrissent pas d'un suc aussi
simple que les plantes, elle est rejetée encore par
d'autres voies.

§ 18.

L'accroissement des corps organisés est la suite
de leur nutrition; la plupart atteignent bientôt
la grandeur qu'ils doivent avoir, mais il est des
arbres (le palmier areca, areca oleracea, le
baobab, adansonia digitata); il est des plantes
(le rotang, calamus rotang), et aussi quelques
animaux (plusieurs espèces de ténia, même les
crocodiles et les grands serpens aquatiques) qu'il
est trop difficile d'observer, pour qu'on puisse dé-
terminer si et quand ils cessent de croître en
longueur et en grosseur.

§ 19.

A cette faculté de croître des corps organisés,
appartient aussi leur force de reproduction, ou
cette propriété remarquable par laquelle des
[Seite 35] parties de leur corps mutilées ou perdues tout-
à-fait se réparent et reviennent d'elles-mêmes.
Cette force est un des plus grands bienfaits de la
nature; elle conserve les animaux et les plantes
dans mille accidens où leur corps est blessé; aussi
est-elle en général, ainsi que la nutrition, un des
avantages précieux qui mettent les corps orga-
nisés sortis des mains du créateur bien au-dessus
des automates construits avec le plus d'art par
les mécaniciens. Les auteurs de ces ouvrages ne
peuvent pas leur communiquer la force de ré-
tablir d'eux-mêmes leurs ressorts ou leurs roua-
ges, lorsqu'ils sont faussés, rompus ou usés;
cette force, au contraire, le créateur l'a donnée
plus ou moins à tout animal et à chaque plante.

Beaucoup de corps organisés perdent à des
temps fixés certaines parties de leur corps qui leur
reviennent quelques temps après. Les cerfs, par
exemple, jettent leurs bois; les oiseaux muent;
les serpens et les chenilles changent de peau; les
écrevisses de test; les plantes se dépouillent de
leurs feuilles, et ces pertes se réparent ensuite.
On pourrait appeler cette propriété la reproduc-
tion ordinaire.

L'autre est la reproduction extraordinaire, et
proprement celle dont il est question ici. C'est la
faculté par laquelle les blessures des corps orga-
nisés, sur-tout des animaux, se guérissent; leurs
[Seite 36] fractures se remettent, et même des parties per-
dues ou mutilées se reproduisent de nouveau.
L'homme et les animaux qui ont le plus d'ana-
logie avec lui, n'ont qu'une force de reproduc-
tion
extrêmement bornée, mais la nature en a
donné une vraiment étonnante à plusieurs ani-
maux à sang froid, particulièrement aux sala-
mandres aquatiques, aux écrevisses, aux lima-
çons, aux vers de terre, aux actinies (actinia
senilis), aux artéries et aux polypes à bras.

Remarque. Pour que certaines expériences sur
cette force de reproduction réussissent, il faut
une main déjà exercée à un pareil travail, et
sur-tout infiniment de précaution; peut-être faut-
il aussi être favorisé par des circonstances acces-
soires; c'est pourquoi il ne faut pas se presser
de révoquer la chose en doute, parce que les
premières expériences auront peut-être man-
qué; ce n'est qu'après plusieurs essais infruc-
tueux que mes expériences ont réussi; mais enfin
la tête d'un grand colimaçon des vignes (helix
pomatia
) s'est reproduite avec ses quatre cornes,
dans l'espace d'environ six mois.

Il y a plusieurs années que j'ai extirpé l'œil
presque tout entier à une salamandre aquatique
de la grande espèce (lacerta lacustris), que je
conserve à présent dans de l'esprit de vin; c'est-
[Seite 37] à-dire, j'ai fait couler toutes les humeurs, et j'ai
coupé ensuite 4/5 des peaux vidées, et cependant
en moins de dix mois s'est reproduit un nouveau
globe parfait avec une nouvelle cornée, une
nouvelle pupille et un nouveau cristallin, etc.;
le nouvel œil différait seulement de celui que
j'avois laissé, en ce qu'il n'avoit à-peu-près que
la moitié de la grandeur de l'autre.

§ 20.

Lorsque les corps organisés sont parvenus à
leur parfaite maturité par le moyen de la nu-
trition et de l'accroissement, ils ont alors la fa-
culté d'engendrer
(§ 5), faculté qui s'exerce
en général de deux différentes manières; ou
chaque individu est en état par lui-même de re-
produire seul son espèce, ou il faut le concours
de deux individus de différent sexe qui s'accou-
plent ensemble.

Toutes les différences particulières qui exis-
tent dans ces deux modes principaux de propa-
gation, se réduisent en dernier résultat aux qua-
tre sortes suivantes:

1.° Chaque individu se propage de la ma-
nière la plus simple, sans fécondation pré-
cédente, soit par division, comme plusieurs
animalcules des infusions* et les polypes à bou-
[Seite 38] quets,* soit par rejetons, comme les polypes
à bras et beaucoup d'autres plantes, soit par
boutons, comme la conferve de fontaine.**

2.° Chaque individu est aussi en état de se
reproduire; mais véritable hermaphrodite, il
porte sur son corps les deux organes sexuels, et
pour qu'il engendre un être de son espèce, il faut
auparavant qu'il se féconde lui-même, c'est-à-
dire, il faut, si c'est un animal, qu'il répande
sa semence masculine sur les œufs femelles
qu'il porte, et si c'est une plante, qu'elle arrose
de sa poussière masculine ses graines féminines.
Telle est la manière dont se propagent la plu-
part des plantes, et dans le règne animal, à ce
qu'il paroît, quelques conques.

3.° Les deux sexes sont également réunis dans
un individu, comme dans les hermaphrodites de
la classe précédente; mais aucun de ces individus
n'est en état de se féconder lui – même, il faut
que deux individus se fécondent et soient fé-
condés réciproquement. Cette singulière organi-
sation ne se trouve que dans peu d'animaux,
[Seite 39] dans le ver de terre, dans quelques limaçons,
etc.*

4.° Les deux organes sexuels se trouvent sur
deux individus séparés, dont l'un a les parties
femelles ou les ovaires, et l'autre la substance
masculine fécondante; tels sont tous les animaux
à sang rouge, et beaucoup d'autres des autres
classes; telles sont aussi quelques plantes, comme
les saules, le houblon et la plupart des mousses.

Quelques animaux de cette quatrième classe
mettent bas des œufs dans lesquels le petit ne se
forme tout-à-fait qu'après la ponte: on les nomme
ovipares; mais d'autres conservent cet œuf dans
leur matrice jusqu'à ce que le petit soit parfai-
tement formé et puisse venir au monde en se
délivrant de ses enveloppes: ce sont les vivipares.

Remarque. Du reste, la différence entre les
vivipares et les ovipares n'est pas très-grande,
c'est ce que prouvent les pucerons et les polypes
à panache, qui se reproduisent d'après la diffé-
rence des saisons, tantôt d'une manière, tantôt de
l'autre; c'est ce que prouvent aussi quelques
serpens qui à la vérité mettent bas des œufs,
mais l'animal y est contenu tout formé. On pour-
roit en quelque façon comparer, sous ce dernier
rapport avec ces espèces de serpens, ces plantes
[Seite 40] dans les graines desquelles est renfermé, lors-
qu'elles sont mûres, un germe de plante verd,
comme, par exemple, dans les féves de la
nymphea nelumbo, connues sous le nom de
féves d'Egypte.

§ 21.

Lorsque les corps organisés ont parcouru la
carrière qui leur étoit fixée, toute force vitale
les abandonne, et ils meurent; mais fort peu
atteignent le but que la nature a fixé pour le
cours de leur vie, mille accidens leur accour-
cissent le chemin avant le temps marqué On
compte, par exemple, que sur 1000 hommes,
78 environ meurent de vieillesse, et parmi les
amphibies si grands et si terribles, tels que les
crocodiles et les serpens, il n'y en a peut-être pas
un sur mille qui atteigne l'âge et la grandeur
qu'il doit avoir. Lorsque les animaux et les
plantes sont morts, leur corps se dissout peu-à-
peu par la décomposition chimique de ses élé-
mens; leur organisation est détruite, et leur
poussière va se perdre dans le sein de la terre
qui leur avoit fourni auparavant, et leur séjour
et leur nourriture.


SECTION TROISIÈME.
Des animaux en général.

[Seite 41]

§ 22.

Quelque variée que soit la conformation et
la structure des animaux, il paroît pourtant que
tous, à l'exception peut-être de quelques ani-
maux infusoires, ont de commun entre eux une
bouche (§ 3), par laquelle ils font passer leurs
alimens dans leur corps. En second lieu, diffé-
rens en cela des plantes qui tirent leur suc nour-
ricier homogène de l'air, de l'eau et de la terre,
les animaux tirent leur nourriture extrêmement
variée des règnes, organisés même, et il faut que,
pressés par le sentiment pénible de la faim, ils
la prennent au moyen d'un mouvement volon-
taire.

§ 23.

Dans les animaux qu'en général on nomme
plus parfaits, le suc nourricier séparé des autres
parties, se mêle d'abord avec le sang qui circule
dans leurs veines, et de-là il est déposé dans
[Seite 42] les autres parties constituantes du corps. Le sang,
ainsi proprement nommé, est de couleur rouge;
mais il a un degré de chaleur différent dans les
diverses classes d'animaux à sang rouge. Dans
les uns, comme dans les amphibies et les pois-
sons, il a un degré de chaleur à-peu-près égal à
la température du milieu dans lequel ils se trou-
vent; c'est pour cela qu'on les appelle animaux
à sang froid; mais dans les autres animaux à
sang chaud
(les mammifères et les oiseaux),
il a une chaleur d'environ 100 degrés (fahren-
heit), un peu plus ou un peu moins. La liqueur
qui remplace le sang dans les animaux à sang
blanc
(les insectes et les vers) se distingue
particulièrement de ce qu'on appelle proprement
le sang, par l'absence de globules rouges.

§ 24.

Mais le sang peut être blanc ou rouge, froid
ou chaud; il faut toujours que dans un animal
sain il soit imprégné d'une certaine quantité
toujours nouvelle d'oxigène tiré de l'air atmos-
phérique ou de l'eau, et qu'il chasse en échange
du corps une égale quantité de carbonique. C'est
particulièrement la respiration qui opère dans
le laboratoire animal ce procédé remarquable qui
dure toute la vie. Les animaux respirent par les
poumons, les poissons par les ouïes, et les ani-
[Seite 43] maux à sang blanc par divers organes analo-
gues.

§ 25.

Les animaux seuls qui respirent par les pou-
mons ont une voix; outre cette voix qui lui est
innée, l'homme a de plus la parole qu'il a in-
ventée.

§ 26.

Les muscles qui, dans les animaux à sang
rouge, forment ce qu'on appelle proprement la
chair, sont les organes qui servent à exécuter
immédiatement les mouvemens volontaires. Il est
tin petit nombre d'animaux dont la conformation
est extrêmement simple, tels que les polypes, dans
lesquels on ne peut pas distinguer les organes du
mouvement du reste de leur substance gélati-
neuse.

§ 27.

Cependant il y a aussi quelques muscles, mais
en petit nombre, sur lesquels la volonté ne peut
rien; le cœur est du nombre de ces muscles; il
bat continuellement pendant la vie de l'animal
(il a dans l'homme à-peu-près 4500 pulsations
par heure), sans jamais se fatiguer et devenir
à la fin douloureux.

§ 28.

[Seite 44]

Du reste, les deux sortes de muscles, les in-
volontaires aussi bien que ceux qui se meuvent
à volonté, ont également besoin, pour se mou-
voir, de l'influence des nerfs.

§ 29.

Ces nerfs partent du cerveau et de la moelle
épinière, et il paroît que la grandeur de ces deux
dernières parties comparée à la grosseur des nerfs
qui en proviennent, est en raison inverse des
forces intellectuelles de l'animal,* de sorte que,
parmi tous les animaux, l'homme a le plus grand
cerveau, comparé à ses nerfs extrêmement fins,
tandis que des animaux dont l'intelligence est
très-bornée, tels que les amphibies de nos pays,
ont de très-gros nerfs et un très-petit cerveau.

§ 30.

Outre l'influence que les nerfs ont sur le mou-
vement des muscles, ils ont encore une seconde
destination, c'est de communiquer à l'ame, par
les sens, les impressions qui agissent extérieure-
ment sur le corps animal. La nature des organes
des sens diffère extrêmement dans les diverses
[Seite 45] classes d'animaux; beaucoup d'animaux, par
exemple, reçoivent sans contredit des impres-
sions par les sens, sans que nous puissions dé-
couvrir en eux les organes sensuels dont les autres
animaux ont besoin pour recevoir de pareilles
impressions; c'est ainsi que les mouches à viande
(musca vomitoria) et beaucoup d'autres insectes
ont de l'odorat, quoique nous ne leur aperce-
vions pas de nez.

Remarque. Plusieurs ont voulu réduire le
nombre des cinq sens, d'autres au contraire ont
voulu l'augmenter. Vanini, par exemple, et plu-
sieurs après lui, regardoient le sentiment qui
accompagne la jouissance comme un sixième
sens. Jules-César Scaliger prétendoit que le cha-
touillement sous les aisselles en étoit un septième.
Spallanzani regarde comme un sens ce tact par
lequel les chauve-souris, lorsqu'elles volent dans
l'obscurité, ne se heurtent jamais nulle part.
Enfin M. Darwin veut que le sentiment du froid
et du chaud soit des sens particuliers.

§ 31.

Les nerfs et les muscles se fatiguent par la
continuité de leur travail; pour réparer leurs
forces, ils ont besoin de temps en temps de
repos, et le sommeil le leur procure. L'homme et
[Seite 46] la plupart des animaux frugivores dorment or-
dinairement la nuit; mais beaucoup d'animaux
de proie, la plupart des poissons, plusieurs in-
sectes et quelques vers se tiennent cachés pendant
le jour, et vont la nuit à leurs affaires; c'est pour
cela qu'on les appelle animaux nocturnes.

§ 32.

Outre ce sommeil journalier, beaucoup d'ani-
maux passent dans un sommeil profond une
partie considérable de l'année et justement les
mois les plus durs, pendant lesquels il leur seroit
impossible de pourvoir à leur nourriture;* ils
se glissent, à l'approche de l'hiver, dans des en-
droits surs et peu fréquentés, et lorsque le froid
commence, ils tombent dans une sorte d'engour-
dissement dont ils ne sortent que lorsque les pre-
mières chaleurs du printemps les réveillent. Cet
engourdissement est si fort que, pendant ce som-
meil léthargique, les animaux à sang chaud con-
servent à peine un degré de chaleur sensible
(voyez plus haut § 4, dans la remarque), et les
chrysalides de plusieurs insectes sont tellement
gelées, qu'on peut les jeter par terre, où elles
sonnent comme du verre ou des glaçons, sans
[Seite 47] faire le moindre mal à l'animal qui y est en-
dormi.

Autant que je puis savoir, pas un oiseau n'a
de sommeil d'hiver, mais la plupart des amphi-
bies dorment pendant toute cette saison.

§ 33.

Parmi les facultés de l'ame, il y en a quel-
ques-unes que la plupart des animaux ont de
commun avec l'homme, telles que la perception
et l'attention; ils ont aussi ce qu'on nomme les
sens intérieurs, c'est-à-dire, la mémoire et
l'imagination.*

§ 34.

Il est d'autres facultés qui sont presque propres
uniquement aux animaux; il s'en trouve peu de
traces dans l'homme: ce sont les facultés connues
sous le nom d'instinct; mais en revanche l'homme
a exclusivement la raison.

§ 35.

L'instinct** est la faculté qu'ont les animaux
de se soumettre par un mouvement intérieur
[Seite 48] inné et involontaire, sans aucune instruction et
d'eux-mêmes, à des actions conformes à une fin
et tendant à leur conservation et à celle de leur
espèce.

Des observations sans nombre prouvent qu'ils
exécutent ces actions importantes sans réflexion
et machinalement; le hamster, par exemple,
casse aussi les ailes aux oiseaux morts, avant de
les manger; les oiseaux de passage que l'on a
élevés tout seuls dans une chambre, sentent,
dans l'automne, le besoin d'émigrer; malgré les
soins que l'on prend d'eux, ils deviennent inquiets
et s'agitent sans cesse dans leur cage.

§ 36.

Parmi les diverses espèces d'impulsions natu-
relles
ou d'instincts, la plus remarquable est
celle qu'on pourroit nommer instinct industriel,
c'est-à-dire, cette faculté par laquelle tant d'ani-
maux à sang chaud et tant d'insectes, sans au-
cune instruction, sans aucun exercice prépara-
toire,* savent se construire avec un art éton-
nant des habitations pour leur séjour, des nids
[Seite 49] pour mettre leurs petits en sureté, des tissus pour
prendre leur proie, et peuvent entreprendre di-
vers autres travaux.

§ 37.

L'homme, à l'exception de cette impulsion de
la nature qui porte un sexe vers l'autre, montre
peu d'autres traces d'instinct. L'instinct tech-
nique
lui manque absolument; mais ce qui le
dédommage de ce défaut apparent, c'est l'usage
de la raison.

Cette raison peut être, ou une faculté propre
exclusivement à l'ame humaine, ou le degré
beaucoup plus haut d'une faculté dont quelques
animaux donnent aussi quelques signes; elle peut
être aussi une direction particulière de toutes les
forces de l'ame humaine: l'avantage signalé
qu'elle donne à l'homme n'en est pas moins in-
contestable.

En effet, l'homme étant destiné à habiter pres-
que toutes les parties de la terre et à se nourrir
de presque toutes les productions des règnes or-
ganisés, il lui faut plus que l'instinct technique
des bêtes, qui est toujours le même et toujours
uniforme. S'il n'avoit que cet instinct, il lui seroit
impossible de satisfaire les différais besoins aux-
quels l'assujettit la grande différence dans les
climats qu'il doit habiter et dans la nourriture
[Seite 50] que lui fournit le lieu de son séjour; mais, par
l'usage de sa raison, il peut s'accommoder, pour
ainsi dire, aux circonstances, et varier ses res-
sources autant que ses besoins.

§ 38.

Ce qui prouve combien ce seul avantage élève
l'homme au-dessus de toute la création animale,
c'est l'empire illimité qu'il exerce sur elle; il
peut diriger à sa volonté l'instinct, la manière
de vivre, l'économie domestique, en un mot,
toutes les dispositions naturelles des créatures
qui l'entourent; il peut apprivoiser les animaux
les plus redoutables, dompter leurs passions les
plus violentes, les dresser, leur faire faire toutes
sortes de tours de force ou d'adresse.

Remarque. Pour se convaincre en général jus-
qu'à quel point l'homme cultivé est le maître du
reste de la création, il ne faut que se rappeler
le changement qu'il a fait subir au nouveau
monde et à celui qu'il habitoit; combien de vé-
gétaux, combien d'animaux il a transplantés,
par exemple, de l'un dans l'autre. Il a donné
au nouveau monde du riz, du café, des che-
vaux, du bétail, et il en a rapporté des pommes
de terre, des dindons, du tabac, etc. qu'il a na-
turalisés dans l'ancien continent.

§ 39.

[Seite 51]

Les animaux domestiques nous fournissent la
preuve la plus frappante de cet empire que la
raison seule donne à l'homme sur les autres
créatures. J'appelle animaux domestiques, dans
l'acception la plus étroite, ces animaux à sang
chaud que l'homme a privés de leur liberté, et
qu'il s'est soumis exprès pour satisfaire ses be-
soins, et en général pour les faire servir à ses
desseins. On peut aussi ranger parmi eux, dans
un sens plus étendu, les abeilles, les vers à soie
et les gallinsectes, connus sous le nom de ker-
mès,
de cochenilles, etc.

Première remarque. On peut considérer sous
trois rapports différens les animaux domestiques
dont j'ai parlé. Il en est dont l'homme s'est sou-
mis entièrement toute l'espèce, et l'a fait sortir
tout-à-fait de son état de nature, par exemple,
le cheval; il en est d'autres qu'il élève à la vé-
rité auprès de lui, mais dont la race originai-
rement sauvage existe encore, tels sont les bœufs,
les cochons, les chats, les rennes, les deux espè-
ces de chameaux de l'ancien monde, et la volaille;
d'autres enfin, comme l'éléphant, ne se propa-
gent pas quand ils sont captifs*; mais il faut
[Seite 52] prendre, apprivoiser et dresser tous ceux dont
l'homme veut se servir.

Deuxième remarque. Les animaux domesti-
ques varient souvent dans la couleur, et plu-
sieurs mammifères que l'on compte parmi eux se
distinguent par une queue pendante et des oreilles
basses, mais aucun de ces deux signes n'est cepen-
dant un caractère constant de leur domesticité.

§ 40.

Tout le règne animal se divise, d'après le sys-
tème de Linnée, en six classes; savoir:

1.re classe. Les Mammifères, animaux à sang rouge
et chaud, vivipares, et allaitant pen-
dant quelque temps leurs petits.

2.e classe. Les Oiseaux, animaux à sang rouge
et chaud, ovipares et ayant des plu-
mes.

3.e classe. Les Amphibiens, animaux à sang rouge
et froid, respirant par les poumons.

4.e classe. Les Poissons, animaux à sang rouge
et froid, respirant par les ouïes et non
par les poumons.

5.e classe. Les Insectes, animaux à sang blanc et
froid, ayant des antennes à la tête, et
dont les organes du mouvement sont ar-
ticulés.

6.e classe. Les Vers, animaux à sang blanc et
froid, sans antennes, mais ayant ordi-
nairement des tentacules, et dont les
[Seite 53] organes du mouvement, autant que je
puis savoir, ne sont jamais articulés.*


NOTICE
De quelques livres et auteurs, pour servir à
l'histoire des animaux en général.

  1. Aristoteles. Histoire des animaux d'Aristote,
    avec des notes, etc., par M. Camus. Paris, 1783,
    2 vol. in -4.°
  2. Conradi Gessneri icones quadrupedum vivipa-
    rorum item avium, et animalium aquatilium cum
    nomenclaturis singulorum in linguis diversis Eu-
    ropæ. Editio 2. Tig. 1560, in-folio.
  3. Aldrovandus.
  4. Jo. Johnston. Historia naturalis de animalibus.
    Francfort, 1649–1653, in-folio.
  5. Et aussi sous le titre de H. Ruisch (Frid. Fil.),
    Theatrum universale omnium animalium. Amsterd.
    1718, 2 vol. in-folio.
  6. Ray.
  7. Buffon.
  8. Linnei fauna succica, edit. 2. Holm. 1761, in -8°.
  9. Th. Pennants british Zoology. Londres, 1768–
    1777, 4 vol. in -4°.
  10. Et ses gravures sous le même titre, depuis 1763,
    grand in-folio.
  11. Zoologie de Brisson.
  12. Tableau élémentaire de l'histoire naturelle des
    animaux, par Cuvier. Paris 1798, in -8°.

SECTION IV.
Des mammifères.

[Seite 54]

§ 41.

Les mammifères ont de commun avec les oi-
seaux le sang rouge et chaud, mais ils sont vi-
vipares, et le caractère principal qui les distin-
gue de tous les autres animaux, et d'où toute la
classe a pris sa dénomination, ce sont les ma-
melles avec lesquelles les femelles allaitent leurs
petits. Le nombre et la position des mamelles
diffère dans la plupart des animaux; ordinaire-
ment la femelle en a une fois autant qu'elle met
de petits au jour, et elles sont placées ou sur
la poitrine, ou au ventre, ou entre les jambes de
derrière.

§ 42.

Le corps de la plupart des mammifères, si ce
n'est même de tous*, est garni de poils dont la
force, la longueur et la couleur varient extrême-
[Seite 55] ment dans les différens animaux; chez les uns
ces poils sont frisés, comme la laine des mou-
tons et des barbets; chez d'autres ils sont roides et
hérissés, telles sont les soies du sanglier et du
cochon; souvent ils forment des piquans roides,
comme chez le hérisson. Il est plusieurs animaux
chez lesquels ils s'alongent à des endroits parti-
culiers du corps, et deviennent ou barbe ou cri-
nière;
il en est d'autres, comme les chevaux,
les chiens, etc. chez qui ils sont placés à de cer-
tains endroits dans une direction opposée, et for-
ment ce qu'on appelle les coutures; chez quel-
ques-uns, les veaux-marins, par exemple, la
couleur se change avec l'âge; il y en a aussi que
le froid (§ 16) des pays du nord, et même chez
nous un hiver rigoureux rend tout gris, comme
l'écureuil qui nous fournit le petit gris, ou blanc
de neige, comme l'hermine. Mais lorsque cette
couleur blanche est jointe à des pupilles rouges et
à des yeux que le jour blesse, comme chez les
chacrelats, dans le genre humain et parmi plu-
sieurs autres espèces d'animaux à sang chaud,
elle est alors la suite d'une foiblesse véritablement
maladive.

§ 43.

Le séjour que la nature a assigné aux mammi-
fères est très-différent. La plupart vivent sur la
[Seite 56] terre; d'autres, comme les singes et les écureuils,
presque uniquement sur les arbres; quelques-uns
sous terre, comme la taupe; d'autres tantôt sur
terre, tantôt dans l'eau, comme les castors et les
ours marins (phoca ursina); d'autres enfin sé-
journent seulement dans l'eau, comme les balei-
nes. Aussi les animaux de cette classe ont-ils les
pieds ou les autres organes qui servent à les mou-
voir, conformés très-différemment. La plupart
ont quatre pieds, l'homme n'en a que deux, mais
il a aussi deux mains; les singes, au contraire,
ont quatre mains; les amphibies de cette classe
ont les doigts et les orteils réunis par une mem-
brane qui leur sert à nager. Les doigts des pieds
de devant des chauves-souris sont minces et ex-
trêmement longs, et entre ces doigts est tendue une
membrane très-fine, qui met ces animaux en état
de voler. Les pieds de quelques animaux aquati-
ques de cette classe sont construits comme pour
ramer, et chez les baleines ils ressemblent en
quelque sorte aux nageoires des poissons; seule-
ment les pieds de derrière sont sans os, et si-
tués horizontalement et non verticalement comme
la queue des poissons. Un petit nombre de mam-
mifères a des sabots; beaucoup d'autres ont le
pied fourchu. La plupart marchent seulement sur
les doigts des pieds, sur-tout sur ceux des pieds
de derrière; mais quelques-uns, comme l'homme,
[Seite 57] et en quelque façon les singes, les ours, les élé-
phans appuient toute la plante du pied jusqu'au
talon.

§ 44.

Presque tous les mammifères, à l'exception de
la plupart des fourmilliers, des manis et de quel-
ques baleines, sont armés de dents. On divise les
dents en incisives*, en canines et en molaires;
ces dernières sur-tout sont conformées, différem-
ment, d'après le différent genre de nourriture des
animaux. Chez les carnivores la couronne en est
crenelée et pointue; chez les frugivores elle est
large en haut et sillonnée, et chez ceux qui, comme
l'homme, se nourrissent des productions des deux
règnes organisés, elle est enfoncée dans le milieu
et arrondie par les coins.

Quelques mammifères, comme par exemple
l'éléphant et le narhwal ont de grandes défenses
saillantes; d'autres, comme le morse, deux énor-
mes canines dirigées en bas, etc.

§ 45.

Ce n'est que parmi les mammifères et encore
[Seite 58] parmi les herbivores, qu'il y a des espèces véri-
tablement ruminantes, de ces espèces qui ava-
lent d'abord leurs alimens mâchés légèrement,
les rapportent ensuite dans leur bouche par l'éso-
phage, les remâchent alors parfaitement, et les
avalent pour la seconde fois.

Les animaux ruminans ont les dents confor-
mées particulièrement pour cet effet; leurs mo-
laires sont coupées par des fourches transversales
en forme de dents de scie, et les couronnes n'en
sont pas horizontales, mais elles sont en biais, de
sorte que dans les dents de la mâchoire supé-
rieure, le côté extérieur se trouve le plus haut,
tandis que dans celles d'en-bas, c'est le côté in-
térieur tourné vers la langue qui est le plus élevé.
Ces animaux ont outre cette disposition de leurs
dents, la mâchoire inférieure très-étroite, qui
peut se mouvoir très-aisément des deux côtés,
et c'est par-là, comme on peut le voir, que s'o-
père le mécanisme de ce travail singulier.

Première remarque. Les ruminans qui sont
en même-temps fissipèdes, ont quatre estomacs,
dont la structure intérieure et le mécanisme sont
très-remarquables. Tel est le procédé singulier de
cette rumination: les alimens avalés pour la pre-
mière fois, grossièrement mâchés, tombent dans
un premier estomac énorme nommé la panse,
[Seite 59] ils sont humectés et un peu amollis; de la une pe-
tile portion de ces alimens passe l'une après l'au-
tre dans le bonnet qui la comprime, la forme en
pelote et la fait remonter par l'ésophage dans la
bouche; alors l'animal mâche parfaitement cette
partie d'alimens et l'avale pour la seconde fois;
mais à leur seconde descente, les alimens sont
conduits par un canal particulier, et sans repas-
ser par les deux premiers estomacs, dans un troi-
sième, le feuillet, d'où il passe enfin pour être
digéré tout-à-fait dans la caillette, le dernier de
tous, et qui ressemble le plus à l'estomac des au-
tres mammifères.

Deuxième remarque. La véritable cause finale,
le but principal de la rumination applicable à tous
les animaux ruminans en général, me paroît en-
core inconnue.

§ 46.

Beaucoup de mammifères, outre les griffes,
les dents, etc. dont ils sont pourvus, sont aussi
armés de cornes. Parmi quelques espèces, comme
chez le cerf, le chevreuil, les femelles sont sans
cornes; parmi les rennes et les chèvres, les fe-
melles ont des cornes, mais plus petites que celles
des mâles. Le nombre, la forme, la position et sur-
tout la texture des cornes, varie à l'infini. Chez les
bœufs (bos), les chèvres (capra), et les gazel-
[Seite 60] les
(antilope), les cornes sont creuses et enve-
loppent comme une espèce de fourreau, une
proéminence osseuse, qui est la continuation de
l'os frontal. Les cornes des deux espèces de rhino-
céros sont compactes et implantées seulement sur
la peau du nez; chez les cerfs (cervus) elles sont
également solides, mais leur texture est plus os-
seuse, et elles ont des branches. On les appelle
bois. Elles tombent ordinairement tous les ans
et il en revient d'autres à la place.

§ 47.

La plupart des mammifères ont l'ouverture du
derrière couverte d'une queue, qui est une conti-
nuation du coccix; cette queue est diversement
conformée et leur sert à différens usages. Il en
est quelques-uns, par exemple, qui s'en servent
pour chasser les insectes qui les piquent; à plu-
sieurs cercopithèques et à quelques autres ani-
maux d'Amérique ou de la nouvelle Hollande,
elle sert comme de main pour s'appuyer ou s'ac-
crocher aux arbres, ou pour saisir les objets (c'est
ce qu'on nomme la queue prenante); les gerboi-
ses s'en servent pour sauter, et les kangoroos pour
se défendre et pour conserver leur équilibre lors-
qu'ils marchent sur leurs pieds de derrière.

§ 48.

[Seite 61]

Il faut encore remarquer les bourses particu-
lières qui sont attachées au corps de quelques ani-
maux de cette classe, et qui sont destinées à dif-
férens usages. Beaucoup de singes, de babouins
et de cercopithèques, les hamsters, les ziegels (mar-
mota citellus) ont des abazones, dans lesquelles ils
mettent leur provision. Les femelles d'un autre
genre de cette classe, ont leurs mamelles dans une
poche particulière attachée au ventre, et dans la-
quelle les petits se glissent pour teter.

§ 49.

Quelques mammifères, comme par exemple
la plupart des plus grands animaux herbivores, ne
portent ordinairement qu'un petit à la fois;
d'autres, au contraire, comme les animaux de
proie et les cochons, en portent plusieurs à la
fois.

Le fœtus tient à la mère par l'arrière-faix, qui
est conformé de différentes manières dans les di-
vers animaux. Dans l'espèce humaine cet arrière-
faix forme un gâteau simple qu'on nomme pla-
centa;
mais chez les animaux ruminans et à
pied-fourchu, il est partagé en plusieurs petits co-
tyledons
séparés, qui parfois sont en très-
grand nombre.

§ 50.

[Seite 62]

Il est deux points de vue sous lesquels on peut
considérer l'importance des animaux, d'abord
relativement à l'influence qu'ils ont sur l'écono-
mie de la nature, et sur la marche de la création,
et en second lieu par rapport à l'utilité immédiate
dont ils sont à l'homme. Sous le premier rapport,
les insectes et les vers sont, comme nous le ver-
rons plus bas, les créatures les plus importantes;
sous le second au contraire, ce sont les mammi-
fères. La différence de leur conformation, leur
aptitude à apprendre, leur force, etc. fournis-
sent à l'homme les moyens de s'en servir de
mille manières. Il n'a trouvé dans aucune autre
classe d'animaux des compagnons aussi fidelles
et aussi laborieux; aucune autre classe ne lui est
aussi utile pour sa conservation et son usage im-
médiat. Des peuples entiers sur la terre peuvent,
avec une seule espèce de mammifères, satisfaire
leurs plus pressans besoins: le veau-marin, par
exemple, fournit aux groenlandois la nourriture
et l'habillement, comme la renne aux lapons et
aux tongous, et la baleine aux aleutes.

§ 51.

L'utilité des mammifères pour le genre hu-
main, quoique très-variée, peut se réduire pour-
tant au résultat suivant.

[Seite 63]

Les chevaux, les mulets, les ânes, les bœufs, les
rennes, les éléphans, les chameaux, les lamas, les
chiens servent à l'homme pour le porter, le traî-
ner, labourer la terre, porter des fardeaux, etc.;
les chiens l'accompagnent à la chasse et le gardent
pendant son sommeil; pour détruire les souris et
d'autres animaux nuisibles, il emploie les chats,
les hérissons, les fourmilliers, etc.; la viande
du bœuf, du mouton, du cochon, des chèvres,
du cerf, du lièvre, du lapin, etc. sert à sa nour-
riture; il consomme également le lard, le sain-
doux, le sang, le lait, le beurre, le fromage
que fournissent quelques-uns de ces animaux.
Pour se couvrir, s'habiller, se faire des tentes,
il dépouille certains mammifères de leurs four-
rures, de leur cuir, de leurs poils et de leur
laine; il brûle, pour s'éclairer, du suif, de l'huile
de poisson et du blanc de baleine, nommément
celui que l'on obtient par l'art de la chair ma-
cérée du cheval et d'autres quadrupèdes; le
parchemin et le cuir lui servent pour écrire, re-
lier les livres, etc.; enfin les ouvriers font servir
à toutes sortes d'usages les soies de cochons,
les poils, sur-tout les poils de chevaux, le bois
de cerf, les cornes, les griffes, l'ivoire, les dents,
la baleine, les os et les vessies; les tendons et les
os font de la colle-forte; les boyaux, des cordes;
le sang sert en teinture et pour préparer le bleu
[Seite 64] de Berlin et d'autres couleurs; le fumier en-
graisse les terres, chauffe, et on en retire du
sel ammoniac; enfin le musc, le castoreum, la
corne de cerf, le lait, etc. servent en médecine.

§ 52.

De l'autre côté, plusieurs animaux de cette
classe sont médiatement ou immédiatement nui-
sibles à l'homme. Quelques animaux carnassiers,
sur-tout du genre des chats, attaquent l'homme
lui-même; ces mêmes animaux et encore quel-
ques autres, tels que la belette, la martre, le pu-
tois, le glouton, les loutres, les baleines, détrui-
sent beaucoup d'autres animaux utiles; les cam-
pagnols, les hamsters, les lemmings, les cerfs,
les lièvres, les castors, les singes, les éléphans,
les rhinocéros, les hippopotames nuisent aux
plantes, aux arbres, aux fruits et aux blés; les
rats, les souris, les chauve-souris, les marmottes
attaquent nos comestibles.

Aucun animal de cette classe ne paroît être
venimeux, excepté dans sa fureur, ou lorsqu'il
est attaqué d'hydrophobie, maladie à laquelle
sont exposés particulièrement les animaux du
genre des chiens.

§ 53.

Nous avons différens systèmes artificiels, c'est-
[Seite 65] à-aire, des systèmes formés d'après quelques carac-
tères particuliers qui servent de fondement à la
classification. Plusieurs naturalistes de mérite ont
essayé de classer les mammifères d'après ces sys-
tèmes. La division d'Aristote, par exemple, est
fondée sur la différence des doigts et des griffes;
Ray et d'autres ont suivi également cette mé-
thode. Mais avec ce système, les espèces les plus
analogues, celles des fourmilliers et des pares-
seux, par exemple, qui en général se ressemblent
tellement entre elles, doivent être rangées dans des
ordres tout-à-fait différens, uniquement parce que
l'une a plus, et l'autre a moins de doigts. Linnée
a fondé sa classification sur les dents; mais on ne
s'en trouve pas moins choqué, tantôt par les sépa-
rations les plus contre nature, tantôt par les rap-
prochemens les plus singuliers.* En effet, dans ce
système, le genre des chauve-souris doit être ré-
parti au moins dans trois ordres, à cause de la dif-
férente conformation des dents de quelques espèces;
les deux espèces de rhinocéros se trouvent dans
deux ordres; les différentes espèces du genre des
cochons sont également dans deux ordres diffé-
rens, tandis que l'éléphant est compris dans le
même ordre que les tatons et les pangolins.

§ 54.

[Seite 66]

J'ai donc tâché de former un système en gé-
néral plus naturel, en regardant davantage à
l'habitude totale des mammifères; cependant j'ai
fondé particulièrement mes ordres sur les organes
du mouvement, parce qu'ils frappent le plus les
yeux, et que généralement ils répondent exacte-
ment à cette habitude totale de l'animal; mais
deux de ces ordres comprenant des animaux très-
différens, je les ai sous-divisés, d'après la diffé-
rence des dents, en trois familles, auxquelles j'ai
donné les noms que Linnée a donnés à quelques-
uns de ces ordres; ainsi la classe des mammifères
se trouve ordonnée de la manière suivante:

Ordre.
1.er
lat.
Bimanes.
Bimanus.
    L'homme avec deux
mains.
2.e
lat.
Quadrumanes.
Quadrumana.
    Animaux qui ont qua-
tre mains; les singes, les
babouins, les cercopithè-
ques et les makis.
3.e
lat.
Chiroptères.
Chiroptera.
    Les mammifères dont
les pieds de devant sont
recouverts de membranes
qui servent à voler, les
chauve-souris.
4.e

lat.
Fissipèdes ou
      Digités.
Digitata.
    Mammifères à doigts
libres aux quatre pieds;
cet ordre se divise, d'après
la différence des dents,
dans les trois familles
suivantes.
[Seite 67]
A

lat.
Les Fissipèdes
     rongeurs.
Glires.
    Les dents semblables à
celles des souris, les écu-
reuils, lés muscardins et
les autres souris, les mar-
mottes, les cabiais, les
gerboises, les lièvres, les
porcs-épics.
B

lat.
Les Fissipèdes
    carnassiers.
Feræ.
    Les animaux carnas-
siers proprement dits, et
quelques autres genres
dont les dents sont sem-
blables; les hérissons, les
musaraignes, les taupes,
les didelphes, les civet-
tes, les belettes, les ours,
les chiens et les lions.
C

lat.
Les Fissipèdes
    édentés.
Bruta.
    Sans dents ou au moins
sans incisives, les pares-
seux, les fourmilliers, les
pangolins, les tatons.
5.e
lat.
Solipèdes.
Solidungula.
    Les chevaux, etc.
6.e
lat.
Bisulces.
Bisulca.
    Les animaux ruminans
à pied fourchu.
7.e
lat.
Onguiculés.
Multungula.
    Animaux ordinaire-
ment très-grands, infor-
mes, dont le corps est cou-
vert de soies ou de quel-
ques poils rares, et qui
ont ordinairement plus
de deux sabots à chaque
pied; les cochons (car
dans le fond ils ont qua-
tre ongles à chaque pied),
le tapir, les éléphans, les
rhinocéros et les hippo-
potames.
[Seite 68]
8.e Palmipèdes.     Mammifères à pieds
nageurs, divisés encore
en trois familles, d'après
la différence de leurs
dents.
A

lat.
Les palmipè-
  des rongeurs.
Glires.
    Le castor.
B


lat.
Les palmipè-
    des carnas-
    siers.
Feræ.

    Les veaux marins, les
loutres.
C

lat.
Les palmipè-
  des édentés.
Bruta.
    Les ornithochynques,
les morses, le lamantin;
ce dernier forme la tran-
sition aux mammifères
du dernier ordre.
9.e
lat.
Cetacées.
Cetacea.
    Baleines, etc. dont RAY
avoit déjà vu fort bien la
liaison naturelle avec les
autres mammifères.*

LIVRES

[Seite 69]

Pour servir à l'histoire naturelle des mam-
mifères.

  1. Conr. Gessneri historiæ animalium, L. I. de qua-
    drupedibus viviparis. Basileæ, 1551, fol.
  2. Ul. Aldrovandi de quadrupedibus digitatis vivi-
    paris, L. III. Bonon. 1627, fol.
  3. Idem. De quadrupedibus solipedibus. ib. 1616. fol.
  4. Idem. De quadrupedibus bisulcis. ib. 1613, fol.
  5. Ej. De Cetis, L. I. (à la fin de son ouvrage sur les
    poissons) ib. eod. fol.
  6. Jo. Rayi, Synopsis animalium quadrupedum.
    Lond. 1613, in -8°.
  7. Buffon.
  8. T. H. Pennants History of Quadrupeds. Lond.
    1781, 2 vol. in -4°.
  9. Ej. Arctick Zoology. vol. 1, ibid. 1784, in -4°.
  10. J. Ch. Daniel von Schreber Saugethiere. Erlang.
    seit 1774, in -4°.
  11. S. Chr. Pol. Erxleben systema mammalium. Lips.
    1777, in -8°.
  12. E. A. W. v. Zimmermann geographische Geschichte
    des Menschen und der allgemein verbreiteten
    vierfüssigen Thiere. Leipz. 1778, 3 Band. in -8°.
  13. A general History of Quadrupeds, the figur en-
    graved on Wood by J. Berwick. Newcastle upon
    tine 1790.
  14. S. Ad. Suckow Anfangsgründe der Naturgeschichte
    der Thiere, 1 th. Leipzig, 1797, in -8°.

ORDRE PREMIER.
Bimane.

[Seite 70]

Genre I.er L'homme (latin Homo).

(Droit, bimane, à menton saillant, à dents
également rapprochées, les incisives inférieures
droites).

Espèce I.re L'homme.

lat. H. Sapiens.

all. der Mensch.

angl. the Man.

Parmi les caractères extérieurs d'après les-
quels on peut distinguer l'homme, non-seulement
de tous les animaux, mais même du singe, qui
lui ressemble le plus, il faut remarquer d'abord
sa faculté de marcher à deux pieds,* ensuite
l'usage le plus libre de deux mains parfaites,
enfin son menton saillant et la position droite
de ses incisives d'en bas.

Le sexe féminin a de plus deux caractères par-
ticuliers qui le distinguent du sexe masculin, et
[Seite 71] qu'on n'a jamais remarqués dans aucun autre
animal, c'est, 1.° une perte de sang périodique
pendant un certain nombre d'années, et 2.° une
membrane particulière faisant partie des organes
sexuels, et dont l'absence ou la violation peuvent
être regardées comme un signe corporel de dé-
floration.*

Quant aux facultés de l'ame humaine, l'homme
excepté, ce besoin physique qui le porte vers
l'autre sexe, donne peu de signes d'instinct
34 et suivans), et pour ce qui regarde l'instinct
industriel
(§ 36), il n'en a pas du tout; en re-
vanche il est exclusivement en possession de la
raison
(§ 37), et il a l'avantage de la parole
(loquela), avantage qu'il ne faut pas confondre
avec la voix (vox) purement animale, qui est
commune aux hommes et aux brutes, et que
possèdent également les enfans nouveaux-nés,
et ceux qui sont nés muets.

L'homme est par lui-même une créature foi-
ble, sans défense, et soumise à une infinité de
[Seite 72] besoins différens. De tous les animaux, c'est celui
dont l'enfance se prolonge le plus long-temps,
celui auquel les dents viennent le plus tard, celui
qui apprend avec le plus de peine à se tenir sur
ses pieds, celui enfin qui a besoin de plus de
temps pour devenir en état de reproduire son
espèce. Ses plus grands avantages, la raison et
la parole, ne sont que des germes que la culture
et l'éducation seules peuvent développer.

Cette nécessité de secours, ainsi que les be-
soins sans nombre auxquels l'homme est assu-
jetti, sont bien la preuve qu'il est destiné géné-
ralement par la nature à vivre en société. On ne
peut pas encore affirmer aussi positivement, qu'il
soit destiné par-tout, comme en Europe, à la mo-
nogamie;
il faudroit savoir, si dans toutes les
parties du monde le nombre des garçons qui
naissent est proportionnel à celui des filles, et si
les deux sexes ont la faculté d'engendrer pen-
dant la même durée de temps.

L'endroit où l'homme doit séjourner n'est pas
fixé; son genre de nourriture ne lui est pas
prescrit; il habite toutes les parties habitables
de la terre, et peut se nourrir de presque toutes
les productions des deux règnes Organisés. Pro-
portionnellement à sa grandeur corporelle assez
médiocre, et en comparaison des autres mam-
mifères, il atteint un âge extrêmement avancé.

[interleaf] [Abb]
Crâne d'une Géorgiennexxx
[interleaf] [Abb]
Jusuf Aguiah Efendiexxx
[Seite 73]

Le genre humain n'a qu'une espèce, et tous
les peuples de tous les temps et de tous les pays
(qui nous sont connus) peuvent provenir d'une
souche commune. Toutes les différences natio-
nales dans la conformation et la couleur du corps
humain ne sont pas plus frappantes et plus in-
concevables que celles qui défigurent presque
sous nos yeux tant d'autres espèces de corps
organisés, et principalement nos animaux do-
mestiques; mais toutes ces différences se perdent
pour ainsi dire les unes dans les autres par tant
de nuances, par tant de transitions insensibles,
qu'elles ne peuvent donner lieu qu'à des divi-
sions arbitraires, et point du tout tranchantes.
Cependant j'ai cru pouvoir diviser tout le genre
humain dans les cinq races suivantes:

1 La race du Caucase.
(Planche III.)

Cette race a le teint blanc, les joues colorées,
les cheveux longs, doux, d'un brun de noix
(qui d'un côté passe au blond et de l'autre au
brun-noir foncé); la forme de son visage et
de son crâne est la plus belle, d'après les idées
de beauté qu'ont les européens. Les peuples
qui appartiennent à cette race sont les euro-
péens,
à l'exception des lapons et des autres
peuples de la Finlande; ensuite les peuples de
[Seite 74] l'Asie occidentale de ce côté de l'Obi, de la mer
Caspienne et du Gange, et enfin les africains
septentrionaux;
ainsi à-peu-près les habitans
de l'ancien monde connu aux grecs et aux ro-
mains.

La troisième planche à laquelle je renvoie, re-
présente Jusuf-Aguiah Effendi, ambassadeur
de la Porte à Londres, gravé par le jeune Shia-
vonetti,
d'après un dessin de Will. Miller.
C'est lui que j'ai pris pour représentant de la
race du Caucase, à laquelle appartiennent les
hommes les plus beaux, d'après nos idées de
beauté. J'aurois pu prendre tout autre européen
dont les traits répondent à ces idées de beauté,
un Milton, un Raphaël; mais j'ai choisi le turc,
parce que sa patrie est plus proche du Caucase,
qui a donné son nom à toute la race, et des en-
virons duquel elle est probablement originaire.

2 La race Mogole.
(Planche I.)

Ordinairement jaune de froment (quelque-
fois comme des coins cuits, ou comme des écorces
de citrons desséchées), les cheveux durs, rares et
noirs, les paupières fendues obliquement, le visage
plat et les os des joues saillans de côté. Cette race
comprend les autres peuples de l'Asie, à l'ex-
ception des malais, les finlandois d'Europe (les

[Abb]
Feodor Iwanowitsch.xxx
[interleaf] [interleaf] [Abb]
Jac. Jo. Eliza Capitein.xxx
[Seite 75]

lapons, etc.) et les esquimaux dans l'Amérique
septentrionale, depuis le détroit de Béring jus-
qu'à Labrador.

La planche représente Feodor Ivanowitsch,
ce kalmouk que l'impératrice de Russie avoit
donné à la princesse héréditaire de Bade, qui
fut élevé à Carlsrouhe, et vit à présent à Rome,
où il jouit de la réputation d'un des meilleurs
dessinateurs. Ce portrait est d'une ressemblance
frappante; il a été dessiné par Feodor lui-même
au crayon noir, et un de mes amis m'en a fait
présent.

3 La race Ethiopienne.
(Planche V.)

Elle est plus ou moins noire; elle a les che-
veux noirs et crépus, les mâchoires saillantes
en avant, les lèvres grosses et le nez épaté. De
cette race sont les autres peuples d'Afrique,
nommément les nègres qui par les foulahs se
perdent ensuite dans les maures, comme toute
autre variété d'homme se perd pour ainsi dire
dans les peuplades voisines.

J'ai pris pour représentant de la race éthio-
pienne Jac.-Jo.-Eliza Capitein, nègre fort
connu par ses sermons et d'autres ouvrages qu'il
a mis au jour, soit en latin, soit en hollandois.
P. Tanié a gravé ce portrait d'après Vandik.

[Seite 76]

J'ajouterai que ce nègre n'est pas le seul qui, par-
mi ses compatriotes, se soit distingué par ses écrits.
J'ai reçu d'un de mes amis à Philadelphie deux
almanachs pour 1794 et 1795, qu'un nègre fort
connu dans ce pays, M. Benjamin Bannaker, a
calculés. Ce nègre s'étoit acquis ses connaissances
astronomiques uniquement en étudiant les ou-
vrages de Fergusson et les tables de Tobias Mayer.

M. Jac. Mac. Henry de Baltimore a fait im-
primer une biographie de Bannaker, et il re-
garde (ce sont ses expressions) ce nègre comme
une nouvelle preuve que les facultés de l'es-
prit ne dépendent pas de la couleur de la peau.

4 La race Américaine.
(Planche II.)

Couleur de tan ou brun de cannelle (parfois
comme cuivrée); ses cheveux sont plats, durs,
noirs; le visage est large, mais point plat; les
traits au contraire en sont extrêmement pronon-
cés. Tous les peuples d'Amérique, excepté les
esquimaux, sont de cette race.

L'américain dont je joins le portrait est Taya-
daneega,
un des chefs des Mohawks ou des six
nations. Il a été connu aussi en Europe sous le
nom du capitaine Joseph Brant. Il avoit des
talens distingués; il eut une grande influence à
Londres, où il séjourna, il y a vingt-cinq ans, pour

[Abb]
Tayadaneega.xxx
[interleaf] [interleaf] [Abb]
Omai.xxx
[Seite 77]

des affaires politiques. Romney le peignit dans
ce temps, et J. R. Smith le grava.

5 La race Malaie.
(Planche IV.)

Couleur brune, prenant d'un côté la couleur
du bois d'acajou clair; de l'autre, le brun d'œillet
ou le châtain le plus sombre. Cette race a les
cheveux épais, noirs et bouclés, le nez large, la
bouche grande; elle comprend les insulaires de
la mer du Sud,
ou les habitans de la cinquième
partie du monde, des Marianes, des Philippines,
des Molucques, des îles de la Sonde, etc. avec
les malais proprement dits.

Omaï, cet insulaire d'Otahiti qui avoit été au-
trefois une sorte de page chez la reine Oberea,
que le capitaine Fourneaux amena à Londres
en 1773, et que le capitaine Cook ramena en-
suite dans sa patrie, lors de son dernier voyage
en 1779, peut nous donner une idée de la phi-
sionomie de la race malaie.

Son portrait est tiré de la belle gravure que
Jacobe a faite d'après le tableau original de sir
Josué Reynolds.

Toutes les raisons physiologiques doivent faire
regarder la race du Caucase comme la souche
des autres, ou du moins comme la race moyenne
entre les cinq races principales; les deux races
[Seite 78] extrêmes dans lesquelles elle a dégénéré, sont,
d'un côté, la race-mogole et de l'autre l'éthio-
pienne; les deux autres forment la transition de
la race moyenne aux extrêmes; l'américaine
conduit à la mogole, et la malaie à l'éthio-
pienne.*

Ce n'est pas la peine de raconter toutes les

[interleaf] [Abb]
xxx
[Seite 79]

fables dont les hommes ont souillé l'histoire na-
turelle de leur espèce; j'en citerai seulement
quelques-unes sur le grand nombre.

Les prétendus géans des Patagons, par exem-
ple, depuis les temps de Magellan, jusqu'aux
nôtres, ont diminué peu-à-peu dans les rela-
tions des voyageurs de douze pieds jusqu'à sept;
ainsi ils sont à présent un peu plus grands que
tout autre homme d'une bonne taille.

Il est aussi plus que vraisemblable que les
quimos de Madagascar que Commerson a pris
nouvellement pour un peuple de nains, ne sont
rien autres qu'une espèce de cretins, c'est-à-dire,
de malheureux imbécilles, avec de grosses têtes et
de grands bras, comme on en trouve dans le
pays de Salzbourg, dans celui de Vaud, et sur-
tout dans le Piémont.

Il en est de même sans doute des chacrelas,
des blafards, des albinos ou nègres blancs. Ce
n'est pas même une variété, à plus forte raison
ne forment ils point une espèce particulière: ce
sont également des créatures disgraciées de la
nature, dont l'histoire et la description appartien-
nent plus à la pathologie qu'à l'histoire naturelle.

Remarque. Il faut distinguer des nègres blancs
ces nègres qui sont seulement tachetés de blanc.
J'ai vu un de ces derniers à Londres, je l'ai fait
[Seite 80] peindre d'après nature (pl. VI), et j'ai dans ma
collection un échantillon de sa laine blanche et
noire.

La description de l'homo troglodites de Lin-
née est un mélange inconcevable de l'histoire
d'un de ces nègres blancs maladif et souffrant, et
de celle de l'orang-outang.

Son homo-lar est un véritable singe.

Les enfans élevés dans les bois parmi les ani-
maux, sont des monstres moraux qui n'offrent
pas plus le modèle du chef-d'œuvre de la créa-
tion, que d'autres hommes défigurés par la ma-
ladie ou par le hasard.

Il n'y a point de peuples qui aient une queue;
les hottentottes n'ont point de tablier; les amé-
ricains ont de la barbe comme les autres peuples,
quand ils veulent la laisser croître;* il n'y a ni
centaures, ni sirènes; toutes ces fables ont pu
ne pas effrayer la crédulité de nos ancêtres,
mais elles ne méritent plus d'être réfutées.

ORDRE DEUXIÈME.
Quadrumanes.

[Seite 81]

Mammifères à quatre mains, comme l'exigent
leur façon de vivre et leur séjour sur les arbres.
Ils habitent originairement les pays situés entre
les tropiques.*

II. Les Singes. (Lat. Simia, all. Affe,
angl. Ape.)

(Habitus plus ou moins antropomorphe,
oreilles externes et mains presque sembla-
bles à celles de l'homme, quatre incisives
en haut et en bas, canines solitaires plus
longues que les autres dents.)

Habitent uniquement l'ancien monde; ils res-
semblent, il est vrai, bien davantage à l'homme
que les animaux des genres suivans; mais cepen-
dant, outre que les détails dans lesquels je suis
entré au sujet du genre humain ne leur convien-
nent en aucune façon, ils diffèrent visiblement
de l'homme, par toute leur conformation et par-
ticulièrement par leurs reins plats et leurs han-
ches étroites.

[Seite 82]

Linnèe n'a fait qu'un seul genre des singes,
des babouins et des cercopithèques. Erxleben,
au contraire, en a fait cinq; pour moi, j'ai pris
avec Ray le moyen terme, et j'en ai fait trois
genres; seulement j'ai divisé les espèces autre-
ment; je n'ai sur-tout point confondu les cerco-
pithèques d'Amérique avec les singes de l'ancien
monde, parce qu'ils en diffèrent complétement
par leur habitude totale, mais je les ai séparés,
comme Buffon l'a fait.

a. Singes sans queue.
1.

lat.
all.

angl.
Le Chimpansée.
Le Jocko. Buff.
S. troglodites.
der africanische
  Waldmensch.
the Chimpansée.
    Noir, macrocéphale,
ramassé, carré, oreilles
externes grandes.
          Audebert.

Dans l'intérieur d'Angola, de Congo, etc., et
plus avant, en avançant dans les terres; il a,
ainsi que l'orang-outang proprement dit, la
grandeur d'un petit garçon de huit ans.

Linnée, Buffon, Erxleben, etc., ont con-
fondu ce chimpansée d'Afrique avec l'orang-
outang des Indes orientales. Il y a déjà 22 ans
que j'ai montré qu'on devoit les distinguer comme
deux espèces absolument différentes l'une de
l'autre, et j'ai donné à l'africain, pour le dis-

[interleaf] [Abb]
Crâne de l'Orang-outangxxx
[Seite 83]

tinguer, le nom d'espèce de troglodites, que
Linnée avoit donné à un singe qui n'existoit
pas.

2.
lat.
all.

angl.
L'Orang-outang.
S. satyrus.
der ostindische
    Waldmensch.
the Ourangou-
    tang.
    Presque brun, oreilles
externes plus petites,
pouces des mains de der-
rière sans ongles.
        Audebert.

Habite, à ce qu'il paroît, uniquement dans
l'île de Borneo; lorsqu'il est pris jeune, on peut
lui apprendre, ainsi qu'au chimpansée et aux
autres singes, à faire toutes sortes de tours d'a-
dresse; mais il faut bien distinguer ces talens
acquis de ses manières naturelles.

Camper a prouvé, par la dissection d'un orang-
outang, que cet animal est incapable de parler
comme l'homme, et de marcher naturellement
sur ses pieds de derrière.

3.
lat.

all.
angl.
Le Gibbon.
S. lar (l'homo lar
    de Linnée).
der Gibbon.
the Gibbon.
    Bras tres-longs, attei-
gnant les talons.
    Schreber. pl. 3.

Dans les deux presqu'îles des Indes, ainsi
qu'aux Moluques; son visage est rond et res-
semble assez à celui de l'hommne; ses bras sont
[Seite 84] énormément longs; il est d'une couleur noirâtre,
et atteint environ quatre pieds de haut.

4.

lat.
all.

angl.
Le Singe ordinai-
   re, le Pithèque.
S. sylvanus.
der gemeine tür-
   kische Affe.
the Pygmy.
    Bras plus courts que le
corps; fesses chauves;
tête presque ronde.
    Schreber. pl. 4.

Dans l'Afrique septentrionale, les Indes orien-
tales, etc.; c'est de tous les singes sans queue le
plus commun et le plus vivace; il propage son
espèce très-aisément en Europe, est très-docile
et apprend très-facilement. C'est à ce singe que
ressemble le magot (Buff. S. juvus, cyno-
cephalus
), qui est aussi du même pays. L'une
des deux espèces est devenue sauvage à Gibral-
tar, et s'y est propagée.

b. Singes à queue.
5.


lat.
all.
Le Nasique.
  la Guenon à long
  nez.
S. rostrata.
der langnasige
   Affe.
    Queue médiocre; nez.
extrêmement alongé.
      Audebert.

Des îles de la Sonde. Ce singe se distingue
par un nez extrêmement long.

6.
lat.
Le Macaque.
S. cynomolgus.
    Queue longue, arquée;
bec de lièvre.
[Seite 85]
     all.


angl.
der Macacco,
   (vulg.) die
   Meerkatze.
the Macaque.
    schreber. pl. 12.

De Guinée, d'Angola, etc., presque vert d'o-
live; parmi les véritables singes à queue, c'est
celui qu'on apporte le plus communément en
Europe.

III. Les Babouins, (lat. Papio, all. Pavian,
angl. Baboon).

(Face prolongée, moins antropomorphe;
nez bourgeonné des deux côtés; fesses nues
écarlates; queue (dans la plupart) courte;
dents comme celles des singes).

Seulement aussi, dans l'ancien monde. Leur
tête ressemble peu à celle de l'homme; dans
quelques espèces même, elle tient un peu de
celle du cochon, sur-tout pour le grouin. Ils
sont en général difficiles à apprivoiser, et extrê-
mement lascifs. J'ai mis dans le caractère géné-
rique des babouins, queue, dans la plupart,
courte,
car le grand babouin de Borneo, dont
j'ai vu le squelette à la Haye, est toutr-à-fait sans
queue. Ce squelette est à présent à Paris.

1.
lat.
all.
angl.
Le Choras.
P. mormon.
der Choras.
the Mantegar.
    Nez d'un rouge vif,
bleuâtre sur les côtés.
    Schreber. pl. 8. A. 8. B.
[Seite 86]

De Ceylan; atteint à-peu-près cinq pieds de
haut; les raies d'une couleur tranchante qu'il a
des deux côtés du nez et sur le nez même, lui
donnent une figure singulière.

2.
lat.
all.
angl.
Le Mandril.
P. maimon.
der Mandril.
the Mandril.
    Face violette, glabre,
sillonnée profondément.
    Schreber. pl. 7.

De Guinée; du Cap, etc., où l'on prétend que
ces animaux se réunissent souvent par bandes, pour
piller les vergers et les vignobles. Plus petit que
le choras. Quelques naturalistes, entre autres le
citoyen Cuvier, prétendent que le choras n'est
autre chose que le mandril plus âgé.

IV. Les Cercopithèques. (lat. Cercopithecus,
all. Meerkatze, angl. Monkei).

(Oreilles externes, et mains moins hu-
maines; fesses couvertes; dents comme celles
des singes).

Tout le genre habite uniquement dans les pays
chauds de l'Amérique méridionale, et il sert de
gibier ordinaire aux naturels du pays.

a. Cercopithèques à queue prenante, Sapajous.
1.
lat.
all.
angl.
Le Coaita.
C. paniscus.
der Coaita.
the Quato.
    D'un noir profond;
pieds de devant tétradac-
tiles, sans pouce.
    Schreb. pl. 26, A 26. B.
[Seite 87]

Se sert avec beaucoup d'adresse de sa longue
queue prenante; ils ont une manière particulière
de s'enchaîner, pour ainsi dire, les uns les autres,
pour s'élancer d'un arbre situé sur le bord d'un
fleuve, sur un autre arbre situé sur l'autre
bord.*

b. Cercopithèques à queue non-prenante,
Sagouins.
2.
lat.
all.
angl.
Le Ouistiti,
C. jacchus.
der Uistiti.
the Sanglin.
    Crinière poilue, blan-
che sur les joues avant
les oreilles, queue velue,
annelée.
    Schreber. pl. 33.

Brun, et si petit, qu'il tient dans un coco.

V. Les Makis. (lat. Lemur.)

(Nez pointu; quatre incisives supé-
rieures; six inférieures, tendues, compri-
mées, couchées; canines solitaires, rap-
prochées).

1.


lat.
all.

angl.
Le Maki du Ben-
  gale.
  Le Loris. (Buff.)
L. tardigradus.
der Loris. (Cu-
    cang.)
the Loris.
Sans queue.
Schreber. pl. 38.
[Seite 88]

De Ceylan. A la grandeur et la couleur de
l'écureuil; ses jambes sont minces et grêles, et,
comme l'espèce suivante, l'index de ses pieds de
derrière porte une griffe pointue, mais tous les
autres doigts ont des ongles aplatis.

2.
lat.
all.
angl.
Le Mongous.
L. mongoz.
der Mongous.
the Mongous.
    Face noire, corps et
queue gris.
Schreb. pl. 39. A. 39. B.

Habite à Madagascar et dans les îles voisines,
ainsi que quelques espèces analogues. Les pieds
de derrière sont beaucoup plus longs que ceux
de devant; sa peau a, comme celle de quelques
singes, une odeur spécifique, semblable à-peu-
près à celle d'une fourmillière.


ORDRE TROISIÈME.
Chiroptères.

[Seite 89]

Ces animaux ont tous les doigts de leurs pieds
de devant, excepté les pouces, plus longs que
tout leur corps, et entre ces doigts, se trouve
étendue une peau très-fine, semblable à du
crêpe, qui les met en état de voler (§ 43);
mais aussi, avec cette conformation, ils ont
autant de peine à marcher sur la terre que les
singes avec leurs mains, ou les paresseux avec
leurs ergots crochus.

VI. Les Chauve-souris (lat. Vespertilio, allem.
Fledermaus, angl. Bat).

(Pouce des pieds de devant et doigts des
pieds de derrière courts, les autres doigts très-
longs; entre ces derniers passe une mem-
brane fine, avec laquelle ces animaux se
soutiennent en l'air).

Genre très-nombreux d'animaux nocturnes,
dont les différentes espèces sont répandues dans
les cinq parties du monde.

a. Chauve-souris qui ont quatre incisives en
haut et en bas

[Seite 90]
1.
lat.
all.
angl.
Le Vampire.
V. spectrum.
der Wampir.
the Spectre.
    Sans queue, nez infun-
dibuliforme, lancéolé.

Dans l'Amérique méridionale; le corps de la
grosseur d'un petit écureuil. Il est assez incom-
mode, en ce qu'il suce le sang, non-seulement des
plus grands mammifères, des bœufs, des che-
vaux, mais même celui de l'homme, lorsqu'il
dort: c'est pour cela qu'on lui a donné le nom
de vampire ou sangsue (sanguisuga)*; c'est
sur-tout aux doigts des pieds de l'homme qu'il
s'attache pour en sucer le sang.

2.
lat.

all.

angl.
La Roussette.
V. caninus, (V.
  vampirus. L.)
der fliegende
  Hund.
the Rousset.
    Sans queue; nez sim-
ple; membrane divisée
entre les cuisses.
    Schreber. pl. 44.

Beaucoup plus grosse que le vampire, de sorte
que lorsque la membrane de ses pieds est toute
déployée, elle occupe presqu'un espace de six
pieds. Elle vit seulement de fruits, ainsi il est im-
[Seite 91] possible de l'appeler vampire. On trouve ces ani-
maux aux Moluques et dans les autres îles aus-
trales et orientales, mais particulièrement en
très-grand nombre dans la nouvelle Hollande.

b. Chauve-souris qui ont quatre incisives en
haut et six en bas.

3.
lat.
all.

angl.

L'Oreillard.
V. auritus.
die langœhrige
  Fledermaus.
the longeared
  Bat.
    A queue, oreilles ex-
ternes très-grandes.
    Buffon.

Ainsi que l'espèce suivante, dans les parties
tempérées de l'ancien monde. En général on pré-
tend que ses oreilles sont doubles, mais c'est à
tort; elles sont simples; seulement toutes les par-
ties en sont d'une grandeur prodigieuse.

4.

lat.
all.


angl.
Chauve-souris
   commune.
V. murinus.
die gemeine Fle-
  dermaus, Speck-
  maus.
The Reremouse.
    A queue, oreilles ex-
ternes, plus petites que
la tête.

Cette espèce, ainsi que la précédente, se retire
dans les cavernes, et se suspend par ses pieds de
derrière, pour dormir pendant l'hiver.

ORDRE QUATRIÈME.
Fissipèdes ou Digitès.

[Seite 92]

Mammifères dont les quatre pieds ont des
doigts séparés. Je divise cet ordre en trois familles,
d'après la conformation des dents.

A. Les Fissipèdes rongeurs.

Cette famille contient les mammifères fissipèdes
qui n'ont point de canines, mais des incisives so-
litaires, très-tranchantes et conformées pour ron-
ger les végétaux durs et ligneux dont ils se nour-
rissent.

VII. Les Écureuils (lat. Sciurus).

(Queue garnie de longs poils, dirigés des
deux côtés comme les barbes d'une plume.
Deux dents incisives en haut et en bas, les
inférieures tubulées).

1.
lat.
all.

angl.
Le Polatouche.
S. volans.
das fliegende Eich-
  hœrnchen.
the Flyingsquir-
  rel.
    La peau des flancs dou-
blée, et s'étendant depuis
les pieds de devant jus-
qu'à ceux de derrière.
    Schreber. pl. 223.

Presque dans tous les pays du nord. La peau
lâche et détendue qu'il a sur les côtés, depuis ses
[Seite 93] pieds de devant jusqu'à ceux de derrière, lui
sert pour ainsi dire de parachute, quand, d'un
endroit élevé, il veut risquer de sauter en bas.

2.

lat.
all.

angl.
L'Écureuil ordi-
  naire.
S. vulgaris.
das Eichhœrn-
  chen.
the Squirrel.
    Oreilles externes, bar-
bues vers le bout; queue
de la couleur du dos.

On le trouve dans toute l'Europe, dans presque
toute l'Asie, et dans l'Amérique septentrionale. Il
vit presqu'uniquement sur les arbres. Lorsqu'il
veut sauter un peu loin, sa queue lui sert égale-
ment de parachute, et les plantes de ses pieds
fort larges, toujours humides, et transpirant
continuellement, rendent sa démarche assez sure.
Il se fait un nid de feuilles et de mousse au som-
met des pins et des chênes, ou bien il s'empare des
nids que des pigeons sauvages ou d'autres oi-
seaux ont abandonnés.

Les écureuils du nord, sur-tout ceux qui ha-
bitent sur les bords de l'Obi et du lac Baical,
deviennent gris pendant l'hiver, et nous donnent
la fourrure connue sous le nom de petit-gris. On
trouve aussi parfois des écureuils noirs, quelque-
fois aussi, mais plus rarement, des écureuils
blancs comme la neige, avec des yeux couleur de
rose; et j'en ai vu tachetés de blanc et de noir,
dans le pays de Gotha.

VIII. Les Loirs (lat. Glis, Myoxus).
[Seite 94]

(Queue ronde, plus épaisse vers le bout;
dents comme celles des écureuils).

1.
lat.
all.


angl.
Le Loir.
G. esculentus.
der Siebenschlæ-
  fer, Ratz, Bilch,
  die Rellmaus.
the Rellmouse.
    Gris, blanchâtre en
dessous; oreilles externes
arrondies, nues.
    Schreber. pl. 225.

Comme l'espèce suivante, dans les climats tem-
pérés de l'ancien monde. C'est le véritable glis
que les anciens mangeoient* et qu'ils engrais-
soient dans des glirariis particuliers**; il vit dans
les bois, de chênes et de hêtres, il niche dans le
creux des arbres, et son sommeil d'hiver est très-
profond et très-long.

2.
lat.
all.

angl.
Le Muscardin.
G. avellanarius.
die kleine Hasel-
    maus.
the Dormouse.
    Roux; pouces des pieds
de derrière sans ongles;
oreilles externes arron-
dies.
    Schreber. pl. 227.

De la grosseur de la souris. Il se prépare, pour
son quartier d'hiver, un petit lit, en forme de
boule, assez ferme, et composé de feuilles de pin
et d'autres petites broussailles.

IX. Les Rats (Mus).
[Seite 95]

(Queue grêle, presque nue; les dents
comme dans les genres précédens).

1.

lat.
all.
angl.
Le Rat de Sibérie,
    l'Économe.
M. œconomus.
Wurzelmaus.
The Economic-
    mouse.
    Queue d'environ un
pouce et demi; oreilles
externes cachées sous un
léger duvet; pieds de de-
vant presque tétradacty-
les; corps brun.
    Schreber. pl. 190.

Se trouve dans toute la Sibérie, jusqu'au Kamt-
schatka. Il émigré à-peu-près comme le lemming.
Il y a des années où, particulièrement du Kamt-
schatka, il sort des légions entières de ces ani-
maux. Ce qui le rend remarquable, c'est l'indus-
trie avec laquelle il traîne dans ses souterrains
une énorme quantité de racines, la plupart bonnes
à manger. Les tongous cherchent ces trous, et
emportent les provisions de ces animaux, comme
les habitans de la Thuringe pillent les maga-
sins des hamsters.

2.
lat.
all.
angl.
Le Mulot.
M. silvaticus.
die Waldmaus.
the Fieldrat.
    Queue petite; poitrine
flavescente; abdomen
blanchâtre.
    Schreber. pl. 180.

Fait beaucoup de tort aux fruits de la terre,
et aux arbres nouvellement plantés.

3. Le Rat d'eau.     Queue longue comme
[Seite 96]
   lat.
all.
angl.
M. amphibius.
die Wasserratte.
the Waterrat.
la moitié du corps; oreil-
les sortant à peine; pieds
presque tétradactyles.
    Schreber. pl. 186.

Fait beaucoup de mal dans les jardins, parti-
culièrement aux racines des plantes.

4.
lat.
all.
angl.
Le Campagnol.
M. arvalis.
die Feldmaus.
the Fieldmouse.
    Queue médiocre, dos
ferrugineux, abdomen
cendré.
    Schreber. pl. 191.

Se multiplie dans certaines années d'une ma-
nière prodigieuse, et fait un grand tort, particuliè-
rement aux semailles d'automne.

5.
lat.
all.
angl.
La Souris.
M. musculus.
die Hausmaus.
the Mouse.
    Queue alongée; pieds
de devant tétradactyles;
pouces des pieds de der-
rière sans ongles.

En Europe, et dans les climats tempérés de
l'Asie et de l'Amérique, elle est devenue malgré
nous une espèce d'animal domestique.

Les souris blanches aux yeux rouges, sont des
chacrelas dans leur genre; souvent la lumière les
blesse tellement, que dans le grand jour elles fer-
ment les paupières, et on les croiroit aveugles.

6.
lat.
all.
angl.
Le Rat.
M. mattus.
die Ratte.
the Rat.

    Queue alongée; pieds
de devant tétradactyles,
avec un onglet au pouce.
[Seite 97]

Est répandu à présent presque dans toutes les
parties du monde, mais il paroît originaire de
la partie moyenne de l'Europe. Cet animal est
extrêmement vorace; il mange même des scor-
pions; il suit l'homme par-tout, et attaque ses
comestibles. Les mineurs le trouvent dans leurs
mines les plus profondes, et les navigateurs l'ont
également pour compagnon de voyage sur leurs
vaisseaux. Entre autres désastres dont il est cause,
ce fléau public et domestique ruine les planta-
tions à sucre dans les Indes occidentales.

Le surmulot (mus decumanus, all. die Wan-
derratte
, angl. the brown Rat) est d'une cou-
leur plus claire, et son poil est mêlé de plusieurs
soies longues et roides.

X. Les Marmottes (Marmota, arctomys).

(Oreilles externes écourtées, queue courte
ou nulle, les dents (pour la plupart) comme
dans les genres précédens).

1.
lat.
all.




angl.
La Marmotte.
M. alpina.
das Murmelthier
  (dans le pays des
  Grisons, Mur-
  mont, du lat.
  Mus montanus).
the Marmot.
    Corps brun en dessus,
flavescent en dessous.
    Schreber. pl. 207.
[Seite 98]

Vit sur les plus hautes Alpes de l'Europe et de
l'Asie. Une chose assez singulière, dans l'Allée
blanche,
en Savoie, on trouve parfois cet ani-
mal sur des rochers isolés, qui semblant sortir
comme des îles de cette mer de glace, sont éloi-
gnés de quelques lieues de toute terre, sans gla-
ces, et pendant toute l'année sont sans neige seu-
lement six semaines; ainsi il paroît que les mar-
mottes de ce pays dorment au moins dix mois de
l'année, et ne passent, sans dormir, qu'une très-
petite partie de leur vie.

2.
lat.
all.
angl.
Le Hamster.
M. cricetus.
der Hamster.
the Hamster.
    Abdomen noir.
    F. G. Sulzers, n.° 9,
des Hamsters. Gott. 1774,
8. taf. 1. 2.

Est fort commun en Allemagne, en Pologne,
en Sibérie, etc.; il vit particulièrement de blé,
de fèves, etc.; il en met une grande provision
dans ses abajoues, et les porte dans ses souterrains,
qui ont quelquefois sept pieds de profondeur. Un
de ces trous peut contenir parfois soixante livres
de pareilles provisions. Cet animal se multiplie
extrêmement. Dans le pays de Gotha on en a
tué en un an plus de vingt-sept mille.

On trouve parmi les hamsters une variété tout-
à-fait noire; il y a aussi des chacrelas avec des
yeux couleur de rose.

3. Le Lemming. Tête pointue, corps
[Seite 99]
   lat.
all.
angl.
M. lemmus.
der Lemming.
the Lapplandmar-
    mot.
noir et fauve, tacheté ir-
régulièrement.
    Schreber. pl. 195. A.
195. B.

Est très-commun en Laponie et en Sibérie.
Quelquefois des légions entières émigrent d'une
contrée dans une autre. Comme ils surviennent
tout-à-coup, et sans que l'on sache d'où ils vien-
nent, et comme il est arrivé, peut-être, que
quelques-ans ont été enlevés en l'air par des oi-
seaux de proie, et que parvenus à se débarras-
ser, ils sont retombés sur terre, cela a fait dire
anciennement qu'il pleuvoit des lemmings.

4.
lat.
all.
angl.
Le Zemni.
M. typhlus.
die Blindmaus.
the Blindmolerat.
    Sans queue, pieds de
devant pentadactyles; in-
cisives supérieures et infé-
rieures larges; ouvertures
des paupières et oreilles
externes nulles.
    Schreber. pl. 206.

Dans la Russie méridionale. Il vit ordinaire-
ment sous terre. Il a de petites prunelles très-dis-
tinctes, mais on prétend qu'il n'y a pas d'ouver-
ture à l'endroit où sont ordinairement les yeux;
que par conséquent il est tout-à-fait aveugle.

5.          La Marmotte du
  Cap, Buf. le Blai-
  reau des roches,
  le Daman, Cuv.
    Sans queue, pieds de
devant tétradactyles,
pieds de derrière tridac-
tyles.
[Seite 100]
  

lat.

all.
angl.
l'Aschkoko, Bru-
  ce.
M. capensis, hy-
  rax.
der Klipdas.
the Aschkoko.
Schreber. pl. 240

Se trouve au Cap en Abyssinie, et à ce qu'il
paroît, aussi en Arabie et en Syrie.

XI. Les Cabiais, lat. Cavia, all. Halbcaninchen.

(Oreilles externes arrondies, petites; queue
nulle ou courte; deux incisives en haut et
en bas).

Tout le genre ne se trouve que dans les pays
chauds de l'Amérique méridionale et dans les
îles des Indes occidentales.

1.
lat.
all.

angl.
Le Cochon d'Inde.
C. porcellus.
d. Meerschwein-
   chen.
the Guinea Pig.
    Sans queue; corps varié
de diverses couleurs.
    Schreber. pl. 173.

Vit très-bien en Europe; sa couleur varie, et
il se multiplie d'une manière étonnante.

2.
lat.
all.

angl.
L'Agouti.
C. aguti (piculi).
das Ferkelcanin-
   chen.
the Agouti.
    A queue; corps brun,
roux sur les côtés, abdo-
men flavescent.
    Schreber. pl. 172.

Est plus grand qu'un lapin. C'étoit presque le
seul animal terrestre dont les Caraïbes, à présent
[Seite 101] presque tout-à-fait détruits, se nourrissoient an-
ciennement.

XII. Les Lièvres (Lepus).

(Deux incisives dans chaque mâchoire,
celles d'en haut doubles).

1.
lat.
all.
angl.
Le Lièvre.
L. timidus.
der Hase.
the Haze.
    Oreilles externes, noi-
res à la pointe; corps et
pieds de derrière plus
longs.

Se trouve presque dans tout l'ancien monde,
ainsi que dans l'Amérique septentrionale. Il a
des poils sous la plante des pieds, et même par-
fois dans la bouche. Les deux espèces, le lièvre
et le lapin, sont des animaux ruminans.*

Il y a quelquefois des lièvres noirs, et dans les
pays de montagnes, ainsi que dans le nord, on
en trouve une variété particulière, toute blan-
che. Ces lièvres blancs sont proprement ceux
qu'on nomme lièvres des montagnes (all. Berg-
hasen
). Dans quelques pays, comme dans le
Groenland, ils sont blancs toute l'année; mais
dans d'autres, comme en Suisse, ils ne le sont
que l'hiver, et dans l'été ils ont la couleur ordi-
naire des autres lièvres.

On a prétendu déjà très-souvent, dans des
temps et dans des pays très-différens, qu'il exis-
[Seite 102] toit des lièvres sur le front desquels il avoit
poussé un petit bois absolument semblable à celui
d'un chevreuil, seulement plus petit, mais qui
avoit la couronne et les sommités proportionnées.
J'avouerai que je doute encore qu'il y ait des
lièvres cornus: du moins, malgré tous mes soins
et mes demandes, je n'ai pas encore pu parve-
nir à voir un individu auquel je pusse me fier,
c'est-à-dire, un lièvre (N. B.) au crâne duquel
le bois ait été encore attaché.

2.
lat.
all.
angl.
Le Lapin.
L. cuniculus.
das Caninchen.
the Rabbet.
    Oreilles externes, noi-
res; corps et pieds de der-
rière plus courts.

Est originaire des pays chauds de l'ancien
monde, mais à présent il se propage aussi dans
les pays du nord. Ces animaux multiplient tel-
lement, qu'ils ont souvent désolé tout un pays.
Pline en rapporte déjà un exemple*, et derniè-
rement, en 1736, ils ont ravagé l'île de Saint-
Pierre, près de la Sardaigne**; ils se propagent
même dans des pays absolument déserts, par
exemple à Volcano, une des îles Lipari, tout-
à-fait inhabitée.

[Seite 103]

Les lapins sauvages sont gris; les lapins blancs
avec des yeux rouges sont des espèces de cha-
crelas.

Les lapins d'Angora, à poil long et soyeux,
(Voyez la remarque 2 du § 16) réussissent aussi
fort bien dans ces pays.

XIII. Les Gerboises (Jaculus dipus).

(Pieds de devant très-courts, ceux de
derrière alongés, queue saltatoire flocon-
née au bout, deux incisives dans chaque
mâchoire).

1.

lat.
all.
angl.
La Gerboise, le
  lièvre sauteur.
J. jerboa.
der Springhase.
the Common Jer-
  boa.
    Trois doigts aux pieds
de devant, quatre aux
pieds de derrière.
    Schreber, pl. 228.

Se trouve sur-tout dans l'Afrique septentrio-
nale, l'Arabie, etc. un animal nocturne, se
creuse des trous en terre, saute avec la légéreté
d'une sauterelle à 7 ou 8 pieds de distance.

XIV. Les Porcs-épics (Histrix, all. Stachel-
schwein
, angl. Porcupine.)

(Corps couvert d'épines, deux incisives
dans chaque mâchoire).

1.
lat.
L'Urson.
H. dorsata.
    Epines courtes cachées
sous des poils.
[Seite 104]
   all.
angl.
der Urson.
the Canadian-
  porcupine.
    Schreber, pl. 169.

Dans le Canada, le Labrador, la baie d'Hud-
son; il fait grand tort aux jeunes arbres, sur-
tout dans l'hiver.

2.

lat.
all.

angl.
Le Porc-épic
  commun.
H. cristata.
das gemeine Sta-
  chelschwein.
the Crested Por-
  cupine.
    Epines très-longues,
tête garnie d'une crête,
queue écourtée.
    Schreber, pl. 167.

Est originaire des pays chauds d'Asie, et se
trouve dans presque toute l'Afrique, se nourrit
sur-tout d'écorce d'arbres, se fait des terriers à
plusieurs chambres. Lorsqu'il est en colère, il fait
du bruit avec ses piquans, qui tombent quelque-
fois, sur-tout dans l'automne, mais il n'est pas vrai
qu'il puisse les lancer contre ceux qui le pour-
suivent.

On prétend que la substance renommée an-
ciennement comme une panacée universelle, la
piedra del porco,
se trouve dans une espèce
de porcs-épics des Indes orientales, qui n'est pas
encore exactement connue.

B. Les Fissipèdes carnassiers.

Carnassiers ou au moins presque tous
[Seite 105] carnivores, à un tres-petit nombre d'es-
pèces près.

XV. Les Hérissons (Herinaceus).

(Corps couvert de piquans, six inci-
sives* dans chaque mâchoire, trois canines
en haut, une en bas, quatre molaires).

1.

lat.
all.
angl.
Le Hérisson d'Eu-
  rope.
H. europæus.
der Igel.
the Hedgidog.
    Oreilles externes ar-
rondies, narines garnies
d'une crête.

Se trouve dans tout l'ancien monde. C'est un
animal nocturne;
il se nourrit des productions
des deux règnes organisés, miaule comme un
chat, et peut avaler une quantité énorme de
mouches cantharides. Il est certain qu'il pique les
fruits avec les épines de son dos, et les porte ainsi
dans son terrier. Les anciens l'avoient déjà re-
marqué; les modernes ensuite ont réfuté cette
assertion, mais sans aucun fondement; du moins
cette particularité m'a déjà été certifiée par trois
témoins oculaires que je dois croire. Le docteur
[Seite 106] Patr. Russel l'atteste aussi dans la nouvelle édi-
tion de l'histoire naturelle d'Alep, par son frère
(tom. II. p. 419).

XVI. Les Musaraignes (Sorex).

(Nez rostré, oreilles externes courtes, deux
incisives en haut bifides, deux jusqu'à quatre
en bas, celles du milieu plus courtes, plu-
sieurs canines dans chaque mâchoire).

1.

lat.
all.
angl.
La Musaraigne ou
  Musette.
S. araneus.
die Spitzmaus.
the Shrew.
    Queue médiocre, ab-
domen blanchâtre.
    Schreber, pl. 160.

En Europe et dans l'Asie septentrionale, etc.
Il est faux qu'elle soit venimeuse; il n'est pas plus
vrai qu'elle se glisse dans le ventre des chevaux.
On trouve parfois, mais rarement, des musa-
raignes blanches.

2.

lat.
all.

angl.
La Musaraigne
  d'eau.
S. fodiens.
die Wasserspitz-
  maus.
the Watershrew.
    Abdomen cendré,
doigts ciliés.
    Schreber, pl. 161.

Se trouve dans les petits étangs. Au lieu d'être
unis par une membrane natatoire, chacun de ses
doigts est garni des deux côtés de petits poils
courts, qui font de ses pieds des espèces de ra-
[Seite 107] mes. Cet animal peut fermer l'ouverture de ses
oreilles avec une espèce de ventil ou soupape, si
long-temps qu'il est sous l'eau.

3.


lat.
all.
angl.
La Musaraigne
  musquée ou le
  Desman.
S. moschatus.
die Bisamratze.
the Muskishrew.
    Pieds palmés, queue
écailleuse, comprimée,
lancéolée.
    Schreber, pl. 159.

En Russie et dans la partie de la Sibérie qui
l'avoisine. Cet animal a une sorte de sac à musc
près du derrière.

4.

lat.
all.

angl.
La Musaraigne de
  Jenisca.
S. exilis.
die kleine Spitz-
  maus.
th. Pygmyshrew.
    Très-petite, queue très-
épaisse et térète.

Se trouve à Jenisca. C'est le plus petit des
mammifères connus.

XVII. Les Taupes (Talpa).*

(Tête rostrée, pieds de devant propres
à fouiller la terre, six incisives en haut,
[Seite 108] huit en bas, cinq canines, une grande, quatre
plus petites).

1.

lat.
all.
angl.
La Taupe com-
  mune.
T. europæa.
der Maulwurf.
the Mole.
    Queue plus courte,
oreilles externes nulles.

Presque dans tout l'ancien monde. C'est un
véritable animal souterrain, et toutes les pro-
priétés de sa conformation, sur-tout ses pattes ou
mains, en forme de pelle, lui sont très-utiles
pour le séjour que la nature lui a indiqué. La
taupe a de très-petits yeux, nage fort bien, et
lors d'une inondation elle grimpe très-lestement
sur un arbre. Il y a des taupes blanches, il y
en a aussi de tachetées.

XVIII. Les Didelphes (Didelphis).

(Chez la plupart, le grand doigt du pied
mutique; chez les femelles une poche sous le
ventre, dans laquelle sont les mamelles).

1. lat.
all.
angl.
Le Sarigne.
D. opossum.
die Beutelratte.
the Opossum.
    Queue à moité poilue,
région des sourcils plus
pâle, dix incisives en
haut, huit en bas, ca-
nines alongées.
    Schreber, pl. 146. A. B.

Particulièrement dans les pays chauds de l'A-
mérique septentrionale. Les femelles de cette es-

[Abb]
Didelphis marsupialis.xxx
[interleaf] [Seite 109]

pèce et de plusieurs autres de ce genre ont sous
le ventre une grande poche qui peut s'ouvrir
ou se fermer au moyen de muscles particuliers,
et dans le fond de laquelle sont placées les ma-
melles. Les petits sont en naissant d'une petitesse
hors de toute proportion; ce sont pour ainsi dire
des avortons, mais la mère les porte assez long-
temps dans cette poche, où ils tetent jusqu'à ce
que, devenus plus forts et plus gros, ils naissent
pour ainsi dire une seconde fois.*

2.
lat.
all.

angl.
Le Cayopollin.
D. dorsigera.
der surinamische
  Æneas.
the Surinam-
  Opossum.
    Queue poilue à sa base,
bord des orbites fauve,
les dents comme dans
l'espèce précédente.
    Schreber, pl. 150.

Dans l'Amérique méridionale. La femelle de
cette espèce n'a pas de poche, mais l'on dit
qu'elle porte sur son dos ses petits, lorsqu'ils sont
encore tout jeunes, et que ceux-ci s'y tiennent
fermes en entortillant leurs queues prenantes
autour de celle de leur mère.

3.

lat.
all.
Le Kanguroo
  géant.
D. gigantea.
das Kanguruh.
    Queue amincie au bout,
pieds de devant très-
courts, pieds de derrière
très-longs, cinq doigts
[Seite 110]
   angl. the Kanguruh. devant, presque quatre
derrière, six incisives en
haut, deux en bas, ca-
nines nulles.
    Schreber, pl. 154.

Dans la nouvelle Hollande. Est gris de souris.
Lorsque cet animal se tient debout, il est de la
hauteur d'un homme; il pèse 140 livres. Les kan-
guroos vivent en troupes; on en trouve souvent
plus de cinquante ensemble. Ce mammifère est
uniquement herbivore; il peut faire des sauts de
douze pieds; la femelle a un sac où sont ses ma-
melles; elle ne met bas qu'un petit à la fois; ce
petit, en naissant, n'est pas à moitié gros comme
une souris, mais sa mère le porte environ neuf
mois dans sa bourse, jusqu'à ce qu'il pèse à-peu-
près quatorze livres.

XIX. Les Civettes (Viverra).

(La tête du renard, (chez la plupart) la
queue du chat; six incisives dans chaque mâ-
choire, celles du milieu plus courtes; la lan-
gue ordinairement hérissée d'aiguillons, dont
la pointe est dirigée en arrière; les ongles
sortans).

1.
lat.

all.
angl.
La Civette.
V. zibetha, Hyæ-
  na odorifera.
die Zibethkatze.
the Civet.
    Queue annelée, dos
cendré ondé de noir.
    Schreber, pl. 112.
[Seite 111]

Dans l'Asie méridionale et dans le nord de
l'Afrique. Le mâle et la femelle ont une poche
placée entre l'anus et les parties génitales, qui
contient une substance grasse et d'une odeur
très-forte.

2.
lat.
all.
angl.
La Genette.
V. genetta.
die Genetkatze.
the Genet.
    Queue annelée, corps
d'un fauve noirâtre ta-
cheté.
    Schreber, pl. 113.

Dans le levant. Sa peau est très-estimée.

3.

lat.
all.
angl.
La Mouffette, le
  Conepate.
V. putorius.
das Stinkthier.
the Skunk.
    Cinq lignes parallèles
blanches sur le dos.
    Schreber, pl. 122.

En Virginie, en Canada, etc. Cet animal exhale,
lorsqu'il est en colère, une odeur insupportable,
qu'on croit devoir venir d'une liqueur particu-
lière qui se trouve sous la vessie; il a cette odeur
de commun avec plusieurs espèces analogues de
son genre.

4.

lat.
all.

angl.
La Mangouste.
    Buff.
V. ichneumon.
die Pharaons-
  maus.
the egiptian
  Ichneumon.
    Queue épaisse à la base,
et s'amincissant insensi-
blement; pouces un peu
éloignés.
    Schreber, pl. 113. B.

A un poil rude presque semblable à des soies,
[Seite 112] et pour l'ordinaire moucheté légérement de blanc
et de gris-brun. Elle est très-commune en Egypte,
où elle détruit les œufs de crocodiles et attaque
aussi les serpens; on l'apprivoise, et elle devient
animal domestique.

5.


lat.
all.
L'Animal anony-
  me, Buff. le
  Fennek.
V. aurita.
das Grossohr.
    Oreilles externes très-
amples.
    Voyages de Bruce aux
sources du Nil, V. vol.
pl. 22.

Dans la Barbarie, la Nubie, etc. Il niche sur
les palmiers, et vit particulièrement de dattes.

J'avois déjà, dans la troisième édition de ce
manuel, mis le Fennek parmi les civettes, et non
parmi les chiens, comme M. Pennant l'a fait. A
présent que cet animal est plus connu, je vois
avec plaisir que, d'après la conformation de ses
dents, il doit avoir la place que je lui avois déjà
assignée d'après son habitude totale.

XX. Les Martes (Mustela).

(Six incisives en haut, droites, plus poin-
tues, distinctes; six en bas plus mousses,
serrées, deux intérieures; langue lisse).

Les espèces de ce genre ont les pieds courts et
un corps alongé, qu'elles arquent en marchant.
Ces animaux sont lestes et adroits; ils vivent de
sang et d'autres substances animales, et ils dé-
[Seite 113] chiren et égorgent d'autres animaux, pour le
plaisir de le faire.

1.
lat.
all.
angl.
La Marte.
M. martes.
der Baummarder.
the Pinemartin.
    Corps d'un fauve noi-
râtre, gorge flave.
    Schreber, pl. 130.

Se trouve sur-tout dans les bois de sapin de
tous les pays du nord. Sa belle peau approche
de celle de la zibeline.

2.
lat.
all.
angl.
Là Fouine.
M. foina.
der Hausmarder.
the Martin.
    Corps d'un fauve noi-
râtre, gorge blanche.
    Schreber, pl. 129.

Dans les pays les plus chauds de l'Europe, et
dans ceux de l'Asie qui l'avoisaient.

3.
lat.
all.
angl.
Le Putois.
M. putorius.
der Iltis.
the Fitchet.
    D'un jaune noirâtre
museau et bout des oreil-
les blancs.
    Schreber, pl. 131.

A la même patrie que la fouine: il se trouve
aussi dans la Barbarie. Tout l'animal, et même
sa peau seule, lorsqu'il est écorché; exhale une
odeur extrêmement désagréable.

Le Furet (lat. Furo, all. das Frettel, angl. thé
Ferret
), dont la couleur est d'un blanc jaunâtre,
et qui a des pupilles rouges, est un véritable cha-
crelas; par conséquent ce n'est surement pas une
espèce particulière et originaire, mais bien une
[Seite 114] dégénération du putois, avec lequel il s'accouple.
Il est bon pour attraper les rats et les lapins.

4.
lat.
all.
angl.
La Zibeline.
M. zibelina.
der Zobel.
the Sable.
    Corps d'un fauve noi-
râtre, face et gorge cen-
drées.
    Schreber, pl. 136.

Se trouve dans les bois épais et inhabités des
pays du nord, sur-tout en Sibérie; les plus belles,
avec une fourrure d'un beau noir luisant et
garnie de poils longs et épais, se trouvent dans
les environs de Jakuzk.

5.

lat.
all.

angl.
L'Hermine, le
  Roselet.
M. erminea.
d. grosse Wiesel,
  Hermelin.
t. Stoal, Ermine.
    Bout de la queue noire.
    Schreber, pl. 137. A.
137. B.

Dans les pays du nord, sur-tout en Sibérie.
L'hermine est plus grosse que la belette ordi-
naire: comme cette dernière, elle change aussi de
couleur; dans l'été elle est brune, dans l'hiver
elle devient blanche.

6.

lat.
all.

angl.
La Belette com-
  mune.
M. vulgaris.
das gemeine Wie-
  sel.
the Weesel.
    Corps d'un roux brun,
blanc en dessous.
    Schreber, pl. 138.

Dans le nord de l'Europe et de l'Asie. La mère
porte souvent ses petits dans sa gueule (c'est
[Seite 115] Ce qui a fait dire anciennement que c'étoit par
la gueule qu'elle les mettoit au monde).

XXI. Les Ours (Ursus).

(Six incisives en haut, excavées intérieu-
rement de deux dents l'une, six en bas, les
deux latérales plus longues, lobées; les ca-
nines primaires solitaires (plusieurs très-
petites entre ces canines et les premières mo-
laires), la langue lisse).

1.
lat.
all.
angl.
L'Ours.
U. arctos.
der Bær.
the Bear.
    D'un brun noirâtre
queue tronquée.

Dans les pays du nord, mais aussi dans les
Indes orientales et dans l'Afrique septentrionale.
Dans sa jeunesse il vit ordinairement de végétaux,
mais à trois ans il devient carnivore. Lorsqu'il
combat, il se sert moins de ses dents que de ses
pattes de devant.

Les variétés les plus Remarquables parmi les
ours, sont les grands fourmilliers noirs, les pe-
tits ours à miel d'un brun clair, et les durs d'un
blanc d'argent, plus petits encore.

2.
lat.

all.
angl.
L'Ours blanc.
U. maritimus gla-
  cialis.
der Eisbær.
the Polarbear.
    Blanc, à cou et à mu-
seau alongés.
[Seite 116]

Sur les côtes et près des glaces flottantes des
pays les plus septentrionaux. Il ne faut pas le
confondre avec la variété blanche de l'ours or-
dinaire; il a douze pieds de long, et pèse plus de
quinze quintaux; il nage et plonge fort bien, et
est presque uniquement Carnivore.

On trouve beaucoup de particularités remar-
quables sur cet animal et sur d'autres mammifères
du Labrador, dans le journal de G. Cartwrigt,
qui séjourna près de seize ans sur les côtes du
Labrador. Newark, 1792, 3 vol. in-4°.

3.
lat.
all.
angl.
Le Glouton.
U. gulo.
der Vielfrass.
the Glutton.
    Corps roux-brun; mi-
lieu du dos noir.
    Schreber, pl. 144.

Dans le nord de l'ancien monde, particulière-
ment en Sibérie. Sa voracité a fait naître toute
sorte de contes.

4.
lat.
all.
angl.
Le Blaireau.
U. taxus.
der Dachs.
the Badger.
    Queue concolore, ab-
domen noir.
    Schreber, pl. 142.

En Europe, et en Asie jusque vers la Chine. Il
se construit sous terre un terrier profond, auquel
conduisent différens couloirs ou canaux. Il dort
la plus grande partie de sa vie; son sommeil
d'hiver particulièrement est très-long et très-pro-
[Seite 117] fond. Lorsqu'il dort, il fourre son nez dans une
ouverture grasse et fétide qu'il a sous la queue.

5.
lat.
all.
Le Rattel.
U. mellivorus.
der Honigdachs.
    Dos cendré, bande la-
térale noire, abdomen
noir.
    Sparrman in den schwe-
dischen Abhandlungen,
pl. IV, fig. 3.

Au Cap. Vit du miel et de la cire des abeilles
sauvages qui nichent dans les trous des porcs-
épics, etc.; il remarque la direction du vol des
abeilles retournant à leurs ruches, ou bien il suit
simplement le coucou indicateur. Son poil est
frisé, et sous ce poil il a une peau épaisse et lâche
qui le protège d'un côté contre les piqûres des
abeilles, et de l'autre contre les morsures des
chiens.

6.

lat.
all.
angl.
Le Coati, le Ra-
  ton. Buff.
U. lotor.
der Waschbær.
the Kacoon.
    Queue annelée, bande
noire transversale sur les
paupières.
    Mémoires de l'académie
de Berlin, 1756, pl. XII.

Dans la région plus chaude de l'Amérique
nord-orientale. Il mange tout ce qu'il trouve; il
se sert avec beaucoup d'adresse de ses pattes de
devant pour saisir, tremper ou laver ce qu'il
mange. Ces particularités sont attestées par ol
Worm,
dans le muséum, pag. 320; par Rolof,
[Seite 118]
dans les mémoires de Berlin; par Buffon et
autres. Le raton s'apprivoise très-aisément.

XXII. Les Chiens (Canis).

(Six incisives en haut, les latérales plus
longues, distantes, les intermédiaires lobées;
six en bas toutes lobées, canines solitaires,
incurvées).

1.
lat.
all.
angl.
Le Chien.
C. familiaris.
der Hund.
the Dog.
    Queue recourbée; par-
fois faux doigt aux pieds
de derrière.

Le fidelle compagnon de l'homme. Il est ré-
pandu avec lui depuis long-temps dans toutes les
parties du monde, et même en Amérique: les
esquimaux du moins, ne paraissent pas tenir
leurs chiens des européens. Cet animal se dis-
tingue particulièrement par la finesse de son
ouïe, sa vue perçante et la subtilité de son odorat;
il joint à ces facultés une docilité et une apti-
tude à apprendre véritablement remarquable. On
peut le dresser très-aisément, lui faire faire toutes
sortes de tours; et les insulaires de Jesso, et les
chonos sont parvenus même à lui apprendre à
pêcher.

Il n'est pas aisé de décider si toutes les dif-
férentes races de chiens doivent être considérées
comme de simples variétés d'une seule et même
[Seite 119] espèce, et si cette même espèce provient du loup
ou du chakal; pour moi je trouve dans quelques
races, le basset, le lévrier, par exemple, une
conformation trop particulière et trop bien adaptée
à de certaines fonctions, pour que je puisse croire
ces propriétés conformes à une fin, les consé-
quences fortuites d'une simple dégénération.

On compte parmi les races principales,

a. Le doguin (lat. c. fricator, all. der Mops,
angl. the pugdog), qui a le corps court et
ramassé, des taches noires aux joues, et les
oreilles pendantes; le bouldogue (lat. molos-
sus,
all. der Bullenbeisser, angl. the bull-
dog)
paroît faire la transition de cette race
à la suivante.

b. Le dogue (lat. c. mastivus, a;l. die en-
glische Dogge,
angl. the mastiff), qui a la
tête tronquée, des lèvres pendantes, et le
poil uni; son aboiement est sourd et bref:
le mâtin (all. der Metzgerhund) paroît avoir
le plus d'analogie avec le dogue.

c. Le chien de Terre-Neuve (lat. c. Terrœ
novœ,
all. der neufundlœnder). Celui-ci se
distingue par sa grandeur extraordinaire, ses
longs poils soyeux, sa queue garnie de longs
flocons et ordinairement recourbée en haut,
mais sur-tout par l'espèce de membrane na-
[Seite 120] tatoire qu'il a entre les doigts, lesquels sont
chez lui beaucoup plus gros que chez les au-
tres chiens, aussi nage-t-il parfaitement: ces
chiens sont pour l'ordinaire blancs et noirs,
et très-aisés à instruire.

d. Le chien de chasse, le chien courant (lat.
c. sagax, venaticus, all. der Jagdhund), qui
a le corps long et gros, la partie postérieure
de la tête sillonnée, de longues oreilles pen-
dantes; le poil est tantôt lisse, tantôt frisé.
C'est à cette race qu'appartiennent le braque,
le chien d'arrêt, le chien couchant, et les
chiens de Corse tigrés.

e. Le barbet (c. aquaticus, all. der Budel,
angl. the Waterdog), dont la tête est courte
et ronde, et le poil laineux et frisé.

f. Le chien de berger (lat. c. pastoralis, do-
mesticus, villaticus,
all. der Schœferhund,
Haushund,
angl. the cur), dont les oreilles
sont droites, et le bas de la queue est garni
de longs poils. – On peut comprendre dans
cette race les chiens d'Islande, le chien loup
(all. der Spitz), le chien que les kamtscha-
dales attèlent à leurs, traîneaux, ainsi que
ceux de plusieurs îles de la mer du sud,
que les habitans engraissent, et qui ne se
nourrissent que de végétaux.

g. L'épagneul, le bichon (lat. c. meliteus,
[Seite 121]
all. der Bologneserhund, angl. the lapdog),
avec des poils soyeux et très-longs, sur-tout
sur la face.

h. Le basset (lat. c. vertagus, all. der Dachs-
hund,
angl. the tumbler), qui a un long
museau, les oreilles pendantes, un corps
alongé, les jambes de devant courtes et torses,
et les yeux marqués de feu.

Le chien que les anglais appellent terrier,
(lat. terrarius), qui a des poils comme des
soies, et un museau tout ridé, paroît avoir
quelque analogie avec le basset.

i. Le chien de la nouvelle Hollande (c. dingo,
all. der neuhallœndische Hund), qui ressemble
plus au renard, sur-tout pour la conforma-
tion de la tête et de la queue.

k. Le lévrier (lat. c. leporarius, et non pas
c. graius ou grœcus, comme Ray et d'autres
naturalistes nomment le lévrier; car les an-
ciens grecs ne paraissent pas l'avoir connu,
all. das Windspiel, angl. the greyhound), a
la tête longue et pointue, les oreilles pendan-
tes, la poitrine épaisse, le corps élancé, et
les jambes minces et grêles.

1. Le chien turc (lat. c. œgyptius, all. der
guineische Hund,
angl. the indian, the naked
dog)
, ressemble au lévrier, mais il n'a des
poils que sur la face; le reste du corps est
[Seite 122] ordinairement chauve et noir, presque comme
la peau des nègres. (Voyez la seconde remar-
que du 16.e paragraphe).

Toutes ces différentes races principales s'ac-
couplent non seulement entre elles, mais même
avec les loups et les renards, et elles produisent
parfois avec ces deux dernières espèces des
bâtards féconds.

2.
lat.
all.
angl.
Le Loup.
C. lupus.
der Wolf.
the Wolf.
    Queue courbée en de-
dans.
    Schreber. pl. 88.

Se trouve dans presque tout l'ancien monde;
mais ou en a détruit l'espèce dans quelque pays,
par exemple, en grande Bretagne et en Irlande.
Il a une marche traînante, mais cependant assez
prompte, et il n'est pas aisé à fatiguer. Lorsque
les loups sont affamés, ils mangent des roseaux
et de la terre; ils déterrent même les cadavres,
et probablement leur apparition, pendant la nuit,
dans les cimetières, aura fait naître le conte des
loups-garous.

3.

lat.
all.
angl.
Le Chacal. Cuv.
L'Adive. Buff.
C. aureus.
der Schakal.
the Jackal.
    Corps fauve; pieds plus
longs; bout de la queue
noir.
    Schreber. pl. 114.

Habite dans toute l'Afrique septentrionale et
[Seite 123] dans le levant, particulièrement en Natolie et au
Bengale. Ces animaux errent la nuit par bandes;
ils mangent d'autres animaux, des cuirs, etc., dé-
terrent des cadavres. Quelques naturalistes ont pris
le chacal pour le chien originairement sauvage, et
quelques commentateurs de la bible ont prétendu
que les renards de Samson étoient des cha-
cals.

4.
lat.
all.
angl.
Le Renard.
C. vulpes.
der Fuchs.
the Fox.
    Queue droite, dont le
bout est discolor.
    Schreber. pl. 90.

Sur-tout dans les parties septentrionales de
l'ancien monde. On sait qu'entre autres fruits,
il aime beaucoup les raisins.

Le renard charbonnier (lat. c. alopex, all. der
Brandfuchs),
est bien surement une dégénération
de cette espèce.

Quant au renard noir à bout de la queue blanc,
qui habite en Sibérie et aussi en Labrador, et
qu'on nomme le renard argenté (all. Silber-
fuchs),
lorsque la pointe de ses poils est comme
d'un blanc d'argent, il n'est pas facile encore de
déterminer avec certitude s'il n'est qu'une simple
dégénération du renard commun, ou si l'on doit
le considérer comme une espèce particulière.
Quoi qu'il en soit, la fourrure de ce renard ar-
genté est extrêmement chère. On a payé à Lon-
[Seite 124] dres plus de trois cents écus pour une très-belle
peau de renard argenté de Labrador.

5.

lat.
all.
angl.
L'Isatis ou le
  Renard bleu.
C. lagopus.
der weisse Fuchs.
the arctic Fox.
    Queue droite à bout
concolor, pieds de de-
vant et de derrière très-
poilus.
    Schreb. pl. 93. A. 93. B.

Dans les pays voisins des pôles, sur-tout à la
nouvelle Zemble et dans les îles Spitzberg. La
plupart des isatis sont blancs; ceux connus sous
le nom de renards bleus, sont, au contraire,
d'un bleu grisâtre.

6.
lat.
all.
angl.
L'Hyene.
C. hyæna.
die Hyæne.
the Hyæna.
    Velue, noirâtre; face
noire; crinière sur le cou
et sur le dos.
    Der indianische Wolf
von. J. El. Rindinger.

A communément la même patrie que le chakal,
auquel il ressemble, aussi pour la manière de
vivre; elle se creuse un trou sous terre, ou elle
niche dans des crevasses de rochers. On en trouve
un grand nombre en Abyssinie.

XXIII. Les Chats (Felis).

(Ongles rétractiles, tête plus ronde,
langue rude, six incisives assez pointues,
les extérieures plus grandes; canines soli-
taires, éloignées en haut des incisives, et
en bas des molaires).

[Seite 125]
1.
lat.
all.
angl.
Le Lion.
F. leo.
der Lœwe.
the Lion.
    Queue alongée, flocon-
née; corps fauve.
    Schreb. pl. 97. A. 97. B.

Dans les climats chauds de l'ancien monde,
sur-tout en Afrique. Le mâle se distingue par la
crinière qui lui vient à l'âge de deux ans. Les
hottentots mangent de la chair de lion, et l'on
prétend que c'est l'unique nourriture d'une horde
d'arabes qui habite entre Alger et Tunis.

2.
lat.
all.
angl.
Le Tigre.
F. tigris.
das Tigerthier.
the Tiger.
    Queue alongée; tête,
corps et jambes marqués
de bandes transversales
noires.
    The Tiger von G. Stubbs.

Uniquement en Asie, et principalement depuis
le Bengale jusqu'en Chine. Habite aussi à Su-
matra; est rayé très-régulièrement. Il est sûr
qu'on peut l'apprivoiser. Est plus foible que l'é-
léphant.

3.
lat.
all.
angl.
Le Léopard.
F. leopardus.
der Leopard.
the Leopard.
    Queue un peu alongée;
taches nombreuses, plus
petites, formant des an-
gles obtus.
    Tygers at play von G.
Stubbs.

En Afrique. Sa peau est d'un jaune d'or, et
elle est marquée de petites taches noires; ces
taches sont plus serrées et plus régulières que
[Seite 126] celles de la panthère, et ordinairement il y en
a trois ou quatre à côté l'une de l'autre.

4.
lat.
all.
La Panthère.
F. pardus.
das Pantherthier,
  der Parder.
    Queue un peu alongée;
taches plus grandes, irré-
gulièrës, se touchant çà
et là, et annelées.
    Schreber. pl. 99.

En Afrique et dans les Indes orientales. Les
taches qui la distinguent sont plus grandes et
moins régulières que celles du léopard; souvent
elles se perdent les unes dans les autres; tantôt
elles ont la forme d'un fer à cheval, tantôt celle
d'un anneau. Les européens en Guinée nomment
aussi cet animal tigre, pour le distinguer des
léopards qui y habitent.

5.


lat.
all.

angl.
La petite Pan-
  thère.
L'Once. Buff.
F. panthera.
das kleine Pan-
  therthier.
the Panther.
    Queue alongée, corps
albide, taches noires ir-
régulières.
    Schreber. pl. 99.

Dans la Barbarie et les Indes orientales, est
beaucoup plus petite que les autres espèces. On
l'apprivoise aisément, et on la dresse à la chasse
du chevreuil et de la gazelle. Depuis très-long-
temps les orientaux et, dans le moyen âge, les
françois et les italiens ont su la dresser à cet
usage.

[Seite 127]
6.
lat.
all.
angl.
Le Jaguar.
F. onca.
der Jaguar
the Jaguar.
    Queue un peu alon-
gée; corps brun tirant
sur le jaune; taches an-
guleuses, ocellées, flaves
au milieu.
    Schreber. pl. 102.

Dans l'Amérique méridionale. Cet animal est
également plus petit que les trois avant-der-
niers qui vivent dans l'ancien monde; il est plus
timide et beaucoup plus lâche, il fuit devant
un gros chien.

7.

lat.
all.

angl.
Le Puma ou Cou-
  guar.
F. concolor.
der america-
  nische Loewe.
the Puma.
    Queue médiocre; corps
fauve, sans taches.
    Schreber. pl. 104.

Du Pérou, du Brésil, etc. Est remarquable
par sa petite tête et par sa peau d'un jaune
rougeâtre, sans taches.

8.
lat.
all.
angl.
Le Loup cervier.
F. lynx.
der Luchs.
the Mountaincat.
    Queue écourtée à bout
noir; oreilles externes
barbues au bout; corps
tacheté; pieds de devant
et de derrière très-amples.
    Schreber. pl. 109.

Dans les pays du nord. Est commun aussi dans
le royaume de Naples, et il fait aux parcs où
l'on garde du gibier, plus de tort encore que
le loup.

[Seite 128]
9.
lat.
all.
angl.
Le Chat.
F. catus.
die Katze.
the Cat.
    Queue alongée; striés
longitudinales sur le dos;
stries en spirales sur les
flancs.
    Schreber. pl. 167. A.
107. B.

Dans presque tout l'ancien monde. Ce sont les
espagnols qui, les premiers, l'ont porté en Amé-
rique. Le chat sauvage est plus grand que le
chat domestique; sa couleur est d'un gris rou-
geâtre, ses lèvres et les plantes de ses pieds sont
noires. Le chat domestique s'accouple très-rare-
ment sous les yeux de l'homme, et lorsque le
hasard le jette dans un désert, il y devient sau-
vage très-aisément. Parmi plusieurs particularités
singulières qu'offrent les chats, on remarque
sur-tout leur forte électricité; le brillant de
leurs yeux, dans l'obscurité; leur goût singulier
pour quelques plantes, la nepeta cataria, par
exemple, et le teucrium marum; leur manière de
rouer, et l'effet réel qu'ils produisent sur certains
hommes qui se trouvent mal en les voyant.

On comprend parmi les variétés principales,
le chat d'Angora, à poils longs et soyeux, qui
ordinairement a l'oreille dure; le chat des char-
treux, d'un gris bleu, et les chats d'Espagne ou
couleur d'écaille (Tortoiseshell Cat.) Ces der-
niers offrent une singularité remarquable. On

[interleaf] [Abb]
Bradypus tridactylus.xxx
[Seite 129]

prétend qu'on trouve souvent parmi eux des
chattes de trois couleurs différentes, c'est-à-dire,
variées de noir, de blanc et de jaune, mais qu'on
n'a jamais trouvé un mâle marqué de cette ma-
nière.

C. Les Fissipèdes édentés.

Fissipèdes sans incisives. La conformation de
leurs pieds et l'habitude totale de ces animaux,
annoncent leur démarche lente et paresseuse.
Ordinairement ils ont peu de doigts aux pieds de
derrière; mais ces pieds sont armés de grands
ongles crochus qui leur servent pour grimper sur
les arbres.

XXIV. Les Paresseux, (lat. Bradypus,
ignavus,
all. Faulthier, angl. Sloth).

(Tête arrondie, jambes antérieures plus
longues; incisives nulles en haut et en bas;
canines (s'ils en ont) obtuses, solitaires;
molaires cylindriques, obtuses).

1.
lat.
all.
angl.
L'Aï.
B. tridactylus.
der Aï.
the Aï.
    Pieds tridactyles,
queue courte.
    Schreber. pl. 64.

Habite en Guyane. C'est Un animal très-lent
et fort peu leste; mais, malgré cette paresse, il
est assez rusé, et, en cas de besoin, il ne manque
ni de force, ni de courage; il est extrêmement
[Seite 130] vivace, et a fort peu de besoins; il mange des
feuilles, et ne boit presque pas.

XXV. Les Fourmilliers, (lat. Myrmecophaga,
all. Ameisenbœr, angl. Anteater).

(Museau plus avancé, langue lombrici-
forme, dents nulles).

1.


lat.
all.

angl.
Le Fourmillier,
Le petit Taman-
  dua.
M. didactyla.
der kleine Ta-
  mandua.
the two toed Ant-
eater.
    Pieds de devant didac-
tyles, à ongle extérieur
très-grand; pieds de der-
rière tétradactyles; queue
prenante.
        Planche 8.

Egalement de l'Amérique septentrionale. Il se
nourrit des grandes fourmis de ce pays; il gratte
les fourmillières avec ce grand ongle en forme
de crochet dont ses pieds de devant sont armés;
il en enlève la croûte solide qui les couvre, et
il darde dans le trou sa langue visqueuse et
longue de quatre pouces. Il est de la grosseur
et presque de la couleur d'un écureuil.

XXVI. Les Pangolins ou Fourmilliers écailleux,
(lat. Manis, all. Schuppenthier, angl. Manis).

(Corps couvert d'écailles, langue térète,
dents nulles).

Les animaux de ce genre ont beaucoup de
ressemblance, à l'égard de leur conformation et

[Abb]
Myrmecophaga didactyla.xxx
[interleaf] [interleaf] [Abb]
Manis tetradactyla.xxx
[Seite 131]

de leur manière de vivre, avec les fourmilliers.
Ce qui les distingue particulièrement, ce sont les
écailles qui les recouvrent. Beaucoup d'anciens
naturalistes les mettoient au nombre des lézards.

1.
lat.
all.
angl.
Le Phatagin.
M. tetradactyla.
der Phatagin.
the scaly Lizard.
    Queue plus longue;
ongles bifides.
        Planche 9.

De Formose et des parties de l'Asie qui l'a-
voisinent. Il est gros à-peu-près comme le petit
tamandua; son corps, couvert d'écaillés d'un
brun marron, ressemble à une pomme de pin.

XXVII. Les Tatous, (lat. Tatu, (dasypus.
Linn.) all. Armadill, Panzerthier).

(Corps cuirassé de têts et de zones
osseuses;
incisives et canines nulles).

1.

lat.
all.
angl.
Le Tatou à neuf
  bandes.
T. novem cinctus.
der Caschicame.
the Cachicame.
    Neuf bandes dorsales;
pieds de devant tétradac-
tyles, pieds de derrière
pentadactyles.
    Schreber. pl. 74.

Dans l'Amérique méridionale, jusqu'au détroit
de Magellan. Cet animal se creuse un nid sous
terre. On peut l'apprivoiser. Lorsqu'il court quel-
que danger, il se roule en boule comme les
pangolins et le hérisson.

ORDRE CINQUIÈME.
Solipèdes.

[Seite 132]

Mammifères à sabots. Ils forment un seul
genre composé de peu d'espèces.

XXVIII. Les Chevaux, (lat. Equus).

(Pieds à sabot non-divisé, queue garnie
de longs crins; six incisives en haut tron-
quées obtusément, six en bas plus proémi-
nentes; canines solitaires, écartées dans
chaque mâchoire).

1.
lat.
all.
angl.
Le Cheval.
E. Caballus.
das Pferd.
the Horse.
    Queue par-tout garnie
de crins.

Il n'y a plus de chevaux originairement sau-
vages; mais on en trouve beaucoup qui le sont
devenus.
Communément ils sont en grands trou-
peaux; on en voit, par exemple, dans les bois
de Pologne, dans les montagnes d'Ecosse, dans
la Tartarie, dans l'Amérique, où les espagnols les
ont aussi transportés les premiers, et dans ce
dernier pays, sur-tout dans le Paraguay, où ils
sont par milliers. Parmi les races de chevaux ap-
privoisés, les chevaux arabes, particulièrement
[Seite 133] ceux élevés à Annecy, dans les environs de
Palmire, et depuis le mont Liban jusqu'au mont
Horeb, se distinguent par leur légèreté, leur
vigueur et leur parfaite conformation; viennent
ensuite les chevaux de Perse et de Barbarie.
Parmi les chevaux européens, les meilleurs sont
ceux d'Espagne, sur-tout les andaloux, ceux de
Naples et d'Angleterre; ces derniers, sur-tout,
ont une rapidité étonnante, par laquelle ils se
distinguent dans les courses. Le cheval anglois
l'éclipse, si connu dans les derniers temps, par-
couroit cinquante-huit pieds en une seconde,
c'est-à-dire, il couvrait un espace de vingt-cinq
pieds, lorsqu'il étoit le plus alongé, et il répétoit
cette action deux fois et un tiers en une se-
conde.*

Sans parler de l'utilité dont est cet animal pour
des nations entières qui sont continuellement à
cheval, telles que les cosaques, les tartares, les
kalmouks, les tongous, les abipons, etc., il est
d'un prix inestimable pour les nations policées
qui s'en servent pour l'économie rurale, les
postes, la cavalerie, etc.; plusieurs de ces peuples
errans que je viens de nommer, vivent aussi en
grande partie de viande de cheval et de lait de
[Seite 134] jument. Ce lait, lorsqu'il est caillé, et sur-tout
lorsqu'il est distillé, forme la boisson enivrante
des tartares mogols.

2.
lat.
all.
angl.
L'Ane.
E. Asinus.
der Esel.
the Ass.
    Queue garnie de crins
à l'extrémité, croix noire
sur le dos.

L'âne sauvage, duquel provient notre âne do-
mestique, est le véritable onager des anciens,
et se trouve encore à présent, sur-tout en Tar-
tarie, sous le nom de koulan.* Tous les ans,
dans l'automne, il sort de ce pays, et se rend
plus au sud, dans les Indes et dans la Perse,
pour y passer l'hiver. Il est plus grand et plus
élancé que l'âne domestique, et il a une rapidité
étonnante. L'âne n'a pas encore été transplanté
dans les pays les plus septentrionaux de l'Europe;
il dégénère peu, tout au plus sa couleur change;
il y a, par exemple, des ânes blancs.

Le cheval et l'âne s'accouplent ensemble et
produisent deux sortes de bâtards qui ont beau-
coup de force et de vigueur, et quelquefois,
mais très-rarement, sont en état de se repro-
duire; l'un est le mulet ordinaire** (lat. mulus,
all. das Maulthier), que l'âne engendre avec la
[Seite 135] jument; l'autre est le bardeau* (lat. hinnus,
all. der Maulesel), que l'étalon produit avec
l'ânesse. Ce dernier est plus rare, et a occasionné
le conte des jumarts ou des prétendus bâtards
provenus du commerce des chevaux avec les
vaches, ou des taureaux avec les jumens.

3.
lat.
all.
angl.
Le Zèbre.
E. zebra.
das Zebra.
the Sebra.
    Zones brunes et blan-
ches, très-régulières.
The Sebra von 9 Stubbs
1771.

Est originaire de l'Afrique méridionale. Il y
en a deux espèces tout-à-fait différentes, et c'est
à tort que l'on a pris l'une de ces espèces pour
la femelle de l'autre. Ces animaux vivent en trou-
peaux, courent avec beaucoup de rapidité, sont
très-farouches et très-difficiles à dompter.


ORDRE SIXIÈME.
Bisulces.

[Seite 136]

Mammifères ruminans à pieds fourchus, par-
mi lesquels se trouvent nos animaux domestiques
les plus importans.

XXIX. Les Chameaux, (Camelus.)

(Cornes nulles; bec de lièvre; pieds pres-
que bisulces*, six incisives en haut spa-
thiformes; les canines distantes, trois en haut,
deux en bas).

1.
lat.
all.

angl.
Le Dromadaire.
C. dromedarius.
das gemeine Ca-
  mel.
the Dromedary.
    Bosse unique sur le
dos.
    Schreber. pl. 303.

Se trouve encore dans son état de nature en
Asie, sur-tout dans les déserts entre la Chine et
les Indes; mais les orientaux et les africains ont
su l'apprivoiser, et il est devenu l'animal domes-
tique le plus important pour ces peuples. Les
arabes l'appellent le vaisseau pour traverser les
déserts.
La charge ordinaire des chameaux de
caravane pèse ordinairement six quintaux; et,
[Seite 137] chargés de cette manière, ils font près de huit
lieues par jour. Cet animal mange les arbustes
épineux qui croissent en quantité dans le désert,
et dont aucun autre mammifère ne pourroit se
nourrir. On assure qu'il peut supporter la soif
pendant plusieurs semaines; mais aussi, quand
il trouve de l'eau, il boit énormément, l'eau pou-
vant se conserver assez long-temps dans son
estomac, sans s'altérer. Le dromadaire, ainsi que
le chameau, ont un grand calus devant la poi-
trine, quatre petits aux pieds de devant, et deux
semblables aux pieds de derrière, et ils s'ap-
puient sur ces calus, quand ils sont las et qu'ils
se couchent.

2.
lat.
all.
ang.
Le Chameau.
C. bactrianus.
das Trampelthier.
the Camel.
    Deux bosses sur le dos.
    Schreber. pl. 304.

Dans l'intérieur de l'Asie jusqu'à la Chine. Il
s'en trouve sur-tout des troupeaux considérables
en Bessarabie. La rapidité de son trot, et sa selle
naturelle, font qu'on l'emploie davantage que
l'espèce précédente.

Il y a beaucoup d'écrivains et de voyageurs qui
nomment dromadaire le chameau à deux bosses.

3.
lat.
Le Lama.
C. Lacma.
    Dos lisse; bosse sur la
poitrine.
[Seite 138]
   all.
angl.
die Camelziege.
the Llacma.
    Schreber. pl. 306.

Ainsi que l'espèce suivante, dans l'Amérique
méridionale, particulièrement dans les monta-
gnes du Pérou. On l'emploie comme bête de
somme, et quoiqu'il soit d'une grandeur médio-
cre, il porte jusqu'à un quintal et demi.

4.
lat.
all.
angl.
La Vigogne.
C. vicuna.
das Schafcamel.
the Vicugna.
    Sans aucune bosse
corps laineux.
    Schreber. pl. 307.

Est plus petite que le lama. On ne peut pas
l'apprivoiser, mais comme son poil d'un brun
de cannelle, qui nous fournit ce qu'on nomme la
laine de vigogne, est très-estimé, on fait tous les
ans de grandes battues pour en prendre un grand
nombre. Le bézoard occidental vient aussi de
cet animal.

XXX. Les Chèvres (Capra).

(Cornes creuses, ridées, rudes; incisi-
ves
d'en haut nulles, huit en bas, canines
nulles).

1.

lat.
all.
angl.
La Brebis, le Bé-
  lier, le Mouton.
C. ovis.
das Schaf.
the Sheep.
    Menton imberbe, cor-
nes comprimées en crois-
sant.

On n'en trouve plus d'originairement sauva-
[Seite 139] ges; il ne paroît pas même que ces animaux
puissent le redevenir comme les chèvres. On les
regarde, dans presque tout l'ancien inonde,
comme un des animaux domestiques les plus
utiles; aussi ont-ils été transplantés en Améri-
que bientôt après sa découverte.

Parmi les différentes races de ces mammifères,
on remarque principalement celle du Thibet,
dont la laine la plus fine, ainsi que le poil de
chèvre, sert à faire les shawls, et celle de Ségovie
en Espagne. Viennent ensuite les races d'Angle-
terre, dont la laine est aussi très-belle; celles
d'Islande à quatre, six ou huit cornes; les brebis
d'Arabie, enfin celles d'Egypte, à queue grasse
et épaisse, qui pèse environ quarante livres. Les
brebis qui habitent entre les tropiques, ont or-
dinairement, au lieu d'une laine frisée, des poils
plats, semblables à ceux des chèvres, et celles
du sud de l'Afrique ont outre cela de longues
oreilles pendantes.

2.
lat.
all.

angl.
Le Moufflon. Buf.
O. ammon.
das Muffelthier,
  Argali.
the Argali.
    Cornes arquées, circon-
flexes, un peu aplaties
en dessous; fanons lâches,
poilus.
    Schreber. pl. 268.

En Corse, en Sardaigne, en Grèce, dans la
Barbarie, particulièrement en Sibérie jusqu'au
Kamtschatka, et ensuite dans l'Amérique nord-
[Seite 140] occidentale. Le moufflon de l'Asie septentrionale
est regardé par quelques naturalistes comme la
souche de nos brebis; il est grand et armé de
cornes très-fortes et très-pesantes. Nous avons ici
dans le muséum de l'université une seule corne
qui n'est pas entière et qui pèse neuf livres.

3.

lat.
all.
angl.
La Chèvre, le
  Bouc.
O. hircus.
die Ziege.
the Goat.
    Menton barbu, cornes
arquées, carenées.

La chèvre domestique paroît venir originaire-
ment de l'œgagrus, qui vit sur le Caucase et sur
les montagnes à l'est qui y touchent, et dans
l'estomac duquel (ainsi que parmi plusieurs
espèces d'antilope) on trouve le bézoard orien-
tal;
c'est pour cela qu'on lui a donné le nom
de bouc du bézoard.*

La chèvre domestique redevient sauvage très-
aisément, et elle est répandue sur la terre presque
autant que la brebis.

Les chèvres d'Angora ont de longs poils soyeux
qui nous fournissent ce beau fil connu sous le
nom de poil de chèvre.

4.
lat.
Le Bouquetin.
O. ibex.
    Menton barbu; cornes
en croissant, très-gran-
[Seite 141]
   all.
angl.
der Steinbock.
the wild Goat.
des, noueuses en dessus
et couchées sur le dos.
    Conr. Gessneer, l. C, p.
1099.

Sur les plus hautes montagnes de Savoie, ainsi
que sur les alpes de Sibérie. Les cornes d'un vieux
bouquetin pèsent à-peù-près vingt livres, et ont
environ de chaque côté autant d'anneaux noueux.

XXXI. Les Antilopes (Antilope).

(Cornes creuses, térètes, annelées ou spi-
rales; dents comme celles des chèvres).

Forment un genre très-étendu, dont les espèces-
nombreuses se trouvent dans l'intérieur et dans
le sud de l'Asie, en Afrique, et sur-tout au Cap.

1.

lat.
all.
angl.
Le Chamois, l'I-
  zard.
A. rupicapra.
die Gemse.
the Chamois.
    Cornes droites, recour-
bées au bout en forme de
crochets.
    Schreber. pl. 279.

Sur les montagnes de l'Europe tempérée et
de l'Asie occidentale. On prétend que des cha-
mois apprivoisés se sont accouplés avec des chè-
vres, et ont produit des bâtards. Les filets de leurs
alimens qu'ils ne peuvent pas digérer, forment
dans leur estomac une petite pelote qui, an-
ciennement, étoit très-estimée, et étoit connue
sous le nom d'œgagropilœ.

[Seite 142]
2.
lat.
all.
angl.
La Gazelle.
A. dorcas.
die Gazelle.
the Bezoar-Anti-
  lope.
    Cornes térètes, anne-
lées, fléchies dans le mi-
lieu, à sommets lisses
rapprochés.
    Schreber. pl. 269.

Habite dans tout l'orient et l'Afrique septen-
trionale. La chasse de cet animal est l'occupation
favorite des orientaux, et comme il est svelte et
élancé, les poëtes lui comparent les beautés qu'ils
chantent.

3.

lat.
all.
angl.
La Gazelle de pa-
  rade.
A. pygarga.
der Prunkbock.
the White faced
  Antilope.
    Cornes lyrées, ligne la-
térale brune sur la face et
le tronc, fesses blanches.
    Vosmaer, description
de la gazelle de parade.

Dans l'intérieur de la partie la plus méridio-
nale de l'Afrique, d'où il part tous les ans plu-
sieurs milliers de ces animaux, qui se rendent
dans les environs du Cap, y passent l'hiver, et
quelques mois après se retirent dans leur patrie.

XXXII. Les Bœufs (Bos).

(Cornes concaves, lunées, lisses; dents
comme dans les genres précédens).

1.

lat.
all.
angl.
Le Bœuf, la Va-
  che, le Taureau.
B. taurus.
der Ochse.
the Bull.
    Cornes térètes, cour-
bées extérieurement, fa-
nons lâches.
[Seite 143]

Nos bœufs proviennent de l'aurochse, que l'on
trouve en Pologne, en Lithuanie, en Sibérie, et
qui auparavant se trouvoit également en Alle-
magne; l'aurochse est l'urus, le bonasus, le bison
de l'ancien monde, car ces trois noms paroissent
désigner la souche de nos bêtes à cornes. Parmi
les races les plus remarquables des bœufs, on
compte la race blanche à oreilles brunes ou noir
res, qui est à moitié sauvage, et se trouve dans
les îles Mariannes, ainsi que çà et là en Angle-
terre; celle de Sicile, dont les carnes sont d'une
grandeur étonnante, et celle qui au contraire
n'a pas de cornes du tout, comme on en voit
dans quelques provinces de l'Angleterre.

Mais je doute encore que le petit Bœuf des Indes,
que les indiens révèrent comme sacré, le bos in-
dicus
ou le zebu (Schreber, pl. 298), soit une
simple variété de cette espèce.

On trouve souvent dans l'estomac des bêtes à
cornes des pelotes de poils qu'elles se sont léchés,
et qu'elles ont avalés. L'épizootie pestilentielle
qui leur est propre, fait souvent de très-longs et
de très-grands ravages.

2.

lat.
all.

angl.
Le Bison du nord
  de l'Amérique.
B. americanus.
der nordamerica-
  nische Bison.
the american Bi-
  son.
    Cornes divariquées;
crinière très-longue; dos
gibbeux.
    Schreber. pl. 296.
[Seite 144]

Est Le plus grand animal terrestre du nouveau
monde. Il vit en troupeaux dans les bois maréca-
geux de l'Amérique septentrionale tempérée. Dans
Phiver, il est garni de poils par-tout le corps;
dans le printemps, au contraire, les poils de sou
dos et de la partie postérieure de son corps tom-
bent, et il ne conserve que l'énorme crinière
qui couvre son cou et sa poitrine.

3.
lat.
all.
angl.
Le Buffle.
B. buffelus.
der Büffel.
the Buffalo.
    Cornes couchées, tor-
ses, planes antérieure-
ment.
    Schreber. pl. 300.

Est originaire du Thibet, mais il s'est répandu
peu à peu dans la plus grande partie de l'Asie et
de l'Afrique septentrionale. Il se trouve aussi dans
quelques pays d'Europe. Depuis le septième siècle,
par exemple, on l'élève en Italie, en Hongrie, dans
le pays de Salzbourg, et on s'en sert en attelage.
Sa peau est noire et couverte de petits poils; elle
est extrêmement forte et très-bonne pour faire
des outres. Les françois les ont introduits en
France tout nouvellement. On a eu d'abord de la
peine, les paysans en ont tué beaucoup; mais à
présent le troupeau est en bon état et en pleine
reproduction.

4.

lat.
Le Buffle à la
  queue de cheval.
B. grunniens.
    Cornes térètes, courbées
intérieurement; toison
pendante en avant, queue
[Seite 145]
   all.

angl.
der Büffel mit dem
  Pferdeschweif.
the Gruntingbull.
garnie de longs crins par-
tout.

Est également originaire du Thibet, mais
il est aussi domestique dans l'Indostan. Plus
petit que notre bœuf; il se distingue particulière-
ment par son grognement, son poil frisé, et par
une queue épaisse garnie de très-longs crins, la-
quelle est très-estimée, et quand elle est belle, est
payée très-cher dans les Indes.

5.
lat.
all.
angl.
Le Bœuf musqué.
13. moschatus.
der Bisamstier.
the Bull ox.
    Cornes défléchies, à
bases très-larges apla-
ties, contiguës au front,
à sommels tombans per-
pendiculairement.
    Schreber. pl. 302.

Ne se trouve que sur les confins de l'Amérique
septentrionale, à l'ouest de la baie d'Hudson, de-
puis le 66.e degré jusqu'au 73.e On dit que deux
de ses cornes pèsent quelquefois plus de cinquante
livres.

XXXIII. Les Giraffes (Giraffa).

(Cornes très-simples couvertes de peau,
terminées par un petit pinceau de poil noir;
incisives supérieures nulles; inférieures huit,
spathulées, la plus extérieure bilobée; cani-
nes
nulles.

[Seite 146]
1.
lat.

all.
angl.
La Giraffe.
G. camelo-parda-
  lis.
die Giraffe.
the Giraffe.
    (Capitaine Carteret,
dans les transactions phi-
losophiques, vol. LX, pl.
1).

Dans l'intérieur de l'Afrique. Son long cou,
son corps extrêmement court, son dos plus haut
que sa croupe, sa peau rougeâtre et tachetée,
toute sa conformation enfin lui donne une phy-
sionomie particulière. Elle marche comme un
cheval qui va l'amble; elle lève en même temps
le pied de devant et celui de derrière du même
côté, ce qui lui donne une démarche singulière
qui ressemble à la marche du cavalier au jeu d'é-
checs. Lorsque la giraffe se tient droite, elle a plus
de seize pieds de haut.

XXXIV. Les Cerfs (Cervus).

(Cornes [bois] solides, multifides; dents
comme dans les genres précédens, parfois
cependant canines solitaires en haut).

1.
lat.
all.
angl.
L'Élan.
C. alces.
das Elennthier.
the Elk.
    Cornes planes sans tige,
palmées.
    Schreber. pl. 346.

Habite dans tous les climats du nord (si ce-
pendant celui qui se trouve dans l'Amérique sep-
tentrionale, l'orignal, all. das nordamericani-
[Seite 147] sche Elenn,
angl. the Moosedeer* n'est pas une
espèce particulière). Il devient grand comme un
cheval, il pèse plus de 1200 livres, et ses cornes
plus de 50. On l'apprivoise et on le mène en trou-
peaux aux pâturages. On disoit anciennement
que l'élan étoit sujet à l'épilepsie: ce conte n'a
plus besoin d'être réfuté.

2.
lat.
all.
angl.
Le Daim.
C. dama.
der Damhirsch.
the Fallow-deer.
    Cornes presque rameu-
ses, comprimées, à som-
mité palmée.
    Schreber. pl. 349. A. B.

Dans les régions tempérées de l'Europe. Est
plus petit que le cerf ordinaire; varie dans la
couleur.

3.
lat.

all.
angl.
Le Renne.
C. tarandus (ran-
  gifer).
das Rennthier.
the Rein.
    Cornes (dans l'un et
l'autre sexe) langues, sim-
ples, térètes, à sommités
presque palmées; criniè-
re pendante à la gorge.
    Schreber. pl. 247. A.
B. C.

Dans, tous les paya septentrionaux de la terre.
On en trouve, parfois au Kamtschatka des trou-
peaux de plus de mille. Cet animal ne peut pas
supporter les pays chauds. Il vit de feuilles sèches
et particulièrement de la mousse-à-renne, qu'il
cherche en grattant sous la neige. Le renne est
[Seite 148] très-utile aux lapons, aux samoièdes, aux ton-
gous et aux cosaques. Il satisfait aux besoins
de première nécessité de ces peuples.

4.
lat.
all.
angl.
Le Cerf.
C. elaphus.
der Hirsch.
the Stag.
    Cornes rameuses toutes
térètes, recourbées, à
sommets multifides.
    Schreber. pl. 248. A. B.
C. D. E.

A la même patrie que l'élan, seulement sous
une latitude plus méridionale. Le nombre de ses
cors ne répond pas exactement à l'âge de l'ani-
mal: à sa huitième année on ne peut plus le dé-
terminer. Les plus beaux bois ont dix-huit jusqu'à
vingt-quatre véritables cors. Le cerf atteint à-peu-
près l'âge de trente ans, quelquefois il devient
plus vieux.

5.
lat.
all.
angl.
Le Chevreuil.
C. capreolus.
das Reh.
the Roe.
    Cornes rameuses, térè-
tes, droites, à sommité
bifide.
    Schreber. pl. 262. A. B.

Dans les régions tempérées et chaudes de l'Eu-
rope et de l'Asie. Le bois du chevreuil est souvent
défiguré par des exostoses singulières, ce qui n'ar-
rive pas si fréquemment aux autres espèces de
ce genre.

XXXV. Les Chevrotins (Moschus).

(Cornes nulles; incisives comme dans les
genres précédera; canines supérieures soli-
taires, sortantes).

[Seite 149]
1.
lat.
all.
angl.
Le Musc.
M. moschifer.
das Bisamthier.
the Musk.
    Poche ombilicale.
    Schreber. pl. 242.

Dans les forets de sapin, et tes contrées mon-
tagneuses du Thibet et de la Sibérie méridionale.
Le mâle a dans la région du nombril une poche
grosse comme un œuf, dans laquelle se secrète
le bizam.

2.

lat.
all.

angl.
Le Chevrotin de
  Guinée.
M. pygmæus.
das guineische
  Rehchen.
the Pigmymusk.
    Roux-brun en dessus,
blanc en dessous; onglets
surajoutés nuls.

Dans les Indes orientales et en Guinée. Est le
plus petit des animaux de cet ordre. Ses jambes
ont la longueur du doigt, et sont grosses à-peu-
près comme un tuyau de pipe.


ORDRE SEPTIÈME.
Multongulés.

[Seite 150]

Mammifères, pour la plupart très-grands,
mais informes, couverts de soies ou de petits
poils courts et rares, et ayant plusieurs ongles.

XXXVI. Les Cochons (Sus).

(Museau tronqué, proéminent, mobile;
quatre incisives (dans la plupart) supérieu-
res, convergentes; six inférieures, proémi-
nentes (dans la plupart); deux canines su-
périeures plus courtes, deux inférieures
sortantes).

1.

lat.
all.
angl.
Le Sanglier, le
  Cochon, le Porc.
S. scrofa.
das Schwein.
the Wildeboar,
  the Hog.
    Dos garni de soies,
queue poilue.

Le sanglier a un grouin plus long, en général
une autre forme de crâne, des oreilles droites plus
courtes, des défenses plus grandes que le cochon.
Il n'a point de lard; jamais il ne devient ladre
et sa couleur est presque toujours d'un gris noir.
Le cochon est, de tous les animaux, le plus géné-
ralement répandu; il a un odorat extrêmement
[Seite 151] fin, et il est presque un animal omnivore. Parmi
tous les mammifères à pieds fourchus, la truie
est l'animal qui met bas le plus grand nombre de
petits. Les cochons sont devenus sauvages en
Amérique, où on les avoit apportés d'Europe: ce
sont ceux que nous appelons cochons marrons. Dans
l'île de Cuba, ils devinrent le double plus gros
que leurs pères européens; à Cubagua ils dégé-
nérèrent d'une façon singulière, et produisirent
une race qui avoit des griffes d'un demi-empan
de long. Les cochons de Siam ont des jambes
plus courtes, et le dos cambré sans crinière.

On trouve en Suède et en Hongrie une variété
à pieds non fourchus: les anciens la connoissoient
déjà. On en a vu aussi qui avoient trois griffes.

2.

lat.
all.
angl.
Le Sanglier du
  Cap-vert.
S. æthiopicus.
das Emgalo.
the Emgallo.
    Incisives nulles; peti-
tes poches molles sous
les yeux.
    Vosmaer, description
du sanglier d'Afrique.

Dans l'intérieur de l'Afrique méridionale; éga-
lement à Madagascar. Un animal terrible avec une
tête énorme, un grouin qui a la largeur d'un em-
pan, et de grands morceaux de chair semblables
à de grosses verrues sous les yeux.

3.
lat.
all.
angl.
Le Pécari.
S. tajassu.
d. Nabelschwein.
the Pecary.
    Queue nulle; poche
contenant du musc, près
du coccix.
    Schreber. pl. 325.
[Seite 152]

Vit en troupeaux dans les pays chauds de l'A-
mérique. Il pèse au plus soixante livres.

4.
lat.
all.
angl.
Le Babiroussa.
S. babirussa.
d. Schweinhirsch.
the babiroussa.
    Canines supérieures ar-
quées, très-grandes.
    Schreber. pl. 328.

Particulièrement dans les Moluques. Il vit dans
l'eau, nage fort bien, et peut même aller en nageant
jusqu'à des îles fort éloignées. Il est difficile de
deviner à quoi peuvent servir les grandes canines
de sa mâchoire supérieure, qui sont presque en
forme de cercle. Son nom est malais: Baba veut
dire dans cette langue cochon, et russa cerf.

XXXVII. Les Tapirs (Tapir).

(Habitus du cochon; dix incisives en
haut et en bas; canines nulles; pieds de de-
vant à quatre sabots; trois sabots aux pieds
de derrière).

1.
lat.
all.
angl.
Le Tapir.
T. suillus.
der Tapir.
the Americanta-
  pir.
    Schreber. pl. 319.

Est le plus grand animal terrestre de l'Améri-
que méridionale; il a la taille d'un bœuf de mé-
diocre grandeur. Sa tête et ses cuisses sont à-peu-
près comme celles du cochon. Le lèvre supé-
[Seite 153] riéure se termine en pointe et est très-mobile.
Ordinairement il s'assied sur son derrière comme
un chien; il va volontiers à l'eau et nage fort
bien.

XXXVIII. Les Eléphans (Elephas).

(Trompe très-longue, prenante; incisives
nulles; canines supérieures saillantes).

1.

lat.
all.

angl.
L'Eléphant d'A-
  sie.
E. asiaticus.
der Asiatikele-
  phant.
t. great-elephant.
    Couronne des dents mo-
laires distinguée par des
lignes ondulées.
    Pl. 10, Fig. B.

Habite dans l'Asie méridionale, particulière-
ment à Ceylan; est le plus grand de tous les
animaux terrestres, atteint près de quinze pieds
de hauteur, et pèse, dans sa vingtième année, en-
viron sept mille livres. Sa peau, qui a sur le dos
près d'un pouce d'épaisseur, est cependant très-
sensible, même aux piqûres d'insectes: ordinai-
rement elle est grise. L'organe principal de l'élé-
phant est sa trompe; elle lui sert pour respirer
et pour sentir; elle lui sert également comme de
main, pour puiser de l'eau, saisir sa nourriture,
la porter dans sa bouche, et faire mille tours
d'adresse. Il peut l'alonger jusqu'à près de six
pieds, et la retirer ensuite jusqu'à trois. Au bout,
cette trompe est garnie d'un crochet très-flexi-
[Seite 154] ble, avec lequel l'animal peut dénouer des nœuds,
défaire des boucles, ramasser à la fois plusieurs
pièces d'argent, etc.; il se nourrit principalement
de feuilles d'arbre, de riz et d'autres herbes. Il
nage avec une adresse incroyable, et traverse
même des torrens très-rapides. Lorsqu'il s'accou-
ple, il faut, comme les autres mammifères,
qu'il saillisse sa femelle. Le petit nouvellement né
tette avec sa bouche, et non avec sa trompe,
comme on l'a cru. C'est à trois ou quatre ans, en-
viron, que les deux grandes dents, dont nous
tirons l'ivoire, percent aux éléphans mâles et
femelles; ces dents ont quelquefois sept ou huit
pieds de long, et une d'elles peut peser jusqu'à
deux cents livres. On croit, et c'est vraisembla-
ble, que l'éléphant atteint deux cents ans. Comme
il est en état do porter au moins vingt quintaux, et
qu'il est capable de transporter les plus grandes
charges jusqu'au plus haut des montagnes, on l'em-
ploie ordinairement comme bête de somme. Sa dé-
marche est assez singulière; il ne lève pas les pieds
très-haut, mais il les jette en avant avec un mouve-
ment brusque et preste; il a le pied si sûr, qu'il
ne bronche même pas dans les chemins non
frayés.

Les rubans en relief qui se trouvent sur les
couronnes des molaires de l'éléphant des Indes,
forment des lignes qui vont d'abord en serpen-

[interleaf] [Abb]
A dents du Mammouth. B dents de l'Eléphant d'asie. C dents de l'Eléphant d'Afriquexxx
[Seite 155]

tant, et deviennent parallèles aux deux extrémi-
tés. Ces lignes se distinguent déjà au premier
coup-d'œil, des rubans en losange qui se trouvent
sur les molaires de l'éléphant d'Afrique. Il me
semble que cette propriété constante des deux
sortes d'éléphans, que j'ai examinée dans leur
crâne, peut servir fort bien, d'après toute l'ana-
logie, pour déterminer la différence spécifique.

2.

lat.
all.

angl.
L'Eléphant d'Afri-
  que.
E. africanus.
der africanische
  Elephant.
the african Ele-
  phant.
    Couronne des molaires
marquée par des losan-
ges.
    Planche 10, Fig. C.

Cette espèce, qui habite dans le milieu et dans
le sud de l'Afrique, n'est pas domestique, comme
celle des Indes. On la chasse et on la tue uni-
quement à cause de sa chair et de son ivoire.

XXXIX. Les Rhinocéros (lat. Rhinoceros).

(Corne solide, conique, implantée sur le
nez).

1.

lat.
all.

angl.
Le Rhinocéros
  d'Asie.
R. asiaticus.
der asiatik Nas-
  horn.
the one horned
  Rhinoceros.
    Quatre incisives dans
les deux mâchoires, les
inférieures coniques, les
supérieures presque lo-
bées; canines nulles.
    Planche 11, Fig. B.
[Seite 156]

Des Indes orientales. La corne ordinairement
unique qui distingue cette espèce, n'est pas atta-
chée à l'os comme la double corne du rhinocéros
d'Afrique, elle tient simplement à la peau.

2.

lat.
all.

angl.
Le Rhinocéros
  d'Afrique.
R. africanus.
der africanische
  Nashorn.
the two horned
  Rhinoceros.
    Incisives et canines
nulles.
    Planche 11, Fig. A.

Dans le sud de l'Afrique, au Cap, etc. La se-
conde corne est plus petite, et est derrière la pre-
mière.

XL. Les Hippopotames (Hippopotamus).

(Incisives supérieures écartées, inférieures
tombantes en avant, canines inférieures cour-
bées en dedans, tronquées obliquement).

1.
lat.
all.
angl.
Le Cheval marin.
H. amphibius.
das Nilpferd.
the Seahorse.
    Buffon, supplément,
vol. III, pl. 62, 63. vol.
VI, pl. 4, 5.

Est très-commun dans l'Afrique méridionale,
se trouve également dans le Nil. Il est extrême-
ment massif, a une grande tête informe, une
gueule énorme, un gros corps et des jambes cour-
tes. Un hippopotame qui a pris toute sa crois-
sance, pèse au moins 3,500 livres. Cet animal
se nourrit devégétaux et de poissons.

[Abb]
A Rhinocéros d'Afrique. B Rhinocéros d'asiexxx
[interleaf]

ORDRE HUITIÈME.
Palmipèdes.

[Seite 157]

Mammifères à pieds palmés, c'est-à-dire,
réunis par une membrane. Je les divise aussi
comme les fissipèdes, en trois familles, d'après
la différence de leurs dents.

A Les Palmipèdes Rongeurs.
XLI. Les Castors (Biber).

(Pieds de devant palmés; deux incisives
en haut et en bas).

1.

lat.
all.
angl.
Le Castor ou Biè-
  vre.
B. fiber.
der Biber.
the Beaver.
    Queue déprimée, ovée,
écailleuse.
    Schreber. pl, 175.

Vit dans les pays septentrionaux et dans les
endroits déserts qui avoisinent les lacs et les grands
fleuves. Ses poils très-fins le rendent intéressant
pour le commerce. Il est également utile en mé-
decine, à cause de cette substance connue sous le
nom de castoreum, que portent le mâle et la
femelle, dans une poche particulière, placée à
l'extrémité du bas-ventre. Ce qui a rendu particu-
lièrement ces animaux remarquables, c'est leur
[Seite 158] industrie étonnante. Lorsqu'ils se trouvent en
grand nombre, comme, par exemple, encore
dans l'intérieur du Canada, ils se réunissent pour
se bâtir des habitations, et même des digues, lors-
qu'ils le trouvent nécessaire, qui annoncent une
adresse singulière. Je crois bien que plusieurs
voyageurs ont embelli et exagéré ce qu'ils racon-
tent de l'industrie des castors; cependant, d'après
le témoignage unanime des observateurs les moins
suspects de toutes les différentes parties du monde,
ces animaux savent tellement s'accommoder aux
circonstances fortuites et locales, qu'il faut leur
accorder une intelligence beaucoup au-dessus de
l'instinct industriel, toujours uniforme, des au-
tres animaux.

B Les Palmipèdes Carnassiers.
XLII. Les Phoques (Phoca).

(Pieds de derrière étendus dans la direc-
tion de l'abdomen; doigts réunis ensemble;
six incisives en haut, quatre en bas; cani-
nes solitaires
).

Ces animaux sont pour ainsi dire les amphi-
bies parmi les mammifères, et tout leur corps est
conformé pour être en état de vivre dans les
deux élémens. Je découvris, par exemple, en
1784, en disséquant l'œil d'un, veau marin, une
[Seite 159] conformation toute particulière. Je vis que ces
animaux sont en état d'alonger ou de raccour-
cir à volonté l'axe de leur œil, et peuvent par
ce moyen voir à travers deux milieux d'une den-
sité très-différente, c'est-à-dire, à travers l'air et
l'eau. Ce mouvement s'opère par la pression des
muscles de l'œil, qui sont très-forts sur la peau
extérieure de la prunelle, laquelle peau est en
différens endroits d'une épaisseur différente. La
cornée transparente, par exemple, est mince et
souple; la partie de la sclérotique, au contraire,
qui touche à la cornée, est épaisse et cartilagi-
neuse, ainsi que le fond; mais la zone moyenne
est ensuite mince et souple, de manière que
quand l'animal veut voir à travers l'air, il re-
tire le globe de l'œil dans l'orbite, et par-là il en
aplatit un peu le fond en le rapprochant en même-
temps du cristallin, comme l'exige la forte ré-
fraction des rayons de lumière, qui alors passent
du milieu plus rare de l'air dans celui plus dense de
l'œil. Quand ces animaux sont sous l'eau, les
muscles de l'œil cèdent, pour que l'axe oculaire
s'alonge.*

1.        Le Phoque com-
  mun, le Veau
  marin.
    Tête lisse, à oreilles ex-
ternes milles; corps gris.
    Schreber. pl. 84.
[Seite 160]
   lat.
all.
angl.
P. vitulina.
der Seehund.
the Seal.

Dans les mers du nord. Cet animal est d'une
grande ressource pour les insulaires de Fin-
lande, les kamtschadales, les groënlandois
et les esquimaux de Labrador. Pour ces deux
derniers peuples particulièrement, le veau marin
est de la plus grande importance; ils se nourris-
sent de sa chair, sa peau leur sert à les habiller et
à couvrir leurs cahutes d'été et leurs canots de pêche.
La chasse au veau marin est leur principale occu-
pation, et l'adresse qu'ils montrent à cet exercice
l'ait leur fortune et leur gloire.

2.
lat.
all.
angl.
L'Ours marin.
P. ursina.
der Seebær.
the Ursine Seal.
    A oreilles; cou lisse.
    Buffon, supplément,
vol. VI, pl. 47.

Pendant l'été, on trouve ces animaux par
grandes troupes dans les îles de l'Archipel, du
Kamtschatka; probablement ils passent l'hiver
dans les îles voisines un peu plus méridionales
de l'Océan pacifique. Ce mammifère est poly-
game; chaque mâle a environ trente ou quarante
femelles qu'il garde avec le plus grand soin, et
qu'il défend avec courage contre ses rivaux.*

[Seite 161]
3.


lat.
all.

angl.
Le Phoque à cri-
  nière,
Le Lion marin.
P. jubata.
der stellersche
  Seelœwe.
the hooded Seal.
    A oreilles; cou garni
d'une crinière.
    Buffon. Supplément,
vol. VI, pl. 48.

Dans tout l'océan pacifique. La plus grande
espèce de ce genre. Elle tire son nom de la cri-
nière que portent les mâles, et qui ressemble,
en quelque façon, à celle d'un lion.

4.

lat.
all.
angl.
Le Phoque à ca-
  puchon.
P. cristata.
der ansonsche
  Seelœwe.*
the maned Seal.
    Tête garnie en avant
d'une crête.
    Voyage d'Anson autour
du monde. pl. 19.

Dans l'océan atlantique, et dans la mer pa-
cifique, le mâle seul a sur le nez un morceau
de chair en forme de crête.

XLIII. Les Loutres. (Lutra.)

(Palmes et plantes natatoires; six inci-
sives en haut et en bas, les supérieures
distinctes, les inférieures serrées).

1.          La Loutre ordi-
  naire.
    Pieds de derrière nus;
queue plus courte que la
[Seite 162]
   lat.
all.
angl.
L. vulgaris.
der Fischotter.
the Otter.
  moitié du corps.
    Schreber. pl. 126. A. B.

Dans les régions tempérées des pays septen-
trionaux. Les plus belles se trouvent dans le
Canada.

2.
lat.
all.
angl.
Le Castor marin.
L. marina.
die Seeotter.
the sea-Otter.
    Pieds de derrière poi-
lus; queue plus courte
que le quart du corps.
    Voyage de Cook dans
l'hémisphère septentrio-
nal. Vol. II, pl. 43.

Habite particulièrement dans les environs du
Kamtschatka et sur la côte nord-ouest de l'A-
mérique, jusqu'en descendant à Nutka-sund; on
le trouve aussi dans les eaux de l'île de Lorée,
et particulièrement dans la mer jaune. Sa peau
noire et d'un gris d'argent est la fourrure que
les chinois estiment le plus.

C. Palmipèdes édentés.
XLIV. Les Ornithorinques, (lat. Orni-
thorinchus
.)

(Mandibules alongées, en forme de bec
de Canard).

1.      L'Ornithorinque
  paradoxe.
Planche 12.
[Abb]
Ornithorhynchus paradoxus.xxx
[interleaf] [Seite 163]
   lat.
all.
O. paradoxus.*
das Schnabel-
  thier.

Cette créature très-extraordinaire se distingua
de tous les mammifères connus jusqu'à présent,
par la conformation singulière de son museau.
Cet organe, à l'extérieur, ressembla parfaitement
à un bec de canard, large et plat, est revêtu
également d'une peau, très-nerveuse, destinée à
tâter, et est dentelé en scie sur les côtés; der-
rière, on observe de chaque côté de chaque man-
dibule deux petites molaires plates qui ont aussi
une forme anomale; les pieds sont palmés, la
membrane des pieds de devant dépasse encore
les ongles, et l'animal peut la plier ou l'étendre
comme une espèce d'éventail. On n'a aperçu,
dans aucun ornithorinque, le moindre vestige de
mamelles. Cette bête étonnante vit dans un lac
de la cinquième partie du monde, non loin de
Botany-Bay.

XLV. Les Morses, (Trichechus).
[Seite 164]

(Pieds de derrière embarrassés dans l'ab-
domen, coadunés).

1.
lat.
all.
angl.
Le Morse.
T. rosmarus.
das Wallross.
the Walrus.
    Canines supérieures
sortantes.

Près des glaces flottantes du pôle septentrional,
souvent par centaines ensemble. Il se nourrit de
plantes marines et de testacées qu'il détache de
terre avec ses longues défenses. Les anciens peu-
ples du nord faisoient avec des courroies de
morse des câbles à ancre qui ne s'usoient pres-
que jamais.*

2.
lat.
all.
angl.
Le Lamantin.
T. manatus.
die Seekuh.
the Manatee.
    Canines incluses.

Se trouve dans les mers des pays chauds, ainsi
qu'à Oricono; il paroît avoir donné lieu aux
contes des sirènes et des néréïdes.

Les lapides manati ne sont pas de cet animal;
elles sont ordinairement une partie du canal au-
ditif et du tympan de la baleine.

ORDRE DIXIÈME.
Les Cétacées.(Cetacea.)

[Seite 165]

Mammifères que l'on classoit autrefois à tort
parmi les poissons.*

XLV. Les Narwhal. (Monodon.)

(Deux dents de la mâchoire supérieure
sortantes, très longues, droites, spirales.)

1.
lat.
all.
angl.
Le Narwhal.
M. narwhal.
das Seeeinhorn.
the Narwhal.
    Klein, hist. piscium
Miss. II. tab. 2. fig. C.
Miss. V. tab. 3, fig. a. b.

Se trouve le plus souvent dans le nord de
l'océan atlantique. Le jeune Narwhal a origi-
nairement deux dents (une dans chaque os de
la mâchoire supérieure); mais ces dents ne sont
pas de la même grandeur, et lorsque l'animal
a pris sa croissance, rarement on les trouve en-
core toutes deux, ordinairement il n'en a con-
servé qu'une; souvent cette dent est aussi longue
que le corps de l'animal, c'est-à-dire, a plus
de dix-huit pieds.

XLVI. Les Baleines. (Balœna).
[Seite 166]

(Dents nulles; lames de substance cornée
au lieu des supérieures.)

1.

lat.
all.
angl.
La Baleine fran-
  che.
B. mysticetus.
der Wallfisch.
the Blackwhale.
    Dos sans nageoire.
    Abbild. der Wallfische
bey Homans Erben in
Landcarten-Format. fig.
1. 2.

Est le plus grand de tous les animaux connus,*
elle pèse plus de cent mille livres; on la trouve
vers le pôle du nord, ainsi que dans les régions
méridionales, dans la mer atlantique et la mer
pacifique. Celles que l'on prend aujourd'hui ont
rarement plus de soixante à soixante-dix pieds;
leur tête monstrueuse forme presque un tiers de
tout leur corps; leur peau est ordinairement
noire ou marbrée de blanc, elle est garnie de
quelques poils rares et épars çà et là, souvent
aussi de coquillages. Cette bête monstrueuse four-
nit l'habillement et la nourriture aux insulaires
kamtschadales et aux américains nord-occiden-
taux; les européens, au contraire, prennent les
baleines pour leur huile, et sur-tout pour les
fanons qui tapissent leur mâchoire. Ces animaux
en ont sept cents à-peu-près dans la mâchoire
supérieure. Ce sont ces fanons qui nous donnent
[Seite 167] ce que, dans le commerce, on appelle de la ba-
leine
; les moindres de ces fanons ont vingt pieds
de long.

Une grande baleine peut valoir vingt-cinq
mille francs.

2.

lat.
all.
angl.
Le Boops, la Ju-
  barte.
B. boops.
der Jupiterfisch.
the Sharp nosed
  Whale.
    Poitrine sillonnée; na-
geoire dorsale obtuse.

Dans cette espèce et dans plusieurs autres de
ce genre, la peau du cou, de la poitrine et de
la partie antérieure du ventre est sillonnée en
long très-régulièrement.

J'ai eu l'occasion de voir sur le rivage une
de ces baleines à nageoires, qui avoit cinquante-
deux pieds de long et soixante-quatre sillons à
la poitrine, lesquels avoient plus d'un pouce de
largeur et de profondeur.

XLVII. Les Cachalots, (Physeter).

(Dents dans la mâchoire inférieure).

1.
lat.

all.
angl.
Le Cachalot.
P. macrocepha-
  lus.
der Caschelot.
the White Whale.
    Dos sans nageoires;
dents infléchies à bout
assez, aigu.
    Die Homannische Ab-
bild. fig. 4.

Habite communément dans les océans septen-
[Seite 168] trionaux, particulièrement sur les côtes du Brésil
et de la nouvelle Galle du sud. Le cachalot atteint
la grandeur de la baleine; il a une gueule énor-
me, et peut avaler des requins longs de six pieds;
sa mâchoire supérieure est très-large, l'inférieure
est très-étroite; il est recherché à cause du blanc
de baleine (sperma ceti). Cette substance res-
semble à une huile blanche comme du lait; elle
se trouve, soit dans le corps de l'animal, à côté
de l'huile, soit aussi, et cela en très-grande quan-
tité, dans des réservoirs particuliers que l'animal
a dans la tête, sur-tout en avant à la mâchoire
supérieure. Ce fluide, exposé à l'air, se fige et
devient un suif à moitié transparent. On trouve
quelquefois l'ambre gris odorant dans ses boyaux
et ses excrémens.

XLVIII. Les Dauphins, (Delphinus).

(Dents dans les deux mâchoires).

1.
lat.

all.
angl.
Le Marsouin.
D. phocæna (Tur-
  sio. Plin.)
das Meerschwein.
the Porpoise.
    Corps presque conifor-
me; dos large, garni
d'une nageoire; museau
presque obtus.
    Schreber. pl. 242.

Ainsi que l'espèce suivante, dans les mers d'Eu-
rope. A neuf pieds de long.

2.
lat.
Le Dauphin.
D. delphis.
    Corps oblong presque
térète; dos garni d'une
[Seite 169]
   all.
angl.
der Delphin.
the Porpesse.
nageoire; museau atté-
nue, pointu.
    Schreber. pl. 343.

Le Dauphin des anciens.

3.
lat.
all.
angl.
L'Orgue.
D. orca.
der Nordcaper.
the Grampus.
    Nageoire dorsale très-
haute, dents presque co-
niques, peu courbées en
dedans.
    Schreber. pl. 340.

Habite ordinairement dans l'océan du nord;
on en trouve pourtant aussi dans la Méditerranée.
Il a vingt pieds de long.


SECTION CINQUIÈME.
Des oiseaux.

[Seite 170]

§ 55.

Les mammifères offrent tant de différence dans
leur conformation, ainsi que dans leur manière
de vivre, qu'il est assez difficile d'en généraliser
la description, et que l'on se trouve obligé d'en-
trer dans beaucoup de détails sur l'histoire spé-
ciale de chacun d'eux. C'est tout autre avec les
oiseaux; ils se rapprochent beaucoup plus les
uns des autres, à l'égard de leur conformation
et de leur façon de vivre; ainsi l'on peut abréger
beaucoup l'histoire particulière de leurs genres
et de leurs espèces.

§ 56.

Tous les oiseaux ont de commun entre eux
deux pieds, deux ailes, un bec d'une substance
cornée, et un corps couvert de plumes.
Tels
sont les quatre caractères qui les distinguent de
la manière la plus marquée des autres animaux.
Ils en font une classe de créatures pour ainsi dire
[Seite 171] isolée, et qu'il est difficile de faire entrer, du
moins sans contrainte, dans la prétendue chaîne
des corps naturels.

§ 57.

Parmi ces quatre caractères, il en est un propre
exclusivement aux oiseaux: c'est leur plumage.
On distingue dans ce plumage les pennes et les
plumes; les premières sont implantées en quin-
conce dans la peau de l'oiseau, et enveloppées
de graisse à leur tige; les secondes sont des filets
rameux à rayons lâches et épars. Il y a toujours
deux plumes entre chaque penne. Les pennes des
ailes s'appellent remiges ou rames; celles de la
queue se nomment rectrices. Lorsque les ailes
sont déployées, les remiges forment pour ainsi
dire de larges éventails, par le moyen desquels les
oiseaux s'élèvent et se soutiennent en l'air: il y
a quelques espèces d'oiseaux qui n'ont point de
remiges, et sont par conséquent inhabiles au vol.
Tels sont les pingouins, les manchots, etc.; il
en est quelques autres, comme les casoars, les
plongeons, auxquels manquent les rectrices.

§ 58.

Les oiseaux perdent leurs plumes dans certaines
saisons, ordinairement en automne, et de nou-
velles reviennent à la place. Il est même quelques
[Seite 172] oiseaux, tels que les gelinottes blanches, qui
muent deux fois par an, au printemps et en
automne.

Parmi plusieurs espèces, la différence de l'âge,
et dans quelques autres la différence des sexes,
en fait naître aussi une très-grande dans la cou-
leur du plumage.

§ 59.

Quant à l'organisation intérieure des oiseaux,
elle a quelque chose de particulier. On observe
dans leur intérieur des réservoirs d'air qui y
sont dispersés çà et là, et que l'oiseau peut rem-
plir d'air et vider à volonté. Ces réservoirs sont
pour la plupart en communication avec les pou-
mons; quelquefois cependant ils ne communi-
quent qu'avec la gorge. On compte parmi eux
ces cellules très-grandes, mais très-fines, qui sont
répandues, soit dans le bas-ventre des oiseaux,
soit sous leurs aisselles, soit autre part sous la
peau, et qui peuvent se remplir d'air par la
respiration. Les oiseaux ont de plus certains os
creux et sans moelle, comme les os des épaules
dans l'aile, etc. qui servent au même but. Chez
quelques-uns, le crâne, chez d'autres, comme
les toucans, les colaos, les becs monstrueux
tiennent aussi à cette sorte de conformation; enfin
les tiges mêmes des plumes communiquent avec
[Seite 173] ce tissu cellulaire dont j'ai parlé, et peuvent éga-
lement se remplir d'air et se vider. On sent com-
bien une pareille organisation doit faciliter leur
vol.

§ 60.

C'est par le moyen de cette organisation re-
marquable, que les oiseaux sont en état de voler,
et la rapidité de ce vol est aussi étonnante que
sa durée. Il y a fort peu d'oiseaux qui ne puissent
pas voler du tout. L'autruche, le casoar, les
manchots, et quelques autres oiseaux impennes,
sont les seuls qui fassent exception.

§ 61.

Le séjour des oiseaux est presque aussi varié
que celui des mammifères; les uns, et c'est le
plus grand nombre, vivent sur les arbres; quel-
ques autres dans l'eau, un petit nombre sur terre;
mais il n'y a pas un seul oiseau qui, comme la
taupe, dans la classe précédente, et d'autres ani-
maux, dans les deux dernières classes, demeure
sous la terre. Les pieds des oiseaux, ainsi que
ceux des mammifères, sont conformés pour le
séjour que la nature leur a assigné. La plupart
ont les doigts libres et séparés. Tels sont les oiseaux
fissipèdes. Ordinairement ces oiseaux ont quatre
doigts, dont trois sont en avant, et le quatrième
[Seite 174] semblable à un pouce, est dirigé en arrière. On
nomme cette espèce de pieds, pieds promeneurs;
quelquefois de ces quatre doigts, deux sont en
avant et deux tournés en arrière: ce sont les
pieds grimpeurs. Parfois aussi l'oiseau a un doigt
versatile,
c'est-à-dire, il peut joindre à volonté
un de ses doigts, tantôt à ceux de devant, tantôt
au pouce de derrière; d'autres oiseaux ont le
doigt du milieu réuni avec un des deux doigts
latéraux (pieds marcheurs), ou bien le doigt
de derrière manque tout-à-fait (pieds coureurs).
Chez les oiseaux non fissipèdes, c'est-à-dire, dont
les doigts ne sont pas distincts, ou les doigts sont
demi-palmés, c'est-à-dire, ils sont réunis par
une membrane à la racine; ou ils sont palmés,
savoir, la membrane unit les doigts jusqu'au
bout. Il y a d'autres oiseaux dont chaque doigt
est bordé d'une peau étroite et lâche, qui a, ou
un bord uni (pieds lobés), ou un bord dentelé
(pieds pinnés).

§ 62.

Beaucoup d'oiseaux changent de séjour dans
certaines saisons; la plupart cependant ne s'éloi-
gnent que de quelques lieues: ils se rendent dans
les pays voisins, et reviennent bientôt dans leur
ancienne patrie; mais les hirondelles, les grues,
les cigognes font de plus grands voyages; elles
[Seite 175] traversent les mers, se rendent dans les pays de
la zone torride, y passent l'hiver et n'en re-
viennent que le printemps suivant.

§ 63.

Aucun oiseau n'a de dents; il faut que ces
animaux brisent leurs alimens avec leur bec, ou
qu'ils les avalent comme ils sont. Chez les ani-
maux granivores, qui avalent leurs graines sans
être brisées, ces graines ne passent pas tout de
suite dans l'estomac, elles restent auparavant
dans un jabot glanduleux, où elles sont humec-
tées et amollies, et d'où elles descendent ensuite
peu à peu dans l'estomac. Ce dernier organe
est dans ces animaux extrêmement musculeux et
si fort, que d'après les expériences remarquables
de Réaumur, il est en état de broyer des noi-
settes et des noyaux d'olives, et de corroder l'em-
preinte d'une pièce de monnoie, qui devient unie
comme du papier. Beaucoup d'oiseaux avalent
outre cela de petits cailloux qui facilitent égale-
ment la trituration, et ensuite la digestion des
alimens. Les physiologues expliquent différem-
ment la raison pour laquelle ces oiseaux avalent
de petites pierres, et ils ne sont pas d'accord sur
le but et l'utilité d'un pareil procédé. Quelques-
uns même ont cru que ces oiseaux le faisoient
par stupidité. Pour moi, d'après mes observa-
[Seite 176] tions, j'ai tout lieu de croire que c'est un moyen
indispensable pour tuer les graines qu'ils ont
avalées, et leur ôter leur force vitale qui, sans
cela, nuirait à la force digestive.

Plusieurs oiseaux carnivores, tels que les fau-
cons, les hiboux, les martins-pêcheurs ne peu-
vent pas digérer les os, les poils et les arêtes
des petits animaux qu'ils ont mangés; mais après
leur repas ils les vomissent roulés, en forme de
boule.

Remarque. Ces pelotes d'un gris blanc, gé-
latineuses, roulées ordinairement en forme de
boyau, que l'on trouve fréquemment dans les
prairies, ont la même origine. Ce sont des in-
testins de grenouilles à moitié digérés, qu'ont
vomis des corneilles, des oiseaux aquatiques ou
des oiseaux de rivage. Voyez M. Persoon, dans
le nouveau magasin de Voigts, I.er vol., n.° 2,
page 56.

§ 64.

Si l'on compare les organes des sens des
oiseaux à ceux des mammifères, on remarque
entre autres différences particulières, que les
premiers n'ont point d'oreilles externes cartila-
gineuses et disposées pour recevoir le son; mais
cette absence est réparée particulièrement chez
[Seite 177] les oiseaux de proie nocturnes, par la disposi-
tion circulaire et extrêmement régulière, ainsi
que par la direction déterminée des petites plumes
dans la région de l'oreille, et quelques-unes de
ces espèces ont même outre cela une soupape
mobile à l'extrémité extérieure du conduit au-
ditif.

Remarque. Il y a fort peu d'oiseaux qui aient
le véritable sens du toucher. Les canards et les
autres espèces analogues paraissent les seuls qui
le possèdent dans le sens le plus strict. L'organe
de ce sens est chez eux la peau molle dont leur;
bec est couvert, et qui étant pourvue de nerfs
extrêmement forts, est très-irritable dans l'animal
en vie. Aussi l'on peut voir comment les canards
sondent réellement avec leur bec dans les mares
où la vue ni l'odorat ne peuvent leur indiquer
leur nourriture.

§ 65.

La voix des oiseaux, sur-tout parmi ceux con-
nus sous le nom d'oiseaux chanteurs, est variée
et agréable. On ne peut pas dire cependant qu'ils
chantent; car le chant naturel est un privilége
exclusif de l'homme, mais ils sifflent. Outre ces
réservoirs d'air dont j'ai parlé (§ 59), ce qui
contribue aux modifications de leur voix, c'est
la disposition de leur larynx. Il ne se trouve pas,
[Seite 178] comme chez les mammifères et les amphibies, à
l'extrémité supérieure de la trachée, c'est-à-dire,
à la racine de la langue; mais il est comme par-
tagé en deux moitiés distinctes à chaque extré-
mité de cette trachée. On a appris à des perro-
quets, des corbeaux, des sansonnets, des bou-
vreuils à imiter la voix de l'homme et à pro-
noncer des mots; les oiseaux chanteurs qui sont
en cage imitent aisément le chant des autres
oiseaux, apprennent à siffler des airs et même
à chanter en partie, et on assure qu'on a réussi
avec plusieurs bouvreuils à donner de petits con-
certs. Du reste, il paraît qu'en général le chant
naturel des oiseaux en liberté, doit être égale-
ment formé par l'usage et l'imitation.

§ 66.

La plupart des oiseaux s'accouplent dans le
printemps; quelques-uns cependant, tels que le
bec croisé, ne se marient qu'après noël, dans la
saison la plus froide.

Les oiseaux de basse-cour n'ont point de temps
fixé pour leurs amours; toutes les saisons pa-
roissent leur convenir; quelques espèces ne res-
tent ensemble que pendant le temps des noces;
d'autres, comme les pigeons, se marient réelle-
ment et ne se quittent pas; d'autres encore, comme
les coqs, vivent dans la polygamie.

§ 67.

[Seite 179]

Lorsque la femelle est fécondée, son instinct
la pousse à penser à l'avenir, et à se construire
un nid.
Le coucou est peut-être le seul des oiseaux
qui se dispense de cette peine. Parmi les poly-
games, tels que les espèces de coqs, le mâle ne
se donne pas la moindre peine pour ce travail;
mais chez les monogames, sur-tout dans la classe
des oiseaux chanteurs, le mâle apporte aussi des
matériaux pour construire le nid, et il prend soin
de la femelle pendant qu'elle travaille.

§ 68.

Chaque espèce choisit, pour construire son
nid, le lieu qui répond le plus parfaitement à ses
besoins et à sa manière de vivre. Elle choisit avec
autant de soin les matériaux dont elle a besoin.

§ 69.

Les nids sont construits plus ou moins artis-
tement. Quelques oiseaux, comme les bécasses,
les outardes, les vanneaux, etc. se font à plate-
terre un petit nid sec composé de broussailles, de
chaumes, etc.; d'autres, comme les pics, les
geais, les choucas, les moineaux se font un lit
plus doux, mais sans art, dans les trous des
murailles, les fentes des rochers ou le creux des
[Seite 180] arbres. Un très-grand nombre, sur-tout parmi
les coqs, les pigeons et les oiseaux chanteurs,
donnent à leur nid la forme d'un hémisphère ou
bien d'un plat; d'autres, comme le roitelet, celle
d'un four, et d'autres encore, comme le jupu-
jupa (oriolus persicus L.), la mésange de Po-
logne, etc., lui donnent celle d'une bourse.*

§ 70.

Lorsqu'enfin le nid est construit, la mère y
dépose ses œufs, dont le nombre varie d'après la
différence des espèces. Beaucoup d'oiseaux aqua-
tiques, par exemple, ne pondent qu'un seul œuf
à la fois. Les harles, et la plupart des pigeons,
en pondent deux; les mouettes trois; les cor-
beaux quatre; les pinçons cinq; les hirondelles,
de six à huit; les perdrix et les cailles quatorze,
la poule domestique, particulièrement lorsqu'on
lui ôte ses œufs l'un après l'autre, jusqu'à cin-
quante et plus. Dans ce cas, la ponte des œufs
paroît une action spontanée, et se distingue en
cela d'une manière frappante de l'enfantement
absolument involontaire des mammifères.

Il y a aussi quelques oiseaux qui n'ont pas
[Seite 181] besoin d'une fécondation précédente pour pondre
des œufs, mais ces œufs sont stériles.

§ 71.

Chez les mammifères, le petit animal se forme
dans le ventre de la mère, et vient au monde
tout formé; mais chez les oiseaux, pour qu'il
vienne à éclore, il faut que l'œuf que la mère
a déposé soit couvé. Le coucou est le seul qui ne
couve jamais ses œufs, il en abandonne le soin
aux fauvettes et aux lavandières, dans les nids
desquels il les dépose. Du reste, des chapons, des
chiens, et même des hommes, ont fait éclore des
œufs d'oiseaux en les couvant*. On peut aussi
aisément faire naître des poulets au moyen d'une
chaleur artificielle, soit dans du fumier échauf-
**, soit dans les fours disposés exprès, soit
[Seite 182] encore dans la machine à couver, au moyen
d'une lampe*.

Les oiseaux se fatiguent par une trop longue
incubation. Parmi les monogames, tels que les
pigeons et les hirondelles, le mâle incube ainsi
que la femelle. Parmi les serins, les linots, les
chardonnerets, les mâles ne s'en mêlent pas, et
laissent leurs femelles couver; mais pendant le
temps de l'incubation, ils pourvoient à la subsis-
tance, de leurs femmes, parfois même, ils leur
ingurgitent ce qu'ils ont dans leur jabot.

§ 72.

C'est pendant que l'oiseau couve, que s'opère
dans l'œuf même ce grand changement par le-
quel le poulet s'y forme successivement, et croît
de jour en jour. Pour cet effet, non-seulement le
jaune de l'œuf est spécifiquement plus léger que
le blanc, mais même cet endroit, sur sa surface,
qu'on nomme la cicatricule, et près de laquelle
le poulet se trouve, est encore plus léger que le
côté opposé, de sorte que, quelle que soit la
position de l'œuf, cette cicatricule se trouve tou-
jours tournée du côté du ventre de l'animal in-
[Seite 183] cubant. On n'aperçoit la première trace du poulet
naissant, que quelque temps après le commen-
cement de l'incubation: parmi les poules, par
exemple, on l'aperçoit à peine avant la fin du
premier jour. A la fin du second, commence le
premier mouvement du cœur encore très-im-
parfait de l'animal (le point saillant); à la fin
du cinquième jour on voit déjà se remuer la
petite créature: elle est encore gélatineuse. Le
quatorze, les plumes lui viennent. Au commen-
cement du quinzième, le poulet cherche à res-
pirer. Le dix-neuvième jour il est en état de
pioler, et on peut l'entendre.

Remarque. La première forme sous laquelle
l'oiseau se montre d'abord dans l'œuf, diffère
beaucoup plus de celle qu'il a lorsqu'il est près
d'éclore, que la configuration première du mam-
mifère nouvellement conçu, de celle qu'il aura
dans la suite. On peut dire que le poulet dans
l'œuf, ne prend sa forme parfaite que par une
sorte de métamorphose, et cela aussi bien re-
lativement à quelques viscères (le cœur, par
exemple), que par rapport à la conformation
totale.

§ 73.

Parmi les différens organes qui servent à l'é-
conomie remarquable du poulet couvé, les deux
[Seite 184] plus intéressans sont deux membranes ramifiées
par un grand nombre de vaisseaux, et qui se
montrent dans toute leur beauté vers le milieu
de l'incubation; savoir, le chorion, qui est étendu
sous la coquille de l'œuf, et la membrane val-
vuleuse du jaune
qui tient au canal intestinal
de la petite créature. Celle-là lui sert, au lieu de
poumons, pour ce procédé phlogistique dont j'ai
parlé (§ 24), et celle-ci pour nourrir le fœtus,
au moyen du jaune qui est éclairci peu-à-peu
par le blanc qui s'y mêle.

§ 74.

Le temps que doit durer l'incubation, est fixé
en général pour chaque espèce d'oiseaux; ce-
pendant le plus ou moins de chaleur de l'air,
et la différence du climat, influent sur sa durée.
Dans l'espèce des poules, le poulet éclôt ordinai-
rement à la fin du vingt-unième jour.

§ 75.

La mère, et même parmi les monogames, le
père nourrissent pendant quelque temps leurs
petits avec beaucoup de soin, jusqu'à ce qu'ils
soient en état de se nourrir eux-mêmes. Les es-
pèces granivores portent l'attention plus loin, ils
remplissent leur jabot de graines, et reviennent
ensuite les ingurgiter à leurs élèves.

§ 76.

[Seite 185]

Les oiseaux, proportionnellement à leur gran-
deur, et comparés aux mammifères, parvien-
nent à un âge très-avancé; on a des exemples
que des aigles et des perroquets ont vécu plus
de cent ans, et des chardonnerets plus de vingt-
quatre, même en captivité.

§ 77.

Les oiseaux sont extrêmement importans pour
l'économie de la nature, quoique leur utilité im-
médiate pour l'homme soit sans comparaison
bien moindre que celle des mammifères; ils dé-
truisent un grand nombre d'insectes, et quelques
pays se sont fort mal trouvés d'avoir détruit
presque tout-à-fait certaines espèces d'oiseaux
regardés comme nuisibles, tels que les moineaux,
les corneilles, etc.; les insectes se sont multipliés
de manière à faire encore bien plus de tort que
les oiseaux. Il est des oiseaux qui mangent de
plus grands animaux, des campagnols, des ser-
pens, des grenouilles, des lézards, ou qui con-
sument les charognes; un grand nombre se nour-
rit de mauvaises herbes; de plus les oiseaux
favorisent la multiplication et la propagation des
animaux, aussi bien que celle des plantes; on
sait, par exemple, que les oies sauvages, lors-
[Seite 186] qu'elles émigrent, transportent dans des étangs
éloignés des œufs de poissons fécondés, et les
empoissonnent par-là quelques fois; beaucoup
d'oiseaux avalent des graines qu'ils vomissent
ensuite comme ils les ont avalées, et qui croissent
par-là dans d'autres endroits: à Banda, par
exemple, les pigeons ont propagé ainsi les mus-
cades; la fiente des oiseaux de mer engraisse des
rochers chauves et arides, sur lesquels il vient
parfois des plantes utiles; on instruit quelques
espèces de faucons à chasser, comme on dresse
]es cormorans à pêcher; on mange beaucoup
d'oiseaux, on se nourrit de leurs œufs, de leur
graisse, et les peuples les plus septentrionaux
s'habillent avec les peaux des oiseaux de mer;
les plumes servent pour nos lits, pour écrire et
pour toute sorte de parure; aussi sont-elles sous
ce dernier rapport un objet de commerce im-
portant chez plusieurs peuples sauvages, et sur-
tout parmi les insulaires de l'océan pacifique.

§ 78.

D'an autre côté, les oiseaux font du tort en
ce qu'ils détruisent presque tout-à-fait des ani-
maux et des plantes utiles; le condor, le vautour
des agneaux, et d'autres oiseaux de proie tuent
des veaux, des chèvres et des brebis; l'orfraie
et d'autres oiseaux aquatiques sont aussi dange-
[Seite 187] reux pour les poissons et leur frai, que les au-
tours, les éperviers, les pies le sont pour la vo-
laille; les moineaux et d'autres petits oiseaux font
tort aux semailles, aux vignes et aux arbres frui-
tiers; enfin les oiseaux ne se bornent pas seule-
ment à propager des plantes utiles, ils servent
aussi à en multiplier de mauvaises et de para-
sites.

Il n'y a pas plus d'animaux venimeux dans
celte classe que dans la première.

§ 79.

Comme au total la conformation des oiseaux
est assez uniforme, et que certaines parties de
leur corps, telles que le bec et les pieds, qui se
rapportent à leur manière de vivre, de se nour-
rir, etc. déterminent déjà une grande partie de
leur habitude totale, la plupart des ornithologes
ont fondé en conséquence leur classification sur
les différences de l'une ou de l'autre de ces par-
ties; Klein, par exemple, sur la conformation
des doigts; Mœhring, sur les tégumens des jam-
bes; Brisson, sur ces deux caractères joints à
la configuration du bec. Linnée, dans le plan
de son système, a égard également à la confor-
mation de plusieurs parties, et en général à l'ha-
bitude totale des oiseaux, mais il paroît quel-
quefois s'être trompé dans ses observations; du
[Seite 188] moins je ne puis concevoir pourquoi il a mis
dans un même ordre les perroquets, les colibris
et les corneilles, tandis que les pigeons et les
coqs sont séparés dans deux ordres différens.
L'on trouve plusieurs rapprochemens et plusieurs
séparations de la même sorte.

§ 80.

Je me suis donc permis quelques changemens
dans le système de Linnée, et j'ai divisé toute
cette classe dans les neuf ordres suivans.

A Oiseaux terrestres.

Ordre.
1.er
lat.
Accipitres.
Accipitres.
    Oiseaux de proie; le bec
fort et crochu, ordinai-
rement les pieds courts,
forts, noueux, et des grif-
fes grandes, tranchantes
et courbées.
2.e

lat.
Levirostres,
Criards. Léveillé.
Levirostres.
    Les pieds courts, et
pour l'ordinaire le bec
très-grand, très-gros,
mais le plus souvent
creux, et par-là très-lé-
ger (le perroquet, le
toucan).
3.e
lat.
Pics.
Pici.
    Les pieds courts, le
bec médiocrement long
et étroit, et la langue
parfois vermiforme, par-
fois filiforme (le torcol,
le pic, le grimpereau, le
colibri).
[Seite 189]
4.e

lat.
Coraces, Cor-
  beaux. Léveillé.
Coraces.
    Les pieds courts, le
bec médiocrement long,
assez fort et convexe (le
corbeau, la corneille).
5.e
lat.
Passereaux.
Passeres.
    Oiseaux chanteurs,
conjointement avec les
hirondelles. Les pieds
courts, le bec plus ou
moins conique, terminé
en pointe, variant pour
la longueur et la gros-
seur.
6.e
lat.
Gallinaces.
Gallina.
    Les pieds courts, le
bec un peu convexe, por-
tant à la racine une mem-
brane charnue. (J'ai mis
aussi les pigeons dans cet
ordre, parce qu'ils ont
plus d'analogie avec les
coqs qu'avec les oiseaux
chanteurs, dans l'ordre
desquels Linnée les avoit
mis).
7.e
lat.
Struthions.
Struthiones.
    Grands oiseaux terres-
tres qui ne peuvent voler
(le casoar, l'autruche et
le dronte.)

B Oiseaux aquatiques.

8.e

lat.
Gralles, Oiseaux
  de rivage. Cuv.
Grallæ.
    Oiseaux de marais. Les
pieds longs, le bec long,
cylindrique, et ordinai-
rement un long cou.
9.e Anseres, Oiseaux
  nageurs. Cuv.
    Les pieds en forme de
rame, un bec mousse, re-
[Seite 190]
     lat. Anseres. couvert de peau, dentelé
ordinairement au bord,
et finissant par un petit
crochet au bout de la man-
dibule supérieure.

LIVRES

Pour servir à l'histoire naturelle des oiseaux.

  1. Conr. Gessneri Historiæ animalium, L. III, qui
    est de avium natura. Tiguri, 1555, in-fol.
  2. Ulyss. Aldrovandi Ornithologia. Bonon. 1599,
    seq. vol. 3 in-fol.
  3. F. Willughby Ornithologiæ liber tertius ex ed.
    Raji. Lond. 1676, in-fol.
  4. Jo. Raji Synopsis methodica avium, ib. 1713,
    in-8°.
  5. J. Edwards Natural History of birds. Lond. 1743,
    sq. vol. 4 in-4°.
  6. Ej. gleanings of Natural History, ib. 1758, sq.
    vol 3 in-4°.
  7. Brisson, Ornithologie. Paris, 1760, vol. 6 in-4°.
    Buffon.
  8. D'Aubeton, Planches des Oiseaux, Paris, 1775,
    sq. in-fol.
  9. Th. Pennants Genera of birds. Lond. 1781, in-4°.
  10. Ej. Arctic zoology. 2 Band ib. 1784, in-4°.
  11. (Jo. Latham's) general synopsis of birds. ib.
    1781, vol. 6 in-4°. und das Supplement dazu
    ib. 1787.
  12. J. M. Bechsteins gemeinnützige Naturgeschichte
    Deutschlands, 2-4 Band. Leipzig, 1791, in-8°.
  13. Jo. Leonard Frisch Vorstellung der Vœgel in
    Deutschland. Berlin, 1733, bis 1763, in-fol.
  14. Corn. Nozemann nederlandsche Vogelen door
    Chr. Sepp en Zoon. Amst. 1770, sq. in-fol.
  15. Marc. Catesby natural History of Carolina. Lond.
    1731, vol. 2 in-fol.
  16. And. Sparrmann Musæum Carlsonianum. Holm,
    1786, fasc. 2 in-fol.

[Seite 192]

Je vais donc parler d'abord des oiseaux ter-
restres.


ORDRE PREMIER.
Les Accipitres.

Ont presque tous les pieds courts, forts, des
griffes longues et tranchantes, un bec fort et
crochu, dont pour l'ordinaire le côté de la man-
dibule supérieure se termine en deux pointes
mousses et tranchantes, et qui le plus souvent
est couvert à la racine d'une membrane charnue
nommée cire. Ces oiseaux se nourrissent, soit
de charognes, soit d'animaux vivans qu'ils en-
lèvent; ils sont monogames, nichent dans les
endroits élevés; leur chair a un goût sauvage
et désagréable.

I.er Genre. Les Vautours (lat. Vultur, all.
Geyer, angl. Vulture).

(Bec droit, crochu au bout, tête et cou
dénués de plumes (dans la plupart), langue
bifide).

1.
lat.
all.
angl.
Le Condor.
V. gryphus.
der Condor.
the Cuntur.
    Caroncule de la lon-
gueur de la tête sur le
vertex.

Habite principalement dans la partie occiden-
[Seite 193] tale de l'Amérique méridionale. Il a près de
quinze pieds d'envergure, et les tuyaux de ses
remiges sont gros comme le doigt. Sa couleur est
noire et blanche. Il niche particulièrement sur
les rives couvertes de rochers, vole extrêmement
haut, et vit ordinairement des bestiaux qu'il en-
lève, et des poissons morts que la mer rejette.

2.

lat.
all.
angl.
Le Roi des vau-
  tours.
V. papa.
der Geyerkœnig.
the Ring of the
  Vultures.
    Narines caronculées;
vertex et cou dénudés.
    Buffon, oiseaux, vol.
1, pl. 6.

Dans l'Inde et l'Amérique septentrionale. Il
est gros comme un dindon; sa couleur, sur-tout
à la tête, est jaune, rouge et noire, et il a un
long morceau de chair sur les narines. Il peut
retirer son cou dénué de plumes jusques dans
l'espèce de collier que forment les plumes épais-
ses qui couvrent ses épaules.

3.

lat.
all.
angl.
Le Vautour des
  agneaux.
V. barbatus.
d. Læmmergeyer.
t. barbary Vultur.
    Dos du bec gibbeux
vers l'extrémité, menton,
barbu.
    Andreæ Briefe aus der
Schweitz, pl. 12.

Dans les alpes du Tirol et de la Suisse; éga-
lement en Sibérie et en Abyssinie. C'est le plus
grand oiseau d'Europe; il a dix pieds d'en-
[Seite 194] vergure. Il se distingue particulièrement des au-
tres vautours, par les soies roides qui lui for-
ment une barbe, par sa tête revêtue de plumes,
et sur-tout par le dos de sa mandibule supé-
rieure, qui est renflé au bout.

Plusieurs de nos nouveaux naturalistes,
Buffon, par exemple, Fortis, ainsi que Bomare,
Molina
, le confondent avec le condor, mais il
en est très-différent.

4.


lat.
all.
angl.
Le petit Vautour,
  le Vautour des
  alpes, Briss.
V. perenopterus.
der Aasgeyer.
t. aquiline Vultur.
    Remiges noires, bor-
dées extérieurement de
gris-blanc, à l'exception
des plus extérieures.

Est très-commun en Palestine, en Arabie et
en Egypte. Il dévore un grand nombre de cam-
pagnols, d'amphibies, etc. Les anciens égyptiens
regardoient cet oiseau comme sacré, ce qu'ils
faisoient en général à l'égard des animaux qui
leur étoient d'une utilité particulière; et ils l'ont
représenté souvent dans les hiéroglyphes qui cou-
vroient leurs obélisques, et les bandelettes de
leurs momies.

II. Les Faucons (Falco).

(Bec crochu, ciré à sa base, tête cou-
verte de plumes, langue bifide).

[interleaf] [Abb]
Falco serpentarius.xxx
[Seite 195]
1.
lat.
all.
angl.
Le Secrétaire
F. serpentarius.
der Secretær.
the Secretary.
    Cire blanche, jambes
très-longues, aigrette cer-
vicale pendante, rectrices
intermédiaires alongées.
    Jo. Fr. Miller, fasc. V,
pl. 28.

Depuis le Cap en avançant dans les terres;
également aux Philippines. Il a les jambes lon-
gues comme un oiseau de rivage, c'est pour cela
que quelques auteurs l'ont mis dans l'ordre des
gralles; mais j'ai sous les yeux un de ces oiseaux
appartenant au muséum, parfaitement empaillé;
à Londres j'en ai vu un en vie, et soit d'après
sa construction, soit d'après sa manière de vivre,
je crois que je lui assigne dans le système la place
qui lui convient.

2.
lat.
all.

angl.
L'Aigle commun.
F. melanaëtus.
d. schwarzbraune
  Adler.
the black Eagle.
    Cire jaune, pieds demi-
laineux, corps ferrugi-
neux-noirâtre, stries fla-
ves.
    Frisch, pl. 69.

En Europe. Est beaucoup plus petit que l'es-
pèce suivante.

3.
lat.
all.
angl.
Le grand Aigle.
F. chrysaëtos.
der Goldadler.
the golden Eagle.
    Cire jaune, pieds lai-
neux, d'un jaune-ferru-
gineux, corps brun-fer-
rugineux varié, queue
noire ondulée de cendré
à sa base.
    Buffon, vol. 1, pl. 1.
[Seite 196]

Dans les montagnes de l'Europe. Niche sur
les rochers, élève et nourrit ses petits de lièvres,
de chamois, etc.

4.
lat.
all.
angl.
L'Orfraie.
F. ossifragus.
der Fischadler.
the sea Eagle.
    Cire jaune, pieds demi-
laineux, corps ferrugi-
neux, rectrices blanches
sur le côté intérieur.
    Buffon, vol. 1, pl. 3.

Sur les côtes d'Europe, ainsi que dans l'Amé-
rique septentrionale et dans la mer du Sud. Il
est gros comme le grand aigle; il ne vit presque
que de poissons.

5.
lat.
all.
angl.
Le Balbuzard.
F. haliaëtus.
der Entenstosser.
the Osprey.
    Cire et pieds bleus,
corps brun en dessus,
blanc en dessous, tête
blanchâtre.
    Buffon, vol. 1, pl. 2.

Plus sur les rives des fleuves que sur les bords
de la mer. On l'a souvent confondu avec l'orfraie.

6.
lat.
all.
angl.
Le Milan.
F. milvus.
die Weihe.
the Kite.
    Cire flave, queue en
pince, corps ferrugineux,
tête plus blanchâtre.
    Frisch, pl. 72.

Habite presque dans tout l'ancien monde. Il
fait du tort à la volaille, mais d'un autre côté
il est utile, en ce qu'il dévore une quantité de
charognes et d'amphibies; aussi y a-t-il des pays
où, comme en Egypte le petit vautour, on le
laisse multiplier, et il est défendu de le tirer.

[Seite 197]
7.
lat.
all.
angl.
Le Faucon.
F. gentilis.
der Edelfalke.
the Falcon.
    Cire et pieds flaves,
corps cendré tacheté de
brun, queue marquée de
quatre bandes noirâtres.
    Frisch, pl. 74.

Dans les pays montagneux du nord. Il y a
une infinité de variétés; plusieurs naturalistes en
ont pris quelques-unes pour des espèces particu-
lières. On dresse le faucon, ainsi que les espèces
suivantes et d'autres espèces analogues de ce
genre, à chasser de petits mammifères et des oi-
seaux; dans l'Orient, par exemple, on l'emploie
pour la chasse de la gazelle, et en Europe pour
celle du héron.

8.
lat.
all.
angl.
L'Autour.
F. palumbarius.
der Habicht.
the Goosehawk.
    Cire noire, dont le bord
est flave ainsi que les
pieds, corps brun, rec-
trices marquées de ban-
des pâles, sourcils blancs.
    Frisch, pl. 82.

Est du même pays que l'espèce précédente.

9.
lat.
all.
angl.
L'Epervier.
F. nisus.
der Sperber.
the Sparrowhawk.
    Cire verte, pieds fla-
ves, abdomen blanc on-
dulé de gris, queue mar-
quée de bandes noirâtres.
    Frisch, tab. 90, 91, 92.

D'Europe.

III. Les Chouettes (lat. Strix, all. Eule).

(Bec court, crochu, sans cire, narines,
[Seite 198] barbues, tête grande, langue bifide, pieds à
doigts versatiles, quelques remiges dentelées
en scie).

1.
lat.
all.
angl.
Le Grandduc.
S. bubo.
der Uhu.
the Eagle-Owl.
    Oreilles pennées; iris
couleur de Safran; corps
roux.
    Frisch, tab. 93.

Est le plus grand oiseau de ce genre. Il se trouve,
ainsi que l'espèce précédente, dans l'Europe tem-
pérée et dans l'Asie occidentale.

2.
lat.
all.
angl.
La Chouette.
S. ulula.
die Steineule.
the brown Owl.
    Tête lisse; iris couleur
de safran; corps ferrugi-
neux, troisième remige
plus longue.
    Frisch, tab. 98.
3.
lat.
all.
angl.
La Chevèche.
S. passerina.
das Kaützlein.
the little Owl.
    Tête lisse, remiges mar-
quées de cinq rangées de
taches blanches.
    Frisch, tab. 100.

En Europe et dans l'Amérique septentrionale.

IV. Les Pies-grièches (Lanius).

(Bec presque droit, denticulé de tous cô-
tés vers le sommet, nu à la base, langue
déchirée.

1.

lat.
all.
angl.
La Pie-grièche
  grise.
L. excubitor.
der Würger.
the great Shrike.
    Queue cunéiforme,
blanche sur les côtés; dos
gris-blanc, ailes noires
avec une tache blanche.
    Frisch, tab. 59.
[Seite 199]

En Europe et dans le nord de l'Amérique. Elle
imite parfaitement, ainsi que l'espèce suivante,
la voix des autres animaux.

2.
lat.
all.
angl.
L'Ecorcheur.
L. collurio.
der Neuntœdter.
the red-backed
  Shricke.
    Queue presque cunéi-
forme, dos gris; qurtre
rectrices intermédiaires
d'une même couleur; bec
plombé.
    Frisch, tab. 60.

En Europe. Se nourrit principalement d'insec-
tes, sur-tout de scarabées et de mouches à viande.
Lorsqu'il en a une provision, il les fiche dans les
épines et les buissons, pour les retrouver.


ORDRE DEUXIÈME.
Levirostres.

[Seite 200]

Ces oiseaux n'habitent presque que les pays
les plus chauds, et sont reconnoissables à leur bec
ordinairement très-grand, très-gros, mais très-
léger proportionnellement. J'ai parlé de ces sor-
tes de becs (§ 59), à l'occasion des réservoirs
d'air qui distinguent les oiseaux..

V. Les Perroquets (Psittacus).

(Mandibule supérieure crochue, cirée,
langue charnue, entière; pieds grimpeurs).

Il est singulier que la nature ait assigné à quel-
ques espèces particulières de ce genre, un séjour
tellement borné, que dans les Philippines, par
exemple, on trouve dans une île quelques espèces
qui ne se trouvent pas dans l'île voisine. En gé-
néral les perroquets ont des manières qui les distin-
guent; ils se servent, par exemple, de leurs pieds
comme d'une main, avec laquelle ils portent leurs
alimens à leur bouche, et ils se grattent derrière
les oreilles. Lorsqu'ils marchent par terre,
ils ne s'appuient pas seulement sur leurs ergots,
comme les autres oiseaux, mais tout leur talon
pose à terre. Leur mandibule supérieure en forme
[Seite 201] de crochet, est articulée et très-mobile; elle leur
sert souvent comme d'un troisième pied pour grim-
per et pour se tenir. Le mâle et la femelle ayant une
langue charnue et épaisse, et beaucoup d'aptitude
à s'instruire, apprennent très-aisément à redire
les mots qu'on leur a répétés plusieurs fois.

1.

lat.
all.
angl.
L'Ara, l'Aracan-
  ga.
P. macao.
der Aras.
the Ara.
    Queue longue, rouge;
remiges bleues en dessus,
rousses en dessous, joues
nues ridées.
    Edwards's birds, pl. 158.

Dans l'Amérique méridionale.

2.

lat.
angl.
La grande Perru-
  che à collier.
P. alexandri.
the Alexandrine
  Parrot.
    Queue longue; verd;
collier et poitrine rouge,
gosier noir.
    Edwards's, L. C. pl. 292.

Dans les Indes orientales.

3.

lat.
all.
angl.
La Perruche, le
  Sincialo.
P. rufirostris.
der Sincialo.
the long-tailed-
  green Parraket.
    Queue longue; verd;
mandibule supérieure
rouge, l'inférieure noire;
rectrices bleuâtres au
bout; bord des paupières
orangé.
    Edwards, L. C. pl. 175.

Dans les Indes occidentales, en Guyanne, etc.

4.
lat.
all.
angl.
Le Kakatoc.
P. cristatus.
der Cacadu.
the Cockatoo.
    Queue courte; aigrette
plicatile flave.
    Frisch, pl. 50.
[Seite 202]

Dans les Indes orientales, sur-tout dans les
Moluques.

5.

lat.
all.

angl.
Le Jaco, le Per-
  roquet cendré.
P. erithacus.
der aschgraue Pa-
  pagey.
the Dusky Parrot.
    Queue courte; gris-
blanc; tempes nues, blan-
ches; queue écarlate.

En Guinée, au Congo et dans le pays d'An-
gola.

6.


lat.
angl.
L'Inséparable, le
  Moineau de Gui-
  née.
P. pullarius.
the Guiney Spar-
  row.
    Queue courte; verd;
front rouge; queue brune
marquée d'une bande noi-
re, orbites cendrées.

En Guinée et dans les Indes orientales. N'est pas
beaucoup plus gros qu'un pinson. La tendresse
que les deux époux ont l'un pour l'autre, leur a
fait donner le nom d'inséparables. On prétend
que l'un ne survit pas à l'autre.

VI. Les Toucans (Ramphastos).

(Bec très-grand, vide, serreté en dehors,
courbé en dedans au sommet, pieds grim-
peurs dans la plupart).

Le bec monstrueux qui distingue les espèces
de ce genre singulier d'oiseaux de l'Amérique mé-
ridionale, est extrêmement léger et d'une corne
[Seite 203] très-molle. Leur langue a un demi-empan de
long, elle est comme de baleine; à la racine elle
a à peine une ligne de largeur, et sur les côtés
elle est dentelée en avant. Le plumage des tou-
cans varie d'après la différence du sexe et de
l'âge.

1.
lat.
all.
angl.
Le Toucan.
R. tucanus.
der Pfefferfras.
the Toucan.
    Noirâtre, bec flaves-
cent, marqué d'une ban-
de noire vers la base, échar-
pe abdominale flave.
VII. Les Calaos (Buceros).

(Bec très-grand, vide, recourbé à la base
vers le front, pieds marcheurs).

Toutes les espèces de ce genre qui a une forme
particulière, habitent dans les Indes orientales,
et à la nouvelle Hollande.

1.
lat.

all.

angl.
Le Calao.
B. rhinoceros
  (Hydrocorax).
der Nashornvo-
  gel.
the Indian hor-
  ned raven, the
  Rhinoceros bird.
    Protubérance du bec
recourbée vers le front.

ORDRE TROISIÈME.
Pics.

[Seite 204]

Les oiseaux de cet ordre ont les pieds courts
et ordinairement un bec droit, point gros, d'une
longueur médiocre.

VIII. Les Pics (Picus).

(Bec polyèdre, à sommet en forme de
coin; langue térète, lombriciforme, très-lon-
gue, mucronée, à bout aiguillonné en ar-
rière; pieds grimpeurs).

Les pics ont une langue très-remarquable. L'os
hyoïde s'étend en deux longs cartilages, en forme
d'arête, qui sont placés d'arrière en avant sur
tout le crâne, en passant sous la peau, et se ter-
minent au front près de la racine du nez. Ces
cartilages sont comme des ressorts élastiques, au
moyen desquels ces oiseaux peuvent darder plus
aisément leur langue vermiforme, et enfiler les
insectes avec sa pointe cornée.

1.
lat.
all.

angl.
Le Pic noir.
P. martius.
der Schwartz-
  specht.
the greatest-black
  Wood-Pecker.
    Noir; vertex écarlate.
    Frisch, tab. 34, fig. 1.
[Seite 205]

Habite, ainsi que les espèces suivantes, dans les
régions tempérées de l'Europe, et dans l'Asie
septentrionale.

2.
lat.
all.
angl.
Le Pic verd.
P. viridis.
der Grünspecht.
the green Wood-
  Pecker.
    Verd, vertex écarlate.
    Frisch, tab. 35.
3.

lat.
all.

angl.
L'Epeiche, le Pic
  varié.
P. major.
der grosse Bunt-
  specht.
the greatest-spot-
  ted-Wood Pec-
  ker.
    Varié de noir et de
blanc; occiput rouge.
    Frisch, tab. 36.
4.
lat.
all.

angl.
Le petit Epeiche.
P. minor.
der kleine Bunt-
  specht.
the Hickwall, the
  least-spotted-
  Wood-Pecker.
    Varié de noir et de
blanc; vertex rouge.
    Frisch, tab. 37.
IX. Les Torcols (Jynx).

(Bec presque cylindrique, acuminé;
langue lombriciforme très-longue, mu-
cronée; pieds grimpeurs.)

1.
lat.
all.
angl.
Le Torcol.
J. torquilla.
der Drehhals.
the Wryneck.
    Queue étalée, marquée
de quatre bandes brunes.
    Frisch, tab. 38.
[Seite 206]

Doit son nom à l'extrême souplesse de son cou.
Sa patrie est la même que celle des pics dont je
viens de parler.

X. Les Sittelles (Sitta).

(Bec subulé térétiuscule, à sommet
comprimé, à mandibule supérieure un peu
plus longue; pieds promeneurs).

1.

lat.
all.
angl.
La Siltelle, le Tor-
  chepot.
S. europæa.
der Blauspecht.
the Nut-hatch, the
  Woodcracker.
    Rectrices noires, les
quatre latérales blanches
au-dessous de l'extrémité.
    Frisch, tab. 39.

Dans le nord de l'Asie, de l'Europe et de l'A-
mérique.

XI. Les Todiers (Todus).

(Bec subulé, presque déprimé, obtus,
droit, garni à sa base de soies larges; pieds
marcheurs).

1.
lat.
all.

angl.
Le Todier.
T. viridis.
der Grünplatt
  schnabel.
t. Greensparrow.
    Verd; poitrine rouge.

Dans la partie moyenne de l'Amérique.

XII. Les Martins-Pêcheurs. (Alcedo).
[Seite 207]

(Bec trigone, épais, droit, long; doigts
versatiles).

1.

lat.

all.
angl.
Le Martin-Pê-
  cheur.
A. ispida (Al-
  cyon).
der Eisvogel.
the King'sfisher.
    Azuré en dessus; zone
temporale flave, queue
courte.
    Frisch, tab. 223.

Se trouve dans presque tout l'ancien monde. Il
se nourrit de poissons. Après sa mort (ainsi que
le bec croisé, et peut-être encore d'autres oi-
seaux), il se dessèche très-aisément, sans venir
en putréfaction.

XIII. Les Guépiers (Merops).

(Bec courbé, comprimé, caréné; pieds
marcheurs).

1.
lat.
all.
angl.
Le Guépier.
M. aviaster.
der Immenwolf.
the Bee-eater.
    Dos ferrugineux, ab-
domen et queue d'un verd
bleuâtre; gosier jaune;
zone temporale noire.

Dans le sud de l'Europe et dans l'Asie tempé-
rée. Il vit d'insectes.

XIV. Les Huppes (Upupa).

(Bec arqué, convexe, presque comprimé,
presque obtus; pieds promeneurs).

[Seite 208]
1.
lat.
all.
angl.
La Huppe.
U. epops.
der Wiedehopf.
the Hoopoe.
    Huppe panachée.
    Frisch. tab. 43.

En Europe et dans les Indes orientales. Elle
se nourrit de limaces, et de divers insectes; elle
niche dans le creux des arbres, et, à ce qu'on
assure, souvent sur une couche d'excrémens hu-
mains*.

XV. Les Grimpereaux (Certhia, all. Baum-
laufer
.)

(Bec arqué, mince, presque trigone,
aigu; pieds promeneurs).

1.
lat.
all.
angl.
Le Grimpereau.
C. familiaris.
die Baumklette.
the Creeper.
    Gris, blanc en dessous,
remiges brunes, dix rec-
trices.

En Europe. Grimpe sur les arbres presque
comme les pics, pour y chercher les insectes et
leurs chrysalides, etc.

2.

lat.
all.
angl.
Le Grimpereau de
  muraille.
C. muraria.
der Mauerspecht.
the wall-creeper.
    Cendré, tache brune
sur les ailes.
[interleaf] [Abb]
Certhia coccinea.xxx
[interleaf] [Abb]
Certhia sannio.xxx
[Seite 209]

Dans les pays chauds de l'Europe. Habite dans
les vieux murs, sur les tours, etc.

3.

lat.
Le Grimpereau
  écarlate.
C. coccinea.
    Écarlate, à remiges et
à rectrices noires.
    Planche 13.

Dans les îles de Sandwich. Les habitans in-
dustrieux de ces îles garnissent, avec les plumes
de ce petit oiseau d'un beau rouge, différentes
pièces de leurs habillemens, des casques, et même
des manteaux tout entiers.

4.

lat.
Le Grimpereau
  verd, le Sannio.
C. sannio.
    Verd d'olive, vertex
presque violet, remiges
brunes, queue presque
fourchue et également
brune.
    Planche 14.

De la nouvelle Zélande.

XVI. Les Colibris, les Oiseaux-Mouches (lat. Tro-
chilus,
all. Colibri, angl. Humming bird).

(Bec en alène filiforme, long, à mandi-
bule inférieure tubulée, à supérieure inva-
ginant l'inférieure; langue tubuleuse formée
par la réunion de deux espèces de fils; pieds
promeneurs).

Tout ce genre, autant qu'on peut savoir, se trouve
seulement en Amérique, et pas seulement dans les
régions les plus chaudes de ce pays, mais parfois
[Seite 210] aussi dans le nord, jusqu'à Nutkasund; et dans
le sud, jusqu'à la côte occidentale de la Pata-
gonie. La conformation du bec diffère dans les
diverses espèces; il est, ou droit, ou recourbé en
haut, ou courbé en bas.

1.

lat.
all.

angl.
Le plus petit Oi-
  seau-mouche.
T. minimus.
der Fliegen-Coli-
  brit.
the Colibri.
    Bec droit, corps d'un
verd brillant, blanchâtre
en dessous, rectrices la-
térales blanches au bord
extérieur.
    Edwards, pl. 105.

Le plus petit de tous les oiseaux connus, qui,
desséché, pèse environ trente grains. Son nid
est de coton, et gros comme une noix; ses deux
œufs ont à-peu-près la grosseur d'un pois goulu.

2.
lat.
all.
Le Rubis topaze.
T. mosquitus.
der Juwelenco-
  librit.
    Verdâtre; vertex pour-
pre doré; gorge aurore et
couleur de feu.
    Seba. Thes., tab. 37,
fig. 1.

Le front et le dessus de la tête du mâle ont
l'éclat et le feu d'un rubis, et sa gorge brille
comme de l'or.


ORDRE QUATRIÈME.
Les Coraces.

[Seite 211]

Les oiseaux de cet ordre ont un bec fort con-
vexe dans la partie supérieure, d'une grandeur
médiocre, et les pieds courts; ils vivent en partie
de bled, de graines, etc., en partie d'insectes,
et aussi de charogne; leur chair a un goût sau-
vage et insipide.

XVII. Les Buphages (Buphaga).

(Bec droit, presque quadrangulaire; à
mandibules gibbeuses, entières, plus gib-
beuses en dehors, pieds promeneurs).

1.
lat.
all.

angl.
Le Picbœuf.
B. africana.
der Ochsenha-
  cker.
the Beef-eater.
    Latham, vol. I, p. 1,
pl. 12.

En Sénégambie.

XVIII. Les Crotophàges (lat. Crotophaga).

(Bec comprimé, demi-ové, arqué, le dos
caréné; mandibule supérieure à bord angu-
leux de chaque côté; narines.)

[Seite 212]
1.
lat.
all.

angl.
Le Bout de Petun.
C. ani.
der Tieckenfres-
  ser.
the Razor billed-
  black-bird.
    Pieds grimpeurs.
    Latham, L. C. pl. 13.

Dans les Indes occidentales. Vit en société; on
prétend même que plusieurs femelles se réunissent,
se construisent un nid commun, et couvent en-
semble.

XIX. Les Corbeaux (lat. Corvus).

(Bec convexe, en serpe; narines cou-
vertes d'une moustache; pieds promeneurs).

1.
lat.
all.
angl.
Le Corbeau.
C. corax.
der Kolk-Rabe.
the Raven.
    Noir profond, dos d'un
noir également foncé,
tirant sur le bleu; queue
presque ronde.
    Frisch, tab. 63.

Habite, comme l'espèce qui le suit, presque
dans les deux mondes. Cet oiseau a un odorat
extrêmement fin; il enlève des poissons, des
écrevisses, des jeunes canards et même des le-
vrauts; il porte aussi dans son nid d'autres
choses dont il ne peut se nourrir.

2.
lat.
all.
angl.
La Corneille.
C. corone.
d. Raben-Kræhe.
the carrion Crow.
    Toute entière d'un
noir austère bleuâtre;
queue arrondie, rectrices
pointues.
    Buffon, vol. III, pl. 3.
[Seite 213]
3.

lat.
all.
angl.
Le Freux, la
  Frayonne.
C. frugilegus.
die Saatkræhe.
the Rook.
    Noir austère; front
cendré; queue presque
ronde.
    Frisch, tab. 64.

En Europe. Est un animal extrêmement utile,
qui dévore un grand nombre de campagnols, de
larves, de hannetons et de chenilles.

4.

lat.
all.
angl.
La Corneille man-
  telée.
C. cornix.
die Kræhe.
the hooded Crow.
    Cendrée; tête, gorge,
ailes et queue noires.
    Frisch, tab. 65.

Dans l'ancien monde. Est utile également, et
détruit un nombre infini d'insectes.

5.
lat.
all.
angl.
Le Choucas.
C. monedula.
die Dohle.
the Jackdaw.
    Brun; occiput gris-
blanc, front, ailes et
queue noirs.
    Frisch, tab. 67.

Dans le nord-ouest de l'Europe.

6.
lat.
all.
angl.
Le Geai.
C. glandarius.
der Holzheher.
the Jay.
    Tectrices des ailes bleues,
lignes transversales blan-
ches et noires; corps fer-
rugineux, varié.

Dans les régions tempérées de l'Europe.

7.
lat.
all.
Le Casse-noix.
C. caryocatactes.
der Nussheher.
    Brun et ponctué de
blanc; ailes et queue
noires; rectrices blanches
[Seite 214]
   angl. the nut Cracker. au bout, les intermé-
diaires usées à l'extré-
mité.
    Frisch, tab. 56.

Dans les pays septentrionaux de la terre.

8.
lat.
all.
angl.
La Pie.
C. pica.
die Ælster.
the Magpie.
    Variée de noir et de
blanc; queue cunéiforme.
    Frisch, tab. 58.

En Europe et dans l'Amérique septentrionale.
Elle fait beaucoup de tort à la jeune volaille.

XX. Les Rolliers (Coracias).

(Bec en serpe, à sommet courbé en de-
dans, dénudé de pennes à sa base; pieds
promeneurs).

1.

lat.
all.

angl.
Le Rollier d'Eu-
  rope.
C. garrula.
die Mandelkræ-
  he.
the Roller.
    Bleu, dos rouge; re-
miges noires.
    Frisch, tab. 57.

Dans les pays tempérés de l'Europe, et dans
l'Afrique septentrionale. On le trouve très-souvent
dans les champs, dans le temps de la moisson,
lorsque les amandes sont bonnes à manger.

XXI. Les Merles chauves (Gracula).

(Bec convexe et en serpe, presque nu
à la base; langue entière à angle presque
aigu, charnue; pieds promeneurs).

[Seite 215]
1.
lat.
all.
angl.
Le Mainate.
G. religiosa.
der Plapperer.
the minor Grack-
  le.
    D'un noir violet; tache
blanche sur les ailes,
bande sur l'occiput nue,
flave.
    Buff. vol. 2, pl. 25.

Dans les Indes orientales. A une fort jolie voix,
et apprend aisément à parler.

2.

lat.
all.
angl.
La Pie de la Ja-
  maïque.
G. quiscula.
der Maisdieb.
the Shininggra-
  cule. Forster.
    D'un noir violet; queue
arrondie.
    Catesby, vol. 1, pl. 12.

De l'Amérique septentrionale.

XXII. Les Oiseaux de Paradis (lat. Para-
disea, Manucodiatta
).

(Bec couvert à sa base de plumes tomen-
teuses; pennes des hypocondres plus longues;
deux rectrices supérieures dénudées).

Les espèces nombreuses qui composent ce genre,
ont en général un séjour extrêmement borné;
elles sont originaires seulement de la nouvelle
Guinée, d'où ces oiseaux partent, pour passer
quelque temps dans les Moluques et les îles voi-
sines. Les indiens portent ces oiseaux comme une
espèce de parure, à cause de leur plumage ma-
gnifique. C'est pour cela qu'encore à présent, les
[Seite 216] papous leur coupent les pieds, quand ils les
vendent pour cet objet. Cette mutilation, qui date
déjà de loin, avoit fait croire aux anciens que
les oiseaux de paradis n'avoient pas de pieds.*

1.

lat.
all.

angl.
L'Oiseau de Pa-
  radis.
P. apoda.
der Paradisvo-
  gel.
the bird of Pa-
  radise.
    Brun; pennes des hy-
pocondres jaunes, plus
longues que le corps;
deux rectrices intermé-
diaires longues, sétacées.
    Edwards, pl. 110.
XXIII. Les Couroucous (lat. Trogon).

(Bec plus court que la tête, en serpe,
crochu à bord des mandibules, serreté; pieds
grimpeurs).

1.

lat.
all.

angl.
Le Couroucou à
  ventre jaune.
T. viridis.
der grüne Curu-
  curu.
the Curucuru.
    D'un verd doré, jaune
en dessous, gorge noire.
    Edwards, pl. 331.

En Guyanne.

XXIV. Les Barbus (lat. Bucco).

(Bec en serpe, comprimé latéralement,
à sommet échancré de chaque côté, courbé
en dedans, à fente s'étendant sous les yeux).

[Seite 217]
1.

lat.

all.

angl.
Le Lamatia à
  collier.
B. collarius (ca-
  pensis. Linn.)
der americani-
  sche Bartvogel.
the Barbet.
    Roux, zone flave sur
les épaules et noire sur la
poitrine.
    Buffon, vol. VII, pl. 4.

Egalement en Guyanne, et non au Cap.

XXV. Les Coucous (lat. Cuculus).

(Bec térétiuscule, pieds grimpeurs).

1.

lat.
all.
angl.
Le Coucou ordi-
  naire.
C. canorus.
der Kuckuck.
the Cuckow.
    Queue arrondie, noi-
râtre, ponctuée de blanc.
    Frisch, tab. 40.

Dans le nord de l'ancien monde; mais on ne
l'y voit que le printemps et l'été. Il ne couve pas
lui-même les œufs qu'il dépose chaque prin-
temps, mais il les met dans les nids des fauvettes
et des lavandières, qui les couvent avec les leurs.
Une chose assez singulière, c'est que ces œufs
ne sont pas beaucoup plus gros, et n'ont pas
besoin d'être couvés plus long-temps que ceux de
ces oiseaux, qui sont cependant beaucoup plus petits
que lui. Du reste, le jeune coucou grandit très-vîte
et chasse bientôt du nid de la mère les petites fau-
vettes nouvellement écloses. On ne sait pas encore
certainement où il passe l'hiver.

[Seite 218]
2.


lat.
all.
angl.
Le Coucou indi-
  cateur, le Sengo,
  le Mook.
C. indicator.
d. Honigkuckuck.
the Honey guide.
    Queue cunéiforme, ta-
chetée de brun et de blan-
châtre, ailes brunes mar-
quées de taches flaves,
pieds noirs.
    Jo. Fr. Miller, fasc.
IV, pl. 24.

Dans l'Afrique méridionale, en partant du Cap
et avançant dans les terres. Il doit son nom
à la facilité avec laquelle, semblable au rattel
(U. mellivorus), il trouve les ruches des abeilles
sauvages, dont il aime beaucoup le miel.

XXVI. Les Caciques (Oriolus).

(Bec conique, convexe, très-aigu, droit,
à mandibule supérieure un peu plus longue,
usée; pieds promeneurs).

1.

lat.
all.
angl.
Le Loriot d'Eu-
  rope.
O. galbula.
die Golddrossel.
the golden Oriol.
    Jaune, pieds noirs,
rectrices extérieures jau-
nes sur la partie posté-
rieure.

Habite çà et là dans l'ancien monde. Le mâle
est jaune doré et noir; la femelle est olivâtre.
Le loriot se construit très-artistement un nid très-
solide et en forme d'écuelle, qu'il suspend aux
bifurcations des branches.

2.        Le Loriot noir,
  le Troupiale à
  ailes noires.
    Noir; tectrices des ailes
écarlates.
    Catesby, vol. I, pl. 13.
[Seite 219]
   lat.
all.

angl.
O. phœniceus.
der Comman-
  deur.
the Blackbird,
  the Redwinged
  Oriol.

Dans la partie tempérée de l'Amérique sep-
tentrionale. Il se tient ordinairement avec la pie
de la Jamaïque (gracula quiscula) dont j'ai
parlé.

3.
lat.
all.
angl.
Le Jupujuba.
O. jupujuba (per-
  sicus. Linn.)
der Jupujuba.
the Jupujuba.
    Noir; partie postérieure
du dos, tectrices des ailes
et base des rectrices ta-
chetées de jaune.
    Brisson, vol. 2, pl. 9,
fig. 1.

Du Brésil. Comme l'espèce précédente, et
comme plusieurs autres de ce genre, il se cons-
truit un nid long et en forme de bourse, composé
de roseaux et de joncs. Il choisit particulièrement
les joncs du Tillandsia usneoides, qui ont presque
l'air de crins de cheval.


ORDRE CINQUIÈME.
Passereaux.

[Seite 220]

Ce sont de petits oiseaux, dont les pieds sont
courts et minces, et dont le bec conique, à pointe
acérée, varie pour la grandeur et la conforma-
tion dans les différens genres. Les passereaux sont
monogames; ils se nourrissent d'insectes et de
graines; leur chair est tendre et délicate, et la
plupart d'entr'eux chantent.

XXVII. Les Alouettes (lat. Alauda.)

(Bec en alène cylindrique, droit, à man-
dibules égales, se fendant en haut à la base;
ongle postérieur plus droit, plus long que
le doigt).

1.
lat.
all.
angl.
L'Alouette.
A. arvensis.
die Feldlerche.
the Fieldlark.
    Deux des rectrices les
plus extérieures blan-
ches longitudinalement
en dehors, les intermé-
diaires ferrugineuses sur
le côté inférieur.
    Frisch, pl. 15, fig. 1.

Presque dans tout l'ancien monde. Elle se baigne
dans le sable comme les poules et beaucoup d'au-
tres oiseaux pulvérateurs.

[Seite 221]
2.
lat.
all.

angl.
Le Cochevis.
A. cristata.
die Hauben-
  lerche.
the Crestedlark.
    Rectrices noires; les
deux plus extérieures
blanches au bord exté-
rieur; tête garnie d'une
aigrette.
    Frisch, pl. 15, fig. 2.

En Allemagne et dans les pays voisins.

XXVIII. Les Étourneaux (lat. Sturnus).

(Bec subulé, anguleux, déprimé, presque
obtus, à mandibule supérieure très-entière,
à bords un peu ouverts).

1.

lat.
all.
angl.
L'Étourneau com-
  mun.
S. vulgaris.
der Staar.
the Stare.
    Bec flavescent, corps
noir marqué de points
blancs sagittés.
    Frisch, pl. 217.

Habite dans tout l'ancien monde. C'est un ani-
mal utile, qui détruit un grand nombre d'insectes
nuisibles.

XXIX. Les Merles (lat. Turdus).

(Bec en serpe, térète, mandibule supé-
rieure à sommet, recourbé en dehors, et
échancré; gosier cilié).

1.
lat.
all.
angl.
La Draine.
T. viscivorus.
die Schnarre.
the Missel Bird.
    Dos brun, cou marqué
de taches blanches, bec
flavescent.
    Frisch, pl. 25.
[Seite 222]

Se trouve çà et là dans l'ancien monde. Il se
nourrit de baies de gui qu'il dissémine souvent,
et propage de cette manière.

2.

lat.
all.

angl.
La Litorne, la
  Tourdelle.
T. pilaris.
der Krammefs-
  vogel.
the Fieldfare.
    Rectrices noires, le bord
intérieur des plus exté-
rieures tournant au blanc,
tête et croupion gris-
blanc.
    Frisch, pl. 26.

Habite dans le nord de l'Europe, mais il va
passer quelque temps dans le sud. Il se nourrit
principalement de baies de genièvre.

3.
lat.
all.
angl.
Le Mauvis.
T. iliacus.
Zipdrossel.
the Redwing.
    Ailes ferrugineuses en
dessous, sourcils flaves-
cens.
    Frisch, pl. 28.

Dans l'Europe tempérée. Il enduit son nid de
limon et le couvre de bois pourri; et comme par-
fois ce dernier éclaire dans l'obscurité, c'est ce
qui aura fait croire aux anciens qu'il y avoit un
oiseau du Harz luisant pendant la nuit (avis
noctu lucens
).

4.

lat.
all.
angl.
La Grive propre-
  ment dite.
T. musicus.
die Sangdrossel.
the Throslle.
    Remiges ferrugineuses
à la base intérieure.
    Frisch, pl. 27.

A presque la même patrie que le mauvis. On
[Seite 223] trouve quelquefois une variété de cette espèce,
qui est d'un gris-blanc.

5.
lat.
all.

angl.
Le Moqueur.
T. polyglottus.
d. americanische
  Nachtigalle.
the Mockbird.
    D'un brun cendré, blan-
châtre en dessous, vertex,
ailes et queue marqués
de taches blanches.
    Catesby, vol. I, pl. 27.

De la Louisiane, de la Caroline, ainsi que de
la Jamaïque. Il imite la voix des autres oiseaux
très-aisément, et de manière à s'y méprendre.

6.

lat.
all.

angl.
Le Merle couleur
  de rose.
T. roseus.
die rosenfarbige
  Drossel.
the rose coloured
  Thrush.
    Presque incarnat, tête,
ailes et queue noires, oc-
ciput garni d'une aigrette.
    Edwards, pl. 20.

Dans la partie moyenne de l'Europe et de
l'Asie. Il détruit un grand nombre de saute-
relles.

7.

lat.
all.
angl.
Le Merle ordi-
  naire.
T. merula.
die Amsel.
the Blackbird.
    Noir profond, bec et
paupières flaves.
    Frisch, pl. 29.

Dans l'Europe tempérée. Il vit solitaire, se
nourrit de baies de genièvre, et a une mémoire
extraordinairement fidelle.

XXX. Les Cotingas (lat. Ampelis).
[Seite 224]

(Bec droit, convexe, à mandibule su-
périeure plus longue, presque courbée en
dedans, tout émarginée).

1.

lat.
all.
angl.
Le Jaseur de
  Bohème.
A. garrulus.
d. Seidenschwanz
the Bohemian
  Chatterer.
    Occiput garni d'une ai-
grette, bout des remiges
secondaires écarlate, lan-
céolé.
    Frisch, pl. 22.

Dans les pays les plus au nord de l'Europe,
mais il est des années où il vient pendant l'automne
en Allemagne, sur-tout au Harz.

XXXI. Les Gros-becs (lat. Loxia).

(Bec en cône, gibbeux, arrondi à la base
du front, mandibule inférieure dont le bord
latéral est recourbé en dedans vers la bou-
che).

1.
lat.
all.
angl.
Le Bec-croisé.
L. curvirostris.
d. Kreuzschnabel
the Crossbill.
Bec en pince.
Frisch, pl. 11, fig. 3, 4.

Dans les bois de sapins des pays septentrio-
naux. Il couve au milieu de l'hiver, à la fin
de janvier.

2.
lat.
Le Gros-bec.
L. coccothraustes.
    Ligne blanche sur les
ailes, remiges du milieu
[Seite 225]
   all.
angl.
der Kernbeisser.
the Hawfinch.
se terminant eh losanges,
rectrices noires sur le côté
le plus mince de la base.
    Frisch, pl. 4, fig. 2
et 3.

Habite cà et là en Europe.

3.
lat.
all.
angl.
Le Bouvreuil.
L. pyrrhula.
der Dompfaff.
the Bullfinch.
    Membres noirs, tectri-
ces de la queue et des re-
miges postérieures blan-
ches.
    Frisch, pl. 2, fig. 1 et 2.

Dans le nord de l'ancien monde. Le mâle et
la femelle apprennent aisément à siffler des airs,
à chanter en partie, et même à prononcer quel-
ques mots.

4.

lat.
all.

angl.
Le Gros-bec de
  Virginie. Briss.
L. cardinalis.
der indianische
  Haubenfink.
the red Bird.
    Aigrette, rouge, ca-
pistrum noir, bec et pieds
rouge de sang.
    Frisch, pl. 4, fig. 1.

Dans l'Amérique septentrionale. On l'apporte
beaucoup en Europe à cause de son chant et de
son plumage rouge.

5.
lat.
all.
angl.
Le Padda.
L. oryzivora.
der Reisvogel.
the rice Bird.
    Cendré, tempes blan-
ches, bec rouge.
    Edwards, pl. 41.

A la Chine, etc., dans les rizières.

[Seite 226]
6.
lat.

all.
angl.
Le Verdier.
L. chloris (an-
  thus, florus.
der Grünfink.
the Greenfinch.
    D'un verd jaunâtre,
remiges primaires jaunes
antérieurement, quatre
rectrices latérales jaunes
à la base.
    Frisch, pl. 2, fig. 3 et 4.

Se trouve çà et là en Europe.

XXXII. Les Bruans (Emberiza).

(Bec conique, mandibules s'écartant
l'une de l'autre à la base, l'inférieure re-
courbée en dedans et rétrécie sur les côtés,
la supérieure plus étroite).

1.

lat.
all.
angl.
L'Ortolan de
  neige.
E. nivalis.
d. Schneeammer.
t. Snowbunting.
    Remiges blanches, les
primaires noires en de-
hors, rectrices noires, les
trois latérales blanches.
    Frisch, pl. 6, fig. 1, 2.

Dans les pays le plus au nord. Il vient en
Allemagne seulement pour passer l'hiver, et
quelquefois il arrive tout-à-coup en troupes in-
nombrables. En février 1766, il en parut ainsi
une quantité dans les environs de Gottingue.

2.
lat.
all.
angl.
Le Proyer.
E. miliaria.
d. graue Ammer.
the Bunting.
    Gris, tacheté de noir
en dessous, orbites rous-
ses.
    Frisch, pl. 6, fig. 4.

Est répandu presque dans toute l'Europe.

3.          L'Ortolan. Remiges noires, les
[Seite 227]
   lat.
all.
angl.
E. hortulana.
der Kornfink.
the Ortolan.
trois premières à bord
blanchâtre, rectrices noi-
res, les deux latérales
noires extérieurement.
    Frisch, pl. 5, fig. 3
et 4.

Dans les pays chauds de l'Europe, et dans
les parties de l'Asie qui l'avoisinent.

4.
lat.
all.
angl.
Le Bruant.
E. citrinella.
die Goldammer.
the yellow Ham-
  mer.
    Rectrices noirâtres, les
deux plus extérieures
marquées sur le côté in-
térieur d'une tache blan-
che, aigue.
    Frisch, pl. 5, fig. 1
et 2.

Habite dans presque toute l'Europe.

5.

lat.
all.
angl.
La Veuve à col-
  lier d'or.
E. paradisea.
die Witwe.
the Whidah bird.
    Brune, poitrine rouge,
quatre rectrices intermé-
diaires alongées, acumi-
nées, deux très-longues,
bec rouge.
    Edwards, pl. 86.

Tire son nom anglois (Whidah) mal compris
et défiguré ensuite dans plusieurs autres langues,
de sa patrie le royaume de Whidah (ou Juda),
sur la côte de Guinée.

XXXIII. Les Tangaras (Tanagra).

(Bec conique, acuminé, échancré, pres-
que trigone à sa base, descendant insensi-
blement au sommet).

[Seite 228]
1.


lat.
all.
angl.
Le Cardinal pour-
  pré, le Bec d'ar-
  gent.
T. jacapa.
der Jacapa.
the red breasted
  Blackbird.
    Noir austère, front,
gorge er poitrine écarlate.
    Edwards, pl. 267.

Dans les Indes orientales, et dans la partie de
l'Amérique qui les avoisine.

XXXIV. Les Moineaux (Fringilla).

(Bec conique, droit, acuminé).

1.
lat.
all.
angl.
Le Pinson.
F. cælebs.
der Buchfink.
the Chaffinch.
    Membres noirs, remi-
ges blanches de chaque
côté, les trois premières
immaculées, deux rectri-
ces blanches obliquement.
    Frisch, pl. 1, fig. 1 et 2.

En Europe et en Afrique. Son chant varie
extrêmement, et n'est pas par-tout le même; très-
souvent les pinsons d'un petit espace de terrain
de dix ou douze lieues à la ronde, chantent tout
autrement que leurs voisins.

2.

lat.
all.
angl.
Le Pinson d'Ar-
  dennes.
F. montifringilla.
der Bergfink.
the Bramble.
    Base des ailes très-flave
en dessous.
    Linnée, fauna succi-
ca, tab. 2, fig. 198.

Dans le nord de l'Europe. Lorsque la faine a
[Seite 229] été abondante, il arrive quelquefois par mil-
lions dans certains pays de l'Allemagne.

3.
lat.
all.
angl.
La Niverolle.
F. nivalis.
der Schneefink.
the Snowfinch.
    Brune, d'un blanc de
neige en dessous, remi-
ges secondaires et à tec-
trices blanches.
    Brisson, vol. 3, pl.
15, fig. 1.

Sur le Caucase, et sur les alpes d'Europe.

4.
lat.
all.
angl.
Le Chardonneret.
F. carduelis.
der Stieglitz.
the Goldfinch,
  the Thistlefinch.
    Front et gosier écar-
late, remiges flaves à la
partie antérieure, les deux
rectrices les plus extérieu-
res blanches au milieu, et
les autres blanches à la
pointe.
    Frisch, pl. 1, fig. 3 et 4.

Se trouve dans presque toute l'Europe, et dans
les parties de l'ancien monde qui l'avoisinent. Le
chardonneret fait de jolis bâtards avec le serin.

5.

lat.
all.

angl.
Le Bengali pi-
  queté.
F. amandava.
der Finke von
  Bengalen.
the Amedabad
  Finch.
    Brun, roussâtre et ponc-
tué de blanc.
    Buffon, vol. IV, pl. 2,
fig. 1.

Dans les Indes orientales. On prétend que ses
os sont jaunes, mais je n'ai jamais trouvé cette
assertion confirmée dans ceux que j'ai eu occa-
sion d'examiner.

[Seite 230]
6.

lat.
all.
angl.
Le Serin de Ca-
  narie.
F. canaria.
d. Canarienvogel.
the Canarybird.
    Bec blanchâtre, corps
presque brun, poitrine
flavescente, rectrices et
remiges verdâtres.
    Frisch, pl. 2, fig. 1 et 4.

Il paroît que c'est au commencement du sei-
zième siècle qu'on l'apporta pour la première
fois des îles Canaries en Europe; mais depuis
ce temps il y est dégénéré en plusieurs variétés.
La race primitive sauvage est d'un gris brunâtre,
et a la poitrine jaune. Parmi les autres, on re-
marque particulièrement les chacrelas aux yeux
rouges, et ceux qui ont un panache sur la tête.

7.
lat.

all.
angl.
Le Tarin.
F. spinus (ligu-
  rinus, acanthis).
der Zeisig.
the Siskin.
    Remiges jaunes au mi-
lieu, les quatre premières
immaculées, rectrices fla-
ves à la base, noires à la
pointe.
    Frisch, pl. 11, fig. 1 et 2.

Nichetout au haut des pins et des sapins, dans
les forêts de ce nom. On trouve rarement son nid
en Allemagne.

8.
lat.
all.
angl.
La Linolte.
F. cannabina.
der Hænfling.
t. greater Linnet.
    Remiges primaires et
rectrices noires, et blan-
ches sur les deux bords.
    Frisch, pl. 9, fig. 1 et 2.

En Europe et dans l'Amérique septentrionale.

9.          Le Moineau. Remiges et rectrices
[Seite 231]
   lat.
all.
angl.
F. domestica.
der Sperling.
the Sparrow.
brunes, gosier noir, tem-
pes ferrugineuses.

Est répandu presque généralement dans toute
l'Europe, et dans les pays de l'ancien monde
qui l'avoisinent; cependant il est quelques pays
où il ne se trouve pas, par exemple, dans plu-
sieurs endroits de la Thuringe, et même dans
quelques-uns qui ne manquent ni d'arbres à
feuillage,
ni d'arbres fruitiers. Le moineau est
très-voluptueux, et pond quatre fois par an; il
fait surement du tort aux jardins et aux champs,
mais il détruit un grand nombre d'insectes. On
trouve quelquefois des moineaux tout blancs.

XXXV. Les Gobe-mouches (Muscicapa).

(Bec presque trigone, tout émarginé, à
sommet courbé en dedans, vibrisses vers
le gosier).

1.

lat.
all.

angl.
Le Gobe-mouche
  à collier.
M. atricapilla.
d. Fliegenschnap-
  per.
the pied fly Catcher.
    Noir en dessous, tache
blanche sur le front, mi-
roir des ailes blanc, rec-
trices latérales blanches
extérieurement.
    Frisch, pl. 24, fig. 1.

Se trouve çà et là en Europe.

XXXVI. Les Becs-fins (Motacilla).

(Bec subulé, droit, à mandibules presque
égales).

[Seite 232]
1.
lat.
all.
angl.
Le Rossignol.
M. luscinia.
die Nachtigall.
the Nightingale.
    D'un roux cendré, à
genouillères cendrées.
    Frisch. pl. 21, fig. 1 et 2.

Dans les climats tempérés de l'Europe et de
l'Asie. Il vient en avril en Allemagne; à la fin
d'août il quitte ce pays. On ne sait pas encore
certainement où il va, seulement, autant qu'on
peut savoir, il ne va pas en Afrique.

2.
lat.
all.
angl.
La Fauvette.
M. curruca.
die Grasmücke.
the hedge Spar-
  row.
    Brune en dessus, blan-
châtre en dessous, rec-
trices brunes, la plus ex-
térieure blanche sur le
bord le plus mince.
    Frisch, pl. 21, fig. 3.

Dans l'Europe tempérée.

3.

lat.
all.
La Fauvette des
  Alpes.
M. alpina.
die Flüe-Lerche.
    D'un gris ferrugineux,
gosier blanc, marqué de
taches brunes en crois-
sant, tectrices des ailes
noirâtres, marquées vers
la pointe d'une ligne
blanche ponctuée.
    Andreæ Briefe aus
der Schweitz, pl. 15.

Dans les pays montagneux de la partie moyenne
de l'Europe, et sur-tout très-commune dans les
gras pâturages des Alpes.

4.        Le Becfigue.   Presque brun, blanc en
[Seite 233]
   lat.
all.
angl.
M. ficedula.
die Beccafige.
the epicurean
  Warbler.
dessous, poitrine cendrée,
tachetée.
    Frisch, pl. 22, fig. 3 et 4.

Dans les pays chauds et tempérés de l'Europe,
sur-tout dans l'île de Chypre, d'où on les ex-
porte en quantité, à cause de leur chair délicate.

5.
lat.
all.


angl.
La Lavandière.
M. alba.
das Ackermænn-
  chen, die weisse
  Bachstelze.
the white Water-
  wagtail.
    Poitrine noire, deux
rectrices latérales coupées
de blanc obliquement par
la moitié.
    Frisch, pl. 23, fig 4.

Habite dans presque tout l'ancien monde.

6.

lat.
all.
angl.
La Fauvette à tête
  noire.
M. atricapilla.
der Klosterwenzel.
the Blackcap.
    Testacée, cendrée en
dessous, bonnet obscur.
    Linnée, fauna succi-
ca, pl. 1, fig. 256.

Dans l'Europe tempérée.

7.

lat.
all.

angl.
Le Rossignol de
  muraille.
M. phœnicurus.
das Schwarzkehl-
  chen.
the Redslart.
    Gosier noir, abdomen
et queue roux, tête et
dos gris-blanc.
    Frisch, pl. 19, fig. 1.

Sa patrie est la même que celle du rossignol;
il vient et s'en va en même-temps que lui.

[Seite 234]
8.
lat.

all.

angl.
Le Rouge-gorge.
M. rubecula (eri-
  thacus).
das Rothkehl-
  chen.
the red Breast.
    Gris; gosier et poitrine
ferrugineux.
    Frisch, pl. 19, fig. 2.

Habite dans toute l'Europe. Il passe aussi l'hi-
ver en Allemagne.

9.
lat.
all.
angl.
Le Troglodite.
M. troglodites.
der Zaunkœnig.
the Wren.
Gris, ailes ondulées de
noir et de cendré.
Frisch, pl. 24, fig. 2.

Dans les pays septentrionaux des deux hémis-
phères. Il se fait un nid couvert qui a presque
la forme d'un four*, et pond une grande quan-
tité d'œufs.

10.
lat.
all.

angl.
Le Roitelet.
M. regulus.
das Goldhæhn-
  chen.
the Gold-crow-
  ned Wren.
    Remiges secondaires
flaves sur le bord exté-
rieur, blanches au milieu,
aigrette verticale couleur
de safran.
    Frisch, pl. 24, fig. 4.

Egalement dans le nord. Le plus petit des oi-
seaux d'Europe.

11.
lat.
all.

angl.
Le Tailleur.
M. sartoria.
der Schneidervo-
  gel.
the Taylor-bird.
    Tout d'un jaune pâle.
    J. R. Forsters indische
Zoologie, tab. 8.
[Seite 235]

Habite dans les Indes. Est plus petit que le tro-
glodite. Il doit son nom à la manière ingénieuse
dont il construit son nid avec des feuilles d'ar-
bre, II choisit une feuille verte tout à l'extrémité
d'un arbre, et il y coud pour ainsi dire quelques
feuilles sèches, de manière à former une cavité
en forme de cornet, laquelle il remplit de plumes.

XXXVII. Les Manakins (Pipra).

(Bec plus court que la tête, presque trigone
à la base, très-entier, courbé en dedans au
sommet; pieds marcheurs).

1.
lat.
all.
angl.
Le Coq de roche.
P. rupicola.
der Manakin.
the Manakin.
    Aigrette droite, pour-
pre sur le bord; corps
couleur de safran, tectri-
ces des rectrices tron-
quées.
    Edwards, pl. 264.

En Guinée, etc.

XXXVIII. Les Mésanges (Parus).

(Bec très-entier, couvert de soies à sa base).

1.
lat.
all.
angl.
La Charbonnière.
P. major.
die Kohlmeise.
t. great Titmouse.
    Tête noire, tempes blan-
ches, nuque jaune.
    Frisch, pl. 13, fig. 1, 2.

Est répandue presque dans tout l'ancien monde.
Un petit oiseau plein de courage, qui en attaque
d'autres beaucoup plus grands, et ouvre le crâne
[Seite 236] aux autres petits oiseaux chanteurs. On a remar-
qué dans cette espèce et dans plusieurs autres
qui passent l'hiver avec nous, que dans cette sai-
son leur bec devient beaucoup plus dur qu'il ne
l'est en été, et par-là ils peuvent plus aisément
chercher leur nourriture sur la terrre durcie par
la gelée.

2.
lat.
all.
angl.
La Mésange bleue.
P. cæruleus.
die Blaumeise.
the Nun.
    Remiges bleuâtres, les
primaires blanches sur
le bord extérieur; front
blanc, vertex bleu.
    Frisch, pl. 14, fig. 1.

Commune en Europe. Elle détruit une infinité
d'insectes.

3.

lat.
all.

angl.
La Mésange à lon-
  gue queue.
P. caudatus.
die Schwanzmei-
  se.
the long tailed
  Titmouse.
    Vertex blanc, queue
plus longue que le corps.
    Frisch, pl. 14, fig. 3.

En Europe et dans les Indes orientales. Elle
pond près de vingt œufs; elle se construit un
nid de mousse et de laine, etc. en forme de sac*,
et elle le revêt à l'extérieur de la même mousse
dont est couvert l'arbre auquel elle le suspend.

4.        Le Moustache.   Vertex d'un gris-blanc;
[Seite 237]
   lat.
all.
angl.
P. biarmicus.
das Bartmænn-
  chen.
the bearded Tit-
  mouse.
queue plus longue que le
corps; tête barbue.
    Frisch, pl. 8, fig. 3.

Dans le nord-ouest de l'Europe, en Angle-
terre, etc.

5.


lat.
all.
angl.
Le Remis, la Mé-
  sange de Polo-
  gne.
P. pendulinus.
die Beutelmeise.
the Penduline Tit-
  mouse.
    Tête presque ferrugi-
neuse, zone noire sur
l'œil, remiges et rectrices
brunes, dont chaque bord
est ferrugineux.
    J. D. Titii, parus mi-
nimus Remiz descriptus.
Lips. 1755, 1. tab. 1,2.

Çà et là dans l'Italie supérieure, en Pologne,
en Sibérie. Il se construit un nid en forme de
bourse avec le duvet des fleurs de saule, et il le
suspend à une branche un peu mince).

XXXIX. Les Hirondelles (Hirundo).

(Bec très-petit, incurvé, subulé, dépri-
mé à la base).

Se distinguent d'une manière frappante des
autres oiseaux de cet ordre, non-seulement par
leur conformation, mais encore par leur ma-
nière de vivre. Malgré, tout ce que l'on a écrit à
ce sujet, l'on ne sait pas encore au juste où nos
hirondelles, sur-tout les deux premières espèces,
[Seite 238] passent l'hiver. C'est dommage que dans les cita-
tions des différens faits qui devoient servir à
prouver l'une* ou l'autre assertion**, on n'ait
pas déterminé assez précisément les espèces sur
lesquelles les expériences ont été faites. Dans le
doute, l'opinion la plus vraisemblable c'est que
ces oiseaux se rendent dans des climats plus
chauds.

1.

lat.

all.

angl.
L'Hirondelle de
  cheminée.
H. domesticà (H.
  rustica. Linn).
die Rauchschwal-
  be.
the Houseswal-
  low.
    Rectrices, excepté les
deux intermédiaires, mar-
quées d'une tache blanche.
    Frisch, pl. 18, fig. 1.

Est, avec l'hirondelle de rivage, l'espèce d'oiseaux
la plus répandue sur la terre. Les dénominations
de cette espèce et de la suivante ont été souvent
[Seite 239] confondues d'une manière singulière par les no-
menclateurs. Cette espèce-ci, dont les pieds sent
nus et sans plumes, et les rectrices tachetées de
blanc, doit s'appeler l'hirondelle de ville, parce
qu'elle se trouve beaucoup plus souvent dans les
villes que l'espèce suivante; elle construit son nid
ouvert (qui, par parenthèse, fourmille de punaises
et en apporte dans les maisons), sur le faîte des
maisons, sur les écuries et les granges. Dans les
villages, elle choisit les dessous de portes et les
cheminées.

2.



lat.

all.

angl.
L'Hirondelle de
  muraille, le
  Martinet à cul
  blanc.
H. agrestis (H. ur-
  bica. Linn.)
die Hausschwal-
  be.
the Martin.
    Pieds velus; rectrices
immaculées; dos noir-
bleuâtre, toute blanche
en dessous.
    Frisch, pl. 17, fig. 2.

A, ainsi que l'espèce suivante, la même patrie
que l'hirondelle de cheminée. Elle niche ordinai-
rement dans les villages, hors des maisons sous
le toit, contre les fenêtres des églises, etc. Son
nid est fait avec des petites boules de limon, et
est voûté par dessus.

3.

lat.
L'Hirondelle de
  rivage.
H. riparia.
    Cendrée; gosier et ab-
domen blancs.
    Frisch, pl. 18, fig. 2.
[Seite 240]
   all.

angl.
die Uferschwal-
  be.
the Sand Martin.

Construit son nid sur les bords des fleuves,
dans les fosses, dans les dunes, etc.

4.
lat.
all.
angl.
La Salangane.
H. esculenta.
die Salangane.
the Salangane.
    Toutes les rectrices
marquées d'une tache
blanche.

Est grosse comme le troglodite. Elle habite dans
les îles de la Sonde et dans celles de l'Archipel
des Indes, jusqu'à la nouvelle Guinée. Elle cons-
truit dans des trous sur le rivage, et dans des
cavernes ces nids si connus dans les Indes,
dont la matière ressemble à de la colle de poisson,
et qui sont composés probablement de Mollus-
ques
à moitié digérés, garantis par-là de la pu-
tréfaction, et ensuite régurgités. On rassemble
tous les ans près de quatre millions de ces nids,
que l'on vend presque tous à la Chine.

5.
lat.
all.

angl.
Le Martinet.
H. apus.
d. Mauerschwal-
  be.
the black Martin.
    Noirâtre, gosier blanc
tous les quatre doigts di-
rigés en avant.
    Frisch, pl. 17, fig. 1.

Dans le nord de l'Europe, de l'Asie et de l'A-
mérique.

XL. Les Engoulevents. (Caprimulgus).
[Seite 241]

(Bec médiocrement incurvé, très-petit,
subulé, déprimé à sa base; vibrisses ciliaires,
bouche très-fendue, ongle du milieu cilié
en dedans).

1.

lat.

all.

angl.
L'Engoulevent
  d'Europe.
C. europaeus (nyc-
  ticorax.
die Nachtschwal-
  be.
the Goatsucker.
    Tubes des narines obli-
térées.
    Frische, pl. 101.

Se trouve dans l'ancien monde: c'est un ani-
mal nocturne.
Quand il vole, il a le bec ouvert,
et on entend qu'il gronde. Il vit d'insectes, et
particulièrement de phalènes. Il n'est pas vrai
qu'il tete le lait des chèvres.


ORDRE SIXIÈME.
Gallinaces.

[Seite 242]

Les oiseaux de cet ordre ont les pieds courts et
un bec convexe, qui est revêtu à la racine d'une
membrane charnue, et dont la mandibule su-
périeure recouvre des deux côtés la mandibule
inférieure. Ils se nourrissent pour la plupart de
graines qu'ils amollissent dans leur jabot; ils sont
polygames, pondent beaucoup d'œufs, et for-
ment la plus grande partie de notre volaille de
basse-cour.

XLI. Les Pigeons (Columba).

(Bec droit, descendant vers le sommet).

a. Pigeons à queue égale moyenne.
1.
lat.

all.
angl.
Le Biset.
C. ænas (vinago,
  livia.)
die Holztaube.
the Stockdove.
    Bleuâtre; gorge d'un
verd brillant, la partie
postérieure du dos blan-
che, zone sur les ailes, et
bout de la queue noirâtre.

Se trouve dans presque tous les pays de l'an-
cien monde. Ceux qui habitent dans le nord, le
quittent dans l'automne pour se rendre dans des
pays un peu plus au sud. Ceux qui séjournent
dans les climats tempérés, se réunissent par
[Seite 243] troupes, et passent l'hiver dans des fentes de
rochers, dans le creux des arbres, etc. La fe-
melle sauvage ne pond que deux fois par an,
mais le pigeon domestique pond jusqu'à dix fois
par an; de sorte qu'un seul couple donneroit,
en quatre ans, 14,762 pigeons.

Voici les principales variétés, dont quelques-
unes pourtant sont regardées comme des espèces
particulières.

a. Le pigeon pattu (c. dasypus, all. die Trom-
meltaube
angl. the roughfooted Dove),
à pieds garnis de longues plumes. (Frisch,
pl. 145).

b. Le pigeon à grosse gorge, le grand gosier
(lat. c. gutturosa, all. die Kropftaube, angl.
the cropper pigeon), à jabot parfois mons-
trueux. (Frisch, pl. 146).

c. Le pigeon cravatte, le pigeon à gorge frisée
(lat. c. turbita, all. das Mœwchen, angl. the
turbit),
à plumes frisées sur la gorge, et à
bec tout court. (Frisch, pl. 147).

d. Le pigeon culbutant (lat. c. gyratrix, all.
der Tummler, angl. the tumbler), à tête lisse
et à orbite des yeux rouge et chauve. Lors-
qu'il s'élève en l'air, il tourne sur lui-même.
(Frisch, pl. 148).

e. Le pigeon nonain, le pigeon à capuchon
[Seite 244] (lat. c. cucullata, all. die Schleiertaube
angl. the jacobine), à panache sur la tête
dirigé en avant. (Frisch, pl. 150).

f. Le pigeon paon (lat. c. laticauda, all. die
Pfauentaube,
angl. the shaker), à queue
droite et déployée. (Frisch, pl. 151).

g. Le pigeon messager (lat. c. tabellaria, all.
die Posttaube, angl. the carrier pigeon),
à verrues charnues et rouges autour du bec
et des yeux. Cette sorte de pigeons doit son
nom à l'usage que l'on avoit anciennement de
s'en servir, sur-tout dans le Levant, pour en-
voyer des lettres.

2.




lat.
all.
angl.
Le Pigeon de la
  nouvelle Gui-
  née, le Faisan
  couronné des
  Indes. (Briss.).
C. coronata.
der Kronvogel.
the great crowned
  Indian-pigeon.
    Bleuâtre, cendré en-
dessus, orbites noires,
aigrette droite; épaules
ferrugineuses.
    Jo. Fr. Miller, fasc.
III, pl. 16.

Habite dans la nouvelle Guinée et dans les îles
voisines. Est gros presque comme un dindon.

3.
lat.
all.
angl.
Le Pigeon ramier.
C. palumbus.
die Ringtaube.
the ring Dove.
    Rectrices d'un noir pro-
fond sur la partie posté-
rieure, rémiges primaires
blanchâtres sur le bord
[Seite 245]
                                       extérieur, cou blanc de
tons côtés.
    Frisch, pl. 138.

Se trouve dans presque toute l'Europe.

4.
lat.
all.
angl.
La Tourterelle.
C. turtur.
die Turteltaube.
the turtle Dove.
    Rectrices blanches à la
pointe, dos gris, poitrine
incarnat, tache noire sur
le coté du cou, marquée
de petites lignes blan-
ches.
    Frisch, pl. 140.

Se trouve dans les pays chauds et dans les ré-
gions tempérées de l'ancien inonde. On a beau-
coup vanté leur chasteté et leur fidélité conju-
gale; mais en mettant de côté les contes qu'on
en a faits, il se trouvera que les tourterelles ne
sont ni plus fidelles, ni plus chastes que les
autres oiseaux qui ont la même manière de
vivre qu'elles.

5.

lat.
all.
angl.
La Tourterelle à
  collier.
C. risoria.
die Lachtaube.
the indian Turtle.
    Jaunâtre en-dessus, pe-
tit croissant noir sur la
gorge.
    Frisch, pl. 141.

Dans l'Europe tempérée et dans les Indes orien-
tales.

b. A queue plus longue cunéiforme.
6.          Le Pigeon de pas-
  sage.
    Orbites dénudées et
rouge de sang; poitrine
[Seite 246]
   lat.
all.
angl.
C. migratoria.
die Zugtaube.
the migratory      
  Pigeon.
rousse.
    Frisch, pl. 143.

Dans la partie nord-est de l'Amérique. Ils voya-
gent toujours par grandes troupes. Les indiens les
prennent alors par milliers; ils les font sécher ou
les fument, et en font leur aliment principal.

XLII. Les Tétras (Tetrao).

(Tache nue près des yeux, papilleuse).

1.
lat.
all.
angl.
La Caille.
T. coturnix.
die Wachtel.
the Quail.
    Pieds nus, corps gris
tacheté, sourcils blancs,
rectrices bordées de fer-
rugineux et marquées
d'une lunule de la même
couleur.
    Frisch, pl. 117.

Habite presque dans tout l'ancien monde. C'est
un oiseau de passage qui se montre parfois par
troupes innombrables. En Italie, on aime beau-
coup plus les mâles à cause de leur chant; on
les y a aussi accoutumés à combattre l'un contre
l'autre, comme les coqs en Angleterre. Ces com-
bats de cailles sont aussi en usage à la Chine.

2.
lat.
all.
angl.
La Perdrix.
T. perdix.
das Rebhuhn.
the Partridge.
    Tarses nus éperonnés,
tache nue écarlate sous
les yeux, queue ferrugi-
neuse, poitrine presque
brune.
    Frisch, pl. 114.
[Seite 247]

Se trouve dans la partie moyenne de l'Europe,
et dans les régions tempérées de la Russie asia-
tique.

3.

lat.
all.

angl.
La Perdrix rouge,
  la bartavelle.
T. Rufus.
das rothe Reb-
  huhn.
the red Partridge.
  the greck Part-
  ridge.
    Tarses nus éperonnés,
couleur de sang, bec de
la même couleur, gosier
blanc teint d'une zone
noire ponctuée de blanc.
    D'Aubenton, planches
enluminées, 231.

Dans le sud de l'Europe et dans le Levant. On
l'élève, dans les îles de l'Archipel, comme un
oiseau de basse-cour.

4.
lat.
all.
angl.
La Gelinotte.
T. bonasia.
das Haselhuhn.
the Hasel-grous.
    Pieds velus; rectrices
cendrées, marquées de
points noirs et d'une zone
noire, excepté les deux
intermédiaires.
    Buffon, vol. 2, pl. 7.

Vit solitaire dans les noisetiers; elle habite la
partie moyenne de l'Europe.

5.

lat.
all.
angl.
La Gelinotte
  blanche.
T. lagopus.
das Schneehuhn.
the white Game.
    Pieds laineux, rémi-
ges blanches, rectrices
noires, blanches à la
pointe, les intermédiai-
res blanches.
    Frisch, pl. 110 et 111.

Dans les régions montagneuses et les plus sep-
[Seite 248] tentrionales de l'ancien et du nouveau monde.
En été, elle est grise. La gelinotte est un oiseau
très-important pour les colons européens dans le
Labrador et le Groenland.

6.



lat.
all.
angl.
Le petit Tétras.
  Le Coq de bruyè-
  re à queue four-
  chue.
T. tetrix.
der Birkhahn.
the black Cock.
    Pieds velus; queue bi-
furquée; rémiges secon-
daires blanches vers la
base.
    Frisch, pl. 109.

Elans le nord de l'ancien monde.

7.

lat.
all.
angl.
Le Coq de bruyè-
  re.
T. urogallus.
der Auerhahn.
the Cock of the
  wood.
    Pieds velus, queue ar-
rondie, aisselles blan-
ches.
    Frisch, pl. 107 et 108.

Dans le nord de l'Europe. Il a une vue et une
ouïe très-perçante; sa langue et son larynx supé-
rieur sont enfoncés très-avant dans l'ésophage.

XLIII. Les Pintades (Numida).

(Tête cornue, cou comprimé, coloré,
fanons caronculacés aux côtés de chaque
mâchoire).

1.
lat.
all.
angl.
La Pintade.
N. meleagris.
das Perlhuhn.
the Guiney hen.
    Bec ciré recevant les
narines.
    Frisch, pl. 116.
[Seite 249]

Est originaire d'Afrique; mais on l'a trans-
portée déjà depuis long-temps en Europe et dans
plusieurs parties de l'Amérique.

XLIV. Les Faisans (Phasianus).

(Joues couvertes d'une peau nue, lisse).

1.
lat.
all.
angl.
Le Coq.
P. gallus.
der Haushahn.
the Cock.
    Caroncule comprimée
sur le vertex, double bar-
billon au gosier, oreilles
nues; queue comprimée,
montante.

La race sauvage de laquelle on croit que pro-
viennent les autres,* est originaire de l'Indostan;
sa couleur est d'un brun rouge, et elle se dis-
tingue par de petites feuilles plates de substance
cornée qu'elle a à la pointe des plumes du cou
et des ailes; ces feuilles ressemblent aux disques
rouges de cinnobre qui se trouvent sur les ailes
du jaseur de Bohême. Pour le coq domestique,
il est répandu par toute la terre; cependant ce
sont les espagnols qui, les premiers, l'ont trans-
porté en Amérique; mais les européens l'ont
trouvé dans beaucoup d'îles de la mer du Sud,
quand ils en ont fait la découverte. La poule
pondant une quantité d'œufs, et couvant très-
souvent, est un des oiseaux les plus utiles de
toute cette classe; et les combats de coqs ont été
[Seite 250] depuis long-temps et dans les différentes parties
du monde, le spectacle favori de plusieurs peu-
ples.

De tous les animaux domestiques de cette classe,
ce sont les coqs qui ont le plus dégénéré et ont
produit les races et les variétés les plus singu-
lières; parfois même, ces variétés sont devenues
de véritables monstruosités héréditaires; le coq
sans queue, par exemple, est un monstre par
défaut
(voyez § 12), et les coqs à cinq et
même à six doigts, sont des monstres par excès
(voyez le même §). On peut compter aussi,
parmi ces derniers monstres, ces coqs qui ont un
panache épais sur la tête, et chez qui l'os frontal
du crâne devient une vessie monstrueuse. C'est
une déviation héréditaire de la force généra-
trice
qui, autant que je sache, est dans l'histoire
naturelle, unique en son espèce.

On sait, mais ce n'en est pas moins remar-
quable physiologiquement, que l'on peut enter
l'ergot d'un coq sur sa tête. (Voyez Duhamel,
dans les mémoires de l'académie des sciences,
de 1746, p. 349 et suiv.)

Parmi les autres variétés, on remarque prin-
cipalement:

a. Le Coq de Padoue, une fois aussi gros que
le coq domestique commun.

[Seite 251]

b. Le Coq nain, à peine à moitié si gros que
le Coq ordinaire.

c. Le Coq frisé, à plumes frisées et bouclées.

d. Le Coq du Japon, dont les plumes sont
plates presque comme des poils, ce qui a fait
croire à des bâtards provenus de lapins et de
poules.

e. La Poule nègre, à peau noire, qui se trouve
particulièrement à Saint-Jago, au Cap-Vert,
où l'on dit que d'autres espèces d'oiseaux of-
frent aussi cette particularité.

2.
lat.
all.
angl.
Le Faisan.
P. colchicus.
der Fasan.
the Pheasant.
    Roux panaché; tête
verte-bleuâtre; queue
cunéiforme; joues papil-
leuses.
    Frisch, pl. 123.

Tire son nom du fleuve du l'hase en Min-
grélie, d'où l'on dit que les argonautes l'ont
rapporté en Europe.

3.

lat.
all.
angl.
L'Argus, le Fai-
  san de Junon.
P. argus.
der Pfaufasan.
the Argus, the
  Luen.
    Jaune ponctué de blanc,
face rouge, occiput ai-
gretté bleu.
    Edwards Philos. tran-
sact. vol. 55, pl. 3.

Cet oiseau superbe, originaire de la Chine,
ainsi que les deux espèces suivantes, a neuf
pieds de long, depuis le bec jusqu'au bout de
la queue.

[Seite 252]
4.

lat.
all.
angl.
Le Faisan doré de
  la Chine.
P. pictus.
der Goldfasan.
the picted Phea-
  sant.
    Aigrette flave; poitrine
écarlate; rémiges secon-
daires bleues; queue cu-
néiforme.
    Edwards, pl. 68 et 69.
5.


lat.
all.
angl.
Le Faisan d'ar-
  gent de la Chi-
  ne.
P. nycthemerus.
der Silberfasan.
the pencilled
  Pheasant.
    Blanc, aigrette et ab-
domen noirs, queue cu-
néiforme.
    Edwards, pl. 66.
XLV. Les Hoccos (Crax).

(Bec ciré à la base, à chaque mandi-
bule; pennes couvrant la tête, contournées
en spire).

1.
lat.
all.
angl.
Le Curasso.
C. alector.
der Curasso.
the crested Cu-
  rassow.
    Cire flave; corps noir,
ventre blanc.
    Buff. vol. 2, pl. 13.

Habite en Guyanne, etc.*

XLVI. Les Dindons (Mêleagris).

(Tête couverte de caroncules spongieuses,
[Seite 253] gosier garni d'une caroncule membraneuse,
longitudinale).

1.
lat.
all.

angl.
Le Dindon.
M. gallopavo.
der Truthahn
  der Puter.
the Turkey.
    Poitrine barbue (dans
le mâle).

Habite dans la partie moyenne et septentrio-
nale de l'Amérique; on les y voit par centaines
sur les arbres. On l'apporta, pour la première
fois, en 1530, en Allemagne; on l'élève dans les
basses-cours; il est dégénéré en variétés blanches
et de différentes couleurs.

XLVII. Les Paons (Pavo).

(Tête couverte de pennes tournées en
spire; pennes caudales alongées, ocellées).

1.
lat.
all.
angl.
Le Paon.
P. cristatus.
der Pfau.
the Peacock.
    Tête ornée d'une ai-
grette comprimée; épe-
rons (ergots) solitaires.

Est originaire des Indes orientales, et a été
transporté en Europe depuis Alexandre-le-grand.
Lorsque le mâle a atteint l'âge de trois ans, il se
distingue par la beauté des pennes de sa queue
ou plutôt de son croupion. De toutes les variétés,
la blanche est la plus commune.

XLVIII. Les Outardes (Otis).
[Seite 254]

(Bec à mandibule supérieure voûtée;
pieds coureurs).

1.

lat.
all.
angl.
La grande Ou-
  tarde.
O. tarda.
der Trappe.
the Bustard.
    Tête et gorge aigrettée
des deux côtés (dans le
mâle).

C'est un des plus grands oiseaux d'Europe. Elle
habite les pays tempérés de l'ancien monde. Le
mâle pèse environ trente livres, et a en avant i
sous le cou, un grand sac caché qui s'ouvre sous
la langue.


ORDRE SEPTIÈME.
Les Struthions

[Seite 255]

Sont de grands oiseaux terrestres dont les
doigts sont distincts et libres, et qui ont des ailes
courtes, sans rémiges, et peu propres au vol.

XLIX. Les Autruches (Struthio).

(Bec presque conique; pieds coureurs).

1.

lat.
all.
angl.
L'Autruche ordi-
  naire.
S. camelus.
der Straus.
the Ostrich.
    Pieds didactyles, doigt
extérieur petit, sans on-
gle, deux épines aux
ailes.
    Latham, vol. 3, p. 1.
pl. 71.

Habite en Afrique. C'est le plus grand de tous
les oiseaux; il a plus de huit pieds de haut, et
pèse trois quintaux. L'autruche ne peut pas voler;
mais ce défaut est réparé par la rapidité de sa
course. Elle est très-précieuse, à cause de ses
helles plumes.

2.

lat.
all.
angl.
Le Casoar, l'E-
  meu.
S. casuarius.
der Casuar.
the Cassowary.
    Pieds tridactyles, cas-
que et fanons nus, re-
miges épineuses.
    Latham, l. c. pl. 72.

Dans les Indes orientales. La griffe de ses doigts
du milieu est extrêmement forte; ses plumes sont
[Seite 256] cornées et Ressemblent à des crins, et d'une tige
commune; sortent toujours.

Il y a une espèce semblable au casoar, connue
sous le nom de thouyou (Struthio rhea), qui
habite le Chili, et dernièrement on en a décou-
vert encore une autre dans la cinquième partie
du monde, à la nouvelle Galles du sud.

L. Les Drontes (Didus).

(Bec rétréci dans le milieu par deux
rides transversales, chaque mandibule à
sommet infléchi; face au-delà des yeux
nue).

1.

lat.


all.
angl.
Le Dronte, le
  Dondon.
D. ineptus (cy-
gnus cuculla-
tus).
der Dudu.
the Dodo.
    Pieds promeneurs; queue
très-courte; pennes in-
curvées.
    Planche 15.

Anciennement à l'Ile de France et de la Réu-
nion (ci-devant Bourbon); mais M. Morel qui
a pris des informations dans l'endroit même,
assure que cet oiseau n'existe plus; cela n'est pas
invraisemblable, cet animal étant le plus lourd
et le plus lent de toute cette classe, par consé-
quent est très-aisé à prendre, et d'ailleurs il n'est
bon à rien, à causé du goût désagréable de sa
chair.

[Abb]
Didus ineptus.xxx
[interleaf] [Seite 257]

Nous avons fini les oiseaux de terre,
viennent ensuite les oiseaux aquatiques, en
deux ordres.

ORDRE HUITIÈME.
Gralles.

Ces gralles ou oiseaux de rivage ont un bec
cylindrique d'une grandeur différente, de longs
pieds, et quelquefois aussi un long cou, mais la
queue courte; ils habitent dans les marais, dans
les tourbières, vivent communément d'amphibies,
de poissons, d'insectes et de plantes aquatiques;
la plupart nichent sur terre ou dans des roseaux;
leur chair est en général d'un très-bon goût; leurs
œufs sont également bons à manger.

LI. Les Flamans (Phœnicopterus).

(Bec dénudé, courbé en dedans comme
avec force, denticulé; pieds tétradactyles).

1.
lat.
all.
angl.
Le Flamant.
P. ruber.
der Flamingo.
the Flamant.
    Rouge, à remiges noi-
res.
    Catesby, vol. 1. pl. 73
et suiv.

Habite dans les climats chauds des deux mon-
des; il se trouve dans les environs des mers.
Quoique son corps soit médiocrement grand, ses
[Seite 258] jambes et son cou sont si longs, qu'il a la hau-
teur d'un homme.

LII. Les Spatules (Platalea).

(Bec presque plane, à sommet dilaté,
orbiculé, plane; pieds tétradactyles, demi-
palmés).

1.
lat.
all.
angl.
La Spatule.
P. leucorodia.
die Lœffelgans.
the Spoonbill.
    Corps blanc, gosier
noir, occiput orné d'une
sorte de petite aigrette.
    Frisch, pl. 200.

Çà et là, sur-tout dans la partie occidentale
de l'ancien monde.

LIII. Les Kamichis (Palamedea).

(Bec conique, à mandibule supérieure
crochue; pieds tétradactyles, fendus).

1.

lat.
all.
angl.
Le Kamichi, le
Kamoucle.
P. cornuta.
der Kamichy.
the horned Screa-
  mer.
    Fausses ailes garnies
de deux épines, front
cornu.
    Latham, vol. 3, p. 1,
pl. 74.

Dans la partie est de l'Amérique méridionale.

LIV. Les Jabirous (Mycteria).

(Bec presque ascendant, à mandibule
supérieure triquêtre, à inférieure trigone,
[Seite 259] acuminée, ascendante; front chauve; nari-
nes linéaires; pieds quatre dactyles).

1.


lat.
all.
angl.
La Cigogne du
  Brésil, le Jabi-
  rou.
M. americana.
der Jabiru.
the american Ja-
  biru.
Latham, l. c. pl. 25.

A la même patrie que l'oiseau précédent.

LV. Les Savacous (Cancroma).

(Bec gibbeux, à mandibule supérieure
figurée comme une nacelle renversée).

1.
lat.
all.

angl.
La Cuillère.
C. cochlearia.
der Hohlschna-
  bel.
the Boat-bill.
Ventre roussâtre.
Latham, 1. c. pl. 26.

Habite également dans le Brésil, etc.

LVI. Les Hérons (Ardea).

(Bec droit, aigu, long, presque compri-
mé, pieds tétradactyles).

1.
lat.
all.
angl.
La Grue.
A. grus.
der Kranich.
the Crane.
    Occiput nud, papilleux;
corps cendré, ailes testa-
cées extérieurement.
    Frisch, pl. 194.

Dans le nord de l'ancien monde.

[Seite 260]
2.
lat.
all.
angl.
La Cigogne.
A. ciconia.
der Storch.
the Stork.
    Blanche, orbites nus,
remiges noires, bec, pieds
et peau rouge de sang.

Dans les climats tempérés de presque tout l'an-
cien monde. Elle ne se nourrit pas seulement
d'amphibies, mais elle dévore aussi des animaux
utiles, des compagnies entières de perdreaux,
par exemple; elle porte aussi très-souvent dans
son nid de la toile, du fil, etc. pour le garnir,
et afin qu'il soit plus doux.

3.
lat.
all.
angl.
Le Héron.
A. cinerea.
d. graue Reiher.
the Heron.
    Occiput noir, lisse, dos
bleuâtre, blanchâtre en.
dessous, poitrine mar-
quée de taches noires
oblongues.
    Frisch, pl. 198.

Presque par-tout dans les deux mondes. Ce sont
des animaux nuisibles qui dévastent les étangs,
et font du tort particulièrement à l'alevin. Ils
nichent sur les arbres élevés, les chênes, etc.

4.
lat.
all.

angl.
L'Aigrette.
A. garzetta.
die kleine wels-
  se Reiher.
the little Egret.
    Occiput aigrette, corps
blanc, bec noir, bandes
et pieds verdâtres.
    Buffon, tom. 7. pl. 20.

Se trouve particulièrement en Perse. C'est elle
qui a ces longues plumes soyeuses et d'un blanc
d'argent, que portent les orientaux sur leurs
turbans.

[Seite 261]
5.
lat.
all.
angl.
Le Butor.
A. stellaris.
die Rohrdommel.
the Bittern.
    Tête presque lisse, tes-
lacée en dessus avec des
taches transversales, plus
pâle en dessous, avec des
taches brunes oblongues.
    Frisch, pl. 205.

Dans les climats tempérés des pays septen-
trionaux.

LVII. Les Ibis (Tantalus).

(Bec long, subulé, presque térète, pres-
que arqué, sac jugulaire nud, pieds tétra-
dactyles, palmés à la base).

3.
lat.
all.

angl.
L'Ibis blanc.
T. ibis.
der ægiptischer
  Brachvogel.
the egiptian Ibis.
    Face rouge, bec jaune,
pieds gris, rémiges noi-
res, corps roussâtre al-
bide.
    Voyage de Bruce aux
sourees du Nil, dans le
supplément, pl. 35.

C'est l'oiseau si connu anciennement en Egypte,
et que l'on trouve représenté sur les anciens mo-
numens de ce pays. Les égyptiens conservoient
ces oiseaux comme les corps humains; ils en
faisoient des momies, et les déposoient en grande
quantité dans des caveaux particuliers. J'ai eu
l'occasion, à Londres, d'examiner deux momies
d'ibis, et j'en ai rendu compte dans les tran-
sactions philos, de 1794. On trouve encore quel-
[Seite 262] ques ibis, mais ils sont devenus assez rares, au
moins dans la basse Egypte.

On ne sait pas encore si l'ibis noir, un peu
plus petit que le précédent, forme une espèce
particulière, ou bien si c'est l'âge seul qui le rend
différent du blanc (qui est à-peu-près grand
comme une cigogne).*

LVIII. Les Bécasses (Scolopax).

(Bec presque térète, obtus, plus long
que la tête, face couverte, pieds à quatre
doigts, le postérieur composé de plusieurs
articles et portant à terre).

1.
lat.
all.
angl.
La Bécasse.
S. rusticula.
d. Waldschnepfe.
the Woodcook.
    Bec roussâtre à sa base,
pieds cendrés, cuisses
couvertes, zone noire sur
la tête.
    Frisch, pl. 226.

Dans les climats les plus chauds du nord de
l'ancien monde.

2.
lat.
all.
angl.
La Bécassine.
S. gallinago.
d. Heerschnepfe.
the Snipe.
    Bec droit, tuberculé,
pieds bruns, lignes bru-
nes sur le front, quater-
nées.
    Frisch, pl. 229.
[Seite 263]

Presque dans tous les pays septentrionaux des
deux hémisphères.

LIX. Les Vanneaux (Tringa).

(Bec presque térète, de la longueur de
la tête, doigt postérieur uni-articulé, ne
portant pas à terre).

1.

lat.
all.
angl.
Le Combattant,
  le Paon de mer.
T. pugnax.
der Kampfhahn.
the Ruff.
    Bec et pieds rouges,
trois rectrices latérales
immaculées, face cou-
verte de papilles granu-
lées, charnues.
    Frisch, pl. 232.

Dans le nord de l'ancien monde. Il tire son
nom de l'acharnement avec lequel les mâles
se battent entr'eux dans le temps de leurs amours.

2.
lat.

all.
angl.
Le Vanneau.
T. vanellus (ga-
  via).
der Kybitz.
the Lapwing.
    Pieds rouges, aigrette
pendante de côté, poi-
trine noire.
    Frisch, pl. 213.

Egalement dans le nord de l'ancien monde.

LX. Les Pluviers (Charadrius, all. Regen-
pfeiffer,
angl. Plover).

(Bec térétiuscule obtus, narines linéaires,
pieds coureurs tridactyles).

1.        Le Pluvier à col-
  lier.
    Poitrine noire, front
noirâtre, marqué d'une
[Seite 264]
   lat.
all.
angl.
C. hiaticula.
die Seelerche.  
the Sealark.
petite zone blanche, ver-
tex brun, pieds jaunes.
    Frisch, pl. 214.

Çà et là, près des fleuves des pays septentrio-
naux. On le trouve aussi dans les îles Sandwich.

LXI. Les Avocettes (Recurvirostra).

(Bec déprimé, plane, subulé, recourbé,
acuminé, à sommet flexible, pieds palmés,
tridactyles).

1.
lat.
all.

angl.
L'Avocette.
R. avosetta.
der Sæbelschnæ-
  bler.
the Avoset.
    Variée de noir et de
blanc.
    Buffon, vol. 8, pl. 38.

Dans les climats tempérés de l'ancien monde.
Elle se nourrit principalement d'insectes aqua-
tiques et de vers, qu'elle sait attraper très-adroi-
tement avec son bec recourbé en haut d'une ma-
nière très-singulière.

LXII. Les Huîtriers (Hœmatopus).

(Bec comprimé, à sommet en forme de
coin égal, pieds coureurs tridactyles).

1.
lat.
all.
angl.
L'Huîtrier.
H. ostralegus.
der Austerdieb.
the sea Pie, the
  Pied oyster-cat-
  cher.
    Bec et pieds rouges.
    Latham, vol. 3, part.
1, pl. 84.
[Seite 265]

Çà et là, sur le bord des mers de toutes les
parties du monde. Il se nourrit principalement
de testacées.

LXIII. Les Poules d'eau (Fulica, all. Was-
serhuhn
).

(Bec convexe à mandibule supérieure
voûtée au-dessus de l'inférieure, front
chauve,
pieds tétradactyles, sous-pinnés).

1.

lat.
all.

angl.
La Foulque, la
  Morelle.
F. atra.
d. Schwarzeblass-
  huhn.
the Coot.
    Front incarnat, ge-
nouillères jaunes, corps
noirâtre.
    Frisch, pl. 209.

Dans les climats tempérés du nord.

LXIV. Les Jacanas (Parra)

(Bec un peu térète, presque obtus, na-
rines ovées au milieu du bec, front caron-
cule à caroncules lobées, fausses ailes gar-
nies d'épines).

1.

lat.
all.

angl.
Le Chirurgien, le
  Chevalier.
P. jacana.
d. braune Sporn-
  flügel.
t. chesnut Jacana,
  the spurwinged
  Waterhen.
    Ongles postérieurs très-
longs, pieds verdâtres.
    Buffon, vol. 8, pl. 16.

Des Indes occidentales, du Brésil, etc.

LXV. Les Râles (Rallus).
[Seite 266]

(Bec plus épais à la base, comprimé, à
dos atténué vers le sommet, égal, pointu,
pieds tétradactyles, fendus).

1.

lat.

all.
angl.
Le Râle de genet,
  le Roi des cailles.
R. crex (ortygo-
  metra.
d. Wachtelkœnig.
the Rail, Daker-
  hen.
    Ailes d'un roux ferru-
gineux.
    Frisch, pl. 210.

Dans les climats tempérés de l'ancien monde.
On l'a nommé le roi des cailles, parce qu'on
croyoit anciennement qu'il conduisoit les bandes
de ces oiseaux dans leurs migrations.

LXVI. Les Agamis (Psophia).

(Bec en cône cylindrique, convexe, acu-
tiuscule, à mandibule supérieure plus lon-
gue, narines ovées, ouvertes, pieds tétra-
dactyles, fendus).

1.

lat.
all.
angl.
L'Oiseau trom-
  pette.
P. crepitans.
die Trompette.
the gold breasted
  Trumpeter.
    Noir, poitrine gorge
de pigeon.
    Latham, vol. 2, part.
2, pl. 68.

De l'Amérique septentrionale. Très-commun,
sur-tout près du fleuve des Amazones. Il s'ap-
privoise très-aisément, et devient fort attaché
à son maître.

ORDRE NEUVIÈME.
Ansères.

[Seite 267]

Les oiseaux de cet ordre sont reconnoissables
à leurs pieds nageurs, qui, chez eux, sont placés
plus en arrière, et par-là leur servent comme
de rames, mais qui sont très-incommodes pour
marcher. La mandibule supérieure de leur bec se
termine ordinairement par un petit crochet, et
chez la plupart elle est, ainsi que l'inférieure,
revêtue d'une peau extrêmement nerveuse (voyez
plus haut § 64). Les ansères ont une langue
charnue, un palais rude et garni d'aiguillons; et
dans beaucoup d'espèces de cet ordre, les mâles
ont en avant, à la trachée-artère, une capsule
particulière cartilagineuse ou osseuse. Ils ont un
plumage épais et gras, impénétrable à l'eau, et se
tiennent sur les bords de la mer, des lacs, des
fleuves, dans les îles, sur les rochers ou dans les
roseaux. Ils sont presque tous polygames. Ils ne
pondent ordinairement qu'un œuf, ou du moins
qu'un petit nombre, mais leur chair, leur graisse,
leurs plumes, etc. les rendent d'une très-grande
utilité pour l'homme.

LXVII. Les Becs en ciseaux (Rhinchops).
[Seite 268]

(Bec droit, à mandibule beaucoup plus
courte, à inférieure tronquée au sommet).

2.
lat.
all.

angl.
Le Bec en ciseaux.
R. nigra.
d. Wasserschnei-
  der.
the sea Crow, the
  Culwater.
    Noirâtre, blanc en des-
sous, bec rouge à sa base.
    Brisson, tom. 6, pl.
21, fig. 2.

De l'Amérique septentrionale. La mandibule
supérieure est plus courte que l'inférieure, et
celle-ci entre dans l'autre presque comme la lame
d'un couteau de poche entre dans son manche.

LXVIII. Les Hirondelles de mer (Sterna).

(Bec édenté, subulé, presque droit, pointu,
presque comprimé, narines linéaires à la
base du bec).

1.
lat.
all.
angl.
Le Fou, le Diable.
S. stolida.
die Noddi.
the Noddi.
    Corps noir, front blan-
châtre, sourcils d'un noir
profond.
    Brisson, tom. 6, pl.
18, fig. 2.

Dans toutes les mers entre les deux tropiques.

2.
lat.
all.
angl.
Le Pierregarin.
S. hirundo.
die Seeschwalbe.
the Silverbird.
    Queue en pince, deux
rectrices les plus extérieu-
res marquées par moitié
de blanc et de noir.
    Frisch, pl. 219.

Dans tout le nord de la terre.

LXIX. Les Plongeons (lat. Colymbus, all.
Taucher).
[Seite 269]

(Bec édenté, subulé, droit, acuminé,
pieds embarrassés dans les plumes de l'ab-
domen).

1.

lat.
all.

angl.
Le Plongeon de
  Groënland.
C. grylle.
d. grœnlændische
  Taube.
the sea Turtle.
    Pieds palmés tridacty-
les, corps d'un noir pro-
fond, tectrices des ailes
blanches.
    Frisch, pl. 185.

Egalement dans les pays septentrionaux des
deux hémisphères.

2.
lat.
all.
angl.
Le Guillemot.
C. troile.
die Lumer.
the lesser Guille-
  mot.
    Pieds palmés tridacty-
les, corps brun, poitrine
et abdomen blanc de
neige, rémiges secondai-
res blanches à l'extrémité
de la pointe.
    Frisch, pl. 185.

Sur les côtes des mers dans le nord.

3.
lat.
all.
angl.
La Grèbe.
C. urinator.
der Erztaucher.
the greater Loon,
  the Grebe.
    Tête lisse, paupière
inférieure jaune, tache
blanche sur les ailes.
    Edwards, pl. 360. fig.
2.

Dans les pays chauds de l'Europe. Ses plumes
s'emploient comme celles du grebe cornu (C. cris-
[Seite 270] tatus) à faire des manchons, des garnitures de
robe, etc.

LXX. Les Mauves (lat. Larus, all. Mœve,
angl. Gull).

(Bec édenté, droit, en serpe, à sommet
presque crochu; mandibule inférieure gib-
beuse au-dessous du sommet).

Habitent communément sur les côtes des pays
septentrionaux; cependant il s'en trouve aussi
dans les mers du sud, et même par bandes in-
nombrables.

1.
lat.
all.
angl.
Le Tarrock.
L. tridactylus.
d. weisse Mæwe.
the Tarrock.
    Blanchâtre, dos d'un
gris-blanc, rectrices noi-
res à la pointe, excepté
la dernière, pieds tri-
dactyles.
    Brissom, tom. 6, pl.
17, fig. 2.

Dans l'Océan du nord.

LXXI. Les Anhingas (Plotus).

(Bec droit, acuminé, denticulé; face
couverte, pieds palmés, tous les doigts réu-
nis).

1.
lat.
all.
angl.
L'Anhinga.
P. anhinga.
der Anhinga.
the Darter.
Ventre blanc.
Willougbi, pl. 72.
[Seite 271]

Habite dans le Brésil. Il est gros comme un
canard, mais il a un très-long cou. On prétend
que cet oiseau roule son cou en spirale, et lance
ensuite sa tête contre les oiseaux qu'il veut at-
traper.

LXXII. Les Paille-en-queue (Phaethon).

(Bec en serpe, droit, acuminé, gosier
ouvert près du bec, doigt postérieur tourné
en avant).

1.

lat.
all.
angl.
Le Paille-en-
  queue.
P. æthereus.
der Tropikvogel.
the Tropic-bird.
    Deux rectrices très-lon-
gues, bec serreté, pieds
nageurs débarrassés des
plumes du corps.
    Brisson, tom. 6, pl.
42, fig. 1.

En pleine mer, entre les deux tropiques. Se
nourrit ordinairement de poissons volans.

LXXIII. Les Petrels (Procellaria).

(Bec édenté, presque comprimé, à man-
dibules égales, la supérieure à sommet cro-
chu, l'inférieure à sommet comprimé, ca-
naliculé, pieds à ongle postérieur sessile,
sans doigt).

1.
lat.
all.
angl.
Le Petrel.
p. pelagica.
der Sturmvogel.
the Stormfinch,
  the mothers ca-
  ry's chicken.
    Noir, croupion blanc.
    Linnæi fauna suecica,
pl. 2, fig. 143.
[Seite 272]

Sur les océans du nord et du sud. Il se trouve
ordinairement en pleine mer, très-loin de terre
et sur des rochers. Les navigateurs regardent
comme, un indice de tempête lorsqu'il se réfugie
dans les vaisseaux. Les habitans des îles Faroé
s'en servent comme de lampes, ils lui passent
une mèche à travers le corps, l'allument, et la
graisse de l'animal qui, en fondant, pénètre la
mèche peu-à-peu, la fait brûler assez long-temps.

LXXIV. Les Albatrosses (Diomedea).

(Bec droit, à mandibule supérieure cro-
chue à l'extrémité, à inférieure tronquée).

1.
lat.
all.
angl.
L'Albatrosse.
D. exulans.
der Albators.
the Albatros.
    Ailes pennées, très-
longues; pieds équilibres
tridactyles.
    Edwards, pl. 88.

Gros comme un cygne; mais lorsque ses ailes
sont déployées il a près de onze pieds de largeur;
il vole quelquefois à mille lieues de distance de
la terre, mais rarement il s'élève à plus de quinze
ou vingt pieds de là surface de la mer. Il se nour-
rit particulièrement de poissons volans.

LXXV. Les Pélicans (Pelicanus).

(Bec édenté, droit, à sommet crochu,
onguiculé; pieds équilibres, tous les quatre
doigts palmés ensemble.

[Seite 273]
1.
lat.
all.
angl.
Le Pélican.
P. onocrotalus.
die Kropfgans.
the Pelican.
    Gosier couvert d'une
poche.
    Ein blatt von J. E. Ri-
denger
. 1740.

Dans les climats chauds de l'ancien monde,
également à la nouvelle Hollande. Il a un jabot
énorme, en forme de sac, qui lui pend sous le bec,
et qui est tellement susceptible de s'étendre, qu'il
peut contenir trente livres d'eau.

Le pélican d'Amérique paroît spécifiquement
différent de celui de nos pays.

2.

lat.
all.
angl.
Le Tailleur, la
  Frégate.
P. aquilus.
die Fregatte.
the man of war
  bird.
    Ailes très-amples; queue
en pince; corps noir; bec
rouge, orbites noires.
    Edward, pl. 309.

A dans sa conformation et dans sa façon de
vivre beaucoup de ressemblance avec l'albatros;
seulement ses ailes sont encore plus longues: dé-
ployées, elles ont près de quatorze pieds de largeur,
et elles donnent à l'oiseau, lorsqu'il vole, une
phisionomie singulière.

3.
lat.
all.
angl.
Le Cormoran.
P. carbo.
die Scharbe.
the Cormoran.
    Queue arrondie; corps
noir, bec édenté; tête pres-
que aigrettée.
    Frisch, pl. 187.

Presque dans les cinq parties du monde. Les
[Seite 274] chinois dressent une espèce de pélican qui res-
semble beaucoup au cormoran (P. sinensis), à
pêcher des poissons.

4.
lat.
all.
angl.
Le Fou de Bassan.
P. bassanus.
die Rothgans.
the Gannet, the
  Soland goose.
    Queue cunéiforme,
corps blanc, bec serreté,
rémiges primaires noires,
face bleue.
    Brisson, t. 6, pl. 44.

Très-commun dans le nord de l'Europe et de
l'Amérique, sur-tout dans les îles d'Ecosse, et
nommément à Bass*, d'où cet oiseau a pris son
nom, Pendant l'été il y attend le passage des ha-
rengs, et dans l'hiver, au contraire, il se rend
dans les environs du Portugal et de la Barbarie,
à cause des anchois. Les habitans des îles d'E-
cosse mangent avec grand plaisir ces oiseaux,
lorsqu'ils sont jeunes, ainsi que leurs œufs, et ils
vont les chercher dans leurs nids, au risque de
leur vie, sur des rochers d'une hauteur ef-
frayante.**

LXXVI. Les Canards (Anas).

(Bec armé de petites lames en forme de
dents, convexe, obtus, langue ciliée, ob-
tuse).

[Seite 275]
1.
lat.
all.
angl.
Le Cygne.
A. olor.
der Schwan.
the Swan.
    Bec demi-cylindrique,
noir austère, cire noire,
corps blanc.
    Frisch, pl. 152.

Dans le nord de l'ancien monde. Se nourrit
de grenouilles, de plantes aquatiques, etc. Il faut
distinguer ce cygne connu sous le nom de cygne
muet ou apprivoisé, du cygne Sauvage (A. cygnus),
qui a une peau jaune à la racine du bec, et une
trachée-artère beaucoup plus longue et cour-
bée. Ce dernier rend un son clair qui retentit au
loin et qui n'est pas désagréable.

2.
lat.
all.

angl.
L'Oie de Guinée.
A. cygnoides.
die spanische
  Gans.
the Swan-Goose.
    Bec demi-cylindrique,
cire gibbeuse, paupières
gonflées.
    Frisch, pl. 153, 154.

En Guinée, au Cap, ensuite en Sibérie et à
la Chine, et, à ce qu'il paroît, aussi dans les îles
Sandwich. On en distingue plusieurs variétés.

3.
lat.
all.
angl.
L'Oie commune.
A. anser.
die Gans.
the Goose.
    Bec demi-cylindrique,
corps cendré en dessus,
plus pâle en dessous; cou
strié.

Sauvage dans les cinq parties du monde. On
trouve souvent parmi les oies domestiques, des
mâles blancs comme la neige, mais il est très-
rare de trouver une femelle toute blanche.

[Seite 276]
4.
lat.
all.
angl.
L'Oie de Canada.
A. canadensis.
die Hudsonsbay-
  Gans.
the Grey goose.
    Cendrée, tête et cou
noirs, joues et gosier
blancs.
    Edwards, pl. 131.

Dans les pays froids de l'Amérique septentrio-
nale. Les plumes de cet oiseau qui servent pour
nos lits, forment une branche importante de
commerce. Il fournit aussi d'excellentes plumes
pour écrire.

5.
lat.
all.
angl.
La Bernache.
A. bernicla.
die Baumgans.
the Crooked bill.
    Brune; tête, cou et poi-
trine noirs; collier blanc.
    Frisch, pl. 156.

Dans les pays septentrionaux les plus froids
des deux hémisphères. Elle vient seulement pour
passer l'hiver en Ecosse et dans les autres climats
tempérés, où elle se nourrit entre autres ani-
maux de l'anatise lisse (lepas anatifera), c'est
ce qui a fait inventer le conte que cet oiseau ne
provenoit pas d'un œuf, mais d'un testacée.

On disoit anciennement la même chose d'une
espèce analogue (A. erytropus), dont la couleur
est grise et le front blanc (Frisch, pl. 189), à
laquelle, pour cette raison, plusieurs ornitholo-
gistes ont donné le nom de bernicla ou bar-
nacle.

6.        L'Oie à duvet. Bec cylindrique, cire
[Seite 277]
   lat.
all.
angl.
A. mollissima.
der Eidervogel.
the Eiderduck,
  the Cuthbert-
  duck.
bifide postérieurement,
rugueuse.
    Brunnichs N. H. des
Eidervogels, pl. 1.

Dans le nord; très-commune, sur-tout en Is-
lande et en Groenland. Sa chair et ses œufs ont
un goût excellent, mais elle nous est encore plus
utile à cause de sa peau, dont on fait des four-
rures, des doublures d'habit, etc., et à cause de ce
duvet qui est connu sous le nom d'édredon.

7.
lat.
all.
angl.
Le Canard.
A. boschas.
die Ente.
the Duck.
    Rectrices intermédiai-
res (chez le mâle) recour-
bées; bec droit.
    Frisch, pl. 158.

Le canard sauvage se trouve dans presque
tout le nord, et parfois il offre de fort belles va-
riétés. Les canards apprivoisés paroissent avoir
un très-grand goût pour les accouplemens contre
nature; on a vu assez souvent, par exemple, des
jars tourmenter des poules, et des cannes courir
après les dindons.

8.
lat.
all.
angl.
Le Souchet.
A. clypeata.
die Shoveler.
the Lœffelente.
    Extrémité du bec dila-
tée, arrondie, ongle cour-
bé en dedans.
    Frisch, pl. 161.

A la même patrie que l'espèce précédente.

LXXVII. Les Harles (Mergus).
[Seite 278]

(Bec denticulé, en alêne, cylindrique, à
sommet crochu).

1.
lat.
all.
angl.
Le Harle.
M. merganser.
der Kneifer.
the Goos-Ander.
    Aigrette longitudinale
presque droite; poitrine
albide immaculée; rectri-
ces cendrées à tige noirâ-
tre.
    Frisch, pl. 190.

Dans le nord des deux hémisphères. Cet oiseau,
ainsi que Les autres espèces de ce genre, fait tort
aux étangs empoissonnés, sur-tout dans le temps
du frai.

LXXVIII. Les Alques (Alca).

(Bec édenté, court, comprimé, convexe,
sillonné transversalement; mandibule infé-
rieure gibbeuse avant la base).

Tout le genre se trouve sur les côtes et dans les
rochers des pays du nord.

1.
lat.
all.

angl.
Le Macareux.
A. arctica.
der Papageytau-
  cher.
the Puffin.
    Bec comprimé, à deux
tranchans, sillonné de
quatre sillons; orbite des
yeux et tempes blanches,
paupière supérieure mu-
cronée.

Niche dans des trous de lapins, ou se creuse
lui-même un terrier.

LXXIX. Les Manchots (Aptenodytes).
[Seite 279]

(Bec un peu comprimé, presque en
serpe, sillonné obliquement en longueur,
mandibule inférieure à sommet tronqué,
ailes impennes pinniformes).

Leur plumage lisse et brillant, leurs petites ai-
les écailleuses, presque semblables à des nageoi-
res, leur démarche presque droite, tout se réunit
pour donner à ces oiseaux un air particulier.
On en trouve différentes sortes sur les côtes mé-
ridionales, et dans les îles d'Afrique et d'Amérique;
on en voit aussi autour de la nouvelle Hollande,
de la nouvelle Guinée, de la nouvelle Zélande.*
Ils se réunissent parfois par troupes innombra-
bles.

1.

lat.
all.
angl.
Le Manchot sau-
  teur.
A. chrysocome.
der Springer.
the crested Pin-
  guin.
    Bec d'un roux brun,
pieds flavescens, aigrette
frontale droite, d'un noir
austère, aigrette auricu-
laire flave, tombante per-
pendiculairement.
    Forster, l. c. pl. 1.

Dans les îles de Falkland, la nouvelle Hol-
lande, etc.

2.        Le Manchot ta-     Bec et pieds noirs, zone
[Seite 280]

lat.
all.

angl.
  cheté. Briss.
A. demersa.
der schwarzfüssi-
  ger Pinguin.
the black-footed
  Pinguin.
pectorale et sourcils
blancs.
    Edwards, pl. 94.

Très-commun au Cap, etc.


SECTION VI.
Des Amphibies ou Reptiles. Cuv.

[Seite 281]

§ 81.

Les mammifères et les oiseaux se distinguent
tous deux des amphibies et des poissons, par la
chaleur (§ 23 et 40) et par la plus grande quan-
tité de leur sang.

§ 82.

Les amphibies ont cependant avec les animaux
à sang chaud, un point de ressemblance que n'ont
pas les poissons, c'est qu'ils respirent également
par les poumons; seulement les poumons sont
d'une texture beaucoup plus lâche, et la respi-
ration dans les amphibies est beaucoup moins dé-
terminée, et pour ainsi dire moins réglée que
dans les animaux des deux premières classes. Les
amphibies peuvent aussi se passer de respirer
bien plus long-temps que les mammifères et les
oiseaux; ils peuvent rester plus long-temps dans
le vide ou même dans l'air enfermé (on a vu,
par exemple, des crapauds enfermés dans une
[Seite 282] petite cavité, au milieu d'un tronc d'arbre ou
dans des blocs de pierre); ils sont même en état
de durer un assez long espace de temps dans un
atmosphère d'air carbonique, et de soutenir les
degrés extrêmes du froid et du chaud. Il est in-
contestable, par exemple, que des salamandres
et des grenouilles ont pu vivre dans l'estomac
et dans le canal intestinal de l'homme, et qu'on
en a vu d'autres gelées au point d'être dures et
froides comme un glaçon, qui revenoient ensuite
à la vie.

§ 83.

Comme les amphibies ont des poumons, ils
sont en état de faire entendre un son; cepen-
dant quelques-uns, tels que, parmi les amphibies
d'Europe, la véritable salamandre, le lézard
gris, l'orvet commun, paroissent être tout-à-fait
muets.

§ 84.

A l'égard de la conformation en général, les
amphibies diffèrent entre eux. Les uns, tels que
les tortues, les grenouilles, les lézards, ont qua-
tre pieds, tandis que les autres ont un long corps
étendu, cylindrique et sans aucuns organes de
mouvemens extérieurs.

§ 85.

Les tégumens extérieurs du corps des amphi-
[Seite 283] bies sont beaucoup plus variés que chez les
animaux à sang chaud. Quelques-uns sont re-
vêtus d'une écaille osseuse, d'autres sont cou-
verts de bandes de substance cornée, ou de
petites plaques sans nombre, ou bien d'écail-
les; d'autres encore ont une peau nue enduite
seulement d'une liqueur visqueuse. La plupart
changent de peau de temps en temps, quelques-
uns même, tels que la raine et différens lézards
(sur-tout le caméléon), changent tout-à-coup de
couleur.

§ 86.

La plupart des amphibies, comme leur déno-
mination le fait déjà assez entendre, peuvent
séjourner et sur terre et dans l'eau. Quelques-
uns cherchent à leur choix leur nourriture dans
ces deux élémens; d'autres, au contraire, passent
une certaine période de leur vie ou de certaines
saisons dans l'un des deux. Enfin il en est d'au-
tres qui ne peuvent séjourner que simplement
sur terre, ou simplement dans l'eau, mais point
dans l'un et l'autre élément.*

§ 87.

La nourriture de quelques amphibies, sur-tout
[Seite 284] parmi les tortues et les serpens, est extraordi-
nairement variée; d'autres, au contraire, tels que
la raine et le caméléon, sont très-difficiles sur le
choix de leurs alimens; ils ne veulent, par exem-
ple, que des insectes vivans, et encore d'un très-
petit nombre d'espèces. Beaucoup, lorsqu'ils sont
emprisonnés, ne mangent presque pas, et ils
peuvent soutenir un jeûne très-austère; moi-même
j'ai conservé pendant huit mois des salamandres,
sans leur rien donner à manger, et je n'ai pas
remarqué qu'elles aient eu l'air de beaucoup
souffrir, du moins elles n'étoient pas maigries
considérablement. Quant aux tortues, l'on sait
qu'elles peuvent subsister sans nourriture près
d'un an et demi.

§ 88.

La plupart des amphibies ont une force de
reproduction (§ 19) étonnante. Le degré d'in-
tensité de cette faculté provient, si je ne me
trompe, de la force de leurs nerfs, et de la peti-
tesse relative de leur cerveau. En effet, les pre-
miers se trouvent alors moins dépendans du der-
nier, toute la machine montre en général une
mobilité plus foible, moins de consensus que
chez les animaux à sang chaud; la vie des am-
phibies est plus simple et paroît davantage uni-
quement végétative que celle des animaux qui
[Seite 285] nous ont occupés jusqu'à présent; mais en re-
vanche, leurs membres sont doués d'une force
vitale propre et plus indépendante. Comme par
l'effet de cette force vitale plus propre des par-
ties individuelles, chaque stimulus qui agit sur
une partie ou sur un système, se rapporte moins
à un centre commun que chez les animaux des
deux premières classes, on peut concevoir pour-
quoi les amphibies ont la vie si dure; pourquoi
des grenouilles, auxquelles on a arraché le cœur,
sautent encore, et comment des tortues, de la
tête desquelles on a ôté la cervelle, peuvent vivre
encore des mois entiers. C'est de là que vient
également cette mobilité continuelle des parties
de leur corps qui ont été coupées; la queue des
salamandres et des orvets, par exemple, quoique
séparée du corps, conserve encore long-temps
son irritabilité.

§ 89.

Quelques amphibies, tels que certaines espèces
de serpens, ont pour armes et pour moyens de
défense leur poison. La salamandre, le crapaud
flamboyant, ont cette écume laiteuse qu'ils ré-
pandent lorsqu'ils sont en danger; un grand
nombre, particulièrement quelques serpens, des
crapauds, des lézards, ont une odeur spécifique
qu'ils exhalent autour d'eux.

§ 90.

[Seite 286]

Les sens extérieurs de la plupart des amphi-
bies ne paraissent pas être d'une grande viva-
cité. Quant à leurs sens intérieurs, leur mémoire
est assez remarquable. On a vu des crapauds, et
même des crocodiles, reconnoître leur bienfai-
teur; et il est des jongleurs qui instruisent des
serpens à faire des tours d'adresse. Du reste, on
ne remarque pas, dans les animaux de cette
classe, beaucoup de traces d'un véritable instinct
industriel
(§ 36).

§ 91.

Fort peu d'amphibies paraissent avoir ce besoin
de sommeil qui revient journellement; mais en
revanche, presque tous sont engourdis pendant les
mois les plus durs de l'hiver. Les uns s'isolent
pendant ce temps, les autres se rassemblent,
comme nos grenouilles et nos salamandres. Du
reste, ces animaux peuvent aussi se passer fort
aisément de dormir l'hiver, et lorsqu'ils sont
emprisonnés dans nos chambres, ils veillent fort
bien toute l'année.

§ 92.

La manière dont les amphibies se propagent,
a quelque chose de particulier. Le besoin de s'ac-
coupler est dans quelques-uns si violent, qu'on
[Seite 287] a vu des grenouilles couvrir, au défaut de fe-
melles, d'autres grenouilles mâles, des crapauds,
ou même des femelles mortes. Parmi la plupart
des grenouilles et des tortues de mer, l'accou-
plement dure plusieurs jours, quelquefois même
toute une semaine. Les vipères, en s'accouplant,
s'entrelacent entre elles très-étroitement par la
partie postérieure du corps, et dardent ensuite
avec force leurs langues l'une contre l'autre. Les
salamandres, au contraire, ne s'embrassent pas;
seulement, dans le temps de ses amours, le mâle
nage autour de sa femelle, et arrose de loin
les œufs que celle-ci dépose.

§ 93.

Les amphibies sont presque tous, à quelques
exceptions près, des animaux ovipares; mais plu-
sieurs, sur-tout parmi les serpens, ne produisent
leurs œufs que lorsque le petit qui s'y trouve a
déjà pris sa conformation parfaite. Le pipa fait
éclore ses œufs sur son dos.

Remarque. Vers la fin de l'été, je renfermai
parfaitement seule une salamandre dans un verre;
elle y étoit au moins depuis quatre grands mois,
lorsque vers le jour de l'an elle fit éclore tout-à-
coup, et en peu de jours, trente-quatre petits. Il
fout par conséquent qu'une fécondation précédente
[Seite 288] conserve son effet pendant un temps encore beau-
coup plus long que parmi les poules.

§ 94.

Les grenouilles et les lézards qui éclosent dans
l'eau, ne viennent pas d'abord au monde sous
leur forme parfaite, mais ils naissent comme
larves, et il faut qu'ils se soumettent à une sorte
de métamorphose avant que tous leurs membres
soient tout-à-fait conformés, et qu'ils en aient
l'usage parfait. Les tetards, par exemple (lat.
gyrini, all. die Kaulquappen, angl. the toadpo-
les)
, n'ont d'abord pas de pieds, mais à la place
une longue queue en forme de gouvernail; les sa-
lamandres nouvellement nées ont également, aux
deux côtés du cou, une sorte de branchies (ap-
pendices fimbriatœ Swarmmerdam). Elles ont
parfois aussi un petit suçoir à la lèvre inférieure.
Le jeune animal n'a toutes ces différentes parties,
que tant qu'il est comme larve; elles disparaissent
à mesure qu'il grandit.

§ 95.

Les amphibies croissent très-lentement; nos
grenouilles, par exemple, ne sont communément
en état de se reproduire que dans leur quatrième
année, et cependant elles n'atteignent pas un âge
très-avancé, proportionnellement à ce retard de
[Seite 289] leur puberté: elles vivent peut-être douze ou
treize ans. Quant aux tortues, au contraire, on
sait que, même en captivité, elles ont vécu plus
de cent ans; de sorte qu'il est possible, à en
conclure par l'analogie, que les grands serpens
et les crocodiles parviennent à un âge encore
plus avancé.

§ 96.

L'utilité dont sont les amphibies pour l'espèce
humaine, n'est pas très-variée; il est cependant
quelques pays dans lesquels ils sont très-utiles.
On mange les tortues et leurs œufs, ainsi que
quelques espèces de grenouilles et de lézards. Nos
ouvriers emploient l'écaille de tortue. L'on se
sert en médecine des lézards, des vipères, etc.

§ 97.

Plusieurs animaux monstrueux de cette classe,
tels que les crocodiles et les serpens aquatiques,
sont dangereux par leur force et leur grandeur;
d'autres, sur-tout parmi les serpens, le sont par
leur poison, qui n'est aussi actif et aussi violent
dans aucune autre classe d'animaux.

§ 98.

Toute la classe se divise seulement en deux
ordres.

[Seite 290]
Ordre
1.er
lat.
Reptiles.
Reptiles.
    Amphibies à 4 pieds
(les quadrupèdes ovi-
pares des anciens natu-
ralistes, et aussi de plu-
sieurs modernes). – (Les
tortues, les grenouilles,
les lézards).
2.e
lat.
Serpents.
Serpentes.
    Sans aucuns organes
de mouvement extérieurs.
(§. 84).

PETIT NOMBRE DE LIVRES

Pour l'histoire naturelle de cette classe.

  1. Alb. Seba Rerum naturalium thesaurus. Amst.
    1764–6, 4 vol. gr. in-fol. (seulement les deux
    premiers volumes).
  2. Joh. Nic. Laurenti Sinopsis reptilium emendata.
    Vindob. 1768. in -8°.
  3. C. de Lacépède Histoire naturelle des quadrupèdes
    ovipares, et des serpens. (Paris, 1785, 11 vol.
    in -4°.
  4. S. And. Succow Anfangsgründe der Naturge-
    schichte der Thiere, III Th. Leipzig, 1798, in -8°.

ORDRE PREMIER.
Reptiles.

[Seite 291]

Tous les animaux de cet ordre (du moins
lorsqu'ils sont parvenus à leur état parfait) ont
quatre pieds qui, d'après la différence du séjour
de ces animaux, sont, ou digités, ou palmés,
bu même pinnés:

Genre premier. Les Tortues (Testudo).

(Corps couvert d'une cuirasse, queue
(dans la plupart) courte, bouche à man-
dibules nues, édentées).*

La plupart des tortues sont couvertes d'une
cuirasse osseuse très-dure; la partie supérieure
(la carapace) est soudée à l'épine et aux côtes
de l'animal, et est garnie de larges écussons
cornés qui, dans quelques espèces, ont de si
belles couleurs, qu'on s'en sert dans les arts. Or-
dinairement il y a dix-huit de ces écailles dans
le milieu et vingt-quatre sur le bord qui l'en-
toure. La partie inférieure (ou le plastron)
[Seite 292] est un peu plus petite que la carapace, et elle
est découpée à l'endroit de la tête, de la queue
et des pieds.

1.

lat.
La Tortue mem-
  braneuse.
T. membranacea.
    Pieds palmés, ongles
trois, carapace orbiculai-
re ovée, membraneuse,
grise, striée, raboteuse.
    Schneider, 1. c. tab. 1.

En Guyanne.

2.
lat.
all.
angl.
Le Caret.
T. imbricata.
die Carette.
the hawks bill
  Turtle.
    Pieds pinniformes; ca-
rapace en forme de cœur,
presque carénée, à bord
serreté; petites écailles
imbriquées, assez larges;
queue écailleuse.
    Voyage de Bruce aux
sources du Nil. Supplém.
pl. 42.

Dans les deux Indes, ainsi que dans la Mer-
Rouge. Fournit la plus belle écaille.

3.

lat.

all.

angl.
La Tortue fran-
  che.
T. mydas (T. vi-
  ridis.) Schneid.
die grüne Schild-
  krœte.
the green Turtle.
    Pieds pinniformes,
bord des mâchoires den-
telé, carapace ovée.
    Schœpff. pl. 17, fig. 2.

Pèse quelquefois 800 liv.; c'est une tortue de
mer; elle tire son nom anglois et allemand de
sa cuirasse d'un verd d'olive pâle et de la cou-
[Seite 293] leur verte de sa graisse. Elle vit seulement de
plantes marines et de végétaux, c'est ce qui donne
un si bon goût à sa chair qui n'est point du tout
huileuse.

4.


lat.


all.

angl.
La Tortue d'eau
  douce ordinai-
  re.
T. orbicularis
  (europæa.)
  Schneider.
die gemeine Flus-
  schildkrœte.
the common Tor-
  toise.
    Pieds palmés, carapace
orbiculée, presque apla-
tie.

Dans les climats tempérés de l'Europe.

5.

lat.
all.
La Tortue grec-
  que.
T. græca.
die griechische
  Schildkrœte.
    Pieds presque digités,
carapace gibbeuse posté-
rieurement, à bord latéral
très-obtus, à écussons
presque aplatis.
    Schœpff. pl. 8 et 9.

Dans le sud de l'Europe et le nord de l'A-
frique.

6.
lat.
all.

angl.
La Géométrique.
T. geometrica.
die gesternte
  Schildkrœte.
the hie Katee.
    Pieds postérieurs pal-
més, écussons de la ca-
rapace élevés, tronqués.
    Schœpff. pl. 10.

Dans les Indes orientales. Grande à-peu-près
comme la paume de la main; sa carapace très-
[Seite 294] bombée, marquée régulièrement de noir et de
jaune, la rend fort jolie.

II. Les Grenouilles, et les Crapauds (Rana).

(Corps nu, à quatre pieds, les posté-
rieurs plus longs).*

1.
lat.
all.
angl.
Le Pipa.
R. pipa.
der Pipa.
the Pipal.
    Corps aplati, museau
spathiforme, doigts an-
térieurs sans ongles, qua-
dridentés, doigts posté-
rieurs onguiculés.
    Planche 16.

Dans les eaux de la Guyanne. Il est remar-
quable par la manière singulière et tout-à-fait
anomale dont la mère fait éclore ses petits.
Lorsque les œufs sont pondus à la manière ordi-
naire, le mâle alors les étend sur le dos de la
femelle et les féconde de sa semence; les petits
œufs croissent ensuite dans la peau de la mère,
et y restent à-peu-près trois mois; alors, les petits
qui s'y trouvoient comme tetards et avec, une
queue, sont élevés;** leur queue disparaît peu-
à-peu, il leur vient quatre pieds, et ils descen-
dent de dessus le dos de leur mère.

[Abb]
Rana pipa.xxx
[interleaf] [Seite 295]
2.
lat.
all.

angl.
Le Cornu.
T. cornuta.
die gehœrnte
  Krœte.
the horned toad.
    Paupières coniques.
    Seba, vol. 1, pl. 72,
fig. 1 et 2.

En Virginie. Ses grands yeux fixes et ses pau-
pières monstrueuses et en forme de cornet, lui
donnent une phisionomie singulière.

3.

lat.
all.
angl.
La Grenouille
  mugissante.
R. ocellata.
d. Ochsenfrosch.
the Bullfrog.
    Oreilles ocellées, pieds
sans ongles.
    Catesby, vol. 2, pl. 72.

Dans l'Amérique septentrionale. Grosse pres-
que comme un lapin; elle tire son nom de sa
voix extrêmement forte. Cette grenouille forme
la principale nourriture des serpens à sonnette.

4.
lat.

all.

angl.
La Jackie.
R. paradoxa (ra-
  na piscis).
der geschwæntzte
  Frosch.
the Frogfish.
    Cuisses striées oblique-
ment sur la partie posté-
rieure.
    Seba, vol. 1, pl. 78.

Dans l'Amérique méridionale. La larve (§ 95)
a près d'un empan de long; elle change de peau
plusieurs fois, pendant le temps qu'elle reste en
cet état. Ce sont ces changemens qui ont fait
dire anciennement qu'il y avoit des grenouilles
[Seite 296] qui se métamorphosoient en poissons. Cet animal
garde sa queue encore assez long-temps, après
que ses quatre jambes ont pris toute leur crois-
sance et sont parfaitement conformées.

5.
lat.
all.
angl.
Le Crapaud.
R. bufo.
die Krœte.
the Toad.
    Corps ventru, couvert
de verrues, jaunâtre et
brun.
    Rœsel, pl. 20 et 21.

Il n'est pas vrai que son urine soit un poison
violent; mais il est incontestable que l'on a trouvé
à différentes fois des crapauds enfermés dans des
troncs d'arbre, ou dans des blocs de pierre, sans
aucune communication avec l'air extérieur.

6.

lat.
all.
angl.
Le Couleur de
  feu.
R. bombina.
die Feuerkrœte.
the natter Jack.
    Corps couvert de ver-
rues, abdomen orange et
bleu tacheté, pupille tri-
quêtre.
    Rœsel, pl. 22.

A le ventre marbré de jaune et de bleu, et
saute presque comme une grenouille.

7.
lat.


all.
La Calamite.
R. portentosa,
  bufo calamita.
  (Laurenti).
die Hausunke.
    Couverte de verrues;
ligne dorsale flave, rous-
sâtre.
    Rœsel, pl. 24.

Dans les caves humides, dans les trous, sur
les bords des rivières, etc.; on la voit rarement,
mais elle fait entendre un son lugubre et sombre
[Seite 297] qui a donné lieu à toutes sortes de contes su-
perstitieux.

8.
lat.
all.

angl.
La Rousse.
R. temporaria.
der braune Gras-
  froch.
the common Frog.
    D'un brun obscur; dos
un peu aplati, presque;
anguleux.
    Rœsel pl. 18.

Dans l'herbe et les buissons, d'où les petits
sortent en grand nombre, après les pluies d'été,
et leur apparition subite aura surement fait dire
qu'il pleuvoit des grenouilles.

9.

lat.
all.

angl.
La Grenouille
commune.
R. esculenta.
der grüne Wasser-
  frosch.
the edible Frog.
    Verte, corps anguleux,
dos gibbeux transversale-
ment, abdomen bordé.
    Rœsel, pl. 13–16.

Dans les étangs et les marais. Les mâles coas-
sent très-haut, sur-tout le soir, lorsqu'il fait beau;
ils gonflent, en criant ainsi, deux grosses vessies
qui se trouvent derrière les coins de la bouche.
Cette espèce de grenouilles est rusée et coura-
geuse; elle mange des souris, des moineaux, des
truites et même de petits canards; elle atta-
que même de grands brochets, et est souvent
plus forte qu'eux. Dans le temps de leurs amours,
il croît au pouce des pieds de devant du mâle
de cette espèce et de la précédente, des pelotes
[Seite 298] noires et verruqueuses qui lui servent à s'attacher
fortement autour de sa femelle.

10.



lat.

all.
angl.
La Raine, le
  Graisset, la
  Grenouille de
  Saint-Martin.
R. arborea (cala-
  mités).
der Laubfrosch.
the green Frog,
  the hee Frog.
    Corps lisse, granuleux
en dessous, pieds fendus,
bouts des doigts lenti-
cules.
    Rœsel, pl. 9 et 12.

Presque dans toute l'Europe (cependant point
en Angleterre), également en Amérique. L'hu-
meur visqueuse dont elle est couverte, ainsi que
les limaçons, lui sert à se tenir sur les arbres,
où elle séjourne ordinairement. Les mâles qui
sont reconnoissables à leur gorge brune, ont une
voix assez perçante, et ils crient, ou dans la
saison de leurs amours, ou quand le temps veut
changer; quand ils coassent, ils enflent leur go-
sier commme une grosse vessie.

III. Les Dragons (Draco).

(Corps tétrapode, caudé, ailé).

1.
lat.
all.

angl.
Le Dragon.
D. volans.
die fliegende Ei-
  dexe.
the Dragon.
    Bras distincts de l'aile.
    Seba, vol. 2, pl. 86,
fig. 3.

Dans les Indes orientales et en Afrique.

[interleaf] [Abb]
Lacerta crocodilus.xxx
[interleaf] [Abb]
Lacerta crocodilus.xxx
IV. Les Lézards (Lacerta).
[Seite 299]

(Corps alongé, à quatre pieds égaux).

1.
lat.
all.
angl.
Le Crocodile.
L. Crocodilus.
der Crocodil.
the Crocodile.
    Mandibules elliptiques;
bouclier osseux au-dessus
des orbites; têt du crâne
entier; queue armée sur
sa partie antérieure et
supérieure de crêtes den-
telées et saillantes de
chaque côté.
    Planche 17 et 18.

Très-commun dans les grands fleuves (nom-
mément dans la partie supérieure du Nil et dans
le Niger). C'est le plus grand animal d'eau
douce; il a quelquefois trente pieds de long;
Norden dit même cinquante, et cependant ses
œufs sont gros à-peu-près comme ceux d'une
oie. Lorsqu'il a pris toute sa force, il attaque
les hommes et les autres grands animaux. Quand
il est pris jeune, on peut l'apprivoiser.

2.
lat.
all.
angl.
Le Kaiman.
L. alligator.
der Kaiman.
the Kaiman.
    Mandibules elliptiques,
tégument coriacé au-des-
sus des orbites, têt du crâ-
ne bifenestré, queue ronde
à sa partie antérieure.
    Seba, vol. 1. pl. 106.

Dans la partie moyenne de l'Amérique. Il a
le corps et la queue beaucoup plus ronds et plus
unis que le crocodile proprement dit; il n'est pas
[Seite 300] non plus si gros, et pond des œufs plus petits;
du reste, il a, comme celui-là, cinq doigts aux
pieds de devant et quatre à ceux de derrière;
mais de tous ces doigts, les trois intérieurs seu-
lement sont armés de griffes.

On peut reconnoître aisément les deux trous
du crâne, caractère spécifique que je lui donne,
et auquel M. le professeur Schneider m'a fait
faire attention, non-seulement au crâne nu, mais
encore à toute la tête revêtue même de sa peau.

3.


lat.
all.
angl.
Le Gavial.
Le Crocodile du
  Gange.
L. gangetica.
der Gavial.
the Gavial.
    Mandibules alongées,
térètes presque cylindri-
ques.
    Edwards, dans les
transactions philosophi-
ques, vol. 49.

Particulièrement dans le Gange.

4.
lat.
all.
La Sauve-garde.
L. monitor.
die warnende
  Eidechse.
    Queue carenée, corps
sans écailles, taches ocel-
lées.
    Seba, vol. 1, pl. 94,
fig. 1, 2 et 3.

Dans les deux Indes. Tachetée assez joliment et
avec régularité de noir et de blanc; elle a environ
trois pieds de long. On l'a nommée la sauve-
garde, parce qu'on prétend qu'ordinairement elle
se tient avec les crocodiles, et qu'elle trahit ses re-
doutables compagnons par un sifflement qu'elle
fait entendre; d'autres ont dit que la peur la
[Seite 301] faisoit crier, quand elle voyoit le crocodile, et que
son cri avertissoit ceux qui se baignoient.

5.
lat.
all.
angl.
L'Iguane.
L. iguana.
der Leguan.
the Guana.
    Queue térète longue,
suture dorsale dentelée,
crête à la gorge denti-
culée.
    Seba, vol. 1, pl. 95,
sqq. pl. 98, fig. 1.

Dans les Indes occidentales. Un joli petit ani-
mal; sa chair et ses œufs ont un fort bon goût.

6.
lat.
all.
angl.
Le Caméléon.
L. chameleon.
der Chameleon.
the Chameleon.
    Queue prenante, cinq
doigts aux pieds, réunis,
deux d'un côté et trois
de l'autre.
    Jo. Fr. Miller fascic. 2,
pl. 11.

Dans les Indes orientales, l'Afrique septentrio-
nale et également en Espagne. Cet animal est
lent et paresseux; il vit sur les arbres et sur les
haies, se nourrit d'insectes qu'il attrape adroite-
ment avec sa langue visqueuse; ses poumons sont
très-gros, et il peut se gonfler ou se désenfler à
volonté. C'est probablement ce qui a fait dire aux
anciens qu'il vivoit uniquement d'air. Ses yeux
ont une conformation particulière, il peut mou-
voir l'un indépendamment de l'autre, ou bien
tous les deux ensemble, dans des directions dif-
férentes, l'un, par exemple, en haut, et l'autre
en bas, et ces mouvemens sont très-prompts;
[Seite 302] sa couleur naturelle est gris d'acier; elle change
quelquefois, sur-tout quand il est en colère. On
a remarqué que parfois les objets colorés qui
l'environnoient, réfléchissoient sur les écailles
brillantes de l'animal vivant, et l'on en a tiré la
conséquence fausse que sa couleur changeoit tou-
jours, d'après celle des corps sur lesquels il se
trouvoit.

7.




lat.
all.
angl.
Le Gecko, (pro-
  bablement le
  véritable Stellio
  ou Saurus des
  anciens).
L. gecko.
der Gecko.
the Gecko.
    Queue térète médiocre;
doigts sans ongles, lamel-
lés en dessous, corps
verruqueux, oreilles con-
caves.
    Seba, vol. 1, pl. 109.

Dans les Indes orientales, également dans les
îles de la mer du Sud, et même çà et là dans
le sud de l'Europe, par exemple, dans le royaume
de Naples; mais où il est le plus commun, c'est
en Egypte, où il entre souvent dans les maisons
et devient dangereux. On prétend qu'il a entre
les doigts écailleux de ses pieds un suc empoi-
sonné qui se communique aux comestibles sur
lesquels l'animal a passé.

8.
lat.
Le Scinque.
L. scincus, (cro-
  codilus terres-
  ter).
    Queue térète médiocre,
comprimée au bout,
doigts sans ongles garnis
d'écailles lobées, bordés.
[Seite 303]
   all. der Szink.
angl. the Scinc.

Dans l'Arabie pétrée, en Egypte, etc. Il étoit
renommé autrefois comme un restaurant d'une
espèce particulière; encore à présent, dans sa
patrie, on l'emploie comme tel.

9.
lat.
all.
angl.
Le Lézard gris.
L. agilis.
die grüne Eidexe.
the common Li-
  zard.
    Queue verticillée assez
longue, écailles pointues,
collier en dessous, com-
posé d'écailles.
    Rœsel, Gesch. der
Frœsche Titelkupf.

Dans les pays chauds de l'Europe et, à ce qu'il
paroît, aussi dans les deux Indes et dans les îles
de la mer du Sud. Il est tout aussi innocent que
nos autres lézards; ses œufs brillent quelque
temps dans l'obscurité.

10.





lat.
all.
La Salamandre à
  queue plate, La-
  cépède, la Sa-
  lamandre aqua-
  tique des ma-
  rais.
L. lacustris.
der Wassermolch.
    Noire; dos et à flancs
verruqueux; abdomen fla-
ve, tacheté de noir.
    Laurent, pl. 2, fig.
4.

Les mâles ont dans le printemps une peau dé-
coupée, droite, qui s'étend depuis la tête jusqu'à
la queue, le long du dos. J'ai parlé de sa force
étonnante de réproduction (§ 19).

[Seite 304]
11.


lat.
all.

angl.
Le Sourd, la Sa-
  lamandre ter-
  restre.
L. salamandra.
der Salamander,
  der Molch.
the Salamander.
    Queue térète courte,
pieds sans ongles, corps
varié de flave et de noir,
nu, poreux.
    Rœsel, Gesch. der
Frœsche Titelkupf.

Tacheté de jaune d'orange et de noir, long,
d'un empan, et gros comme le pouce; il n'est
point venimeux, il ne peut pas vivre dans le
feu, etc.; ce sont des contes.


ORDRE DEUXIÈME.
Serpens.*

[Seite 305]

Ces amphibies n'ont point de membres exté-
rieurs, mais seulement un corps cylindrique et
alongé qu'ils meuvent par ondulations, et qui
est couvert d'écailles, de plaques ou d'anneaux.
Quelques-uns qui peuvent nager très-bien, à
cause de leurs poumons extrêmement longs qui
ont par fois la forme d'une vessie, vivent dans
l'eau; d'autres habitent sur terre, plusieurs sur
les arbres. Ils déposent ordinairement des œufs
enchaînés les uns aux autres; leurs mâchoires
ne sont pas, comme chez les autres animaux;
jointes fermement par des articulations, elles ne
peuvent pas leur servir à mâcher, mais elles sont
susceptibles d'une énorme dilatation, de sorte
qu'on a vu des serpens avaler tout entiers des
animaux plus gros qu'eux. Quelques espèces por-
tent dans des vessies particulières, placées au
bord antérieur de la mâchoire d'en haut, un ve-
nin très-violent. Ce poison est séparé dans des
[Seite 306] glandes propres, et l'animal le répand dans la
blessure, par le moyen de ses crochets, dents
isolées, en forme de tuyau, et pourvues vers la
pointe d'une ouverture en long. Ces crochets qui
se trouvent seuls au bord antérieur de la mâ-
choire d'en haut, offrent le caractère le plus cer-
tain pour distinguer les serpens vénimeux de ceux
qui ne le sont pas, ces derniers ayant tout le
bord extérieur de la mâchoire d'en haut (jusque
dans le fond) garni de dents. Tous les serpens
ont de commun une double rangée de petites
dents dans le palais (Voyez la planche 191).
Parmi les autres caractères qui distinguent les
serpens venimeux, caractères qui ne sont peut-
être pas tout-à-fait sans exception, mais qui se
trouvent justes la plupart du temps, on compte
1.° une large tête pour ainsi dire en forme de
cœur, avec de petites plaques; 2.° des écailles
en forme de carène; et 3.° une queue courte,
c'est-à-dire, qui n'a pas un cinquième de la lon-
gueur de l'animal (voyez le docteur Gray, dans
les transactions philos. vol. LXXIX, p. 1).

J'ai marqué † les espèces venimeuses.

Le nombre de toutes celles connues jusqu'à
présent pour telles, est à celles qui ne le sont pas,
comme environ d'un à six.

[Abb]
1. Crotatus horridus. 2. Boa constrictor.xxx
[interleaf] [Seite 307]
V. Les Serpens à sonnettes (Crotalus).

(Plaques abdominales, plaques et écailles
caudales, sonnette à l'extrémité de la queue).

1.
lat.
all.
angl.
Le Boiquira.†
C. horridus.
der Boiquira.
the Boicininga.
    Grandes plaques 167,
petites plaques 23.
    Seba, vol. 2, pl. 95,
fig. 1.

Habite particulièrement dans les pays chauds
de l'Amérique septentrionale. Il a six pieds de
long, et est presque gros comme le bras. Les es-
pèces de ce genre se distinguent de tous les au-
tres serpens, et même de tous les autres ani-
maux de la création, par ces grelots de subs-
tance cornée, enfilés les uns dans les autres,
qu'elles portent au bout de leur queue. Le nom-
bre des grelots, cet organe si singulier et unique
dans son espèce, augmente avec l'âge, et de
vieux serpens en ont jusqu'à quarante. Des té-
moins dignes de foi assurent que de petits oi-
seaux, des écureuils qui se trouvent dans un
buisson au-dessus du serpent à sonnettes, lui
tombent pour ainsi dire d'eux-mêmes dans la
gueule: cela seroit possible. Ce n'est pas d'ailleurs
une propriété particulière aux serpens de ce
genre, on prétend l'avoir également remarquée
dans plusieurs autres serpens de l'ancien et du
nouveau monde.

[Seite 308]

On ne sait trop à quoi peut servir la sonnette
que ces serpens portent; cependant, comme ils
sont extrêmement paresseux, et ne peuvent pas
monter sur les arbres, la conjecture de M. Mead
n'est pas invraisemblable, qu'elle peut leur servir
à faire tomber auprès d'eux les oiseaux effrayés
par ce bruit singulier. On a prétendu de même
anciennement, et peut-être avec raison, que les
cornes du céraste lui servoient également à at-
tirer les petits oiseaux. Ce qui pourroit venir à
l'appui de cette conjecture, c'est ce que m'a dit
le major Gardner, observateur exact et sûr, qui
a séjourné long-temps dans la Floride orientale;
il a vu les jeunes indiens de ce pays imiter le
bruit des grelots du serpent à sonnettes, pour
attraper des écureuils.

Les cochons, les oiseaux de proie, et même
beaucoup de nègres dans l'Amérique, mangent
des serpens à sonnettes sans se faire mal. On peut
aussi les apprivoiser.

VI. Les Boas (Boa).

(Plaques abdominales et sous la queue).

1.
lat.
all.

angl.
Le Devin.
B. constrictor.
d. Riesenschlan-
  ge.
the Boinaku, the
  Buffalo snake.
    Plaques 240, petites pla-
ques 60.
    Merrem, 2. Hest, pl. 1.
[Seite 309]

Dans les Indes orientales et en Afrique. Adanson
assure qu'il a parfois quarante à cinquante pieds
de long. On prétend qu'avant de dévorer les ani-
maux, les chevreuils, etc. qu'il a pris, il leur
brise les côtes et les os, les couvre d'une bave
gélatineuse, et ensuite il les avale. Cependant il
est très-aisé à apprivoiser, et les bateleurs des Indes
orientales lui apprennent toutes sortes de tours,
ainsi qu'au serpent à lunettes.

Le serpent amaru, dans l'Amérique méridio-
nale, que les antis dans le Pérou adorent, et qui
a aussi trente pieds de long, ne paroît pas dif-
férer beaucoup du devin; mais le juda, regardé
comme sacré en Guinée, est d'une autre espèce.

VII. Les Couleuvres (Coluber).

(Plaques abdominales, écailles sous la
queue).

1.

lat.
La Vipère d'Egyp-
  te.†
C. vipera.
    Plaques 118, écailles
22.

On a donné le nom de serpent à plusieurs vi-
pères. La couleuvre, à laquelle Linnée a pro-
prement donné ce nom, habite en Egypte.

2.
lat.
all.

angl.
Le Céraste. †
C. cerastes.
die Gehœrnte-
  schlange.
t. Horned Adder.
    Plaques 145, écailles
44. (Voyage de Bruce
aux sources du Nil, dans
le supplément, pl. 40).
[Seite 310]

Sa patrie est la même que celle de l'espèce pré-
cédente. Il est sûr qu'il est venimeux.

3.

lat.
all.

angl.
La Vipère com-
  mune.†
V. berus.
die Otter, die
  Viper.
the Adder.
    Plaques 146, écailles
39.
    Laurenti, pl. 2, fig. 1.

Cette vipère, dont on se servoit autrefois en
médecine, est brune, et habite dans les pays
chauds de l'ancien monde, et même déjà en
Allemagne et en Suisse. Sa morsure cause une
violente inflammation, mais est rarement mor-
telle; les oiseaux de proie la mangent aussi sans
danger. C'est cette espèce sur laquelle autrefois
Redi, et à présent Fontana, ont fait tant d'ex-
périences remarquables.

4.

lat.
all.
angl.
La Vipère à col-
  lier.
C. natrix.
d. Ringel-natter.
t. Rinzed-snake.
    Plaques 170, écailles
60.

Est couleur d'acier, avec des taches blanches
latérales, sur-tout aux deux cotés du côu. On
en a trouvé en Europe qui avoient plus de dix
pieds; c'est ce qui aura donné lieu à ces contes
merveilleux de dragons, de serpens monstrueux,
etc.

[Seite 311]
5.

lat.
all.

angl.
Le Serpent écar-
  late.
C. coccineus.
die Carmoisin-
  schlange.
the Red-snake.
    Plaques 175, écailles
35.
    Voigts, magasin 5. ten
Band 1. stes st. pl. 1.

Ce serpent, dont les couleurs sont superbes,
et qui ne fait pas le moindre mal, habite la Flo-
ride et la Nouvelle-Espagne. Il est gros comme
le doigt, et a environ deux pieds de longueur;
il a le long du dos une vingtaine de grandes ta-
ches écarlate très-régulières, qui sont entourées
d'une bordure noire; et ces bordures sont à leur
tour séparées les unes des autres par des bandes
d'un jaune citron. Les jeunes filles, dans la Flo-
ride, portent ce joli animal pour se parer, soit
autour de leur cou, soit dans leurs cheveux.

6.


lat.
all.

angl.
Le Serpent à lu-
  nettes † (Cobra
  de Cabelo).
C. naia.
d. Brillen-schlan-
  ge.
the Spectacle
  snake.
    Plaques 193, écailles
60.
    Russels, indian Ser-
pents, pl. 5, 6.

Dans les Indes orientales. Le cou se dilate, ex-
traordinairement, et dans les deux sexes il est
marqué par derrière d'une figure qui ressemble
à des lunettes. C'est un des serpens les plus ve-
nimeux, mais la mangouste est plus forte que
[Seite 312] lui, et le mange. On peut lui apprendre à faire
toute sorte de tours.

VIII. Les Orvets (Anguis).

(Ecailles abdominales et caudales).

1.
lat.
all.
angl.
L'Orvet commun.
A. fragilis.
d. Blindschleiche.
the Blindworm.
    Ecailles abdominales
155, autant sous la queue.

Dans les pays marécageux, les vieux murs,
etc. Il se casse aisément en deux lorsqu'on le
saisit, et les tronçons remuent pendant des heures
entières. On trouve différentes variétés de cette
espèce qui sont fort joliment marquées.

2
lat.
all.
La Queue plate. †
A. platuros.
d. Plattschwantz.
    A queue comprimée,
obtuse.

Pans l'océan des Indes et la mer du Sud.

IX. Les Amphisbènes (Amphisbœna).

(Anneaux au tronc et à la queue).

1.
lat.
all.
angl.
L'Enfumé.
A. fuliginosa.
der Russringel.
the Fuliginons-
  amphisbæna.
    Anneaux du tronc 300,
de la queue 30.
    Seba, vol. 1. pl. 88,
fig. 3 et autres.

En Amérique. Tacheté de noir et de blanc.

X. Les Céciles (Cæcilia).
[Seite 313]

(Rides au tronc et à la queue, lèvre su-
périeure à deux tentacules).

1.
lat.
all.
angl.
L'Ibiare.
C. tentaculata.
d. Fühlschlange.
the Cæcilia.
    Rides 135.
    Seba, vol. 2, pl. 25,
fig. 2.

Egalement en Amérique. Il n'a pas d'écailles,
mais des anneaux en forme de rides sur la peau,
presque comme un ver de terre.


SECTION SEPTIÈME.
Des Poissons.

[Seite 314]

§ 99.

On nomme poissons ces animaux à sang rouge
et froid, dont les organes du mouvement sont de
véritables nageoires, pourvues d'arêtes ou de fi-
lamens cartilagineux, et qui respirent au moyen
de véritables branchies qu'ils gardent toute leur
vie.

Remarque. Je dis de véritables nageoires et
de véritables branchies, pour les distinguer de
ces organes analogues en quelque façon, que j'ai
remarqués (§ 94) dans les jeunes grenouilles,
les salamandres, etc.

§ 100.

Les branchies tiennent parfaitement lieu de
poumons chez les animaux de cette classe. Elles
sont placées des deux côtés derrière la tête, or-
dinairement sous une ou sous plusieurs grandes
écailles en forme de croissant, que l'on appelle
pour cette raison opercules des branchies, et qui
sont, chez la plupart des poissons, réunis avec la
[Seite 315] membrane branchiostage. Les branchies elles-
mêmes sont tissues d'un grand nombre de vais-
seaux sanguins extrêmement fins; elles sont par-
tagées communément de chaque côté en quatre
feuillets qui ressemblent à-peu-près à la barbe
d'une plume, et sont soutenus à leur base par
autant d'arêtes en forme d'arc.

§ 101.

Les poissons ne peuvent pas plus se passer de
respirer que les animaux à poumons, mais ils
n'expirent pas par la même voie qu'ils respirent,
comme font ces derniers. Pour respirer, ils font
entrer par la bouche dans les branchies l'air que
l'eau tient en dissolution, et ensuite ils l'expirent
par l'ouverture branchiale.

§ 102.

Comme les poissons n'ont pas de poumons, il
s'ensuit qu'ils n'ont pas ce qu'on appelle propre-
ment la voix. Cependant quelques-uns, tels que
le chabot cuirassé, le misgurn, peuvent produire
un son.

§ 103.

La conformation du corps est en général beau-
coup plus variée parmi les poissons que dans les
classes précédentes. Cependant, chez la plupart,
le corps a une position verticale, c'est-à-dire, il
[Seite 316] est comprimé sur les côtés; chez d'autres, au
contraire, sa position est horizontale, il est dé-
primé. Parmi quelques espèces, comme les an-
guilles, il est plus arrondi; chez les coffres, il
est prismatique ou à quatre pans.

Mais dans tous la tête et le tronc sont joints
immédiatement, sans être séparés l'un de l'autre,
par un cou.

§ 104.

Les poissons communément, à un très-petit nom-
bre d'exceptions près, sont revêtus d'écailles; ces
écailles sont d'une substance particulière; elles sont
conformées différemment dans les différentes es-
pèces, quelquefois elles ont une forme très-élé-
gante et des dessins très-variés; souvent même
elles ont la couleur et l'éclat de l'or et de l'argent.

Elles sont enduites à l'extérieur d'une humeur
visqueuse particulière, qui paroît provenir en
grande partie de petites cavités qui se trouvent
dans la plupart des poissons, aux deux côtés de
leur corps, dans ce qu'on nomme la ligne la-
térale.

La plupart des cartilagineux sont couverts
d'écailles en forme de boucliers, et souvent même
cuirassés d'un têt dur et osseux.

§ 105.

Les organes du mouvement des poissons, les
[Seite 317] nageoires (dans lesquelles on vient de remarquer
dernièrement une force étonnante de réproduc-
tion) sont composées d'arêtes grêles, osseuses ou
cartilagineuses qui, réunies entre elles par une
membrane particulière, et attachées à des os
propres, sont mises en mouvement par des mus-
cles destinés à cet effet. La position des nageoires
a déterminé leur nom. Celles qui sont sur le
corps s'appellent nageoires dorsales; celles qui
se trouvent de côté, derrière les branchies, pec-
torales;
celles placées au ventre, avant l'ouver-
ture de l'anus, ventrales; celle derrière cette
ouverture est la nageoire anale; et enfin celle
de la queue s'appelle la nageoire caudale. Cette
dernière est toujours placée verticalement; elle
tient lieu d'un gouvernail pour diriger la marche
de ces animaux, tandis que les nageoires pecto-
rales leur servent de rames pour les faire avancer.

Les poissons connus sous le nom de poissons
volans, ont des nageoires pectorales très-longues
et très-roides, au moyen desquelles ils s'élèvent
au-dessus de la surface de l'eau, et peuvent, en
sautant, décrire une courbe assez longue.

§ 106.

Une autre partie de leur corps qui favorise
leur mouvement, sur-tout pour s'enfoncer et
s'élever (comme les petits diables de Descartes),
[Seite 318] c'est leur vessie natatoire, dont sont pourvus par-
ticulièrement les poissons d'eau douce, et laquelle
communique, au moyen du conduit pneuma-
tique, avec l'estomac ou l'œsophage.

§ 107.

On divise en général les poissons, d'après le
lieu de leur séjour, en poissons de mer et pois-
sons d'eau douce. Quelques-uns peuvent cepen-
dant aussi durer hors de l'eau, comme l'anguille,
la murène, etc.; on en a vu vivre aussi dans des
eaux minérales très-chaudes*.

§ 108.

La plupart des poissons, sur-tout ceux de mer,
sont des animaux nocturnes; c'est-à-dire, ils vont
à leurs affaires pendant la nuit, tandis que le
jour ils s'enfoncent dans l'eau et y restent tran-
quilles. Aussi la plupart des insulaires et des ha-
bitans des côtes, qui vivent de leur pêche, ne vont-
ils pêcher que la nuit.

§ 109.

Un grand nombre d'espèces émigrent dans
certaines saisons. Plusieurs poissons de mer en-
[Seite 319] trent, pour frayer, dans les anses et les embou-
chures des fleuves; et quelques-uns, tels que
les harengs, dans l'océan atlantique septentrional,
font outre cela, dans des saisons marquées, des
voyages très-éloignés. On les voit par troupes in-
nombrables entre les côtes de l'Europe occidentale
et celles nord-est de l'Amérique*.

§ 110.

Les poissons sont pour la plupart des animaux
carnivores, et comme ils n'ont pas proprement
de pieds pour saisir leur proie, la nature leur a
donné beaucoup d'autres moyens pour s'en rendre
maîtres.

Les uns ont à la bouche de longs barbillons qui
leur servent comme d'appât pour amorcer et
pêcher d'autres petits animaux aquatiques. Le
bœuf, par exemple (uranoscopus scaber), la
grenouille pêcheuse (lophius piscatorius) ont de
ces barbillons.

D'autres, comme la bandoulière à long nez
(chætodon rostratus), ont une espèce de seringue
avec laquelle ils tirent pour ainsi dire sur les
insectes qui volent sur l'eau.

D'autres encore, tels que la torpille (raia tor-
pedo
), le letrodon électrique, le trichiure des
[Seite 320] Indes, le trembleur (gymnotus electricus), l'an-
quille électrique, ont une force particulière qui
donne une commotion, et qui engourdit ceux
qui les touchent.

§ 111.

Quant aux sens extérieurs des poissons, il faut
que chez la plupart l'odorat soit extrêmement
subtil, puisqu'ils éventent à une longue distance
l'amorce qui est cachée.

Pour leur ouïe, on sait à présent que non-
seulement ce sens est chez eux très-fin, mais qu'ils
ont même des organes semblables à ceux que les
antres animaux à sang rouge ont dans leurs
oreilles internes.

Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est la con-
formation de leur œil*, qui se distingue, par
exemple, par l'absence totale du procès ciliaire.

§ 112.

Nous n'avons pas assez d'observations justes
et bien faites, pour pouvoir rien dire de positif
sur l'instinct et les autres facultés des poissons;
tout ce que l'on sait, c'est que quelques-uns, tels
[Seite 321] que les truites, s'apprivoisent aisément*, et que
d'autres, comme les carpes, sont adroites et ru-
sées.

§ 113.

Quant à leur sommeil, il y a apparence que,
comme les amphibies (§ 91), ils dorment pendant
l'hiver; mais très-peu ont un sommeil fixé et
journalier, comme on le dit, par exemple, des
dorades.

§ 114.

Excepté le petit nombre de poissons vivipares,
tels que l'anguille et le perce-pierre vivipare (blen-
nius viviparus),
il y a peu de poissons qui s'ac-
couplent réellement; mais chez la plupart, la
femelle dépose des œufs qui ne sont pas encore
féconds, vient ensuite le mâle qui les arrose de
sa laite.

On a profité, dans l'économie rurale, de ce
modo de propagation, et l'on peut, par le mé-
lange artificiel des œufs et des laitances des truites
et d'autres, procréer des petits poissons**.

Remarque. Entre autres choses remarquables
dans la génération des poissons, on prétend avoir
[Seite 322] trouvé parmi eux, d'un côté, de véritables her-
maphrodites,
et de l'autre, des monstres privés
absolument de parties sexuelles*.

§ 115.

Les poissons se multiplient d'une manière éton-
nante, et quoique les œufs chez la plupart soient,
proportionnellement à leur taille, infiniment plus
petits que dans toute autre classe d'animaux,
cependant il est des espèces dont les ovaires sont
plus gros que tout le reste de leur corps. Aussi
l'on a compté dans un hareng, depuis 20 jusqu'à
37,000 œufs; dans des carpes, plus de 200,000;
dans des tanches, 3,83000; et dans le flet, plus
d'un million**.

§ 116.

Parfois les jeunes poissons n'ont pas encore
leur conformation parfaite lorsqu'ils sortent de
l'œuf; il faut qu'ils subissent d'abord, comme
beaucoup d'amphibies (§ 94), une sorte de mé-
tamorphose; leurs nageoires, et les autres par-
ties de leur corps, ne se forment qu'insensible-
ment et peu-à-peu.

§ 117.

Les poissons, proportionnellement à la gran-
[Seite 323] deur de leur corps, parviennent à un âge très-
avancé. On sait que des carpes et dès brochets
ont vécu cent cinquante ans; cependant il est
quelques petits poissons, tels que le trois-épines
(gasterosteus aculeatus), etc., qui ne vivent
que peu d'années.

§ 118.

L'utilité des poissons pour l'homme, n'est pas
extrêmement variée; ils servent en grande partie
seulement à sa nourriture; mais aussi, sous ce
rapport, ils sont de la plus grande importance
pour une partie considérable du genre humain,
qui vit presque uniquement de ces animaux. Les
Sauvages, comme par exemple les kamtschadales,
les brésiliens, savent préparer le poisson de toutes
sortes de manières; ils en font même une sorte
de farine, des gâteaux, etc. Il est plusieurs peu-
ples, tels que les insulaires de l'océan pacifique,
dont la pêche est la principale occupation, et
qui doit être pour eux une sorte d'étude qui exige
de la réflexion, à en juger d'après les outils in-
génieux qu'ils ont inventés pour cet objet. Mais
aussi, pour une grande partie des peuples cul-
tivés, la pêche est extrêmement importante. Le
hareng, par exemple, le cabillaud, le thon, sont
des objets de commerce; on brûle très-souvent
dans les lampes de l'huile de requin, de hareng, etc.
[Seite 324] Les habitans des côtes orientales de la partie
moyenne de l'Asie, tannent des peaux de saumon
et s'en revêtent. On emploie dans les arts plu-
sieurs parties de quelques poissons. Les écailles
de l'ablette servent à faire des fausses perles; la
peau des raies et des requins nous fournit ce
qu'on nomme le chagrin: tout le monde connoît
la colle de poisson, etc.

§ 119.

Les poissons carnassiers font le plus de tort,
sur-tout les requins dans les mers, et les brochets
dans l'eau douce. On prétend aussi qu'il y a
quelques poissons qui, du moins dans certains
pays, sont venimeux, de sorte que ceux qui
en mangent en peuvent mourir. Quelques espèces
des tetrodons seroient de ce nombre; cependant le
citoyen Lacépède ne croit pas qu'il y ait de pois-
sons venimeux de leur nature.

§ 120.

La classification systématique des poissons
n'est pas encore parfaite; en attendant, on les
divise en général en deux classes principales:

A. Les poissons cartilagineux (Pisces carti-
laginei),
qui n'ont pas de véritables arêtes: et

B. Les poissons épineux (pisces spinosi),
qui sont pourvus d'arêtes.

[Seite 325]

On divise les cartilagineux en deux ordres,
que le citoyen Lacépède a déterminés d'après
l'absence ou la présence de l'opercule branchial,
et dans lesquels il fait entrer, d'après cette dis-
tinction, les genres appartenans à cette classe;
savoir:

Ordre
1.er
lat.
Chondroptéri-
  giens.
Gondropterygii
    Sans opercule bran-
chial.
2.e
lat.
Branchiostegi.
Branchiostegi.
    A opercule branchial.

Quant aux poissons épineux ou poissons pro-
prement dits, Linnée les a classés d'après la con-
formation et la position des nageoires ventrales.

3.e
lat.
Apodes.
Apodes.
    Sans aucune nageoire
ventrale.
4.e
lat.
Jugulaires.
Jugulares.
    A nageoires ventrales
placées en avant des pec-
torales.
5.e
lat.
Thoraciques.
Thoracici.
    A nageoires ventrales,
placées juste sous les pec-
torales.
6.e
lat.
Abdominaux.
Abdominales.
    A nageoires ventrales,
placées en arrière des pec-
torales.

LIVRES

[Seite 326]

Pour l'histoire naturelle des poissons.

  1. Guill. Rondelet, de piscibus. Lugd. 1564, p.
    11. 1555, in-folio.
  2. Conr. Gesner. De piscium et aquatilium ani-
    mantium naturâ. Tig. 1558, in-folio.
  3. Steph. Aschonevelde Ichtyologia, etc. Ham-
    bourg, 1624, in -4°.
  4. F. Willonghbeii Historia piscium, ex ed. Raii.
    Oxon, 1686, in-folio.
  5. Jo. Raii Synopsis methodica piscium. Lond.
    1713, in -8°.
  6. Pet. Arledi Ichtyologia, ex ed. Linnæi. Lugd.
    Batav., 1738, in -8°.
  7. Laurent. Theod. Gronovii Zoophylacium gro-
    novianum. Lugd. Bat. 1781, part. I-III, in-folio.
  8. Ant. Gouan Historia piscium. Argent. 1770,
    in -4°.
  9. Duhamel et Demarre, Histoire des poissons
    (Traité des pêches). Paris, 1770, suiv. 3. vol. in-
    folio.
  10. M. El. Bloch œkonomische N. G. der Fische
    Deutschlands. Berlin, 1782, 3 Band in -4°.
  11. Dess. N. G. Auslændischer Fische, ib. 1785, 9 Band
    in -40. 1798 (Bloch traduit en françois en 1798.)
  12. Lacépède, Histoire naturelle des poissons. Paris,
    depuis 1798, in -4°.
  13. Al. Monro Vergleichung des baues und der Phy-
    siologie der Fische, mit dem bau des Menschen
    und der ubrigen thiere. Mit violen zusætzen von
    P. Camper und J. C. Schneider. Leipsick, 1787,
    in -4°.

ORDRE PREMIER.
Chondroptérigiens.

[Seite 327]

Les cartilagineux de cet ordre n'ont point d'o-
percule branchial, et dans la plupart d'entre eux
la bouche se trouve au côté inférieur de la tête.

I.er Genre. Les Petromysons, vulg. les Lamproies
(lat. Petromyson)

(Branchies à sept ouvertures au côté du
cou; trou sur le vertex; nageoires pectorales
ou ventrales nulles).

1.

lat.
all.
angl.
La Lamproie pro-
  prement dite.
P. marinus.
die Lamprete.
the Lamprey.
    Bouche papilleuse in-
térieurement, nageoire
dorsale postérieure, dis-
tincte de la queue.
    Bloch, pl. 77.

Dans la mer du nord, ainsi que dans la mé-
diterranée et dans d'autres mers. Elle remonte
quelquefois dans les fleuves, à plus de huit mil-
les de distance de la mer. Elle a à-peu-près trois
pieds de long.

2.


lat.
La Lamproie de
  rivière, la Pric-
  ka.
P. fluviatilis.
    Nageoire dorsale pos-
térieure anguleuse.
    Bloch, pl. 78.
[Seite 328]
   all.

angl.
die Pricke, die
  Neunauge.
the lesser Lam-
  prey, the Seven
  eyes.

Dans les grandes rivières. A moitié aussi grosse
que l'espèce précédente.

II. Les Gastrobranches (Gastrobranchus).

(Deux ouvertures branchiales ventrales;
trou sur le museau; nageoires pectorales
ou ventrales nulles).

Ce genre équivoque étoit autrefois compté
parmi les vers, sous le nom de myxine.

1.

lat.

all.

angl.
Le Gastrobranche
  aveugle.
G. cæcus (myxine
  glutinosa. Lin.
der Blindfisch,
  der Schleimaal.
the Hag.
Bloch, pl. 413.

Sur les côtes de l'océan atlantique septentrio-
nal. On prétend qu'il n'a pas d'yeux.

III. Les Raies (Raia, all. Roche, angl. Ray).

(Branchies à cinq ouvertures sous le cou;
corps déprimé; bouche sous la tête).

C'est un genre conformé et organisé parfois
singulièrement. Il y a dans ce genre plusieurs
[Seite 329] espèces qu'autrefois on savoit sécher et défigurer,
et dont on faisoit de prétendus bazilics. Quelques-
unes, par la ressemblance de la partie inférieure
de leur tête avec le visage d'un homme, auront
probablement fait naître la fable des sirènes.*
Quoique les raies ne déposent qu'un œuf à la
fois, cependant elles se multiplient tellement, que
dans quelques parties, l'océan en est comme cou-
vert. Les œufs ont une écaille cornue avec qua-
tre pointes, et sont connus sous le nom de rats-
de-mer.

1.
lat.
all.
angl.
La Torpille.
R. torpedo.
die Zitter Roche.
the Krempfisch.
    Toute lisse, à cinq taches
dorsales orbiculées.
    Philos, transact. vol. 63,
pl. 19, suiv.

Particulièrement dans la méditerranée. C'est
le plus connu de tous les poissons électriques
(§ 110). Il y a des pays où on la mange.

2.
lat.
all.
angl.
La Raie lisse.
R. batis.
der glett Roche.
the Skate.
    Variée; milieu du dos
glabre; queue armée d'une
seule rangée d'aiguillons.
    Bloch, pl. 79.

Dans les mers d'Europe. Pèse deux cents livres.
Sa chair a très-bon goût.

3.        Le Pastenaque,
  la raie baïon-
    Corps glabre, aiguillon
long, serreté antérieure-
[Seite 330]
    
lat.
all.
angl.
  nette.
R. pastinaca.
d. Stachelroche.
the sting Ray.
ment sur la queue, et dos
aptérigien.
    Bloch, pl. 82.

Dans plusieurs océans. L'aiguillon de sa queue
n'est pas venimeux; mais l'animal, et aussi les
sauvages s'en servent comme d'une arme.

IV. Les Squales (vulg. les Chiens de mer; lat.
Squalus, all. Hay; angl. Shark).

(Branchies à cinq ouvertures sur les côtés
du cou; corps oblong, presque térète; bou-
che dans la partie antérieure de la tête).

1.
lat.
all.
angl.
L'Aguillat.
S. acanthias.
der Dornhay.
the Picked dog,
  the Tornhound.
    Nageoire anale nulle,
nageoires dorsales épi-
neuses, corps téretiuscule.
    Bloch, pl. 85.

Dans les mers d'Europe. A trois rangées de
dents dans chaque mâchoire.

2.
lat.
all.
angl.
Le Marteau.
S. zigaena.
d. Hammerfisch.
the balance Fisch.
    Tête très-large, trans-
versale, en forme de mar-
teau.
    Bloch, pl. 117.

Dans la plupart des océans. Les yeux sont aux
deux extrémités de sa tête, qui a la forme d'un
marteau.

3.
lat.
Le Requin.
S. carcharias (la-
  mia, tiburo).
    Dos aplati, dents serre-
tées.
    Bloch, pl. 119.
[Seite 331]
     all.
angl.
der Jonas haay.
the White Shark.

Est sur-tout très-commun dans l'océan atlan-
tique. Il pèse quelquefois mille livres, et on a
trouvé dans son estomac des chevaux entiers.
Il a six rangées de dents; ces dents (comme
en général chez la plupart des squales) ne sont
pas enfoncées dans des cavités solides, mais sont
jointes avec les mâchoires, par une sorte d'ar-
ticulation. La rangée antérieure de ces dents est
proprement celle dont l'animal se sert pour dé-
chirer sa proie. Celles qui sont dans le fond, sont
au moins, lorsque le requin est jeune encore,
dirigées en arrière. Ce sont pour ainsi dire des
dents de remplacement, pour pouvoir réparer
plusieurs fois la perte accidentelle de celles de la
rangée de devant.

4.

lat.
all.
angl.
La Scie de mer,
  l'Espadon.
S. pristis.
der Sægefische.
the Sawfish.
    Nageoire anale nulle;
museau uniforme, osseux,
plane, dentelé de chaque
côté.
    Bloch, pl. 120.

Entre autres dans l'océan atlantique septentrio-
nal. Cet animal porte devant sa tête une arme
large, en forme d'épée, longue de plus de six
pieds, et dont les deux bords latéraux sont garnis
au moins d'une vingtaine de dents fortes et immo-
biles.

V. Les Diables de mer, les Baudroies, Cuv.
(Lophius; all. Seeteufel; angl. Seadevil).
[Seite 332]

(Nageoires pectorales semblables à des
bras; ouvertures branchiales solitaires à côté
des bras).

1.



lat.

all.
angl.
La Raine pêche-
  resse, la Gre-
  nouille pêcheu-
  se.
L. piscatorius (ra-
  na piscatrix).
der Froschfisch.
the Frogfish.
    Déprimée, à tête arron-
die.
    Bloch, pl. 87.

Dans les mers d'Europe. Sa tête énorme for-
mant la plus grande moitié de tout son corps,
et les tentacules charnues qui sont à sa bouche
et lui servent comme d'appât (§ 110), lui don-
nent une figure horrible.

VI. Les Balistes (lat. Balistes, all. Hornfisch).

(Tête comprimée; ouverture au-dessus
des nageoires pectorales; corps comprimé à
écailles coadnées au cuir; abdomen caréné).

1.


lat.
all.
Le Baliste velu,
  Lacép. la petite
  Licorne, Cuv.
B. tomentorus.
der kleine Ein-
  hornfisch.
    Nageoire de la tête bi-
rayonnée; corps presque
velu dans sa partie posté-
rieure.
    Bloch, pl. 148. Fig. 1.
[Seite 333]
   angl. the Little old
  Wife.

Dans les deux Indes.

VII. Les Chimères (Chimera).

(Ouvertures branchiales solitaires, qua-
drifides sous le cou; lèvre supérieure de la
bouche à cinq divisions; deux incisives à
chaque mâchoire).

1.



lat.
all.
angl.
La Chimère arcti-
  que, le roi des
  Harengs du
  nord.
C. monstrosa.
der Seeaffe.
the Sea fox, the
  Seaape.
    A museau plissé en des-
sous et troué.
    Bloch, pl. 124.

Dans l'océan atlantique septentrional.


ORDRE DEUXIÈME.
Branchiostèges.

[Seite 334]

Poissons cartilagineux, pourvus d'opercules
des branchies.

VIII. Les Esturgeons (Acipenser).

(Ouvertures branchiales latérales soli-
taires, linéaires; bouche sous la tête, ré-
tractile, édentée; quatre barbillons sous le
museau avant la bouche).

1.

lat.
all.
angl.
L'Esturgeon ordi-
  naire.
A. sturio.
der Slœr.
the Sturgeon.
Onze écailles dorsales.
Bloch, pl. 88.

Dans toutes les mers d'Europe, ainsi que dans
la mer Caspienne, dans le Wolga, dans le Nil. Il
est, ainsi que les autres espèces de ce genre, l'objet
d'une pêche importante pour beaucoup de peu-
ples, soit à cause de sa chair, soit pour ses œufs,
dont on fait le caviar. Il peut peser près de mille
livres. Souvent on trouve une grande quantité
de ces animaux ensemble; ils se suivent les uns
les autres; et cette procession longue et étroite
fait dire que l'on trouvoit dans les mers du nord
des serpens aquatiques monstrueux.

[Seite 335]
2.
lat.
all.
angl.
Le Strélet.
A. ruthenus.
der Sterlet.
the caviar Stur-
  geon.
Quinze écailles dorsales.
Bloch, pl. 89.

Ce poisson, dont le goût est excellent, se trouve
le plus communément dans la mer Caspienne et
le Wolga. Il pèse rarement plus de trente livres.

3.

lat.
all.

angl.
Le grand Estur-
  geon.
A. huso.
der Hausen, der
  Beluga.
the Isinglasfish.
    Treize écailles dorsales,
quarante-trois caudales.
    Bloch, pl. 129.

Est du même pays que le précédent. C'est prin-
cipalement avec les membranes et la vessie na-
tatoire du grand esturgeon que l'on fait de la colle
de poisson;
cependant on en fait aussi de l'es-
turgeon ordinaire, ainsi que d'une autre espèce
de ce genre, l'acipensère étoilé qui fournit éga-
lement le meilleur caviar; on la prépare aussi
parfois avec la vessie natatoire du mâle (Silurus
glanis
).

IX. Les Ostracions, vulg. les Coffres (lat. Ostra-
cion,
all. Panzerfisch).

(Corps cuirassé d'un os d'une seule pièce;
nageoires ventrales nulles).

1.        Le Coffre lisse. Trigone, sans aiguil-
[Seite 336]
   lat.
all.

angl.
O. triqueter.
das Stachellose-
  dreieck.
the Trunkfish.
lons.
    Bloch, pl. 130.

Ainsi que l'espèce suivante, dans la mer des
Indes orientales.

2.


lat.
all.
angl.
Le Coffre à deux
  piquans, le Tau-
  reau de mer.
O. cornutus.
der Seestier.
the Horned bone-
  fish.
    Tétragone, deux aiguil-
lons sur le front et deux
sous la queue.
    Bloch, pl. 133.

Un joli petit animal dont la cuirasse est mar-
quée très-régulièrement, ordinairement en hexa-
gone, comme les cellules des abeilles.

X. Les Tétrodons (lat. Tetrodon, all. Sta-
chelbauch
).

(Corps muriqué en dessous; nageoires
ventrales nulles).

1.

lat.
all.
angl.
Le poisson souf-
  fleur.
T. lagocephalus.
der Sternbauch.
the Hare globfish.
    Abdomen aiguillonné,
corps lisse, épaules proé-
minentes.
    Bloch, pl. 140.

Est très-commun dans le Sénégal. Ceux que
l'on prend dans le fleuve, assez avant dans l'in-
térieur du pays, sont très-bons et très-sains à
[Seite 337] manger; mais ceux qui sont près de la mer, à
l'embouchure du fleuve, sont venimeux.

2.

lat.
all.

angl.
Le Tétrodon élec-
  trique.
T. electricus.
der electrische
  Stachelbauch.
the new electrical
  Fish.
    Corps tacheté, nageoi-
res vertes.
    Philos, transactions,
vol. 76, p. 11, pl. 13.

Un des cinq poissons électriques connu jusqu'à
présent (§ 110) dans les Indes orientales, à l'île
Sainte-Johanna.

3.
lat.

all.
angl.
Le Flascopsaro.
T. hispidus (or-
  bis).
der Kugelfisch.
the Moonfish.
    Tout hérissé de papil-
les cétacées.
    Bloch, pl. 142.

Dans la mer rouge, ainsi que dans les eaux
douces des pays voisins.

4.
lat.
all.
angl.
La Lune de mer.
T. mola.
der Klumpfisch.
the Sunfish.
    Lissé, comprimée,
queue tronquée, nageoire
dorsale très-courte, réu-
nie avec la nageoire anale.
    Hamburg, magasin
18, B. tab. 1.

Est très-commune dans la Méditerranée et dans
la mer atlantique. Elle pèse parfois cinq quin-
taux. Elle doit son nom allemand à sa figure
informe; mais elle tire ses noms françois et an
[Seite 338] glois de l'éclat phosphorique dont brillent ses
flancs et son bas-ventre, lorsqu'elle est en vie.

XI. Les Diodons, vulg. les Hérissons de mer,
(lat. Diodon).

(Corps semé par-tout d'aiguillons poin-
tus, mobiles; nageoires ventrales nulles).

1.
lat.
all.
angl.
L'Orbe hérisson.
D. histrix.
der Stachelfisch.
the Porcupine-
  fish.
    Oblong, à aiguillons
térètes.
    Bloch, pl. 126.

Particulièrement dans l'Océan atlantique, nom-
mément sur les côtes de l'Amérique septentrio-
nale.

XII. Les Cycloptères (lat. Cyclopterus,
all. Bauchsauger).

(Tête obtuse; nageoires ventrales réunies
en disque).

1.

lat.
all.
angl.
Le Lièvre de mer,
  le Lump.
C. lumpus.
der Seehase.
the Lumpsucker.
    Corps couvert d'écaillés
osseuses, anguleux.
    Bloch, pl. 9°.

Dans les mers septentrionales de l'ancien monde.
Il s'attache fortement aux vaisseaux, aux rochers,
etc., avec le plastron plat et à côtes qui couvre
sa poitrine.

XIII. Les Centrisques, vulg. les Bécasses de
mer (lat. Centriscus, all. Messerfisch).
[Seite 339]

(Tête prolongée en bec très-étroit, abdo-
men caréné, nageoires ventrales unies).

1.

lat.
all.

angl.
La Bécasse de
  mer.
C. scolopax.
die Meerschne-
  pfe.
the snipe Fish,
  the Bellows-
  fish.
    Corps écailleux, rude,
queue droite, étendue.
    Bloch, pl. 123, fig. 1.

Dans la Méditerranée.

XIV. Les Syngnathes (Syngnathus).

(Museau presque cylindrique, à bouche
operculée, à mâchoire inférieure plus mo-
bile, corps cataphracté, nageoires ventrales
nulles).

1.
lat.
all.
angl.
L'Aiguille de mer.
S. acus.
die Meernadel.
the Pipe.
    Nageoires caudale, ana-
le et pectorales rayon-
nées; corps à sept angles.
    Bloch, pl. 91, fig. 2.

Dans la mer du Nord et dans la Baltique.

2.

lat.
all.

angl.
Le Cheval marin,
  l'Hyppocampe.
S. hippocampus.
das See-Pferd-
  chen.
the sea Horse.
    Queue quadrangulaire,
sans nageoires; corps à
sept angles, tuberculé.
    Bloch, pl. 109, fig. 3.
[Seite 340]

Dans la Méditerranée et dans d'autres mers.
On lui a donné les noms qu'il porte, parce
qu'on a comparé sa partie antérieure à une tête
et à une encolure de cheval. Quand il meurt,
il se courbe comme une S, et il ressemble alors
au cavalier des échecs.

XV. Les Pégases (Pegasus).

(Bouche à trompe rétractile; museau,
ensiforme, linéaire; corps articulé, à sec-
tions osseuses, cataphracté; nageoires ven-
trales placées sous l'abdomen).

1.

lat.
all.
angl.
Le Dragon de
  mer.
P. draconis.
der Seedrache.
the Pegasus.
    Museau conique.
    Bloch, pl. 109, fig.
1, 2.

Dans la mer des Indes. Ses grandes et larges
nageoires pectorales ressemblent à des ailes dé-
ployées, et lui auront probablement fait donner
son nom.


ORDRE TROISIÈME.
Apodes.

[Seite 341]

Cet ordre et les trois suivans comprennent
les poissons proprement dits, ou pourvus d'arêtes.
Nous parlerons d'abord de ceux qui n'ont pas
de nageoires ventrales.

XVI. Les Anguilles (Muræna).

(Tête lisse, narines tubuleuses, mem-
brane branchiostège, dix rayons, corps té-
rétiuscule, gluant; nageoire dorsale, cau-
dale et anale réunies; ouverture branchiale
près de la tête ou des nageoires pectorales).

1.

lat.
all.
angl.
La Murène com-
  mune.
M. helena.
die Muræne.
the Murena.
    Nageoires pectorales
nulles.
    Bloch, pl. 135.

Poisson de proie extrêmement vorace; il habite
dans les mers chaudes des deux hémisphères.

2.
lat.
all.
angl.
L'Anguille.
M. anguilla.
der Aal.
the Eel.
    Mâchoire inférieure plus
longue, à corps d'une
seule couleur.
    Bloch, pl. 73.

Dans les fleuves des deux mondes. Elle va
quelquefois à terre, dans les prairies, les blés,
[Seite 342] etc.; elle a une vie extrêmement tenace, et son
cœur conserve du mouvement et son irritabilité
quarante heures après avoir été arraché. D'après
les observations les plus exactes, il est sûr qu'elle
est vivipare.

XVII. Les Gymnotes.

(Tête à opercules latéraux, deux tenta-
cules à la lèvre supérieure, memb. branch.
cinq rayons, corps comprimé, caréné en
dessous par une nageoire).

1.

lat.
all.
angl.
L'Anguille élec-
  trique.
G. electricus.
der Zitteraal.
the Numeel, the
  Electricaleel.
    Nu, dos aptérygien,
nageoire caudale très-ob-
tuse, réunie avec l'anale.
    Bloch, pl. 156.

Particulièrement à Surinam et à Cayenne, où.
Van Berkel* Va fait connoître le premier. Elle
a à-peu-près la longueur d'un homme.

XVIII. Les Trichiures (la t. Trichiurus).

(Tête tendue, à opercules latéraux, dents
ensiformes demi-sagittées à la pointe, inci-
sives plus grandes, memb. branch. sept
rayons, corps comprimé ensiforme, queue
subulée, aptère).

[Seite 343]
1.

lat.
all.
angl.
La Ceinture d'ar-
  gent.
T. lepturus.
d. Spitzschwanz.
the Swordfish.
    Mâchoire inférieure
plus longue.
    Bloch, pl. 158.

Dans les deux Indes.

2.

lat.
all.
Le Trichiure des
  Indes.
T. indicus.
der indische De-
  genfisch.
    Mâchoires égales.
    Willoughby, app. tab.
3, fig. 2.

Dans la mer des Indes. Egalement un poisson
électrique (§ 110).

XIX. Les Anarrhiques (Anarrhichas).

(Tête presque obtuse; dents antérieures
en haut et en bas, coniques, divergentes, au
nombre de six ou plus; molaires inférieures
et palatines arrondies; memb. branch. six
rayons; corps térétiuscule; nageoire cau-
dale distincte).

1.
lat.
all.
angl.
Le Loup marin.
A. lupus.
der Klippfisch.
the Ravenous.
    Nageoires pectorales
amples, presque rondes.
    Bloch, pl. 74.

Vers les côtes de l'Europe septentrionale.

XX. Les Ammodytes (Ammodytes).
[Seite 344]

(Tête comprimée, lèvre supérieure dou-
ble, dents acérées, memb. branch. sept
rayons, corps térétiuscule, queue distincte).

1.
lat.
all.
angl.
L'Equille.
A. tobianus.
der Sandfisch.
the Sandlaunce.
    Mâchoire inférieure
plus longue.
    Bloch, pl. 75, fig. 2.

Egalement vers le nord de l'Europe.

XXI. Les Donzelles (Ophidium).

(Tête presque nue, mâchoires, palais et
gosier armés de dents, memb. branch. sept
rayons, ouverte, corps ensiforme).

1.
lat.
all.
angl.
La Donzelle.
O. barbatum.
der Graubart.
the Beardedeel.
    Mâchoire inférieure à
quatre barbillons.
    Bloch, pl. 159, fig. 1.

Dans le sud de l'Europe.

XXII. Les Stromatées (lat. Stromateus).

(Tête comprimée, mâchoires et palais
armés de dents, corps ové, large, gluant,
queue bifide).

1.
lat.
all.
angl.
Le Paru.
S. Paru.
die Golddecke.
the Paru.
D'une seule couleur.
Bloch, pl. 160.

En Amérique.

XXIII. Les Espadons (Xiphias).
[Seite 345]

(Tête terminée par un museau ensifor-
me, et qui forme la mâchoire supérieure
bouche édentée; memb. branch. huit rayons,
corps presque térète).

1.

lat.
all.

angl.
L'Épée de mer,
  l'Empereur.
X. gladius.
der Schwert-
  fisch.
the Whale-killer.
    Mâchoire inférieure ai-
guë, triangulaire.
    Bloch, pl. 76.

Dans les mers du Nord et du Sud. Il a, avec
son épée, dix-huit pieds de long, et il pèse en-
viron cinq quintaux.


ORDRE QUATRIÈME.
Jugulaires.

[Seite 346]

Poissons dont les nageoires ventrales sont
placées en avant des pectorales.

XXIV. Les Callionimes (Callionimus).

(Tête ayant la lèvre supérieure repliée;
yeux rapprochés; memb. branch. six rayons,
ouverte par des trous sur la nuque, oper-
cules fermés, corps nu, nageoires ventrales
très-écartées).

1.

lat.
all.
angl.
La Lyre, le La-
  cert.
C. lyra.
der Spinnenfisch.
the Piper.
    Rayons de la première
dorsale de la longueur
du corps.
    Bloch, pl. 161.

Dans l'Océan atlantique. Vit de crabes et
d'oursins.

XXV. Les Uranoscopes (Uranoscopus).

(Tête déprimée, raboteuse, plus grande,
bouche camarde, mâchoire supérieure plus
courte, membrane branchiostage à cinq
rayons, anus dans le milieu du corps).

1.        Le Rat, Rapeçon
  ou Bœuf.
    Plusieurs barbillons à
la mâchoire inférieure.
[Seite 347]
   lat.
all.
angl.
U. scaber.
der Sternseher.
the Stargazer.
Bloch, pl. 163.

Très-commun dans la Méditerranée.

XXVI. Les Vives (Trachinus).

(Tête presque raboteuse, comprimée,
membrane branch. à six rayons, anus près
de la poitrine).

1.

lat.
all.

angl.
La Vive ou Dra-
  gon de mer.
T. draco.
das Petermænn-
  chen.
the Wever.
    Bloch, pl. 61.

Dans la Méditerranée, dans la mer du Nord,
etc.

XXVII. Les Gades (Gadus).

(Corps lisse, memb. branch. à sept rayons
térètes; nageoires revêtues d'une peau com-
mune, pectorales acuminées).

1.
lat.
all.
angl.
L'Anon.
G. æglefinus.
der Schellfisch.
the Hadock.
    Triptérygien, à barbil-
lon; corps blanchâtre,
queue bilobée, mâchoire
supérieure plus longue.
    Bloch, pl. 62.

Dans toute la partie de l'Océan qui baigne le
nord de l'Europe, particulièrement vers les côtes
d'Angleterre et d'Ecosse.

[Seite 348]

Beaucoup de poissons brillent d'une lumière
phosphorique, après leur mort, dans de certaines
circonstances; chez l'Anon, cette lueur est par-
fois d'une force étonnante et d'une très-longue
durée.

2.
lat.
all.
angl.
Le Narwaga.
G. callarias.
der Dorsch.
the Torsk.
    Triptérygien, àbarbil-
lons, varié; queue en-
tière, mâchoire supérieu-
re plus longue.
    Bloch, pl. 63.

Son séjour est le même que celui du précédent.

3.
lat.

all.
angl.
La Morue.
G. morrhua (asel-
  lus).
der Kabeljau.
the Codfish.
    Triptérygien, à barbil-
lons, queue presque éga-
le; premier rayon anal
épineux.
    Bloch, pl. 64.

On comprend, sous ce nom commun, plu-
sieurs espèces analogues de ce genre qui sont
d'une extrême importance, à cause de leur grande
quantité, des préparations variées qu'on leur fait
subir, et de la facilité avec laquelle elles se con-
servent, étant salées ou desséchées. Elles se trou-
vent sur-tout dans les régions septentrionales de
l'Océan atlantique et de la Mer-Pacifique, où
elles sont un objet de pêche des plus importans,
particulièrement aux environs de Labrador, sur
le banc de Terre-neuve, près de l'Islande et vers
les côtes septentrionales de la grande Bretagne.

[Seite 349]
4.
lat.
all.
angl.
Le Merlan.
G. merlangus.
der Witling.
the Whiting.
    Triptérygien, sans bar-
billons, blanc; mâchoire
supérieure plus longue.
    Bloch, pl. 65.

Dans les mers d'Europe.

5.
lat.
all.
angl.
La Lote.
G. lota.
die Quappe.
the Burbot.
    Diplérygien, à barbil-
lon, mâchoires égales.
    Bloch, pl. 70.

Principalement dans les lacs de Suisse.

XXVIII. Les Percepierres (lat. Blennius,
all. der Schleimfisch).

(Tête déclive, couverte; merab. branch.
six rayons; corps lancéolé, nageoire anale
distincte).

1.

lat.
all.
angl.
Le Percepierre
  vivipare.
B. viviparus.
die Aalmutter.
the Guffer, the
  Eelpont.
    Bouche garnie de deux
tentacules.
    Bloch, pl. 72.

Dans la mer Méditerranée, la mer du Nord,
etc. Est vivipare.


ORDRE CINQUIÈME.
Thoraciques.

[Seite 350]

Poissons dont les nageoires ventrales sont pla-
cées sous les pectorales.

XXIX. Les Cépoles (Cepola).

(Tête presque ronde, comprimée; bouche
camarde, dents courbées à rangée simple;
memb. branch. six rayons; corps ensiforme,
nu, abdomen à peine de la longueur de la
tête).

1.
lat.
all.
angl.
Le Ruban.
C. tænia.
der Bandfisch.
the Ribbonfish.
    Nageoire caudale atté-
nuée, tête très-obtuse.
    Bloch, pl. 170.

Dans la Méditerranée.

XXX. Les Échènes (Echeneis).

(Tête déprimée, plane en dessus, mar-
ginée, sillonnée transversalement; memb.
branch. dix rayons).

1.
lat.
all.
angl.
Le Sucet.
E. remora.
der Saugefisch.
the Suckingfish.
    Queue fourchue, 18
stries sur la tête.
    Bloch, pl. 172.

Dans les océans tempérés. Ce singulier animal
peut, au moyen des sillons transversaux qui cou-
vrent la partie postérieure de sa tête, s'attacher
[Seite 351] très-fortement aux vaisseaux, aux requins, etc.
On croyoit anciennement qu'un seul étoit ca-
pable d'arrêter un vaisseau qui voguoit à pleines
voiles. On n'a plus besoin de réfuter ce conte.

XXXI. Les Coriphœnes (Coriphœna).

(Tête tronquée et déclive, membrane
branch. cinq rayons, nageoire dorsale de
la longueur du dos).

1.


lat.
all.
angl.
Le Dauphin d'A-
  mérique, la Do-
  rade.
C. hippurus.
der Goldcarpfe.
the Dolphin.
    Queue bifide, 60 rayons
dorsaux.
    Bloch, pl. 174.

Dans la mer Atlantique. Un animal magnifi-
que qui, sur-tout en mourant, présente les plus
belles couleurs. Son jaune tire alors sur le bleu
et le rouge de pourpre.

XXXII. Les Gobies (Gobius).

(Tête à deux pores entre les yeux rap-
prochés, l'un plus antérieur que l'autre;
memb. branch. quatre rayons, nageoires
ventrales réunies en une seule ovée).

1.
lat.
all.
angl.
Le Boulereau.
G. niger.
die Meergrundel.
the black Goby.
  t. sea Gudgeon.
    Quatorze rayons à la
seconde nageoire dorsale.
[Seite 352]

Dans l'océan Atlantique et dans la mer des
Indes. Fait sa principale nourriture de plusieurs
espèces de gades.

XXXIII. Les Chabots (Cottus).

(Tête plus large que le corps, épineuse,
memb. branch. six rayons).

1.

lat.
all.
angl.
Le Chabot cui-
  rassé.
C. cataphractus.
der Knurrhahn.
the Pogge.
    Cuirassé; museau cou-
vert de verrues bifides,
tête garnie de barbillons
en dessous.
    Bloch, pl. 38, fig. 3, 4.

Sur les côtes septentrionales de l'Europe et de
l'Amérique.

2.
lat.
all.
angl.
Le Télard.
C. gobio.
der Kaulkopf.
the Bullhead.
    Lisse; tête armée de
deux épines.
    Bloch, pl. 38, fig. 1, 2.

Poisson très-commun dans les rivières d'Europe.
La femelle dépose ses œufs dans un trou au fond
de l'eau, et les garde avec grand soin jusqu'à ce
que les petits soient éclos.

XXXIV. Les Rascasses (Scorpœna).

(Tête grande, aiguillonnée, yeux voisins,
mâchoires, palais et gosier armés de dents,
memb. branch. sept rayons).

1.
lat.
all.
La Pythonisse.
S. horrida.
der Zauberfisch.
    Semée de tubercules
calleux.
    Bloch, pl. 138.
[Seite 353]

Dans les Indes orientales.

XXXV. Les Zées (Zeus).

(Tête comprimée, déclive; lèvre supé-
rieure voilée par une membrane transver-
sale, langue subulée, memb. branch. à sept
rayons perpendiculaires, l'inférieur dans une
direction transversale, corps comprimé).

1.
lat.
all.
angl.
Le Vomer.
Z. Vomer.
d. Pflugschaar.
the Silverfish.
    Queue fourchue, épine
retombante avant la na-
geoire anale et celle dor-
sale.
    Bloch, pl. 193.
2.

lat.
all.
angl.
La Dorée, ou pois-
  son St. Pierre.
Z. faber.
der Sonnenfisch.
the Doree.
    Queue arrondie, milieu
des flancs marqué d'un
œil brun, deux nageoires
anales.
    Bloch, pl. 41.

Tous les deux clans là mer Atlantique.

XXXVI. Les Pleuronectes (Pleuronectes,
all. Butte, Scholle, angl. Flounder).

(Les deux yeux du même côté du front,
memb. branch., quatre jusqu'à sept rayons;
corps comprimé, un côté représentant le dos,
l'autre l'abdomen).

Les pleuronectes ou les soles sont les seuls ani-
maux dans la nature qui aient les yeux placés
du même côté, c'est-à-dire, quelques espèces
à droite, d'autres à gauche; il est très-rare que
[Seite 354] l'on trouve parmi eux des monstres qui, par
anomalie, aient leurs yeux autrement placés
qu'ils ne doivent l'être. Leurs deux narines sont
également placées de côté. Ils nagent dans une
position oblique, le côté des yeux tourné en haut.

1.
lat.
all.
angl.
La Plie.
P. platessa.
die Scholle.
the Plaise.
    Yeux à droite, corps
glabre, six tubercules à la
tête.
    Bloch, pl. 42.

Particulièrement dans les mers du nord, ainsi
que l'espèce suivante.

2.

lat.
all.
angl.
Le Flet, le Pi-
  caud.
P. flesus.
der Flünder.
the Flounder.
    Yeux a droite, ligne la-
térale rude, petites épi-
nes aux nageoires.
    Bloch, pl. 44.
3.
lat.
all.
angl.
La Limande.
P. limanda.
die Glahrke.
the Dab.
    Yeux à droite, écailles
ciliées, petites épines à
la racine des nageoires
anale et dorsale, dents
obtuses.
    Bloch, pl. 46.
4.
lat.
all.
angl.
Le Fletang.
P. hyppoglossus.
die Heiligbutte.
the Holybut.
    Yeux à droite, corps
tout glabre.
    Bloch, pl. 47.

Pèse quelquefois quatre cents livres. Se trouve
en très-grande quantité dans le nord de l'océan
pacifique.

5.        Le Turbot.     Yeux à gauche, corps
[Seite 355]
   lat.
all.
angl.
P. maximus.
die Steinbutte.
the Turbot.
rude.
    Bloch, pl. 4.

Beaucoup plus petit que le précédent.

XXXVII. Les Chetodons, les Bandoulières
(lat. Chœlodon).

(Dents [chez la plupart] cotacées, flexi-
bles, très-serrées, très-nombreuses; memb.
branch., rayons six, corps peint, nageoires
dorsales et anales charnues et écailleuses).

1.

lat.
all.
La Bandoulière à
  bec.
C. rostratus.
d. Schnabelfisch.
    Queue entière, neuf
épines et tache en forme
d'œil à la nageoire dor-
sale, museau cylindri-
que.
    Bloch, pl. 202.

Dans les Indes orientales. La mâchoire supé-
rieure se termine en un tuyau par lequel l'animal
jette de l'eau aux insectes qui se trouvent sur les
plantes aquatiques: les insectes mouillés tombent
et la bandoulière les avale.

2.

lat.

all.
La Bandoulière à
  grandes écailles.
C. macrolepido-
  tus.
der Tafelfisch.
    Queue entière, onze
épines dorsales, quatriè-
me rayon dorsal filiforme
et très-long.
    Bloch, pl. 200.

Des Indes orientales.

XXXVIII. Les Spares (Sparus).

(Incisives très-fortes, molaires obtuses
[Seite 356] serrées; lèvres simples, memb. branch., cinq
rayons, corps comprimé, nageoires pecto-
rales acuminées).

1.
lat.
all.
angl.
La Dorade.
S. aurata.
d. Goldbrachsen.
the lunated Gil-
  thead.
    Croissant d'or entre les
yeux.
    Bloch, pl. 266.

Dans la mer Atlantique et la Méditerranée.
Tire son nom, dans presque toutes les langues,
du croissant doré qu'elle a devant les yeux.

2.
lat.
all.
angl.
Le Sarguet.
S. Sargus.
d. Geissbrachsen.
the red Gilt-head,
  the sea Bream.
    Ocelle sons la queue,
corps marqué de bandes
noires.
    Bloch, pl. 264.

Dans la Méditerranée. On prétend que dans
le temps de leurs amours les mâles se battent
pour leurs maîtresses, avec autant d'animosité
que les oiseaux et les mammifères.

3.
lat.
all.
lat.
Le Pagre.
S. pagrus.
der Seebrachse.
the Giltpoll.
    Rougeàtre; racine des
nageoires dorsales et ana-
les cachée dans un pro-
longement de la peau.
    Bloch, pl. 267.

Un des poissons de mer les plus répandus.
Parfois venimeux.

XXXIX. Les Labres (Labrus, all. Lippfisch).

(Dents aiguës, lèvres doubles, grandes,
[Seite 357] memb. branch., six rayons; rayons de la
nageoire dorsale augmentés postérieurement
d'une raclure filiforme; pectorales arrondies).

1.
lat.
all.
angl.
La Girelle.
L. julis.
der Meerjunker.
the Rainbowfish.
    Côtés bleuâtres, bande-
lette longitudinale fau-
ve, dentelée de chaque
côté.
    Bloch, pl. 287.

De la Méditerranée. Est long comme le doigt,
a des couleurs superbes, tourmente ceux qui se
baignent; sa morsure est douloureuse comme
une piqûre de cousin.

XL. Les Sciænes (Sciæna).

(Tête toute couverte d'écailles, memb.
branch., six rayons; opercules écailleux,
fossette le long du dos pour cacher la na-
geoire dorsale).

1.
lat.
all.
La Sciæne noire.
S. nigra.
d. schwarze Sciæ-
  na.
    Toute noire; ventre
d'un brun blanchâtre.
    Bloch, pl. 297.

De la mer Rouge, ainsi que plusieurs autres
espèces de ce genre.

XLI. Les Perches (Perca).

(Opercules épineux, serretés antérieu-
rement, memb. branch., sept rayons, corps
armé de nageoires épineuses).

[Seite 358]
1.

lat.
all.
angl.
La Perche de ri-
  vière.
P. fluviatilis.
der Barsch.
the Perch.
    Nageoires dorsales dis-
tinctes, la seconde à
seize rayons.
    Bloch, pl. 52.

En Europe et en Asie septentrionale.

2.
lat.
all.
Le Sandat.
P. lucioperca.
der Zander.
    Nageoires dorsales dis-
tinctes, la seconde à tren-
te-deux rayons.
    Bloch, pl. 51.

Ainsi que l'espèce suivante, dans le nord de
l'Europe.

3.
lat.
all.
angl.
Le Post.
P. cernua.
der Kaulbarsch.
the Ruffe.
    Nageoires dorsales unies,
à vingt-sept rayons,
quinze épines; queue bi-
fide.
    Bloch, pl. 53, fig. 2.
XLII. Les Gasterostées, les Epinoches
(Gasterosteus).

(Memb. branch., trois rayons, corps
caréné des deux côtés jusqu'à la queue, na-
geoires ventrales proche les pectorales, mais
sur le sternum).

1.
lat.

all.
angl.
Le Trois-épines.
G. aculeatus (spi-
  narella).
der Stichling.
the Sticklebach.
Trois épines sur le dos.
Bloch, pl. 53, fig. 3.

D'Europe.

XLIII. Les Scombres (Scomber).
[Seite 359]

(Tête comprimée, lisse, memb. branch.
sept rayons, corps lisse, ligne latérale ca-
rénée en arrière, souvent de fausses na-
geoires vers la queue).

1.
lat.
all.
angl.
Le Maquereau.
S. scomber.
die Makrele.
the Mackrel.
Cinq fausses nageoires.
Bloch, pl. 54.

Dans la mer Atlantique et dans celle du Nord.
Poisson de proie très-vorace, mais d'un goût ex-
cellent. Les anciens faisoient de cette espèce et
de l'espèce suivante une sauce excellente, qu'ils
nommoient garum.

2.
lat.
all.
La Pelamide.
S. pelamys.
die Bonite.
    Sept fausses nageoires
inférieures, abdomen
marqué de chaque côté
de quatre lignes noires.

Dans tous les océans des pays chauds. Ce pois-
sons a aussi après sa mort un éclat phosphori-
que très-fort, et c'est lui peut-être, ainsi que
plusieurs autres poissons, qui fait briller l'eau
de la mer.

3.
lat.
all.
angl.
Le Thon.
S. thynnus.
der Thunnfisch.
the Tunny.
    Huit fausses nageoires
de chaque côté.
    Bloch, pl. 55.
[Seite 360]

Dans la mer du Nord, la Méditerranée, les
deux Indes, etc. A quelquefois la longueur d'un
homme, et pèse alors près de cinq quintaux. Il
est quelquefois venimeux.* L'albicore, que les
voyages dans la mer du sud ont fait connoître,
ressemble au thon.

XLIV. Les Surmulets (Mullus).

(Tête comprimée déclive, couverte d'écail-
les; memb. branch. trois rayons, corps cou-
vert de grandes écailles; facilement caduques).

1.
lat.
all.
angl.
Le Rouget.
M. barbatus.
die Rothbart.
t. Redsurmullet.
    Deux barbillons, corps
rouge.
    Bloch, pl. 348, fig. 2.

De la Méditerranée. Un très-beau poisson et
de très-bon goût. Environ un pied de long.

XLV. Les Trigles (Trigla).

(Corps cuirassé à lignes rudes, memb.
branch., sept rayons, doigts libres aux na-
geoires pectorales).

1.
lat.
all.
angl.
Le Trigle volant.
T. volitans.
d. fliegende Fisch.
the Flyingfish.
    Vingt doigts réunis par
une membrane.
    Bloch, pl. 351.

Un des poissons volans des océans tempérés.

ORDRE SIXIÈME.
Abdominaux.

[Seite 361]

Poissons dont les nageoires ventrales sont pla-
cées en arrière des pectorales. Ils vivent presque
tous dans l'eau douce.

XLVI. Les Loches (Cobitis).

(Yeux sur la partie supérieure de la tête,
memb. branch., quatre-six rayons, queue
moins rétrécie vers la nageoire).

1.
lat.
all.
Le Gros-yeux.
C. anableps.
das Vierauge.
    Deux barbillons, tête
déprimée, yeux saillans.
    Bloch, pl. 361.

Près de Surinam. Est vivipare, et sur-tout
remarquable par la figure de sa prunelle, et par
la conformation unique en son espèce de la
cornée qui est comme coupée par la moitié, en
deux sections*.

2.
lat.
all.
angl.
La Loche.
C. barbatula.
der Schmerling.
the Loach.
    Six barbillons, tête
inerme comprimée.
    Bloch, pl. 31, fig. 3.

Il y en a plusieurs variétés, avec ou sans bar-
[Seite 362] billons. Les plus grandes se trouvent dans l'Aar,
eu Suisse.

3.
lat.
all.
angl.
Le Missgurn.
A. fossilis.
der Wetterfisch.
the Mudfish.
    Six barbillons, épine
sur les yeux.
    Bloch, pl. 31, fig. 1.

D'Europe. Peut, comme le chabot cuirassé,
faire entendre un bruissement. Lorsqu'on le con-
serve dans des verres, avec du sable dans le fond,
il s'agite quand le temps doit changer.

XLVII. Les Silures (Silurus).

(Tête nue, bouche garnie de barbillons
filiformes, tentaculée; memb. branch. de
quatre rayons à quatorze; premier rayon
des pectorales, ou de la dorsale épineux,
denté en arrière).

1.
lat.
all.
angl.
Le Mal.
S. glanis.
der Wels.
the Sheatfish.
    Une seule nageoire dor-
sale, scapulaire sans
rayons; six barbillons.
    Bloch, pl. 34.

Dans les climats tempérés de l'ancien monde.
Le plus grand poisson d'eau douce, qui pèse en-
viron trois quintaux. Ses longs barbillons et sa
tête d'une grandeur et d'une largeur énorme,
lui donnent une physionomie singulière.

2.        Le Silure cuiras-
  sé.
    Nageoire dorsale pos-
térieure à un seul rayon,
[Seite 363]
   lat. S. cataphractus. une rangée simple d'é-
cailles; six barbillons,
queue entière.
    Castesby, vol. 3 pl. 19.

Dans l'Amérique méridionale.

3.
lat.
all.
Le Trembleur.
S. electricus.
der Zitterwels
  (Raasch).
    Nageoire dorsale uni-
que lombaire, écartée,
sans rayons; six barbil-
lons.
    Broussonnet, dans les
mémoires de l'académie
des sciences de Paris,
1782, pl. 20.

Également un poisson électrique (§ 100). Se
trouve dans le Nil et dans plusieurs autres fleuves
d'Afrique; a environ vingt pouces de long. On
peut le manger.

XLVIII. Les Cuirassiers (Loricaria).

(Tête lisse déprimée, bouche édentée re-
tractile; memb. branch., six rayons, corps
cataphracte).

1.
lat.
all.
angl.
Le Gnacari.
L. plecostomus.
das Runzelmaul.
the Harnessfish.
    Deux nageoires dorsa-
les.
    Bloch, pl. 364.

Ce l'Amérique méridionale.

XLIX. Les Saumons (Salmo).
[Seite 364]

(Tête lisse, dents sur les mâchoires et sur
la langue; memb. branch., 4–10 rayons;
nageoire dorsale postérieure adipeuse; na-
geoires ventrales multiradiées).

1.
lat.
all.
angl.
Le Saumon.
S. salar.
der Lachs.
the Salmon.
    Museau proéminent,
au-delà de la mâchoire
inférieure.
    Bloch, pl. 20-98.

Dans les mers et les fleuves du nord, et par-
fois, comme à Labrador et dans le pays d'Amur,
dans une quantité énorme. Il se tient l'été dans
les rivières, et l'hiver dans la mer. Les mâles
seuls ont une mâchoire inférieure courbée. Les
femmes des tongous-orotchys savent assouplir et
tanner les peaux de saumons, et elles s'en servent
pour s'en revêtir.

2.

lat.
all.
angl.
La Truite saumo-
  née.
S. trutta.
die Lachsforelle.
the Seatront.
    Ocelles noirs, iris bru-
nes, nageoire pectorale
marquée de six points.
    Bloch, pl. 21.

Sur les côtes et dans les fleuves d'Europe. Pèse
huit à dix livres.

3.

lat.
all.
angl.
La Truite com-
  mune.
S. fario.
die Forelle.
the Trout.
    Taches rouges, mâ-
choire inférieure un peu
plus longue,
    Bloch, pl. 22-23.
[Seite 365]

En Europe et dans l'Asie tempérée, dans les
ruisseaux qui coulent dans les bois. Pèse rare-
ment plus de deux livres. Son goût et sa couleur
varient extrêmement.

4.
lat.
all.
angl.
La Bergforelle.
S. alpinus.
die Alpenforelle.
the Charr.
    Dos noir, flancs bleus,
Ventre fauve.
    Bloch, pl. 104.

Dans l'Europe septentrionale et alpine. Un ani-
mal intéressant pour les lapons de Suède, dont
il fait presque toute la nourriture. Ce poisson vit
particulièrement de cousins (culex pipiens).

5.
lat.
all.
angl.
L'Éperlan.
S. eperlanus.
der grosse Stint.
the Smelt.
    Tête diaphane, na-
geoire anale à dix-sept
rayons.
    Bloch, pl. 28, fig. 2.

Dans le nord de l'Europe. Presque transparent.
Il ressemble à l'angmarset (salmo arcticus)
que les groënlandois mangent au lieu de pain ou
de gâteau, et qui est, après le veau marin dont
ils font leur principale nourriture, l'animal qu'ils
aiment le plus.

6.
lat.
all.
angl.
Le Lavaret.
S. lavaretus.
der Schnepel.
the Gwiniad.
    Mâchoire supérieure
plus longue, nageoire
dorsale à quatorze rayons.
    Bloch, pl. 25.

Dans la mer du Nord et la Baltique, égale-
ment dans ta baie d'Hudson. C'est à cette espèce
[Seite 366] qu'appartiennent l'aalbock et le felchen du lac
de Constance, qui paraissent être les mêmes que
la ferra du lac de Genève.

7.
lat.
all.
angl.
L'Ombre.
S. thymallus.
die Æsche.
the Grayling, the
  Umber.
    Mâchoire supérieure
plus longue, nageoire
dorsale à vingt-trois
rayons.
    Bloch, pl. 24.

Dans la partie moyenne de l'Europe, et en
Sibérie.

L. Les Fistulaires (Fistularia).

(Tête en museau, cylindrique, dont le
sommet porte les mâchoires, memb. branch.
à 7 rayons; corps anguleux presque fusi-
forme.

1.

lat.
all.
angl.
La Pipe, la Pe-
  timbe.
F. tabacaria.
die Tabacspfeife.
the Tabaccopipe.
Queue bifide sétifère.
Bloch, pl. 387.

Cet animal, si singulièrement conformé, qui
a une toute petite bouche sur un museau extrê-
mement long, se trouve sur les côtes orientales
des pays chauds de l'Amérique, et dans la nou-
velle Hollande.

LI. Les Brochets (Esox).

(Tête presqu'aplatie en dessus, mandi-
[Seite 367] bule supérieure plane plus courte, l'infé-
rieure ponctuée, dents sur les mâchoires et
sur la langue, memb. branch. à 7–12
rayons).

1.
lat.
all.
angl.
Le Brochet.
L. lucius.
der Hecht.
the Pike.
    Museau déprimé, pres-
que égal.
    Bloch, pl. 32.

Dans plusieurs fleuves et lacs d'Europe, d'Asie
et de l'Amérique septentrionale. Un des poissons
les plus voraces, qui dévore non-seulement d'au-
tres poissons, mais aussi toute sorte d'amphibies,
des crapauds, des oiseaux aquatiques, de petits
mammifères, et parfois aussi des écrevisses.

2.
lat.
all.
angl.
L'Orphie.
L. belone.
der Hornfisch.
the Garpike.
    Chaque mâchoire alon-
gée en bec subulé.
    Bloch, pl. 33.

Dans les mers d'Europe, parfois en troupes in-
nombrables. Ses arêtes sont vertes comme si elles
étoient teintes.

LII. Les Elops (Elops).

(Tête lisse, aspérité des dents sur le bord
des mâchoires et du palais, memb. branch.
garnie de trente rayons, et en outre armée
extérieurement dans le milieu de cinq dents).

1.        Le Saurel. Queue armée en dessus
[Seite 368]
   lat.
all.
E. saurus.
der Eidechs'fisch.
et en dessous.
    Bloch, pl. 393.

De la Jamaïque.

LIII. Les Argentines (Argentina).

(Dents sur la mâchoire, sur la langue,
memb. branch. huit rayons; anus voisin de
la queue, nageoires ventrales multiradiées).

1.

lat.
all.

angl.
L'Argentine de la
  Caroline.
A. carolina.
der Kleinebaha-
  mische Hering.
the Carolinian-
  Silverfish.
    Nageoire anale à quinze
rayons.
    Catesby, vol. 2, pl. 24.

Tire son nom de sa patrie.

LIV. Les Athérines (Atherina).

(Tête à mâchoire supérieure presque apla-
tie, membr. branch. à six rayons; corps-
marqué d'une zone latérale d'argent).

1.
lat.
all.
angl.
Le Joel.
A. hepsethus.
die Kornæhre.
the Atherine, the
  Smelt.
    Environ douze rayons
à la nageoire anale.
    Bloch, pl. 393, fig. 3.

De la Méditerranée.

LV. Les Muges (Mugil).

(Tête carénée intérieurement dans sa
[Seite 369] partie inférieure; lèvres membraneuses, dents
nulles, denticule infléchi au-dessus du sinus
de la bouche, memb. branch. à sept rayons
courbes; opercules lisses, arrondis; corps
blanchâtre).

1.

lat.
all.
angl.
Le Muge ordi-
  naire, le Mulet.
M. cephalus.
der Grosskopf.
the Mullet.
    Nageoire dorsale anté-
rieure à cinq rayons.
    Bloch, pl. 394.

Dans la Méditerranée et dans d'autres mers.

LVI. Les Exocets (Exocœtus).

(Tête écailleuse, bouche édentée à mâ-
choires réunies de chaque côté; memb.
branch. à dix rayons; corps blanchâtre, ab-
domen anguleux, nageoires pectorales très-
grandes, pour fournir au vol, à rayons ca-
rénés antérieurement).

1.

lat.
all.

angl.
Le Poisson volant
  du Tropique.
E. volans.
der fliegende
  Hæring.
the flying He-
  raing.
    Addomen caréné des
deux côtés.
    Gesner, pag. 653.

Le plus commun de tous les poissons volans.
Il se trouve dans toutes les mers des pays chauds,
et souvent en très-grande quantité.

LVII. Les Polynèmes (Polynemus).
[Seite 370]

(Tête comprimée, écailleuse par-tout, à
museau très-obtus proéminent, memb.
branch. à sept ou cinq rayons, doigts libres
aux nageoires pectorales).

1.

lat.
all.

angl.
Le Polynème à
  cinq doigts.
Quinquarius.
der Fünffinger-
  fisch.
the Fingerfish.
    Cinq doigts plus longs
que le corps.
    Seba, voL. 3, pL. 27,
90, fig. 2.

Des Indes occidentales.

LVIII. Les Harengs (Clupea).

(Moustaches serretées à la mâchoire su-
périeure; membr. branch. huit rayons, bran-
chies cétacées intérieurement; carène de
l'abdomen serretée; nageoires ventrales sou-
vent à neuf rayons).

1.
lat.
all.
angl.
Le Hareng.
C. harengus.
der Hæring.
the Herring.
    Immaculé; mâchoire
inférieure plus longue.
    Bloch, pl. 29.

Un des poissons les plus importons pour les
pays du nord. Les hommes, et beaucoup d'ani-
maux, sur-tout les orgues et quelques espèces de
mouettes, lui font la chasse, mais il se multiplie
d'une manière etonnante. Les migrations pério-
[Seite 371] diques et régulières des harengs (§ 109) vers
les côtes d'Europe, sur-tout vers les Orcades et
la Norwège, ont attiré l'attention des européens;
et depuis le douzième siècle, des milliers d'hommes
s'occupent de leur pêche. Guillaume Beukelszoon
de Bierfliet, en Flandres, est le premier qui, en
1416, a salé les harengs.

2.
lat.
all.
angl.
La Sardine.
C. sprattus.
die Sprotte.
the Sprat.
    Nageoire dorsale à
treize rayons.
    Bloch, pl. 29, fig. 2.

Egalement dans les mers du nord, mais aussi
dans la Méditerranée. Plusieurs naturalistes l'ont
prise pour le hareng lorsqu'il est jeune.

3.
lat.
all.
angl.
L'Alose.
C. alosa.
die Alse.
the Shad.
    Côtés tachetés de noir,
museau noir.
    Bloch, pl. 30, fig. 1.

Très-commune dans la Méditerranée.

4.
lat.
all.
angl.
L'Anchois.
C. encrasicolus.
die Sardelle.
the Anchovy.
    Mâchoire supérieure
plus longue.
    Bloch, pl. 30, fig. 2.

A la même patrie que l'espèce précédante. On
en prend beaucoup près de Gorgona, non loin
de Livourne.

LIX. Les Carpes (Cyprinus).
[Seite 372]

(Tête à bouche édentée, os nasal bisil-
lonné, memb. branch. trois rayons, corps
lisse blanc; nageoires ventrales (souvent) à
neuf rayons).

1.
lat.
all.
angl.
Le Barbeau.
C. barbus.
die Barbe.
the Barbel.
    Nageoire anale à sept
rayons; sept barbillons;
second rayon de la na-
geoire dorsale serreté de
chaque côté.
    Bloch, pl. 18.

Dans l'Europe tempérée et dans l'Asie occi-
dentale.

2.
lat.
all.
angl.
La Carpe.
C. carpio.
der Karpfe.
the Carp.
    Nageoire anale à neuf
rayons, quatre barbil-
lons, rayon de la na-
geoire dorsale serreté pos-
térieurement.
    Bloch, pl. 16.

A présent dans toute l'Europe. On prétend
qu'elle produit des bâtards avec les espèces ana-
logues, particulièrement avec le Carassin. On
trouve aussi parmi les carpes beaucoup plus com-
munément des monstres, que parmi toute autre
espèce de poissons connue. Les carpes à miroir
(Bloch, pl. 17) qui se distinguent particuliè-
rement par les parties de leur corps dépouillées
d'écailles, ne paraissent pourtant pas être une
[Seite 373] simple variété, mais une espèce particulière de
ce genre.

3.
lat.
all.
angl.
La Tanche.
C. tinca.
die Schleihe.
the Tench.
    Nageoire anale à cinq
rayons, queue entière;
corps muqueux; deux bar-
billons.
    Bloch, pl. 19.

Un des poissons de rivière le plus répandus.
Elle produit un son avec les opercules de ses
branchies. La tanche dorée (Bloch, pl. 15) est
un des plus beaux poissons qu'on puisse voir.

4.
lat.
all.
angl.
Le Carassin.
C. carassus.
die Karausche.
the Crucian.
    Nageoire anale dix
rayons, queue entière,
ligne latérale droite.
    Bloch, pl. 11.

En Europe et dans la partie moyenne de l'Asie.

5.
lat.
all.
angl.
La Dorée.
C. auratus.
der Goldkarpfe.
the Goldfish.
    Nageoire anale gémi-
née, nageoire caudale
transversale, fourchue.
    Baster in Haarlem Ver-
handl., 7, D. 1, st. mit
illum. fig.

Au Japon et à la Chine, où elles sont pour
ainsi dire comme animaux domestiques, et où
elles ont dégénéré en toutes sortes de variétés sin-
gulières, et parfois monstrueuses, relativement
aux couleurs, au nombre et à la conformation
des nageoires, à la grandeur des yeux, etc. Elles
s'élèvent aussi fort bien dans l'Europe tempérée.

[Seite 374]

Elles peuvent vivre pendant une année dans de
l'eau pure, sans aucune autre nourriture; et ce-
pendant elles rendent encore de temps en temps
quelques excrémens.

6.
lat.
all.
angl.
Le Vairon.
C. phoxinus.
die Elritze.
the Minow.
    Nageoire anale huit
rayons; tache brune à la
queue, corps transparent.
    Bloch, pl. 8, fig. 5.

Très-commun dans le Weser.

7.

lat.
all.
angl.
L'Orphe d'eau
  douce.
C. orfus.
der Orf, der Urf.
the Rud, the
  Roud.
    Nageoire anale treize
rayons.
    Bloch, pl. 96.

Principalement dans l'Allemagne méridionale.
D'une belle couleur d'orange.

8.
lat.
all.
angl.
L'Ablette.
C. alburnus.
der Ukley.
the Bleak.
    Nageoire anale vingt
rayons.
    Bloch, pl. 8, fig. 4.

Comme l'espèce suivante, dans la partie moyenne
de l'Europe et de l'Asie occidentale. On emploie
ses écailles pour faire de fausses perles.

9.
lat.
all.

angl.
La Brême.
C. brama.
der Bley, der
  Brachsen.
the Bream.
    Nageoire anale vingt-
sept rayons, nageoires
brunes.
    Bloch, pl. 13.

Dans les fleuves et les lacs des pays du nord.

SECTION HUITIÈME.
Des insectes.

[Seite 375]

§ 121.

Les animaux des deux dernières classes (§ 40),
c'est-à-dire, les insectes et les vers, diffèrent de
ceux des classes précédentes, en ce qu'ils n'ont
point de sang rouge, mais seulement à la place
une liqueur blanchâtre; c'est pour cela que les
anciens les appeloient animaux privés de sang.

§ 122.

Le premier caractère distinctif des insectes, et
celui dont ils tirent leur nom, c'est leur confor-
mation singulière, au moins dans leur état de
perfection; leur tête, leur corselet, et leur ab-
domen sont séparés les uns des autres comme
par des étranglemens ou incisions; même dans
quelques genres ces parties de leur corps ne tien-
nent l'une à l'autre, pour ainsi dire, que par un
fil. En second lieu ces animaux se distinguent
par des organes particuliers très-irritables, qu'ils
portent à leur tête lorsqu'ils ont subi toutes leurs
[Seite 376] métamorphoses: ce sont leurs antennes. Ces or-
ganes sont toujours articulés à la racine, et sou-
vent même outre cela ils ont des jointures. Enfin
les insectes ont des pieds articulés, et d'une subs-
tance cornée, et le nombre de ces pieds est tou-
jours plus grand que chez les animaux des autres
classes; l'insecte, tout-à-fait formé, n'en ayant
jamais moins de six, et quelques espèces en ayant
près de deux cent cinquante.

§ 123.

Excepté ces trois caractères que je viens d'ex-
poser, les insectes n'ont presque rien de commun
entre eux dans leur conformation extérieure. Le
nombre immense des espèces, la variété infinie de
leurs destinations, celle de leur manière de vivre
et de leurs besoins, d'après ces différentes desti-
nations, tout exige une conformation également
variée à l'infini. Sous ce rapport donc ils diffè-
rent extrêmement les uns des autres, ainsi que
dans la grandeur inégale de leur corps.

§ 124.

Même les tégumens extérieurs de leur corps
sont plus variés que parmi les autres animaux.
Beaucoup sont revêtus d'une cuirasse de subs-
tance cornée, composée de plusieurs pièces qui
se recouvrent les unes les autres, et laquelle les
[Seite 377] protégeant contre toutes sortes d'accidens, les dé-
dommage de l'absence des os auxquels, chez les
autres animaux, les muscles ont leur attache.
Quelques-uns sont revêtus de petits poils fins;
les papillons ont leurs ailes couvertes de petites
plumes, ou plutôt d'écailles, qui parfois pré-
sentent les plus belles couleurs, comme, en gé-
néral, il y a parmi les insectes des animaux de
toute beauté.

§ 125.

Les insectes diffèrent aussi beaucoup des autres
animaux, à l'égard de leurs organes des sens*,
et par conséquent à l'égard de la nature de leurs
sensations. Aussi plusieurs naturalistes leur ont-ils
refusé quelques-uns de nos cinq sens, sur-tout
l'ouïe et l'odorat, mais c'est à tort. Il est des
genres d'insectes qui s'appellent par un son par-
ticulier, dans le temps de leurs amours, et il
en est un plus grand nombre qui éventent leur
nourriture cachée.

§ 126.

[Seite 378]

Les yeux des insectes sont très-remarquables,
sur-tout à l'égard de leur conformation: ils sont
de deux sortes. Ceux de la première espèce sont
de grands hémisphères, composés de milliers de
facettes; et dans quelques espèces, d'un grand
nombre de pointes coniques qui sont revêtues, du
côté intérieur, d'une teinte souvent colorée ou
brillante. Tels sont les yeux de tous les insectes
ailés, et parfois aussi de quelques insectes aptères,
comme le homard. Les yeux de la seconde sorte
sont simples, petits, et diffèrent, soit à l'égard
de leur nombre, soit à celui de leur position. Les
premiers paroissent formés pour apercevoir de
loin, et les seconds pour voir de près; du moins
cela explique pourquoi les papillons, lorsqu'ils
sont dans leur état parfait, ont de grands yeux
télescopiques et composés, tandis qu'ils n'avoient
que de très-petits yeux simples lorsqu'ils étoient
en chenille. Il y a fort peu d'insectes qui puissent
mouvoir leurs yeux; les écrevisses, et quelques
autres, ont seuls cette faculté.

§ 127.

Les antennes qui sont conformées diversement
dans les différentes espèces, et qui, parmi quel-
ques-unes, varient d'après les sexes, ne sont pas,
[Seite 379] comme l'ont prétendu quelques naturalistes, les
organes de l'odorat ou du goût de ces animaux.
Elles ne me paroissent être que ce que leur nom
indique; c'est-à-dire, les organes du toucher,
des sondes, qui sont pour eux très-importantes
à cause de la croûte dure et insensible qui les
revêt, et le sont doublement encore pour la plu-
part d'entre eux, à cause de l'immobilité de
leurs yeux. Les insectes paroissent avoir dans
leurs antennes le siége le plus fin de leur tact,
comme nous au bout de nos doigts; et comme
ils vivent assez souvent dans l'obscurité, il semble
que la nature leur ait donné ce tact exquis pour
les dédommager, comme les aveugles, de la pri-
vation du jour. Mais on ne peut pas encore dé-
cider aussi positivement à quoi servent les palpes
placés ordinairement près des organes de la man-
ducation. Presque tous les insectes paroissent en
avoir, et quelques naturalistes les ont pris pour
des organes des sens de ces animaux.

§ 128.

L'organisation intérieure des insectes* est
extrêmement différente de celle des animaux à
[Seite 380] sang rouge. Ce qu'on nomme, par exemple, le
cœur des insectes est, dans plusieurs espèces (les
chenilles), un long canal d'une largeur inégale,
qui est situé le long du dos, mais duquel il ne
sort pas une seule veine; ainsi le procédé de
nutrition propre aux insectes, doit différer beau-
coup de celui des animaux des autres classes.

Mais en revanche les insectes sont pourvus
d'une quantité étonnante de trachées de la tex-
ture la plus fine, et d'un très-grand nombre de
muscles. Ces muscles, du reste, tant pour leur
conformation que pour leur couleur, ne sont
pas les mêmes que ceux des animaux à sang
rouge.

§ 129.

Quoique les insectes, aussi bien que les ani-
maux à sang rouge, aient besoin, pour conserver
leur vie, d'échanger du gaz carbonique contre
de l'oxigène (§ 24), il en est cependant fort peu
chez lesquels on remarque un mouvement sem-
blable à la respiration. Les sauterelles, quelques
cigales, et quelques scarabées, sont du petit nom-
bre de ceux qui offrent ce mouvement.

La plupart peuvent durer dans le vide plus
long-temps que les animaux à sang rouge, et
beaucoup même vivent, comme dans leur élé-
ment, dans l'air méphitique si nuisible aux au-
[Seite 381] tres animaux, et qui fait tomber en putréfaction
les substances animales et végétales.

§ 130.

Le séjour des insectes, sur et sous la terre,
est en général beaucoup moins borné que celui
de toute autre classe. On en trouve presque sur
tous les animaux sans exception; de sorte que
les plus gros insectes, les scarabées, par exemple,
les abeilles, ont aussi leurs mites et leurs pous
particuliers, qui vivent sur leur corps. Il n'y a
presque pas de plantes, excepté l'if, peut-être,
et le savinier, qui ne serve d'habitation à quelque
insecte; et il y en a beaucoup (le chêne, par
exemple) sur lesquels vivent plus de cent espèces
différentes. Du reste, quelque généralement que
les insectes soient répandus sur toute la surface
de la terre, la nature n'en a pas moins assigné
à un grand nombre d'espèces un séjour parti-
culier et invariable sur certains animaux, sur
certaines plantes ou sur quelques-unes de leurs
parties.

Cette classe au contraire a, proportionnelle-
ment à la quantité presque innombrable de ses
espèces, peu d'animaux aquatiques; il s'en trouve
nommément fort peu dans l'océan, qui est le
séjour du plus grand nombre des animaux de la
classe précédente et de la suivante.

§ 131.

[Seite 382]

Très-peu d'insectes vivent en société, et s'ai-
dent mutuellement dans leurs travaux. Le plus
grand nombre reste isolé, et quelques-uns, même
(les araignées) qui, étant jeunes, ont vécu dans
une société nombreuse, se dispersent bientôt
après, et vivent solitaires. Beaucoup ne voient
d'autres êtres de leur espèce, que dans le temps
de leur accouplement.

§ 132.

J'ai déjà parlé, à l'occasion de l'instinct in-
dustriel (§ 36), des animaux, des édifices remar-
quables et des habitations que tant d'insectes savent
se construire. Il y a peu d'animaux de cette classe
qui n'aient besoin, au moins une fois dans une
certaine période de leur vie, de faire usage de cette
industrie naturelle. Les teignes des draps, par
exemple, les friganes, lorsqu'elles sont encore en
larves, se construisent un édifice qui leur sert
d'habitation et d'abri. D'autres, pour pouvoir sou-
tenir leurs métamorphoses et leur long sommeil
léthargique, se font un lit, s'enveloppent dans
une coque, etc. Les fourmillions, les araignées
tendent des piéges, ou font des rets pour attraper
leur proie. Les dytisques et quelques espèces
d'araignées, voulant assurer leur postérité, cons-
[Seite 383] truisent des sacs ou des nids dans lesquels ils
déposent leurs œufs. Quelques-uns de ceux qui
vivent en société, réunissent leurs forces pour
se bâtir des habitations communes, et suivent,
dans leurs travaux, les lois d'une géométrie par-
faite et innée chez eux.

§ 133.

Quant à la nutrition des insectes, il paroît
que ce n'est pas seulement pour se conserver,
que la nature les a assujettis à se nourrir, ainsi
que la plupart des animaux à sang rouge, mais
qu'ils sont aussi destinés à consumer la matière
organisée. Il faut qu'ils mangent, non-seulement
pour se rassasier, mais encore pour dévorer les
charognes, pour détruire d'autres insectes, pour
diminuer les mauvaises herbes, etc. Telle est leur
destination, et c'est pour cette fin que la plupart
de ces petits animaux se multiplient d'une ma-
nière étonnante, et ont une voracité, une faci-
lité de digérer inconcevable. L'on sait, par exem-
ple, qu'une chenille peut, en vingt-quatre heures,
consumer le triple de son propre poids. C'est aussi
pour cela que les organes de la manducation sont
beaucoup plus variés dans les insectes que dans
toute autre classe d'animaux. Quelques-uns sont
armés de mâchoires dentelées, et qui se meuvent
de côté; d'autres, d'une tarière pointue et cornée;
[Seite 384] ceux-ci ont une trompe charnue qui a une large
embouchure; ceux-là une langue roulée en spi-
rale.

§ 134.

La nature a employé divers moyens pour pro-
téger les insectes contre leurs ennemis; quelques-
uns, comme les. ..... trompent par leur figure;
d'autres ont la même couleur que les plantes sur
lesquelles ils vivent: on a de la peine à les
remarquer; ceux-ci répandent une odeur terrible
lorsqu'ils sont attaqués; ceux-là trouvent leur
sureté dans la force de leur ordre social; d'autres
encore ont une force étonnante, quelques-uns
même ont des armes, c'est-à-dire, des cornes et
des pinces, ou un aiguillon: parfois ils sont ve-
nimeux.

§ 135.

La manière dont les insectes se reproduisent
offre plusieurs singularités. Souvent, par exemple,
le mâle et la femelle d'une seule et même espèce
ont une conformation extérieure si différente,
qu'on seroit tenté de les prendre pour des espèces
tout-à-fait distinctes, bien loin d'imaginer que
l'un est destiné à s'accoupler avec l'autre. Parmi
d'autres espèces, comme les abeilles et les autres
insectes analogues, le plus grand nombre est
[Seite 385] tout-à-fait privé de sexe, c'est-à-dire, ils sont en-
gendrés et ils naissent sans être destinés eux-
mêmes à concevoir ou à engendrer.

§ 136.

L'accouplement de certains insectes a aussi
quelque chose de particulier. Dans un grand
nombre d'espèces il s'opère en volant, et quel-
ques-unes d'entre ces espèces n'ont même des ailes
que pour le temps dans lequel il doit se faire.
En général la plupart des insectes vivent dans
une sorte de monogamie forcée, puisqu'ils ne
peuvent absolument point s'accoupler plus d'une
fois dans leur vie. La mort est la suite si inévi-
table de leurs premiers plaisirs, qu'on peut pro-
longer leur vie en retardant leur accouplement.

§ 137.

Entre autres particularités qu'offre la manière
de se reproduire des insectes, on remarque la
grosseur monstrueuse à laquelle, dans beaucoup
d'espèces, parvient la femelle lorsqu'elle est pleine.
Chez les fourmis blanches, par exemple, on
compte que l'abdomen de la mère, sur le point
de déposer ses œufs, est deux mille fois plus
gros et plus grand qu'il n'étoit avant la fécon-
dation.

§ 138.

[Seite 386]

La plupart des insectes sont ovipares, et un
instinct admirable conduit toujours les mères à
déposer leurs œufs dans l'endroit le plus favo-
rable à leur famille future. Quelques-uns, par
exemple, les déposent dans le corps d'autres in-
sectes vivans, et d'une autre espèce, dans des
chenilles, des chrysalides, et même dans les œufs
des autres insectes; on a vu quelquefois sortir des
œufs de la livrée des arbres, au lieu de la jeune
chenille, une espèce particulière de petite mouche.

Les œufs des insectes, sur-tout ceux des pa-
pillons, sont conformés et marqués d'une manière
très-variée, et lorsque la mère les dépose au
grand air, ils sont revêtus d'une sorte de vernis,
pour que la pluie, et d'autres accidens, ne les
fassent pas périr.

Très-peu d'insectes sont vivipares; quelques-
uns, comme les pucerons, se reproduisent des
deux manières.

§ 139.

Un phénomène très-remarquable, particulier
presque seulement à cette classe d'animaux, ou
du moins qui, dans les autres classes, n'est pas
à beaucoup près aussi frappant, c'est leur mé-
tamorphose. Aucun insecte ailé ne sort immé-
diatement de l'œuf, mais tous doivent, à de
[Seite 387] certaines époques de leur vie, se soumettre à
une sorte de transformation: quelques espèces
sans ailes y sont aussi soumises. Par cette opé-
ration de la nature, non-seulement